La fin du bitcoin ?

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La fin du bitcoin ?

Publié le 4 janvier 2019
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Par Gérard Dréan.

Faute de s’intéresser à l’usage réel de Bitcoin et des cybermonnaies en général, les spéculations sur leur avenir passent sous silence une réalité lourde de conséquences : depuis février 2018, le système Bitcoin fonctionne à sa limite pratique de capacité. Le nombre de transactions en bitcoins ne dépassera jamais sa valeur actuelle. La croissance de Bitcoin est terminée.

On sait que la combinaison de la validation par preuve de travail, de la taille maximale du bloc (1 mégaoctet) et du délai imposé entre deux blocs (10 minutes) limite la capacité de traitement du système Bitcoin à environ 5 transactions par seconde, soit 450 000 transactions par jour.

Dans notre analyse, nous utiliserons une mesure légèrement différente, le nombre de paiements. Une transaction peut comporter un nombre quelconque de « sorties », qui sont autant d’actes de paiement et constituent une meilleure mesure du service rendu. De plus, une transaction occupe d’autant plus de place qu’elle contient un plus grand nombre de paiements, donc les limites liées à la taille du bloc se traduisent plus précisément en nombre de paiements. Pour des systèmes dont la fonction principale est le paiement, le nombre de paiements est donc une mesure plus pertinente.

Limite atteinte en 2017

Reprenons l’histoire. Bitcoin a connu une montée en régime assez régulière à partir de 2012. À partir de 2015 se développent des controverses sur les différentes façons d’augmenter la capacité du système. Ces controverses, de plus en plus vives au fur et à mesure que la limite approche, vont jusqu’à des attaques par déni de service1 contre le système dominant, qui se traduisent par des pointes de charge brutales mais brèves à l’été 2015. La charge atteint sa limite de 500K paiements par jour en mai 2017.

 

Bitcoin – paiements par jour (lissé sur 7 jours)
Source coinmetrics.io/charts

On sait que les « mineurs » qui assemblent les transactions en blocs en y consacrant de lourds investissements en matériel et en électricité sont rémunérés par de la cybermonnaie créée à cet effet et par les commissions de transaction offertes par les utilisateurs. Pendant la période initiale et jusqu’en 2016, les commissions offertes par les auteurs des transactions restent le plus souvent symboliques, inférieures à 10 cents par transaction. À partir du moment où le système approche de la saturation, les mineurs doivent choisir parmi les transactions lesquelles ils prendront en charge et laisser les autres en attente. Après un moment de perplexité, les utilisateurs trouvent un moyen pour que leurs transactions soient traitées rapidement : offrir aux mineurs des commissions de plus en plus élevées. C’est ainsi que la moyenne des commissions nécessaires pour faire accepter une transaction passe à 5 dollars en juin 2017 et 13 dollars en novembre.

Désaccord sur l’évolution du système

Entre temps, le désaccord sur l’évolution du système a été consommé. Une première scission se traduit par le lancement de Bitcoin Cash (novembre 2017). Elle sera suivie de plusieurs autres, mettant en œuvre des variantes et des combinaisons des solutions proposées. Dans un dernier sursaut, la charge de Bitcoin monte à 700 000 transactions par jour et la commission de transaction atteint les 48 dollars en décembre, puis la charge retombe à 350K et la commission à 4 dollars en février 2018. Depuis, la charge oscille entre 300 et 400K et la commission entre 50 cents et 1 dollars, sans qu’une claire tendance à la hausse ou à la baisse n’apparaisse.

 

Bitcoin : nombre de paiements et commission moyenne – 2017 et 2018
Source coinmetrics.io/charts

Il semble bien que l’utilisation de Bitcoin est entrée dans un régime permanent, où toute augmentation de la demande entraînera une augmentation des commissions exigées par les mineurs, ce qui aura comme effet de décourager les utilisateurs (sauf peut-être ceux qui soumettront des transactions d’un montant très élevé) et donc de ramener la charge à son niveau acceptable.

Dans cette situation, on s’attendrait à voir prospérer les alternatives à Bitcoin. Sur les plus de 2 000 cybermonnaies, plusieurs centaines sont conçues pour être des moyens de paiement à usage général comme le bitcoin. Les autres sont destinées à des usages particuliers, le plus souvent la rémunération des fournisseurs par les utilisateurs à l’intérieur d’un système informatique coopératif, le service rendu pouvant être l’hébergement d’applications comme dans des « plateformes » (Ethereum, EOS…). On peut penser que pour la fonction de paiement généraliste, les utilisateurs préféreront des systèmes conçus à cet effet.

Des alternatives au bitcoin peu utilisées

Or tous ces systèmes alternatifs à Bitcoin restent relativement peu utilisés. On trouve en tête Dogecoin avec un peu plus de 50 000 paiements par jour, puis Litecoin un peu en-dessous mais avec une tendance à la baisse. À 35 000, on trouve Zcash en baisse et Dash en légère hausse, puis Verge à 20 000 en perte de vitesse, et Bitcoin Cash à 15 000 après des poussées sporadiques au début de chaque mois, qui ne sont probablement que des tentatives de manipulation ou des tests de quelques jours sans effet sur l’utilisation réelle.

