Que faire face au populisme ? La réponse libérale

Si l’avenir est porté par les jeunes, les plus instruits et les citadins – et on se demande par qui d’autre il pourrait l’être – alors l’avenir n’est pas au populisme. OPINION

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Que faire face au populisme ? La réponse libérale

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 13 décembre 2018
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Par Christian Michel.

Toute action entraîne une réaction d’intensité égale et de sens opposé. C’est la 3ème loi de Newton. Elle s’applique, mutatis mutandis, aux affaires humaines. Aux puritains iconoclastes, qui dépouillaient les lieux de culte, la Contre-Réformation répliqua par une exubérance d’images dans ses églises baroques. Les Lumières furent universalistes et scientistes, le romantisme se voulut nationaliste et sentimental. Les Bolcheviques massacraient au nom de la stricte égalité des conditions et l’abolition de l’argent, ils eurent la Nouvelle Économie Politique. Grands et petits, les exemples fourmillent.

Un vent de révolution a soufflé sur le monde dans les années 1980 et les deux décennies qui ont suivi. La tourmente était si puissante qu’on parlait de nouvelle révolution industrielle, comparable à celle induite par la machine à vapeur, voire à la maîtrise du feu au paléolithique. Quelques-uns ont même pu affirmer, arguments solides à l’appui, que l’humanité avait atteint le happy ending de son histoire.

Peu d’activités ont échappé à l’impact de ces nouvelles technologies. Elles ont transformé notre vie quotidienne et celle des entreprises. Elles ont accéléré la mondialisation des échanges économiques, déverrouillé le potentiel de création de richesses dans des pays comme la Chine, marginalisés trop longtemps.

Retour de balancier

Une telle poussée entraîne nécessairement une réaction de sens opposé. Elle est là. Les vieilles lunes d’avant les années 80 réapparaissent de derrière les nuages. Les économistes célèbrent le retour de Keynes, et nous expliquent qu’un bon protectionnisme est vertueux, En Europe, ils nous font l’éloge des monnaies nationales (drachme ? lire italienne ? franc français ?…).

Plus à gauche, les socialistes, tel le Britannique Corbyn, inscrivent les renationalisations dans leur programme. À droite, de Le Pen à Orban, et de Salvini à Kaczińsky, on vante les vieux concepts d’États nations, modèles de Gaulle dans le meilleur des cas, ou Franquistes, ou Pinochetistes, voire Mussoliniens quand ces souverainistes se débrident. Poutine déplore la fin de l’empire colonial soviétique, Erdogan celle de l’ère ottomane.

De l’Amérique latine aux Philippines, sans compter l’Afrique et le Moyen Orient, le nombre des réactionnaires aux affaires ne cesse de croître. Au sommet de la liste trône le président des États-Unis, qui martèle à chaque occasion le plus passéiste des slogans : Make America great again. Un Président confiant dans l’avenir scanderait Make America greater than she’s ever been.

Mais personne n’est progressiste de nos jours. Sauf quelques libéraux. Sauf les Chinois, ce qui n’est pas pour rassurer.

On peut imaginer ce que pensaient les républicains après le retour des Bourbons : les droits de 1789 étouffés ; la monarchie rétablie en France ; Metternich à Vienne se félicitant de mettre les pendules de l’Europe cent ans en arrière ; le Tsar Nicolas 1er condamnant à mort les décembristes, ou les déportant en Sibérie… Le sentiment d’échec des libéraux de l’époque préfigure le cafard qui étreint ceux d’aujourd’hui en voyant la reculade de leurs idéaux. Mais le désespoir est-il de mise ?

Origine

Aussi loin dans le temps qu’ils poussent leur étude, les historiens repèrent des soulèvements du petit peuple travailleur, honnête, mais misérable et assommé d’impôts, accusant de ses maux une élite urbaine, courtisane et marchande. Rien qu’en France, les jacqueries au Moyen Âge, les révoltes des va-nu-pieds au XVIIe siècle, et d’autres qui plus tard déboucheront sur de vraies révolutions. En Russie, les narodniks doivent nous interpeller. Le mot populiste en est la traduction fidèle.

