Les McNuggets ont vu le jour grâce aux produits dérivés

Comment Ray Dalio, le fondateur de Bridgewater Associates, le plus important « hedge fund » au monde a poussé McDonald’s à créer ses fameux nuggets cau poulet.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
McDonalds Chicken McNuggets By: Calgary Reviews - CC BY 2.0

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Les McNuggets ont vu le jour grâce aux produits dérivés

Publié le 16 novembre 2018
- A +

Par le minarchiste, depuis le Canada.

Quand j’étais enfant, mon repas préféré chez McDonald’s (et peut-être même d’entre tous) était les McNuggets accompagnés d’une délicieuse sauce au miel. Je ne me doutais pas à l’époque que ce n’est que grâce à une innovation des marchés financiers que ce magnifique produit a pu être commercialisé.

Ray Dalio est le fondateur de Bridgewater Associates, le plus important hedge fund  au monde. Au début des années 1980, la firme de consultation en gestion des risques de Dalio comptait McDonald’s parmi ses clients.

Le restaurateur désirait ajouter les nuggets de poulet à son menu, mais s’inquiétait d’une hausse potentielle des prix de cette volaille, qui aurait pu entraîner d’importantes pertes financières. Les producteurs de poulet quant à eux refusaient d’offrir à McDonald’s un contrat à prix fixe, craignant une hausse de leur structure de coûts.

Dalio est alors intervenu en expliquant au producteur qu’un poulet n’est en fait qu’un poussin combiné à du maïs et du soja pour le faire grossir. Ainsi, ce producteur n’avait qu’à se couvrir sur les marchés futurs de ces deux denrées pour sécuriser sa structure de coût, ce qui lui permettrait ensuite d’offir à McDonald’s un contrat d’approvisionnement à prix fixe. Dalio a donc synthétiquement recréé la structure de coût du producteur à l’aide de produits dérivés trouvés sur les marchés financiers.

Comment fonctionnent les contrats à terme :

Un contrat à terme, souvent intitulé future ou forward, est un contrat qui stipule que l’une des parties s’engage à acheter à l’autre un actif sous-jacent à un moment donné et à un prix donné. Par exemple, supposons que vous êtes un agriculteur et que vous planifiez vos finances pour votre production de l’été. Vous prévoyez de produire 1 000 boisseaux de maïs durant l’été et le prix du boisseau est présentement de 345 dollars. Vous avez besoin de 325 000 dollars pour couvrir vos coûts de production et vivre confortablement, mais comme le prix du maïs fluctue, vous craignez qu’il ne passe sous les 325 dollars durant l’été.

Vous décidez donc de vendre 1 000 contrats à terme sur le maïs à 345 dollars avec une maturité de 3 mois. Au cours de l’été, vous réalisez que votre crainte s’est matérialisée : le prix du maïs a chuté, si bien que vous vendez votre production à un prix moyen de 300 dollars (pour un revenu de 300 000 dollars). Cependant, à la date du règlement des contrats à terme, l’acheteur du contrat vous paie la différence entre le prix du contrat, soit 345 dollars, et le prix actuel, soit 300 dollars, soit une somme de 45 000 dollars. Votre revenu net est donc de 345 000 dollars.

Cependant, supposons que le prix du maïs ait monté à 400 dollars, au lieu de baisser. Vous auriez récolté 400 000 dollars en revenus pour la vente de votre production, mais vous auriez dû payer à l’acheteur du contrat à terme la différence entre le prix actuel, soit 400 dollars, et le prix du contrat, soit 345 dollars, soit 55 000 dollars. Votre revenu net aurait donc été de 345 000 dollars.

Le contrat à terme vous permet donc d’éliminer l’incertitude relative au prix du maïs et vivre en paix, sachant à l’avance quel sera votre revenu. Dans notre exemple, l’acheteur du contrat pourrait être un acheteur de maïs, par exemple un producteur de maïs soufflé. Il pourrait aussi s’agir d’un spéculateur qui croit que le prix du maïs va augmenter.

Les marchés des contrats à terme ont une influence sur les autres marchés puisqu’ils envoient un signal de prix basé sur les anticipations des participants à ces marchés. Ce signal peut ensuite être utilisé par les producteurs et consommateurs pour ajuster leurs décisions économiques. Par exemple, si le prix du contrat à terme sur le maïs se met à augmenter, cela signale que les participants à ce marché pensent que la production sera moindre que prévu et/ou que la demande sera plus forte que prévu. Les producteurs profiteront de ce signal pour augmenter leur production alors que les consommateurs rationneront leur consommation. Les contrats à terme ont donc aussi un effet stabilisateur sur les marchés.