 

Concurrents de Bitcoin – paiements par jour – 2018
Source coinmetrics.io/charts

Tous les autres (Bitcoin SV, Bitcoin Gold, Monero, Bitcoin Diamond, etc…) sont à un niveau négligeable inférieur à 10 000 paiements par jour, soit moins de 3 % de l’activité de Bitcoin, et tous très loin de leurs capacités respectives, toutes largement supérieures à celles de Bitcoin. Par exemple Bitcoin cash, dont la raison d’être est de résoudre le problème de performances de Bitcoin en portant la taille maximale des blocs à 32 Megaoctets, donc sa capacité théorique à plus de 10 millions de transactions par jour, n’a dépassé les 30 000 que de façon très sporadique et stagne actuellement autour de 15 000.

Tous ces systèmes, sauf Dash et Monero, sont des dérivés plus ou moins fidèles de Bitcoin ; Litecoin (2011) et Dogecoin (2013) sont plutôt destinés aux paiements rapides de faible montant ; Zcash (2014), Dash (2014) et Verge (2015) permettent des paiements sécurisés. Tous sont déjà relativement anciens sauf Bitcoin Cash lancé en août 2017.

Au total, la demande de paiements généralistes stagne à 600 000 paiements par jour, et la tendance est à la baisse. L’arrêt de la croissance de Bitcoin n’a pas profité à ses concurrents, dont les mieux placés ne sont pas ceux qui ont été créés récemment pour résoudre ses problèmes de capacité, mais les plus anciens.

 

Bitcoin et ses concurrents – paiements par jour (cumul) – 2018
Source coinmetrics.io/charts

Cette situation se prête mal aux pronostics. Elle peut tout aussi bien perdurer que précéder une reprise plus ou moins forte de la croissance de l’utilisation des cybermonnaies.

Certains fondent l’espoir d’une relance de l’utilisation de Bitcoin grâce à une fonctionnalité appelée Lightning qui permet de traiter les transactions de faible montant sans faire appel à la chaîne de blocs. Son principe est d’ouvrir un « canal de paiement » entre deux comptes en créant un dépôt de garantie grâce à une transaction initiale validée par les titulaires des deux comptes concernés. Les deux partenaires peuvent alors échanger des transactions intermédiaires « hors chaîne » qui modifieront la répartition de ce dépôt entre eux, mais resteront dans leurs « wallets » respectifs sans être soumises au consensus de Bitcoin tant que leur solde reste inférieur au dépôt de garantie.

Ce canal de paiement pourra être fermé à tout moment, soit par accord mutuel, soit en cas de désaccord d’un des deux partenaires. Seul l’état final des dépôts, qui résulte de toutes les transactions intermédiaires, sera alors enregistré dans la chaîne.

Les canaux de paiement peuvent former un réseau, permettant les transactions entre deux comptes à travers un ou plusieurs autres. Un système élaboré de verrouillage cryptographique interdit aux comptes intermédiaires de s’approprier au passage le montant des transactions.

Le cas Lightning

En théorie, Lightning permet un traitement extrêmement rapide des petites transactions – plusieurs millions par seconde. Mais par construction, ces avantages ne se réalisent que pour de nombreuses transactions de faible montant entre les deux mêmes comptes, un cas d’usage peu fréquent. De plus, le système est la cible de nombreuses critiques théoriques et pratiques. On ne trouve pas de mesures de son utilisation réelle, qui semble très faible malgré le grand nombre de « canaux » ouverts, ce qui traduit probablement une grande prudence des utilisateurs potentiels.

Schématiquement, Lightning utilise le nom de bitcoin, mais pas ses technologies : les transactions sont certes libellées en bitcoins, mais elles restent totalement extérieures au système Bitcoin et ne sont pas intégrées dans la chaîne de blocs, sauf de façon exceptionnelle et résumée. À cette possibilité près, une transaction est analogue d’un simple échange par mail de messages du type « je te verse tant », sans beaucoup plus de sécurité.

Pour les cas d’usage où Lightning pourrait s’appliquer, il est probable que beaucoup d’utilisateurs préféreront faire confiance à des systèmes utilisant une chaîne de blocs, tels que Litecoin, Dogecoin ou Dash, et plutôt aux systèmes les plus éprouvés, donc les plus anciens, voire à des systèmes de paiement plus « traditionnels » comme les paiements par smartphone (Apple pay, etc) en monnaie traditionnelle. Pour la fonction de paiement, peu importe la monnaie utilisée dans la mesure où le change avec les monnaies les plus courantes est facile ; le critère principal est l’adoption par les marchands, qui acceptent les transactions dans cette monnaie en échange de biens et de services réels.

On peut donc penser que, malgré leur potentiel d’amélioration à long terme, Lightning et ses homologues ne changeront pas grand-chose à la problématique dans l’immédiat.

À plus long terme, il faut prendre en compte l’économie du système. La preuve de travail oblige les mineurs à de lourds investissements en matériel et en électricité. À chaque cycle de construction de blocs, celui qui gagne la course est rémunéré par de la cybermonnaie créée à cet effet (pour Bitcoin, actuellement 12,5 bitcoins soit environ 50 000 dollars par bloc au taux actuel) et par les commissions offertes par les utilisateurs (actuellement de l’ordre de 1 à 2 bitcoins par transaction soit entre 5000 et 8 000 dollars par bloc), ce qui laisse aux mineurs un profit de l’ordre de 15 à 20 %, ce qui situe le coût par bloc à environ 48 000 dollars.