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, les narodniks célébraient les valeurs de la ruralité et de la Russie profonde, contre l’industrie déshumanisante, et contre l’élite urbaine et occidentalisée. Ces purs réactionnaires sont les précurseurs de ceux qui agitent le monde aujourd’hui. Ils se révoltaient moins contre leur situation économique que contre un déplacement culturel de la Russie, qu’ils voulaient au centre du monde slave.

Un peu partout aujourd’hui cette question est posée de l’identité des peuples, comment elle se transforme, comment telle qu’en elle-même l’Histoire la change.

Réacs

Une résistance à toute forme de changement est naturelle chez l’être humain, surtout celui attaché à la terre, où se répètent quasiment à l’identique les cycles des saisons, des semailles et des récoltes. La résistance est la plus vive lorsque le changement parait venir de l’extérieur, qu’il soit violent – l’occupation étrangère, la colonisation – ou insidieux, les échanges, la coexistence avec les membres d’une autre culture. Platon voyait un danger pour les valeurs du citoyen d’Athènes dans la fréquentation des étrangers.

Un monde d’employés n’est pas un monde de paysans. Avec la migration vers les villes, les avancées de la technique accélérèrent au XIXe et XXe siècles. Mais elles rencontrent aujourd’hui une nouvelle résistance, de modernes canuts, de luddites, de ruraux, de sous-éduqués et de cheveux gris, surtout que le progrès semble imposé d’ailleurs, la globalisation.

La sociologie de ces réactionnaires est partout la même. Majoritairement ils sont des ruraux. Dans les villes, où s’invente l’avenir, où se crée la richesse, où sont offerts l’art et la culture, les électeurs rejettent tout ce qui a trait au populisme. Les statistiques sont frappantes. Les 37 plus grandes villes américaines ont voté contre Trump aux présidentielles de 2016 – New York à 87 % ; Philadelphia à 85 % ; Detroit (la ville des cols bleus dans une industrie déclinante) à 75 %. La première ville par nombre d’habitants soutenant Trump fut Virginia Springs (lequel de mes lecteurs saurait la situer sur une carte ?).
En France, les 10 plus grandes villes ont voté l’an dernier contre Marine Le Pen, 6 d’entre elles à plus de 80 %, et Paris à 90 %.
Le Brexit, autre marqueur du populisme, fut rejeté par Londres à 60 %, et par des villes comme Manchester, Bristol et Liverpool.
En Turquie, les trois plus grandes villes firent la nique au plébiscite d’Erdogan l’an dernier, même Ankara, la capitale, même Istanbul, dont il fut le maire pendant des années.
Même constat en Pologne, où l’opposition le mois passé n’a laissé au mal nommé Parti de la Loi et la Justice que les circonscriptions rurales.

Loin d’être un conflit de classes sociales, qui serait simple à gérer dans un contexte de division politique gauche/droite, Tory/Labour, Républicains/Démocrates, le populisme souligne une fracture générationnelle.
64 % des retraités britanniques ont voté pour le Brexit, seulement 29 % des 18-25 ans.
Aux États-Unis, 54 % des plus de 65 ans ont fait confiance à Trump, seulement 35 % des 18-29 ans.

Enfin, si l’on considère le niveau d’études, la désaffection pour les messages populistes est nettement exprimée : 54 % des électeurs sans diplôme universitaire ont voté Trump (contre 46 % de l’ensemble des votants). Au Royaume Uni, 70 % des électeurs sans diplôme se sont prononcés pour le Brexit, 68 % de ceux ayant fréquenté l’université l’ont rejeté. En Italie, les plus mauvais scores de la Lega Norte viennent des diplômés d’université (11 % de l’électorat contre 17 % au total).

