La Californie ou l’enfer pavé de bonnes intentions

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Chirurgie salle d'opérations 4 (Crédits CG94 photos, licence Creative Commons)

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La Californie ou l’enfer pavé de bonnes intentions

Publié le 15 janvier 2019
- A +

Par Jon Miltimore.
Foundation for Economic Education, 9 janvier 2019

Lors d’un discours à Harvard, il y a plusieurs années, le milliardaire Charlie Munger racontait l’histoire de ce chirurgien qui procédait systématiquement à l’ablation de la vésicule biliaire, même si celle-ci était parfaitement saine. Ce médecin a finalement été radié, mais bien tardivement.

Munger, le vice-président de Berkshire Hathaway, s’est demandé ce qui motivait ce praticien. Il a donc interrogé un chirurgien qui avait participé à sa radiation.

« Il pensait que la vésicule biliaire était à l’origine de tous les problèmes médicaux et que, si vous aimiez vraiment vos patients, vous ne pouviez pas l’enlever trop tôt », lui a expliqué le médecin.

Le chirurgien n’était motivé ni par le profit ni par le sadisme, il croyait bien faire.

Le sophisme de la justice

Cette anecdote est une illustration parfaite du sophisme de la justice, qui, selon Barry Brownstein, est endémique dans la vie politique moderne et constitue l’un des principaux moteurs du socialisme démocratique.

Le Dr. Bo Bennett décrit ce sophisme de la justice (également connu sous le nom de sophisme des bonnes intentions) comme cette conviction que l’on a nécessairement raison quand on est pétri de bonnes intentions.

Je me suis récemment rendu compte que la Californie était l’illustration parfaite de ce sophisme.

Considérez ces trois faits sur le Golden State :

  1. la Californie dépense annuellement environ 98,5 milliards de dollars en aides sociales — le record américain — mais présente le taux de pauvreté le plus important des USA ;
  2. elle a le taux d’impôt sur le revenu le plus élevé des États-Unis (13,3 %), mais est l’un des États de l’Union les plus inégalitaires en termes de revenus, au quatrième rang sur 50 États ;
  3. le secteur du logement est l’un des plus réglementés des États-Unis, mais sa population de sans-abri est la plus élevée, elle se classe au 49e rang (par habitant) en matière de logements.

Quand l’intention est plus importante que le résultat

Que les politiciens persistent dans des politiques néfastes ne doit pas nous surprendre. L’économiste Milton Friedman, lauréat du prix Nobel, observait déjà l’irrésistible penchant des politiciens « à juger les politiques et les programmes en fonction de leurs intentions plutôt que de leurs résultats».

Dans son livre Capitalism and Freedom, Friedman a décrit les dangers d’une telle approche.

[La menace vient]… des hommes de bonnes intentions et de bonne volonté qui souhaitent nous réformer. Trouvant la persuasion et l’exemple trop lents pour réaliser les grands changements sociaux qu’ils envisagent, ils souhaitent utiliser le pouvoir de l’État pour parvenir à leurs fins et ont confiance en leur capacité de le réaliser. Pourtant… un pouvoir concentré n’est pas rendu inoffensif par les bonnes intentions de ceux qui le créent.

Je ne doute pas que les législateurs californiens, à l’instar du chirurgien retirant une vésicule biliaire saine, croient qu’ils font ce qui est bien. Cependant, ils doivent, comme le médecin, prendre conscience de la réalité et se rendre compte qu’ils n’améliorent pas le sort des gens.

