Pour le Decodex du Monde, c’est gratuit car l’État paie

« C’est pas cher, c’est l’État qui paye. » Décodons le Decodex des Décodeurs du Monde.

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Plus rien dans les poches By: Dan Moyle - CC BY 2.0

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Pour le Decodex du Monde, c’est gratuit car l’État paie

Publié le 7 décembre 2018
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Par Jean-Baptiste Noé.

La révolte des Gilets jaunes a un grand mérite : elle permet de lancer un grand débat public sur la fiscalité, le sens de l’impôt et les dépenses publiques.

Voulant se défendre, les partisans de l’État tentent de nous expliquer tout ce que celui-ci fait pour nous, et donc les raisons pour lesquelles nous devons être heureux d’être les champions du monde des prélèvements fiscaux.

Dernier en date, les décodeurs du journal Le Monde, qui nous expliquent, graphique à l’appui, que c’est gratuit, c’est l’État qui paie.

C’est une très bonne idée de montrer le vrai prix des choses. Mais pourquoi distinguer le prix payé par le citoyen et celui payé par l’État ? L’argent public n’existe pas. Quand l’État paye, c’est avec les sommes prélevées sur le citoyen via les impôts et les taxes. Si tout est gratuit, on se demande bien pourquoi nous payons autant d’impôts. Et si ce n’est pas le cas, alors les Decodex trompent plus qu’ils n’informent. D’où l’utilité de décoder les Decodex.  

Pour être complet, il faudrait aussi faire un comparatif de ces prix. Alors, faisons-le.

Faire garder son enfant

514 euros par mois pour une personne agréée, pour un temps de garde moyen de 139 heures, soit 32 heures par semaine. L’État « paye » donc 319 euros via des aides diverses (allocations et crédit d’impôt, etc.).

Imaginons que cela n’existe pas et que les parents confient leur enfant à une nourrice privée. Celle-ci pourrait s’occuper chez elle de sept enfants (en maternelle il y a en moyenne 19 élèves par classe). Pour un revenu de 2 000 euros hors charge, elle devrait donc faire payer environ 285 euros par enfant. Avec une flat tax de 20 %, il lui faudrait gagner 2 600 euros brut pour arriver à 2 080 €euros net, soit un coût par enfant de 371 euros. À quoi il faut ajouter les frais de bouche (repas), d’entretien (couches, etc.) et de fonctionnement (chauffage, électricité, etc.). En tout cas, nous sommes bien loin des 514 euros mensuels.

Moins de charges sociales permettraient ainsi de développer davantage l’emploi à domicile, par exemple pour les gardes d’enfant.

La scolarité

Encore une fois le document explique que l’école est gratuite. Bien sûr. Comme chacun sait, les professeurs sont bénévoles et les bâtiments se construisent tout seuls. Si c’est gratuit, cela donne raison aux Gilets jaunes : « Où passe notre argent ? ». Ce que le graphique oublie de dire c’est que dans le privé, un élève coûte deux fois moins cher que dans le public. Il pourrait aussi préciser qu’entre 1980 et 2017, les dépenses intérieures d’éducation ont augmenté de 108 %, pour atteindre près de 155 milliards d’euros.

La santé, gratuite elle aussi

Vient ensuite la santé, elle aussi tellement gratuite que l’on en vient à se demander pourquoi nous payons tant d’impôts ?

3 200 euros en moyenne pour des frais d’hospitalisation et 485 euros pour l’achat de médicaments. Selon la Drees, chaque personne dépense en moyenne 2 977 euros par an pour sa santé. Mais combien paye-t-on ?

Sur le salaire médian complet, soit 3 220 euros par mois, l’ensemble des cotisations de santé représente environ 1 480 euros (maternité, invalidité, santé, décès, CSG, etc.). Cela ne prend pas en compte la partie payée à la Sécurité sociale pour la branche retraite. Si bien que deux mois de cotisation suffisent à couvrir les dépenses annuelles de santé. Les 15 000 euros restant pourraient servir à payer une mutuelle ou bien à mettre de l’argent de côté en cas de grosses maladies (cancer, etc.).  