Les chiffres sont moins probants en France, qui est un cas particulier. Les populistes recrutent bien dans la jeunesse, mais plus le diplôme est élevé, plus la plus proportion du vote Macron à la présidentielle l’était aussi, atteignant 81 % chez les Bac+3.
La même remarque s’appliquera sans doute lorsqu’on analysera le mouvement des Gilets jaunes : des ruraux, sans grand bagage intellectuel (il suffit d’entendre leurs porte-paroles), gagnant moins que l’ensemble des Français (et pas seulement financièrement).

Courage

Si l’avenir est porté par les jeunes, les plus instruits et les citadins – et on se demande par qui d’autre il pourrait l’être – alors l’avenir n’est pas au populisme. La leçon pour les libéraux est claire. Ils n’ont rien à gagner à fricoter du côté de chez Trump et Poutine, de Le Pen et des Gilets jaunes. Le populisme est l’ennemi, qu’il soit de droite ou de gauche.

L’enseignement des derniers 12 000 ans, depuis la prise de pouvoir des sociétés agricoles sur les tribus nomades, montre assez que la technique triomphe toujours. Si elle est adoptée quelque part, c’est qu’elle procure un avantage. Ceux qui possèdent cet avantage dominent ceux qui stupidement le refusent. Mais la technique est exigeante. Elle requiert pour déployer ses effets un changement des institutions de la société. Pas de science quand les sorciers sont les chefs. Pas de révolution industrielle sous un régime féodal.

Pas d’internet et de société de l’information et de révolution digitale et de monde connecté quand les populistes verrouillent les frontières, filtrent le commerce, bloquent l’immigration, imposent une sorte d’ordre moral là où devraient foisonner les expérimentations, l’invention de nouveaux styles de vie, l’offre de nouveaux produits et de formes d’art originales.

En attendant que s’épuise dans un vain combat la contre-révolution, il faut pour les libéraux répéter leur message : l’individualisme, c’est-à-dire l’association de personnes qui se choisissent ; la mondialisation, le stade historique émergent au-delà des États nations du XIXe siècle ; la confiance dans un avenir que nous créons ensemble, et que nous ne confions pas aux seuls gouvernements.

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  • « sans grand bagage intellectuel (il suffit d’entendre leurs porte-paroles) »

    Question mépris, ça y est, on a trouvé le remplaçant de Macron, si on en cherchait un !
    Pourtant, de plus en plus, ceux des GJ invités sur les plateaux, arrivent très facilement à faire la nique aux politicards chevronnés…

    • Selon « l’élite », il n’existe pas de QI supérieur à 110 chez les ouvriers et les ‘provinciaux’, les ruraux…

      • « L’élite » (auto-proclamée) n’est certainement pas instruite de la sociologie de la classe ouvrière. Combien ont lu les ouvrages de Michel Verret et de son équipe du LERSCO (université de Nantes) ? Et cette élite auto-proclamée, imbue d’elle-même, n’est-elle pas nourrie d’inepties dont on peut avoir des exemples tous les jours.

    • Le bagage intellectuel est aussi un super moyen d’alourdir la pensée…
      Les populistes ne s’opposent pas aux libéraux, ils s’opposent à ceux qui décident d’en haut que tout un tas de libertés, en pratique fausses et soumises à la connivence, doivent être imposées au peuple pour lui faire oublier que ses choix individuels pourraient être différents.

  • « Dans les villes, où s’invente l’avenir, où se crée la richesse, où sont offerts l’art et la culture, les électeurs rejettent tout ce qui a trait au populisme. »


    Faux, car le populisme n’existe pas seulement à droite, il existe également à gauche.
    Par exemple, New York a voté contre le populiste anti-immigration Trump… mais a contribué à l’émergence de la populiste de gauche Alexandria Ocasio-Cortez ! (en plus de constamment réélire Andrew Cuomo.) Il est donc faux d’affirmer que New York rejette le populisme.

