48 000 morts par pollution ? Une fake news signée Macron

Le nombre de décès directement liés aux particules fines est difficile à déterminer. Le gouvernement en fait pourtant un argument de sa politique.

Par Ludovic Delory.

Un Président de la République prend la parole pour justifier sa politique confiscatoire. Mais il la justifie sur base de chiffres erronés.

Cette déclaration, publiée sur Twitter, est incorrecte. La « pollution » ne tue pas 48 000 Français par an. Aucune étude, en tout cas, n’en apporte la preuve. La réalité semble même être complètement différente.

En 2011, une enquête auprès de 9 villes de France (sur un total de 25 villes européennes) s’est penchée sur les effets de la pollution atmosphérique urbaine. Bordeaux, Le Havre, Lille, Lyon, Marseille, Paris, Rouen, Strasbourg et Toulouse (soit 12 millions d’habitants) ont contribué à ce projet baptisé Aphekom. Les résultats ont été publiés en 2012. Extrait :

L’espérance de vie à 30 ans pourrait augmenter de 3,6 à 7,5 mois selon la ville, ce qui équivaut à différer près de 3 000 décès par an, si les concentrations moyennes annuelles de PM2,5 respectaient la valeur guide de l’OMS (10 µg/m3). Le bénéfice économique associé est estimé à près de 5 milliards € par an.

La science conclut que les particules fines sont nocives et potentiellement mortelles. Mais aucune étude nationale n’apporte la confirmation de ce chiffre, élevé, de 48 000 décès annuels.

Où se trouve la vérité ?

D’où sort ce chiffre de 48 000 morts, ressassé par le monde politique ? Il est tiré d’un rapport de l’agence Santé publique France, sur « L’État de santé de la Population en France ». Un concept vaste, qui tient aussi bien compte des maladies cardio-vasculaires, du diabète, du mode de vie, que de l’inhalation de gaz toxiques.

La synthèse de cette étude nous apprend que les cancers (27,6 %) et les maladies cardio-vasculaires (25,1 %) constituent les deux premières causes de décès en France. Le tabac et l’alcool restent, de loin, les principaux vecteurs de mortalité.

Page 22, on peut lire :

En particulier, la pollution par les particules fines PM2.5 émises par les activités humaines est à l’origine chaque année, en France continentale, d’au moins 48 000 décès prématurés (soit 9 % de la mortalité en France).

La source de ce chiffre ? Un rapport commandité par la Commission européenne dans le cadre de la CAFE (Clean Air for Europe), qui fait état de 48 000 morts… prématurées. Ce qui est plus qu’une nuance.

Même le journal Le Monde, en 2013, avait dénoncé l’usage abusif de ce bilan, martelé sur les ondes par les écologistes Jean-Vincent Placé, Delphine Batho et Cécile Duflot. Entre les deux études, la méthodologie diffère. Et il n’est pas possible d’extrapoler à l’ensemble de la France une étude se limitant à 9 villes, ni même de quantifier la part précise de diesel qui est à l’origine des décès. Quand bien même : près de 3 000 morts mentionnés dans une seule étude visant 12 millions de Français, cela donne à la louche quelque 16 000 morts annuels.

Les faux morts au service de la politique

Les experts se gardent bien d’émettre, à ce stade, la moindre conclusion sur le nombre de Français décédés suite à l’inhalation de particules fines. Un pas que le Président de la République a franchi, lui, pour justifier l’action de son gouvernement. Le tweet d’Emmanuel Macron repose sur des calculs biaisés. Les récents chiffres montrent que les accidents de la route ont fait 3 684 morts l’an passé en France ; que quelque 8 000 à 10 000 cas de suicide y sont comptabilisés ; que 825 homicides ont été commis ; puis, surtout qu’environ 20 000 Français décèdent annuellement suite à un accident domestique.

Ce Président de la République approuve et justifie une législation liberticide sur les Fake News qui seraient répercutées par certains médias durant la campagne électorale. Au point d’en faire un combat personnel.

Benjamin Constant a écrit :

Là où il n’y a pas de droits, il n’y a pas de devoirs. Dire la vérité n’est donc un devoir qu’envers ceux qui ont droit à la vérité. Or, nul homme n’a droit à la vérité qui nuit à autrui.

Lorsque le « droit de mentir » s’oppose aux libertés, il offense l’humanité.

Emmanuel Macron est humain. Il a le droit de se tromper. Il a même le droit de propager des informations basées sur des inexactitudes factuelles. Le problème, c’est qu’en tant qu’élu, il s’autorise à diriger des vies sur la base de contre-vérités. Ce qui est proprement inacceptable.