Et la dette, c’est pour qui ?

Reste le cas de la SNCF, dont il est bon de savoir que l’on ne paye que la moitié du prix réel du billet. Pour les transports en commun franciliens, c’est le tiers seulement. C’est-à-dire que le train coûte aussi cher qu’un vol européen et moins cher que la voiture. Surtout, le graphique ne mentionne pas le cas de la dette de la SNCF — 47 milliards d’euros tout de même — que le gouvernement s’est engagé à reprendre, c’est-à-dire à faire payer aux Français via l’impôt. À quoi s’ajoute le paiement des infrastructures et de l’entretien. Le coût réel du billet de train nationalisé est donc beaucoup plus cher.

À titre de comparaison, un Paris-Rome avec Thello coûte 90 euros et un Paris-Bruxelles avec Thalys autour de 50 euros (pour la classe standard, avec réservation à l’avance).

La SNCF n’est donc pas compétitive, en dépit de ses larges subventions reçues de l’État.

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  • Si c’est gratuit c’est que vous êtes le produit.

    • Ces crétins du Monde n’ont toujours pas réussi à comprendre que l’état n’a PAS UN ROND. L’argent de l’état c’est le nôtre!
      Les subventionnés et exemptés tiennent à continuer à vivre en parasites à nos crochets.
      Voila la vérité!

  • Le decodex c’est oublié combien paie le lecteur , combien paie l’état….
    Il aurait dû s’appeler le deconex tellement ses articles sont drolatiques?

  • bon article, une petite remarque néanmoins. Concernant les assistantes maternelles privees, 7 enfants c’est beaucoups (ingérable pour une personne). et avec 7 enfants a garder, le salaire net serait bien au dessus de 2000 e. Il est aujourd’hui de 1800 environ avec 4 gosses gardés. (sans compter les avantages fiscaux => grosse déduction fiscale sur le revenu imposable), donc je pense que votre estimation pour cette partie de l’article est un peu fantaisiste. cordialement

    • « Mais pourquoi distinguer le prix payé par le citoyen et celui payé par l’État ?  »
      parce que ceux qui payent ne sont pas les mêmes que ceux qui utilisent les services..tout simplement

      • @ claude henry de chasne

        Ça coule de source, évidemment! Donc c’est un mauvais procès!
        Bon, il ne faut pas perdre de vue que l’état collecte les impôts pour payer les services et que ce trajet financier, confié à l’administration, a forcément un coût administratif à inclure dans celui de la prestation. De quel montant???

        • Pourquoi cela vous semble nécessaire de mettre l’Etat comme intermédiaire entre le prestataire (l’assistante maternelle) et le client (le parent) ?
          Pourquoi le parent doit d’abord payer l’Etat, qui garde une belle commission, avant que l’Etat paie aussi l’assistante ? Hein, pourquoi ?

    • quand on fait 7 enfants on en assume la responsabilité.Point

    • ce que je trouve particulièrement savoureux avec les assistantes maternelles, c’est qu’en général leurs « charges patronales » sont prises en charge par la CAF via le Complément de libre choix du mode de garde (quand les 2 parents travaillent). Ce qui concrètement signifie que la branche « famille » de la sécu verse de l’argent à la branche « recouvrement » de la sécu pour financer… la sécu (maladie et retraite). Il faut être énarque pour mettre en place un schéma pareil (et croire que ça sera efficace)…

      • J’ignorais cette subtilité…
        Comment occuper des gens à déplacer tous les jours des jeux d’écritures comptables en espérant qu’il n’y aura pas d’erreur, de retards, et de frais de fonctionnement démentiels…

      • Bonne remarque. Il y a pas mal d’aides dans ce style. La réduction d’impôt pour les emplois familaux, par exemple, correspond à peu de choses près au montant des charges sociales payées sur la rémunération des employé(e)s…

    • Même remarque que erima à propos de la garde d’enfants.