Traduction : Gérard-Michel Thermeau pour Contrepoints

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  • Hi,
    One remark, and one disagreement:
    California is a democrat state. Come on, we DO know that socialism is a humanist failure.
    « Je ne doute pas que les législateurs californiens, à l’instar du chirurgien retirant une vésicule biliaire saine, croient qu’ils font ce qui est bien. »
    Well, I doubt it. Poor people are their basic voters, so they need more poor people to get elected. On the contrary, I believe these democrats are highly malevolent and STUPID people, because they can see every f____g day the human and economic disaster of their backward ideology, that serves only themselves.
    However, this might be related to what I defined as « the paradox of the good soldier »: let me explain:
    The good soldier will always manage, because he is a good soldier, to obey and make the order of his superiors a reality, WHATEVER the conditions, the means that he receives to accomplish the mission, and so on. So, whatever stupid order he receives, and most important, whatever the means he receives to accomplish his mission, he will succeed. He will succeed by using his friends, maybe paying for stuff with his own money, working for 12 hours a day on a normal day, doing what he is not supposed to do and so on.
    By succeeding, he will give his superiors the false and comfortable impression that whatever bullshit they demande, and mostly, whatever the means they provide to accomplish the mission is no big deal. So next time, they will provide less means, but the good guy will succeed, thus increasing the false sentiment that « everything is all right, and while we hardly provide any mean, they still succeed ! ». But the good soldier is both hiding the true difficulties, and increasing them for the next guys. He gets credits for being a good soldier and managing the mission, while in the long run, he is digging deeper the difficulties.
    In the mean time, the « bad soldier » will say no to a fucked up mission, that has hardly any relevant mean, or is beyond his field of knowledge. Then, the superiors will have to know why, and may take the problems into consideration: provide proper means, formation, rules, and so on. But the « bad guy » will be harshly noted for saying no, and thus revealing the shortcomings of the environment, thus serving in the long term, the institution.
    But where that paradox gets terrible, and can generally explain the degradation of the Army, is that there is always a nice guy to do the job, because of the advancment system. So, problems are NEVER revealed or taken into consideration until they reach a critical point of collapse.
    So, as a summary, people might think they do well, but they are lying to themselves and those they serve, by actually serving, in the end, only themselves.

    • There is one saying, not sure if i’ll translate it correctly :
      Don’t see malevolence where incompetence is enough to explain the facts.

      The lie to oneself that you ultimately describe is certainly right to some degree, but if it is buried deep in the mind, it makes no difference, the guy just thinks he’s doing the right thing.

  • Oui…
    N’est-ce pas la même chose lors des élections? On juge bien souvent les intentions affichées (forcément bonnes) par un candidat au lieu d’analyser où nous mènent ses propositions.
    C’est pour cette raison que promouvoir un RIC est une bonne idée: voter sur des propositions après débat suffisament long a daantage de chances de voir émerger de bonnes solutions.

  • « The road to Hell is paved with good intentions »

  • La vésicule biliaire ne sert à rien.
    Les chevaux n’en ont pas.

  • L’article met l’accent sur des comportements dont j’ai pu souvent observer les conséquences néfastes alors même que l’objectif premier était de faire le bien ou le bonheur des gens (parfois d’ailleurs malgré eux) illustrant parfaitement un des proverbes les plus justes qui soit ‘l’enfer est pavé de bonnes intentions’.
    Actuellement le mouvement écologiste au-delà des intérêts particuliers et parfois un peu troubles de certains de ces acteurs (ONG, partis politiques…) part de cette idée qu’il faut sauver notre environnement pour que le monde et les gens qui l’habitent se portent mieux. Les maux qui minent nos sociétés sont souvent bien identifiés par les mouvements écologistes et méritent donc bien une attention particulière mais force est de constater que les solutions proposées soient par candeur et naïveté, soit par manque de vision de la globalité des problèmes, soit le plus souvent par idéologie sectaire et bornée conduisent à des situations catastrophiques qui font le malheur des gens.
    On pourrait d’ailleurs faire la même analyse des mouvements communistes qui ont conduit aux désastres que l’on sait.
    La transition énergétique est typiquement de cette veine et elle va conduire si l’on n’y prend garde à un enfer pour tout le monde. Le ‘black-out’ éviter de justesse le 10 janvier devrait nous conduire à la méfiance d’autant plus que nous avons à côté de nous et depuis plusieurs années l’exemple désastreux de l’Allemagne,en la matière.
    Pour en revenir à la Californie, je suis étonné que personne n’ait souligné le lien entre une législation californienne qui veut à tout prix donner à la nature une place prépondérante et l’ampleur de la catastrophe de Paradise en termes de victimes et de dégâts. Plusieurs centaines de victimes dans des incendies de forêts certes particulièrement violents est une chose inimaginable. Le réchauffement climatique a bien sûr eu bon dos dans cette affaire alors que la Californie a depuis toujours été touchée par de grandes sécheresses et a été le siège d’incendies de grande ampleur, mais le nombre de victimes n’aurait jamais atteint de tels sommets si la préservation à tout de prix de la nature n’avait conduit de très nombreuses habitations à se retrouver dans des zones à haut risque.

  • Raymond Aron :Une idée fausse est une idée qui amène au contraire de ce qu’elle énonce…

  • Les commentaires sont fermés.

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