    Bref, le message délivré par l’article n’est pas assez rassembleur. Les libéraux ne se trouvent pas seulement parmi les « jeunes, les plus instruits et les citadins . » Il existe des libéraux (ou des individus ayant le potentiel de devenir libéraux) parmi les « cheveux gris », les « sous-éduqués », et les « ruraux. » Tout message qui divise les libéraux plutôt que de les rassembler est un message qui fait le jeu des ennemis des libéraux, à savoir : l’État liberticide et ses complices.

  • Ce qui m’amuse c’est d’invoquer le manque de compréhension des gens les « moins éduqués » (les ruraux , les bacs moins 3 etc) en ce qui concerne les nouvelles technologies comme élément nourrissant les ‘populismes »
    Déjà je voudrais connaitre le sens ce mot.. si il s’agit d’obtenir des suffrages en disant au peuple ce qu’il veut entendre , en lui faisant miroiter des lendemains qui chantent en lui cachant la merde au chat, alors la France est dirigée par des populistes depuis 50 ans..
    Meme notre fantastique President se classera dans cette categorie
    Je pense qu’il s’agit plus de la perception du monde qui est différente entre les anciens , qui n’ont pas subi la doxa socialiste de l’enseignement , et les modernes qui pensent a gauche et qui vivent a droite.. « en meme temps » c’est plus confortable..
    reste que le monde « nouveau » des hipsters n’est peut etre pas ce que veulent vivre la majorité des suffrages qui s’expriment?Peut etre de vivre en dehors des villes , permet d’apprécier différemment les relations entre humains? Peut etre aussi que les gens bac -3 pensent qu’ils ont aussi le droit de vivre de leur travail ? de vivre tout court?On dit que les usa ont basculé dans le populisme , peut etre que leur democratie permet aux americains de choisir dans quel monde ils veulent vivre?eux. Peut etre qu’ils ne veulent pas tous vivre a new york? et préfèrent pouvoir exister a boulder ou dans le Montana?
    Croire que la nouvelle technologie (je suis ingenieur dans cette discipline depuis très longtemps) va résoudre les problèmes de l’humanité parece qu’elle facilite la vie des plus riche est une erreur..cette technologie fantastique va impacter tous les domaines ou l »homme a une activité, Tous. De la a imaginer que les progrès de l’IA vont bousculer plus rapidement les jobs a hauts rendements , ceux des bac++que les cultivateurs de carottes..il n’y a qu’un pas.;
    Attendez vous a ce que les bacc++ ne cherchent un boulot manuel d’ici une décennie.; non pas qu’ils auraient changé d’avis , mais parce leur job sera démonétise aussi certainement que celui d’un smicard d’aujourd’hui.

    • Les moins éduqués ont compris comment se servir des réseaux sociaux, eux au moins. Les phares de la civilisation que sont les anti-populistes, eux, cherchent à les réguler. C’est à se demander qui sont les réacs.

    • Ce serait même l’inverse, les nouvelles techs favoriseraient les populismes dans le sens où face à l’afflux d’informations qui tire vers l’universalisation, l’individu ou le groupe cherche à se préserver en maintenant une certaine diversité. Le progrès technique tire vers l’universel et la biologie s’y oppose sinon c’est la fin de l’histoire.

  • Texte revolutionnaire a ne pas mettre dans les mains d’un gilet jaune il pourrait mal l’interpréter avec son QI de moules frites.

  • Dans le futur, lorsqu’il n’y aura plus de frontières ni de guerres, la situation s’inversera et les crétins congénitaux ne seront plus ces réacs de gilets jaunes, mais ceux qui actuellement sont les phares de notre civilisation, à savoir les jeunes innovateurs cultivés de nos fières capitales.
    En effet, les grandes structures souffriront de leur propre poids, les forçant à adopter un système keynésien, alors que les petites villes sauront mieux s’adapter aux différents changements puisqu’elles pourront appliquer une politique libérée du joug des grandes villes, qui ont pour principal avantage d’abriter tous ceux qui gravitent autour du pouvoir.