      Il est probable que les 514 € soient en réalité le coût réel de l’assistante maternelle, qui est un service certes réglementé, mais largement privé. La partie mise en œuvre par le secteur public se limite à une courte formation initiale et une visite de contrôle tous les trois ans.

      En revanche, le financement de ce service est réparti entre le client (1/3) et l’État (2/3) : c’est l’intérêt de ce graphique de chiffrer la redistribution.

  • il y a la ciel, le soleil, la mer, ily a le…

  • Bonjour,
    La dette de la SNCF correspond aux pertes financières accumulées des grèves des 50 dernières années.

    • Et aussi, quand même, l’idée du « tout TGV » décidée par nos super politiciens en dénigrant complètement d’autres technologies, comme le train pendulaire.

    • Ce qui veut dire que les grèves, je les ai payées trois fois:
      1- en devant annuler des consultations rémunératrices,
      2- en subissant à perpétuité les hausses de tarifs qui en résultent,
      3- en remboursant comme contribuable la dette SNCF induite.

  • mi j’ai une question.. peut on etre fonctionnaire ou retraité de a ponction publique (donc vivre de l’impot) et gilets jaune?

    • C’est également le cas des retraités du privé (mon cas, par ex.) « ON » oublie souvent que l’on a cotisé durant toute notre vie professionnelle pour payer les retraités de l’époque et nous, retraités actuels, sommes payés par l’État (cotisations des travailleurs actuels).
      Donc l’ensemble des retraités, les fonctionnaires, les étudiants, et les chômeurs devraient se sertir un peu mal à l’aise en Gilets Jaunes !

      • moins ceux du privé dont les cotisations sont le reflet exact de leurs cotisations, ce ne’st pas le cas de tout le monde

        • On a déjà discuté. Vos cotisations n’ont pas servi à capitaliser pour votre retraite, donc il n’y a strictement aucun rapport entre vos cotisations et votre retraite.

  • Tiens, c’est curieux, le decodex n’inclut pas le prix d’un journal.

  • L’un des gros problèmes aussi, est les frais de fonctionnement.
    Pour un nombre d’élèves comparables, nous avons en France, 3 fois plus de personnels administratifs à l’éducation nationale que en Allemagne.
    N’y aurait-il pas un problème ?

    Autre exemple : le ministère de l’agriculture : en 40 ans, le nombre de fonctionnaires y a été multiplié par deux alors que sur la même période, le nombre d’agriculteurs a été divisé par 4.
    Comment peut-on croire à une efficacité de la dépense publique dans ces conditions ?

    Dans mon travail, je suis amené à travailler dans des structure de tailles très variables de type tertiaire et j’ai remarqué une règle simple : le lien production / taille n’est pas linéaire. Il est de type logarithmique. Ce qui veut dire plus vous augmentez la taille de la structure, plus vos gains de productions sont faibles. Vous gagnez toujours un peu de tâches supplémentaires réalisées mais pour le même gain, la quantité de personnes à ajouter est exponentielle.
    A partir d’une certaine taille, vous voyez pulluler des cohortes de managers intermédiaires dont le seul rôle est d’assister à des réunions, prendre de mauvaises décisions par manque de connaissance des sujets et se couvrir en cas de problèmes.
    Et pour peu que le statut soit un peu protégé, alors, pour occuper ces personnes sur la touche, on multiplie les placards qui ne servent à rien et d’où on les ressort de temps en temps, avant de les y remettre quand leur nullité est redémontrée.

    • Sans parler du ministère de la Culture, spécificité française, qui ne sert qu’à financer des copains que l’on baptise artistes géniaux pour la circonstance. Aux USA ce sont les citoyens eux mêmes qui s’occupent de la culture à travers des associations. Pour le reste les artistes vivent de leur art. Chez nous on paye les intermittents!

    • Si au moins il n’y avait que des nuls au placard: on y trouve aussi ceux qui dérangent la hiérarchie parce qu’ils voient un peu trop ce qui ne va pas là-haut.

