Et si le maillon faible du système financier était le plus gros ?

Le maillon faible le plus important de toute la pyramide de dettes malsaines est en réalité le plus gros : ce sont les dettes souveraines, réputées sûres au motif fallacieux que les garants sont les contribuables.

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Et si le maillon faible du système financier était le plus gros ?

Publié le 6 janvier 2019
- A +

Par Simone Wapler.

Sur les marchés actions, près de 15 000 milliards de dollars de capitalisation boursière sont partis en fumée depuis le tout début de 2018. L’instabilité politique qui augmente aux États-Unis et en Europe ne devrait cependant pas améliorer la situation.

Mais la valeur de toutes les actions des entreprises cotées dans le monde est-elle une donnée importante ? Lorsque la valeur d’une action chute à zéro, il n’y a que les actionnaires qui prennent des pertes. La chute d’une action ne met pas en danger des banques et des institutions financières.

Ce n’est pas la même chose avec la dette, les titres de crédit, qui peuvent mettre en danger le système financier si leur valeur disparaît.

Le problème en 2008 venait de la dette et non pas des marchés actions. Banquiers centraux et gouvernements ont prétendu résoudre ce problème de dette en rajoutant de la dette.

Signes inquiétants sur le marché de la dette d’entreprise

La dette de General Electric inquiète une partie du marché obligataire, celui des obligations d’entreprises. Ce marché est découpé en plusieurs compartiments mais il pourrait y avoir contagion.

Le dessus du panier est dit investment grade. Des titres de dettes de grandes entreprises bien notées par les agences de notation s’y échangent. En fond de panier, on trouve la dette high yield (haut rendement) ou junk bonds (obligations pourries) émises par des entreprises en situation financière critique.

La dette de General Electric a tellement chuté dernièrement que les titres émis par le conglomérat ont rejoint le rang des obligations pourries. Autre signe qui ne trompe pas, le prix des CDS concernant General Electric – les instruments dérivés utilisés par les professionnels pour couvrir les risques de faillite d’un émetteur de dette – se sont envolés.

En marge du marché obligataire, on trouve aussi les leveraged loans. Des banques se regroupent pour accorder ces prêts à des sociétés mal notées par les agences de crédit. Le FMI s’est récemment inquiété de la multiplication de ces dettes, qui pèsent 1 300 milliards de dollars.

C’est vrai qu’un craquement dans le marché obligataire ou dans celui des leveraged loans pourrait déclencher la prochaine crise.

Dans ce cas, les chiffres des pertes potentielles seraient bien plus élevés qu’en 2008.

Mais tout le monde pense, ou feint de penser, qu’il n’y a rien que des banquiers centraux ne puissent sauver.

C’est oublier que les banques centrales sont elles-mêmes gorgées de mauvais crédits : les dettes souveraines qu’elles ont racheté pour faire baisser les taux en créant une demande artificielle pour ces titres.

Les contribuables, caution des dettes souveraines, ruent dans les brancards.

Cette demande artificielle subsisterait-elle en cas de nouvel accident dans le système financier ?

Prenons le cas de l’Italie. Le gouvernement italien pourrait se voir infliger une amende de 3 à 4 milliards d’euros par la Commission européenne dans le cadre de sa procédure de déficit excessif. Mais si l’Italie continue à emprunter sur les marchés financiers comme si de rien n’était, les Grecs, les Espagnols, les Portugais et les Français ne tarderont pas à jeter aux orties toute orthodoxie budgétaire.

Le maillon faible le plus important de toute cette pyramide de dettes malsaines est en réalité le plus gros : ce sont les dettes souveraines, réputées sûres au motif fallacieux que les garants sont les contribuables.

Mais comme on le voit en France depuis l’apparition des Gilets jaunes, les contribuables ont l’air de moins en moins d’accord…

Pour plus d’informations, c’est ici.

Voir les commentaires (11)

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Créer un compte Tous les commentaires (11)
  • « privatiser les bénéfices et mutualiser les pertes  » c’est un mouvement de fond dans les pays dits « libres ».
    Le fait est que les obligations d’etat sont payes rubis sur l’ongle par les contribuables.
    Toute défaillance a ce niveau est punie par des sanctions directes au niveau des taux pratiqués.. sans parler des conditions imposées
    a l’etat défaillant
    a ce propos la crise grecque est parfaitement éclairante:
    « la suppression des 13e et 14e mois dans la fonction publique compensée par une prime annuelle de 1 000 euros pour les fonctionnaires gagnant moins de 3 000 euros et gel des salaires des fonctionnaires pendant trois ans
    si le treizième mois est maintenu dans le secteur privé, la flexibilité du marché du travail sera renforcée
    la durée de cotisations retraites sera portée de 37 annuités à 40 annuités en 2015
    ouverture de professions fermées
    taxe sur les résidences illégales
    nouvelle hausse de la TVA qui doit être portée à 23 % »

    de fait on voit là ce qui devra etre fait dans les pays endettés comme la france ou l’Italie, de gré ou de force

  • des dettes souveraines alors qu’il est demandé aux dirigeants des pays européens de bien vouloir assumer la perte de leur souveraineté ( merci Merkel ) , ça ne s’appelle plus des dettes souveraines …..