  • Ce sont tout de même ces fameux ruraux, sans grand bagage intellectuel, qui produisent, récoltent, emballent et transportent ces aliments, bio ou non, qui irriguent les cerveaux supérieurs de nos zélites.
    Sans eux, ils crèveraient de faim…

    Mon grand père me disait :
    ‘Tu as le droit d’être bête, faut juste que tu saches te démerder… »

    (Dumm dàrf’ch see, müa’sch di wìssa z’halfa…)

  • Ouais ben moi j’habite à la campagne et je ne vois jamais plus de moutons que dans les grandes villes.

    L’auteur se trompe, il ne s’agit pas d’une loi mécanique de type action/réaction mais d’une loi biologique de diversité/concurrence. Par exemple les lumières étaient déjà une réaction à l’absolutisme qui lui-même était une réaction aux pouvoirs morcellés et ainsi de suite. En fait ce n’est que succession de réactions ou plus simplement d’adaptations. En simplifiant, la nature impose une diversité à tout instant qui entraîne de la concurrence. Lorsque, par exemple, l’absolutisme s’étend il suit shématiquement le cycle de vie d’un produit (introduction, croissance, maturité, déclin) en raison de la concurrence qui induit des circonstances changeantes. L’esprit des lumières n’est pas apparu d’un coup, il était présent depuis le début mais la rigidité de l’absolutisme face a un contexte moins favorable a donné une place aux lumières. Cela donne de la résilience aux sociétés humaines.

  • Quelle prétention!
    Un fatras soi disant démontré par le détournement d’une loi de Newton … A faire sourire s’il s’agissait d’un lycéen . Mais ce Monsieur est financier et libertarien… Ca vous classe son « bonhomme »! Pas en « Jacques Bonhommes » croit-il .
    Sa prose vaut – elle mieux que celle des gilets fluo ?
    Des poncifs, des lieux communs, des préjugés .
    Une lutte contre la taxation de son travail n’a rien d’anti libéral , ni de crispation contre l’avenir . Les solutions proposées par certain gilets comme par Macron sentent bon l’étatisme ! Quoi de surprenant en France . La taxation pour l’écologie serait porteuse d’avenir ? Ce monsieur croit sans doute aux délires scientistes des réchauffistes . Ou a-t ‘il des intérêts financiers à la ponction « fisco-écologiste  » . Mais non , il est libertarien, c’est un pur . Pas capitaliste de connivence…

    Pour que le monde est un avenir digne de ce nom je propose qu’on supprime le suffrage universelle et qu’on confie un pouvoir mondial à une oligarchie libertarienne jeune, citadine et bardée de diplômes . Un contresens? relisez le texte c’est sensiblement implicite … Par contre cela pourrait amener à un pugilat rigolo entre eux …

    Ce texte respire à la manière des romantiques qu’il cite d’un sens de l’histoire . L’histoire n’as pas  » un sens » mais a du sens . Il n’ya pas de déterminisme historique .
    Il aurait pu pour faire bonne mesure ajouter un couplet malthusien: pourquoi laisser vivre cette populace ignare et pollueuse .

    Ca doit être mignon drôle les diners en ville loin des brouets des champs.

  • C’est un plaisir de ne pas être d’accord. Vive la confrontation, surtout quand c’est du lourd!