Or, de par les principes même de Bitcoin, ce coût est voué à augmenter alors que la création de monnaie est programmée une fois pour toutes pour être divisée par 2 tous les 4 ans. Elle sera réduite à 6,25 bitcoins par bloc en 2020 et à 3,125 en 2024. Si comme il est probable le niveau des commissions reste à son niveau actuel, la rémunération totale par bloc passera alors de 14 à 8 bitcoins, puis à 5 en 2024. Même si la difficulté s’ajuste automatiquement de façon à réduire le coût du minage (ce qui impacte la sécurité de la chaîne de blocs), l’activité de minage de bitcoins cessera d’être rentable. Les mineurs se reporteront vers des systèmes alternatifs, puis disparaîtront un par un, et avec eux le système de preuve de travail, au profit de systèmes moins coûteux tels que les différentes variétés de preuve d’enjeu (proof of stake).

Situation incertaine

Ce scenario ne pourrait être retardé que par une remontée significative du cours du bitcoin, malgré la stagnation de l’activité du système Bitcoin et des cybermonnaies en général. Si toutefois la demande pour des services de paiement repart à la hausse, la demande insatisfaite se tournera vers d’autres systèmes et monnaies plutôt que de solliciter Bitcoin en proposant des commissions plus élevées. Et si à l’avenir le cours trouve enfin progressivement une certaine cohérence avec l’usage réel, comme le voudraient les principes de l’économie, le cours aussi deviendra stable, et vraisemblablement voisin de son niveau actuel.

Mais gardons-nous de prévisions trop précises. Dans, l’immédiat, la situation est très incertaine. Dans les mois qui viennent, certains projets peuvent aboutir, l’intérêt pour les cybermonnaies peut aussi bien repartir à la hausse que continuer à faiblir, Lightning peut séduire une certaine population d’utilisateurs et de marchands, ce qui ne changerait pas fondamentalement les limites technologiques du système Bitcoin mais pourrait provoquer une remontée de la valeur de la monnaie bitcoin.

À plus long terme, l’intense activité de recherche et développement qui caractérise ce secteur aura largement transformé le paysage concurrentiel. Le change décentralisé pair à pair deviendra la norme. Les systèmes à preuve d’enjeu seront suffisamment éprouvés pour prendre la relève des systèmes à preuve de travail, mais seront à leur tour concurrencés par des systèmes innovants du type DAG (graphe orienté acyclique) qui n’utilisent pas la notion de bloc et se passent de mineurs et de commissions en intégrant l’activité de validation des transactions existantes dans l’activité de soumission de nouvelles transactions. Bitcoin deviendra au mieux une valeur refuge réservée à une élite, au pire une vénérable relique.

  1. Une attaque par déni de service consiste à inonder le système de transactions de très faible montant dans le but d’en provoquer l’arrêt et de nuire à son image.
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  • Le Bitcoin est une réserve de valeur avant d’être une monnaie. Xrp, Ada sont des exemples des mutations des cryptos. L’ordre mondial veut aussi sa crypto. De la santé aux légumes en passant par les vaches la blockchain sera de partout. Dans cette course le quantique va s’y ajouter. Selon moi le Bitcoin archaïque va garder son charme et son côté hype. Qui n’en voudrait pas au moins 1 ? 😉

  • Un article très bien écrit avec des faits justes et étayés. Je souhaitais reprendre l’erreur sur la limite du réseau Lightning aux transactions entre deux personnes, mais l’article a l’air d’avoir été corrigé entre temps.

    Si je suis en accord sur les faits, en revanche mon interprétation différence fortement.

    Bitcoin a atteint ses limites transactionnels fin 2017 et rien de sérieux au niveau du protocole lui même n’est envisagé pour améliorer ce point (il y a d’autres priorités). Toutes les solutions envisagées par les autres cryptos sont trop expérimentales et/ou n’ont pa fait leurs preuves pour être portée par le réseau Bitcoin dans un premier temps.

    Les cryptos alternatives qui souhaitent résoudre le problème du nombre de transactions par seconde se concentrent sur ce que j’appellerai le « processeur de paiement », là où les priorités de Bitcoin défendent la « réserve de valeur ». Or la problématique du processeur de paiement est extrêmement simple. Visa et Paypal savent déjà très bien adressé ce problème et avec de l’ingénierie, il est largement possible d’aller au delà des performances de ces réseaux. Les cryptos alternatives peuvent le faire, le point n’est pas là.
    Un processeur de paiement ne donne pas de valeur au token sous-jacent, c’est l’inverse : Visa et Paypal ont de la valeur car ils fournissent un processeur de paiement sur du dollar ou des euros. Si le token sous-jacent n’est qu’une patate chaude, il sera tôt au tard remplacé par un token qui représente une meilleur réserve de valeur.

    Or il est bien plus complexe de concurrencer le dollar que Visa. C’est sur ce point que Bitcoin reste différent pour moi. Or même en l’état, même si Bitcoin n’évolue plus, il a déjà toutes les capacités pour être une réserve de valeur, un Or digital. C’est beaucoup moins sexy que le marketing des cryptos alternatives, mais c’est à mon avis bien plus puissant sur le long terme.