  • Angelaaa !
    – Y a le Macron qu’est là pour causer du budget français !
    – Glisse le sous la porte…

  • Dettes souveraines, le maillon faible ? C’est pas nouveau : on le sait depuis les emprunts russes !

  • « Une amende de 3 à 4 milliards d’euros » qui sera payée par de la dette supplémentaire. Pour sanctionner un excès de dette, on ajoute artificiellement encore plus de dette.

    Fascinant concept…

    • @ Cavaignac
      Oui, mais on sait que les sanctions de l’U.E. sont rarement appliquées pour ne pas enfoncer un pays-membre en délicatesse financière. L’U.E. n’est pas stupide, même si on en doute, en France!

  • L’épargne des français moyens est déjà sploliée ( livret épargne , contrats assurances vie , placements divers = rendements proches de 0 depuis quelques années) retraites pratiquement figées depuis 5 ans , Augmentations des taxes, contributions ,impôts chaque année. Et en plus endettement massif de l’état pour financer des dépenses sociales sans contrôle ou des investissements sans rentabilité et plus grave utilité nuisible ( transition énergetique et enfumage voiture électriques , par exemple. Merci les politiciens ,

  • La france est endetté, les caisses sont vide mais achète de la dette americaine ?? information divulgué au compte goute dans la presse ?? Ce gouvernement en promettant une suppression de la taxe d’habitation sans réfléchir du coût que cela va engendrer a hauteur de 80% et doivent l’appliquer a l’ensemble des Francais et là ca coince !! ils veulent la supprimer pour les 20%
    le mot EGALITE devrait etre rayé du fronton de l’assemblée Nationale ?? Il y a une parade la taxe sur le foncier …
    Et passe sous silence la dette banquière qui au derniere information à 148%… On ne nous dit pas tout !!! C’est vrai que d’avoir un ministre des finances sortie de l’E.N.A cursus Affaires Etrangere , nous donner des cours d’économie et de moralité !! Bravo l’enfumage
    des cerveaux !!! la demagogie à de l’avenir..

  • un commissaire Europeen Moscovisi , qu’elle competence à ce Bouffon de parler d’economie alors que celui -ci lorsqu’il a été
    aux finances , son bilan est nul et maintenant
    veut jouer au maitre d’école !!!

  • Les commentaires sont fermés.

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Extraordinaire Bruno Le Maire ! Tout lui est bon pour plastronner – et cirer au passage les pompes de son chef adoré. N’importe quelle calamité devient un grand succès de la politique gouvernementale pour peu qu’on se limite à ne regarder les choses que sous l’angle le plus flatteur. Question de cadrage, évidemment. Comme disait Bastiat, il y a ce qu’on voit, et puis il y a tout ce qu’on ne voit pas ou qu’on ne veut pas voir. Bonne nouvelle du moment, la France serait le pays de l’Union européenne « où l’inflation est la plus faible » :

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Faut-il annuler la dette covid ? À cette simple évocation, la plupart des économistes s’étranglent d’indignation : une dette doit être remboursée, ne serait-ce que pour des raisons morales ! Et aussi pour une raison utilitaire : ceux qui ne remboursent pas leurs dettes trouveront difficilement des prêteurs quand ils auront besoin d’emprunter à nouveau.

Tout cela est vrai, mais le fond de l’affaire, c’est que cette dette est purement virtuelle et ne devrait pas exister.

 

La pratique douteuse de la BCE

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Au moment où les taux des banques centrales se mettent à remonter il convient de se pencher sur le problème de notre dette et de sa croissance incessante. Avec la crise du Covid-19 elle a fortement grimpé, Emmanuel Macron n’ayant pas hésité a soutenir l’économie « quoi qu’il en coûte ».

La dette du pays ayant maintenant dépassé le montant du PIB, il faut s’interroger pour savoir si dans le cadre de sa nouvelle mandature il va être possible de faire en sorte qu’elle n'augmente pas davantage encore dans les années à venir.

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