    – Opposer les sachants (le Bien) aux ignares (le Mal) est moralement déplaisant. C’est aussi oublier que l’ignorance a été soigneusement cultivée par les gouvernements (technocrates) successifs, trop heureux de promouvoir l’idéologie égalitariste en nivelant par le bas.
    – L’élite dirigeante a depuis des décennies, pris grand soin d’utiliser un cache-sexe libéral (une certaine vision du libre-échange) tout en augmentant de façon drastique le poids des lois, taxes et réglementations pesant sur les péons. Pensez-vous vraiment qu’ils soient crédibles en défenseurs de la liberté?
    – Votre utilisation du vocable « progressiste » au sens noble, relève de l’anachronisme ou de l’aveuglement. Progressisme est de nos jours un buzzword pour SJW et le néo-marxisme déconstructeur associé.
    – « La technique triomphe toujours » : non. Vous faites gentiment l’impasse sur la chute de Rome, les conquêtes islamiques et mongoles… Ou même l’essor du christianisme à Rome, qui, semble-t-il résultait de facteurs humains plutôt que de la vaste supériorité technique des sectateurs de Jésus?
    – Vous semblez supposer que le peuple éclairé des métropoles est un digne porteur des valeurs scientifiques et de progrès. Malheureusement son adhérence béate aux délires de l’écologisme et du communautarisme SJW s’oppose à la science et à la raison. Tous au plus pourrait-on opposer la bigoterie « progressiste » à la bigoterie nationaliste.
    – Ignorer l’identité des peuples, c’est ignorer le besoin d’appartenance au groupe. Ou au moins, lui substituer la création d’une mosaïque d’identités disjointes, de nos jours de plus en plus raciales et communautaires. C’est un projet encore plus diviseur et porteur d’autant de violence potentielle que celui des nations.
    – Merci d’opposer les jeunes aux autres. Les sociétés humaines sont bâties sur l’accumulation d’expérience. Regardez en arrière: êtes-vous plus bête que quand vous étiez jeune? Si oui, vous avez vécu en vain.
    – Enfin, le modèle de la fin de l’histoire est déjà mort. En accélérant (pas en permettant: hubris magnifique!) la résurgence de l’Empire du Milieu, vos élites ont signé leur perte. La Chine ne supporte pas le désordre, n’admet pas la fragmentation. Après les t-shirts, les composants électroniques, attendez-vous à l’exportation des idées.

  • Si on suppose que l auteur a raison (l avenir c est les jeunes vivant dans les grandes villes) vous avez un gros probleme : ca represente au mieux 20 % de la population. donc soit vous instaurez une dictature (plus au moins soft) soit vous etes condamne a etre minoritaire et donc a ne jamais gouverner (car vous avez grosso modo 80 % contre vous)

    sur le reste, l auteur melange un peu tout. Par exemple il attribue le progres a la technologie mais le moteur actuel n est pas technologique mais financier (internet date des annees 70, Amazon est en fait une version online de la redoute, pas franchement une Revolution technologique).
    Sur un plan plus politique, vous pouvez etre un beneficiaire de la mondialisation (par ex en achetant moins cher ou en ayant un job bien paye dans une multinationale) mais s inquieter de voir votre region d origine ravagee par la desindustrialisation ou un gouvernement qui pense que le plus urgent c est d interdire la fessee ou le droit des homos a avoir des enfants (et qui comme l auteur meprise copieusement ce que les anglo saxons appelent « white trash »)

  • Cet article, qui transpire la suffisance, est une excellente illustration de ce qui est décrit par J.-B. Noé: « Populisme : un mot pour éviter de penser »

    https://institutdeslibertes.org/populisme-un-mot-eviter-de-penser/

  • C’est scandaleux tous ces agriculteurs réactionnaires qui se suicident à raison d’un tous les deux jours pour emm… les citadens progressistes !

    • Oui, entre les suicides de paysans et de flics on ne pourra bientôt plus se rendre à une partouze progressiste sans se prendre les pieds dans un cadavre. Affreux, affreux, affreux.

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Jean-Marc Daniel libéralisme
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Sur un ton constamment paisible et empreint de clarté, non dénué de petites touches d’humour et de bonne humeur, il parvient à nous captiver et à nous expliquer avec un grand sens de la pédagogie de nombreux mécanismes et faits d’actualité touchant à l’économie.

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