    En effet, je n’ai aucun doute sur le fait qu’il sera possible de bâtir un processeur de paiement fiable sur une bonne réserve de valeur comme Bitcoin. Peut importe que ce soit Lightning ou une autre solution plus tard. Il est très simple d’expérimenter des solutions de niveaux 2 ou des sidechains à Bitcoin sans toucher à Bitcoin lui même. Par contre, les cryptos alternatives n’ont quasiment aucune chance d’arriver à bâtir une réserve de valeur après coup sur leur token.

    Reste maintenant à explorer l’aspect du temps : quid du halving qui arrive sur Bitcoin s’il n’y a pas de solution transactionnelle pertinente à temps ? Cela n’aura pas d’importance, contrairement à ce qui est dit dans l’article. Bitcoin étant déjà considéré comme une réserve de valeur par certains et ce statut se renforçant avec le temps (de manière incrémentale par vague à chaque cycle de bulle et d’éclatement de bulle), cela ne fera qu’augmenter le côté sonnant et trébuchant de Bitcoin, par un choc de l’offre.

    Finalement, je reste convaincu que le problème de la fréquence des transactions sera résolu ultérieurement, et qu’il n’y a pas de pressions sur ce point.
    Sans parler du fait que Lightning semble quand même très prometteur, et que la plupart des arguments centrés sur des problèmes théoriques sont faux car ils mélangent volontairement la différence entre l’impossibilité de trouver la solution optimale à un problème NP-complet avec le fait de trouver une bonne solution dans un temps acceptable à ce même problème… Si ces arguments étaient vrais, nous ne serions toujours pas capable de percer les trous d’une carte mère avec un automate car trouver le chemin optimal est un problème NP-complet (le voyageur de commerce).

    L’avenir s’annonce en tout cas intéressant, et cette interprétation reste très personnel. En tout cas, je suis heureux de lire des articles sérieux, en français, sur le sujet. C’est un bol d’air frais par rapport aux reste de la presse.

    • La fonction de réserve de valeur (de même que celle d’unité de compte) n’est qu’une conséquence accessoire de la seule véritable fonction d’une monnaie, servir d’intermédiaire aux échanges.

      Par intermédiaire aux échanges, il faut comprendre tous les échanges, sans limite, indistinctement. Autrement dit, ce n’est pas la quantité de monnaie qui doit servir de critère de décision mais uniquement le nombre de transactions. Si on ignore cette loi économique, on détruit l’économie. Par définition, un bien disponible en quantité limitée ne peut pas servir d’intermédiaire à tous les échanges, sauf à trahir l’équation MV=PT où V et P doivent tendre vers 1. Inflation comme déflation sont également mauvaises dès lors que leur origine est monétaire. La seule déflation tolérable est d’origine économique parce qu’elle trouve sa justification dans la productivité des facteurs de production (faire plus avec moins, pour simplifier).

      Un bien qui ne sert pas d’intermédiaire à tous les échanges n’est pas une monnaie. C’est au mieux un actif, au pire une arnaque. Ni le bitcoin ni l’or, simplement parce qu’ils sont disponibles en quantités limités, ne peuvent être des monnaies.

      • Beaucoup de gens pensent hélas que la monnaie correspond à un stock de richesses. Ils en déduisent faussement qu’il suffirait que les banques centrales ouvrent les vannes de la création monétaire pour que les richesses sortent du néant. La réalité est bien sur que la monnaie est un simple médiateur d’échanges. D’un point de vue comptable la masse monétaire est fortement liée aux projets en cours ayant encore un potentiel de production (quand l’unité de production disparait par usure ou obsolescence, les crédits doivent normalement être remboursés, ce qui signifie une décroissance de masse monétaire si d’autres projets de production ne sont pas lancés). Une monnaie non liée à l’état de l’appareil de production est stupide. A quoi cela pourrait il servir de détenir un stock d’or (ou de bitcoin) dans un monde où tous les moyens de production disparaitraient ?

      • @Cavaignac

        Je vous rejoins sur le fait que la première fonction de la monnaie est de servir d’intermédiaire aux échanges. Cela ne signifie pas pour autant que cette fonction soit nécessairement pleinement opérationnelle à l’origine. L’or est resté longtemps une réserve de valeur, avec une transactionnalité faible, entre autre à cause du problème de vérification. Ce n’est que plus tard avec le pressage des pièces que la vérification a été grandement simplifié et que la transactionnalité à pu être augmenté. De nos jours, la transactionnalité des monnaies fiduciaires ne cesse encore d’être amélioré (CB, paiement par internet, Apple Pay,…). La question n’est pas de savoir si Bitcoin est un système transactionnel : il l’est, même s’il a des capacités trop faible pour servir au monde entier aujourd’hui. Ces limites ne sont pour autant pas gênante, dans un premier temps, dans un scénario de réserve de valeur où la transactionnalité reste faible.

        Pour recadrer les choses : Bitcoin n’est clairement qu’un actif spéculatif aujourd’hui, il n’est même pas encore une réserve de valeur, alors une monnaie n’en parlons pas.

        Mais ce qui importe c’est sa trajectoire, et plus cette expérience perdure, plus le status de réserve de valeur se rapproche. Nous parlons encore de nombreuses années. Pendant ce temps, la limite transactionnelle sera clairement vaincue, ce ne sera plus un problème.