  • A lire, certains commentaires, y compris d’éminents contributeurs, je sens ma fatigue arrivée.

    IL N’Y A PAS D’ARGENT DE L’ÉTAT.
    C’EST NOTRE ARGENT !
    ARGENT QUE L’ON AURAIT ENCORE DANS NOS POCHES SANS TOUS CES IMPÔTS INJUSTES ET INUTILES.

  • Merci pour cet article.

    Pour moi, la question à se poser est encore plus simple : d’où un état tire-t-il ses ressources financières ?
    La réponse est simple : les impôts (au sens prélèvement sur les personnes et les entreprises, directement ou indirectement). Je n’inclus pas la dette car c’est un impôt différé, ni les dividendes touchées par l’Etat tellement les sommes, comparées au budget global, sont ridicules.

    L’article du Decodex fait croire, en reprenant l’exemple du collège, que les parents ne paient rien et, encor plus pervers, il fait espérer aux parents que la somme payée par l’Etat ne provient pas de leur prélèvements, mais des prélèvements réalisés sur le voisin !

  • A la louche, pour les frais de santé, j’appliquerais l’ajustement suivant : 3685 * 67 / (30+4) = 7261 EUR pour tenir compte des personnes à charge.

    avec les chiffres suivants
    30 M actifs
    16 M retraités (on va dire qu’ils cotisent à hauteur de 0.25 actif (uniquement CSG, pas de cotisation patronales) donc équivalent à 4 M actifs
    67 M population totale

    Ce qui ne change rien à la finalité de la démonstration, on reste bien au dessous des montants prélevés.

  • La preuve absolue que le Monde est un journal de fake news, ce qu’il reproche aux autres!
    Il désinforme sciemment ses lecteurs en leur racontant des bobards cousus de fil blanc. Comme tous les socialistes, il falsifie honteusement les faits pour justifier la spoliation des citoyens par un gouvernement liberticide!

    • @ Virgile
      Non! Accuser Le Monde est inutile!
      Soit les chiffres sont faux et ça reste à prouver, Soit la France a bien choisi son système social-démocrate (via les élus) qui vous déplaît par cette part financière confiée pour gestion à l’état, que vous trouvez excessive. C’est un système qui existe dans chaque pays: il y a des variantes mais une constante: le gouvernement et l’état gèrent l’argent prélevé sur la population pour rémunérer les services!
      Et si vous n’aimez pas votre pays, personne ne vous contraint à y rester!
      Moi j’y suis allé et j’en suis revenu! Ce n’est pas toujours le paradis, pas l’enfer non plus.

      • et si le rapport prix / service n’est pas bon?
        on va acheter un gilet et aller piller et brûler Paris?

      • On ne va pas ressortir le grand classique « Ma France, tu l’aimes ou tu la quittes ! » de toutes les minorités dirigeantes. Le bon slogan, c’est « Ma France, tu la rends digne d’être aimée ou tu quittes ton poste ! ». Certains semblent l’avoir raccourci en « Macron, démission ! »

  • Pourquoi différencier le coût du service entre la partie payée par l’utilisateur (bénéficiaire) et celle payée par les finances de l’état?
    Réponse : parce que tous les citoyens ne paient pas autant d’impôts, taxes et prélèvements divers.
    Sans oublier que tous n’utilisent pas certains biens et services subventionnés par l’État.
    En conséquence certains français paient très cher pour des services qu’ils n’utilisent que peu ou pas.

  • L’état se vante de dépenser un pognon de dingue dans l’E.N., tant et tant par lycéen, puis par étudiant, etc…
    Et les résultats ?
    Combien de ces étudiants finissent par avoir un boulot suffisamment rémunéré pour payer des impôts et participer à leur tour au financement ?
    2/10, 3/10 ?
    Je ne sais pas trop, mais en financer 10 pour en avoir 3 laisse imaginer combien ont finalement coûté ces derniers.

    L’apprentissage coûte beaucoup moins cher au contribuable et obtient de meilleurs résultats…

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