Enfin, les McNuggets !

Les McNuggets apparurent au menu dès 1983 et ne l’ont jamais quitté, permettant à mes enfants de s’en régaler encore aujourd’hui. Ceci dit, les nuggets de poulet n’ont peut-être pas révolutionné le monde, mais les produits dérivés de type futures, eux, l’ont fait !

Alors que les socialistes s’évertuaient à critiquer les marchés pour leur « irrationalité » et leur « volatilité excessive », risquant de laisser les producteurs régulièrement sur la paille, ils n’avaient pas envisagé (comme c’est si souvent le cas), que ce genre d’innovation puisse exister et régler bien des problèmes.

Grâce aux contrats futures, les agriculteurs et producteurs de denrées, ainsi que les entreprises manufacturières qui achètent leur production, peuvent se prémunir contre les fluctuations des prix sur les marchés. Ces instruments permettent donc d’obtenir une structure plus stable, tout en bénéficiant des mouvements de prix si cruciaux, qui envoient d’importants signaux aux consommateurs et aux producteurs de manière à éviter pénuries et surplus. Ces prix libres constituent l’élément clé du système de coordination économique le plus efficace qui soit : le marché.

Cette innovation explique d’ailleurs pourquoi le prix du pétrole est beaucoup moins volatil que le prix des oignons. Il existe des produits dérivés sur le pétrole permettant aux producteurs et aux acheteurs de se couvrir, ce qui lisse la trajectoire des prix, alors qu’il n’en a pas existé sur les oignons, dont le prix varie fortement en fonction de la météo, de la qualité des récoles et des saisons.

Cette invention permet de réfuter près de la moitié des arguments socialistes des Karl Polanyi et Jacques Sapir de ce monde sans trop se fatiguer. Cette histoire démontre bien qu’au final, la finance a un impact positif sur nos vies. Bravo M. Dalio !

Sur le web

Voir les commentaires (3)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (3)
  • Instructif mais l’exemple choisi me trouble : avec un contrat à terme d’une maturité de 3 mois alors que la culture du maïs du semis à la récolte est de 6 mois, je ne vois pas comment les producteurs pourraient ajuster leur production si les futures augmentent en cours de production. Le seul ajustement possible sera la consommation de ces productions.

    • Un contrat à terme se roule à l’échéance. Si le future a augmenté au cours des 3 mois, le gain permet d’acheter le nouveau future pour les 3 mois suivants à son nouveau prix plus élevé. La différence entre un contrat de 6 mois et deux contrats successifs, le premier roulé pour le second, de 3 mois, est minime.

  • Ok mais beurk les nuggets j’ai vu la composition de cette merde, tous les déchets d’abattoir,à gerber

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Commençons par lever un tabou. Parfois, le grand lecteur craque, il ne va pas au bout. Trop de détails, trop de personnages. Il n’en peut plus. Il retourne alors son pavé de 600 pages, et jette au coup d’œil sur le tout dernier paragraphe, celui qui dévoile qui a tué qui, qui a aimé qui, etc. Notre lecteur a tout gâché… Mais, il y a pire que lui. Bien plus impatient : l’investisseur trépignant.

Oui, l’investisseur craque bien plus souvent que le lecteur. En vérité, commencer par la fin est presque une sale manie pour l’investisseur. Un... Poursuivre la lecture

Par Alexis Vintray.

Les adages boursiers désignent des expressions de « sagesse populaire » dans le domaine boursier. D'un intérêt variable, ils permettent néanmoins souvent de rappeler de manière imagée des vérités sur le fonctionnement de l'économie et des marchés financiers. Tour d'horizon de ceux qu'il faut absolument connaître, et de ceux qu'il faut... absolument oublier !

Les adages boursiers avec une part de vérité « Acheter au son du canon, vendre au son du clairon » Cet adage souligne que les marchés financiers, résulta... Poursuivre la lecture

Par Jean-Jacques Handali.

Le nouvel acronyme de l’univers financier que tout le monde a à la bouche s’énonce en quatre lettres : SPAC.

Il se décline également à coups de milliards.

Entre 2003 et 2006, le nombre de SPACS a bondi de 1 à 38, les capitaux engagés sont passés de 21 millions de dollars à plus de trois milliards. En 2020, grâce au déversement continu de liquidités sur le marché, le phénomène connaît un deuxième souffle aux États-Unis, puisqu’une introduction en bourse sur deux se fait dorénavant via un SPAC.

... Poursuivre la lecture
Voir plus d'articles