        A l’inverse créer un système ex-nihilo où tout le monde peut faire un nombre exceptionnellement grand de transactions, n’est pas très compliqué, mais n’assurent absolument aucune valeur à ce système et pour de bonne raisons : c’est la confiance dans le sous-jacent qui importe et la confiance ne peut venir qu’avec beaucoup de temps. La confiance dans les monnaies fiduciaire aujourd’hui vient de la confiance dans l’économie sous-jacente et de la confiance dans ceux qui gèrent la masse monétaire. La confiance dans l’Or vient du fait que la masse monétaire n’est pas manipulable par l’homme. La confiance dans Bitcoin est naissante et n’existe pas encore réellement en dehors d’un cercle de personne très restreint, mais ce cercle croit avec le temps. Là encore, c’est la dynamique qui est intéressante, pas l’état actuel des choses.

        Le support de l’ensemble des échanges sera donc possible à l’avenir, et Bitcoin pourra être un intermédiaire à l’ensemble des échanges mondiaux à terme.

        La où je ne vous suis pas, par inculture économique malheureusement, c’est la raison pour laquelle la masse monétaire ne peut être fixe ?

        L’ajustement des prix à la baisse ne permet-il pas de compenser la masse monétaire fixe ? Je comprends que sur les monnaies actuelles il y a un problème de divisibilité (le centime de dollar ou le centime d’euros) qui bloque l’ajustement possible des prix, mais cette limite n’existe pas sur Bitcoin. La divisibilité est infinie. L’équation est donc rééquilibrable à volonté. Le protocole Bitcoin actuel a bien une limite la division au satoshi (0,00000001 bitcoin), mais il est aisé de modifier cet aspect si nécessaire. Il ne faut d’ailleurs pas non plus oublier que cette limite est déjà dépassable, en l’état, avec le lightning network où un vente aux enchères à eu lieu en décembre pour un milli satoshi (soit environ 0,000000037 $).

        Je passe le fait que cette divisibilité infinie pourra être la source demain de tous nouveaux modèle économiques où l’argent pourra être streamé en continue en quantité infinitésimale.

        • L’ajustement des prix à la baisse (comme à la hausse) est un concept théorique qui serait satisfaisant s’il s’appliquait uniformément à tous. Il faudrait que l’information soit connue en permanence et que chacun ait la capacité de s’adapter instantanément. Or, c’est loin d’être le cas. Inflation ou déflation par la masse monétaire créent toujours des gagnants et des perdants le temps que l’information soit connue de tous, avec le biais que les gagnants ne sont généralement pas des producteurs de richesses mais des parasites profiteurs, à savoir les cercles d’initiés les plus proches de l’information monétaire.

          Le divisibilité de la monnaie ne change rien au problème. Ce qui importe pour assurer la neutralité monétaire, c’est la stabilité du rapport de la valeur des signes monétaires et de la valeur des transactions.

          • Le point clef est effectivement le lien entre les signes monétaires et les biens réels. Pour que la monnaie ne soit pas qu’un chiffon de papier, il faut que celui qui en détient sache qu’il peut acheter quelque chose avec et que ce quelque chose ne va pas changer brutalement si le pouvoir d’achat de la monnaie s’apprécie ou se déprécie. En d’autres termes la création monétaire doit coïncider avec la création de richesses et la destruction de richesses doit s’accompagner de destruction de signes monétaires. Cas banal : imaginons que je viens de fabriquer un bien que je compte vendre. Il est dans mes stocks mais j’ai besoin de liquidités. Je met donc ce bien en gage auprès d’un banquier qui va inscrire à son bilan d’une part la monnaie qu’il met à ma disposition et d’autre part ma reconnaissance de dette qui est équivalente à un titre de propriété (il peut saisir la marchandise dans mon entrepôt si je ne rembourse pas). On a donc créé par paire un titre de propriété et son miroir en monnaie. Bien entendu je vais utiliser cette monnaie par exemple en achetant une marchandise à un autre producteur et celui-ci avec ses rentrées en monnaie pourra rembourser son banquier qui annulera alors une dette et un titre de propriété. Bref la masse monétaire va respirer, tantôt en augmentation, tantôt en diminution et comme à tout moment il y aura autant de monnaie que de marchandise achetable, il n’y aura aucune raison de se méfier de cette monnaie.
            Cela devient un peu plus compliqué (il faut faire intervenir le temps et les intérêts) si l’on admet que le gage déposé auprès du banquier n’est pas forcément une marchandise existante mais une marchandise en projet mais ce n’est pas fondamentalement différent si le banquier fait bien son métier qui est la sélection de projets assez sérieux pour qu’il puisse prêter.
            Là où le système dérape (vous évoquiez plus haut les manipulations monétaires) c’est quand un état force d’autres acteurs (banques, assureurs…) à accepter sa seule parole en garantie pour financer des dépenses de consommation. On a alors une création monétaire sans augmentation simultanée des biens achetables, ce qui conduit inéluctablement à de l’inflation (i.e. des impôts immédiats cachés dans la hausse des prix) et/ou à une augmentation future des impôts.
            Si l’on veut une monnaie stable et des impôts arrêtant leur croissance folle, il n’y a à mon avis qu’une seule solution qui est d’interdire aux états d’émettre de la dette publique pour autre chose qu’un véritable investissement productif (par exemple moderniser pour pouvoir réduire la quantité de fonctionnaires nécessaires).
            PS je suis un peu long mais ce n’est pas tant destiné au débat sur ce blog qu’à essayer de clarifier mes idées en les écrivant.

    • Bonsoir, en aucun cas bitcoin est ou sera une réserve de valeur. Pour que quelque chose (n’importe laquelle d’ailleurs) ait de la valeur, il faut qu’elle puisse s’échanger contre une autre valeur. Par exemple, de la monnaie (ou un troc) contre un panier de légumes. Essayez-donc d’acheter des légumes ou des skis avec bitcoin… il vous coûteront X % plus cher….faut pas pousser quand même.
      Cordialement
      *P.S. bitcoin peut servir de certification dans un intranet (par exemple dans les assurances… qui ont débusqué le filon cela fait quelque temps). Mais, la preuve de la correction d’une « transaction informatique » dans un intranet, n’a aucune valeur dehors… sauf au moment de présenter la note au client externe. A ce moment là bitcoin (ou ethereum) peuvent servir de preuve interne de la conformité d’un processus informatique financier dont le solde va représenter le note d’un client ou l’état des contrats.

      • C’est déjà tout à fait possible de payer en bitcoins sur de nombreux sites marchands, et voire sur la totalité si l’on dispose de cartes bancaires permettant la conversion automatique crypto vers fiat.

        Et malgré tout, pourquoi quelque chose qui ne serait pas disponible aujourd’hui ne pourrait-il pas l’être demain ?

        Mais oui, l’horodatage, du fait de l’immutabilité de sa blockhain, est un autre usage possible du Bitcoin.

        • Re- merci de ne pas m’avoir carbonisé, car tout n’était pas clair dans mes déclarations..! Donc, je continue un peu. Il semblerait au dire de certains médias que des banques et des assurances cherchent à utiliser non pas le bitcoin, mais la blockchain qui en est le support, pour « certifier » leurs opérations en interne. Vous, vous parlez d’horodatage, mais j’ai crû comprendre que c’est beaucoup plus que ça. En l’occurrence, suivre la traçabilité des contrats en interne : qui y a mis la main, pourquoi et résultat. Audit interne en continu quoi.
          *P.S. j’aime bien les articles sur la blockchain et ses dérivés. C’est passionnant, fumeux, barnum…tout tout. Et le média qui y consacre le plus d’articles est Contrepoints. Bravo.

  • Une solution complémentaire à lightning est le hardened crypto wallet dont le brevet a été déposé par Réputaction https://www.reputaction.com/produits qui pourra non seulement permettre plus de transactions monétaires avec KYC/AML mais aussi d’autres crypto-actifs comme des security tokens

  • Cette citation sur LN : « une transaction [Lightning] est analogue d’un simple échange par mail de messages du type « je te verse tant », sans beaucoup plus de sécurité. » relève du pur mensonge ou à minima d’une certaine malhonnêteté intellectuelle.

    Mais le problème n’est pas là. La vraie question à se poser est celle de savoir ce qui incite le marché à donner sa valeur à Bitcoin ? Sur quoi se fonde la vraie valeur de Bitcoin, son caractère unique et innovant ?

    Une fois qu’on a la réponse à cette question, les problèmes du nombre de paiements par seconde ou bien de la rentabilité du minage se posent tout à fait différemment.

    Il ne manque pas grand chose à l’auteur pour y arriver.

    • @mably et donc la réponse à la question est ? Je brûle de la lire 😉

      • L’article donne quelques indices.

        Par exemple, le fait que personne ne se soit rué sur les crypto-monnaies annonçant des vitesses de paiement bien supérieures à celle de Bitcoin en est un.

        Ce n’est donc probablement pas ce que le marché valorise le plus dans Bitcoin.

        Mais il reste d’autres caractéristiques majeures de Bitcoin comme la décentralisation et la résistance à la censure qui pourraient contribuer à sa valeur. Ces deux caractéristiques sont beaucoup plus difficiles à obtenir avec des crypto-monaies à preuve d’enjeu par exemple.

        Concernant le minage, il ne faut pas prendre le problème à l’envers, les mineurs suivent la valeur et non l’inverse. Tant que Bitcoin aura de la valeur et sera utilisé, il y aura des mineurs. Dans le cas extrême où les frais de transaction deviendraient trop faibles pour garantir la bonne sécurité du réseau, il n’est pas totalement exclu qu’une récompense de bloc minimum soit mise en place.

        Et, dernier point important, il faut bien comprendre que Bitcoin est avant tout une aventure humaine. La technologie n’est qu’un outil, très intelligemment exploité et mise en oeuvre par Satoshi Nakamoto. Et donc une des forces majeures de Bitcoin est son éco-système et l’équilibre entre les différents acteurs qui le compose. Et c’est là que se trouve la véritable révolution « Bitcoin ».

        • Sur Lightning, je maintiens ce que j’ai écrit. En quoi est-ce un mensonge ou une malhonnêteté intellectuelle ?
          Sur le minage, idem. La récompense de bloc minimum existe, mais est divisée par 2 tous les 4 ans. Si ça devait changer, ça serait un hard fork et ça ne serait plus Bitcoin.
          L’écosystème est en effet impressionnant et peut garantir un avenir brillant, mais aux autres cybermonnaies, pas à Bitcoin.

          • Non, la sécurité d’un paiement Lightning n’a absoluement rien à voir avec le niveau de sécurité d’un simple envoi de mail.

            Et non, Bitcoin pourrait rester Bitcoin après un hard-fork.

            La plupart des crypto-monnaies hard-forkent fréquemment comme Ethereum par exemple. Il ne faut pas confondre « split » et « hardfork ».

            • Petite information complémentaire : une augmentation de la récompense de bloc pourrait aussi se faire par un simple soft-fork, soft-fork qui pourrait entraîner ou non un « split ».

          • L’écosystème auquel je faisais référence dans mon commentaire était celui de Bitcoin. Je ne vois donc pas comment il pourrait garantir un avenir aux autres cyber-monnaies et pas à Bitcoin.

            Chaque cyber-monnaie possède son propre écosystème plus ou moins développé. Certains pans des écosystèmes sont relativement étanches entre eux (mineurs, devs) et d’autres sont plus poreux (échanges, traders). Mais il me paraissent globalement difficilement échangeables ou substituables les uns avec les autres.

        • @mably
          Je maintiens ce que j’ai écrit sur Lightning. En quoi est-ce « un mensonge ou à minima d’une certaine malhonnêteté intellectuelle ? »
          Idem pour le minage. Une récompense de bloc minimum indépendante des commissions existe (coinbase), mais elle est divisée par 2 tous les 4 ans. Si cette règle était changée, ça serait un hard fork et donc ça ne serait plus Bitcoin.
          OK, l’écosystème des cybermonnaies est impressionnant et promet un avenir brillant. Mais ce sont les autres cybermonnaies qui en profiteront, pas Bitcoin (à moins d’utiliser le terme Bitcoin pour les désigner toutes).

          • Mes excuses pour le doublon. J’avais l’impression que mon post de 19h06 s’était perdu.
            Et dommage que Contrepoints ne soit pas (à mon avis) l’endroit où régler ce différend. Je crois que mably et moi aurions beaucoup à apprendre l’un de l’autre (et réciproquement). Peut-être par contact direct ? (gdrean@sfr.fr)

  • Il y a chez beaucoup de gens qui critiquent le Bitcoin et les cryptomonnaies en général une réaction normale chez l’humain: critiquer les inventions disruptives. Les questions de savoir si oui ou non cela représente une monnaie ou une valeur sont stupides. Les cryptos reposent sur l’inventivité humaine. Des entreprises existent derrière. Pour citer ETN electronéum, cette petite crypto ignorée possède une solide équipe d’ingénieurs à plein temps. Que dire d’ADA qui est implanté dans plusieurs points du monde avec des équipes plus que sérieuses. Je peux dire sans hésiter que ceux qui n’y voient pas de valeurs à ces efforts humains sont sans espoir !
    Le travail payera. Les réfractaires devront embrasser ce nouveau monde. Enfin ne voyez vous pas qu’au Vénezuéla le Bitcoin sauve de la famine des individus harcelés par le communisme. Oui le Bitcoin a de la valeur car il résiste au communisme. Le reste n’est que blabla stérile pour embrouiller un peu plus le débat.

  • @jcb, le Bitcoin est la monnaie idéale selon Milton Friedman. Pour moi cela est le plus important. Elle est même mieux car elle possède un caractère mondial, universel. Le système merdias, politiciens, banques refusent bien entendu le Bitcoin. Or l’on oublie trop vite que cette « abomination » libérale n’a demandé la permission à personne pour exister. De là pourquoi devrait-elle mourir ? Elle est par définition la valeur la plus tangible parmi les différentes devises. Elle deviendra un jour plus stable en valeur et enfin reconnue comme géniale.

    • Le bitcoin est le père ou le grand’père de toutes les cybermonnaies. Toutes ses qualités, beaucoup de ses enfants les ont aussi sans avoir ses défauts. Un jour il aura fait son temps et ses enfants prendront le relais en faisant mieux que lui. C’est la vie …

      • @Gérard Dréan : c’est donc là votre vision des choses ? Oui, le BTC est la première des cryptos à avoir fonctionné, mais Ethereum, Litecoin ou Zcash ne sont pas des « enfants » sortis de nulle part. Ces monnaies ont été créées et sont contrôlées par des intérêts privés, et elles n’ont en aucun cas – et n’auront jamais – les caractéristiques du BTC (décentralisation) les rendant donc inopérantes comme réserve de valeur, et ce quelles que soient leurs capacités transactionnelles. Le principal objectif des altcoins est d’enrichir leurs créateurs, en « vendant » quelques arguments marketing au marché du type « tout ce que ma nouvelle crypto fait de mieux que le BTC ». Ben voyons… Je suis déçu que vous tombiez dans ce panneau. Outre-Atlantique, nombreuses sont les voix dénonçant ces altcoins comme de vastes arnaques, avec des fondements technologiques plus que douteux. Personne n’utilisera jamais LTC ou ZCash comme le BTC est utilisé aujourd’hui. Votre article en fait le constat, et c’est heureux. Ces altcoins sont même une régression par rapport aux monnaies fiat puisque contrôlées par quelques individus (Buterin / Lubin pour Ethereum par exemple).

      • « Un jour il aura fait son temps et ses enfants prendront le relais en faisant mieux que lui. C’est la vie … » – un peu court comme argument, non ?

        Pourquoi ne pas parler de clones plutôt que d’enfants ? Et on sait que les clones sont souvent plus fragiles que l’original.

        Qui plus est, l’original a encore tout loisir d’évoluer et de s’améliorer.

  • Oui. L’enfant est souvent mieux puisqu’il est un mélange de deux ! Reste que sans les parents il n’existerait pas. Les enfants ne doivent jamais oublier qu’une partie immortelle doit se transmettre au travers de la vie. Donc finalement ni mieux ni moins bien. Juste la vie 😉

  • Malheureusement ce cher M. DREAN manque complètement sa cible avec cet article. Le nombre de transactions est certes un critère, mais est-ce la clé de lecture absolue quant au choix d’une crypto ? Je ne le pense pas. Les altcoins font déjà toujours beaucoup de promesses, mais jamais vérifiées dans les faits…
    Maintenant, pour en revenir aux éléments imprécis de l’article : l’adoption du Segwit par les utilisateurs du réseau BTC a comme par hasard permis de purger le mempool du BTC (non mentionné dans l’article). Lightning n’est donc pas la seule solution pour augmenter le nombre de transactions.
    L’auteur ne répond pas non plus à la question qu’il pose : pourquoi les altcoins ne voient pas leur nombre de transactions monter ? Ah tiens… C’est étrange, non ? Peut-être parce que les utilisateurs avertis savent faire la différence entre le BTC décentralisé et ses consoeurs qui ne sont que copies privées du BTC, centralisées, et qui ont tous les aspects d’arnaques de grande ampleur.
    Quant aux remarques sur le « halving » (division du nombre de BTC émis par bloc) : le minage ne deviendra pas moins rentable ou plus rentable, puisque cette réduction doit en pratique être compensée par une augmentation du cours (principe de rareté de la monnaie).
    Et le pire est pour la fin : comment promouvoir le PoS (Proof of Stakes) par rapport au PoW (Work) ? Le PoS est une fumisterie, destinée à enrichir ceux qui détiennent déjà des jetons en masse (n’est-ce pas Ethereum ?). Le PoW garantit que BTC est et restera une monnaie difficile à produire, « hard money » comme l’écrit le Dr Saifedean AMMOUS, constituant ainsi une réserve de valeur. Je ne vois donc pas bien le sens de cet article car le BTC n’a pas besoin d’être un nouveau Visa ou Mastercard pour s’imposer comme or numérique. Achète-t-on aujourd’hui son pain, paie-t-on son abonnement téléphonique avec de l’or? Non, on utilise l' »easy money », l’€ ou l’USD, imprimé a volo par des Banques Centrales peu regardantes. Pour ses actifs précieux, on choisira le BTC, et donc sans avoir besoin de le déplacer tous les 4 matins. 500.000 transactions par jour devraient donc être suffisantes.

    • On ne peut quanc même pas passer sous silence le fait que Satoshi Nakamoto avait conçu Bitcoin d’abord comme un système de paiement et non comme simple réserve de valeur ou « or numérique ». Ce qui pose deux questions intéressantes :
      1. pourquoi la réalité est devenue l’inverse ?
      2. qu’est-ce qui peut remplacer BTC dans ses objectifs initiaux ?

      • 1. Il est encore tout à fait possible de faire des paiements en Bitcoin. Satoshi n’a jamais parlé de montant minimum.

        2. Il est possible de construire des systèmes de paiement au dessus du Bitcoin sans pour autant le remplacer. Le Lightning Network, que vous citez dans votre article, en est un bon exemple. Et Bitcoin continuera d’évoluer dans les années qui viennent vers plus d’efficacité.

        Je serais curieux de savoir pourquoi vous tenez tant à enterrer Bitcoin aussi prématurément 😉

        • Je ne cherche pas du tout à « enterrer Bitcoin ». Je dis seulement qu’il a atteint ses limites en termes de capacité de traitement, qu’il restera en gros à ce niveau et que le relais en termes de croissance (si croissance il y a) sera pris par d’autres systèmes.
          Et je reconnais que mon pronostic de la disparition progressive des systèmes à preuve de travail (dont BTC) est assez hasardeux, mais le le crois vraisemblable. L’avenir nous le dira.

      • Bonjour, j’adore Contrepoints, entre autres parce qu’il parle du bitcoin plus que tout autre média avec des contributeurs intéressants, dont vous même. Et bien un aveu, j’ai téléchargé le « mode d’emploi » de Satoshi Nakamoto. C’est bien simple : neuf pages (en anglais ou espagnol, pas en français). Et pour l’instant j’ai pas essayé d’aller plus loin. Le pourrais-je d’ailleurs ? Un des gros problèmes de ce barnum est la compréhension de ce qu’est la « proof of work » et l’autre preuve plus facile paraît-il….. ! De plus pour savoir ce qu’est vraiment la « proof of works » et bien il faut l’administrer en se payant une ferme de serveurs à faire pâlir les caisses de retraites. C’est bien un gros barnum ce truc là, non ?

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