Médias : quelles sont les nouvelles références ?

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Crédits : Une du journal Libération du 8 février 2014.

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Médias : quelles sont les nouvelles références ?

Publié le 2 novembre 2018
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Par Ludovic Delory.

Le rachat récent de 49 % des parts du journal Le Monde par un milliardaire tchèque a suscité une marée d’inquiétude, et pas seulement au sein de celui que le microcosme médiatique continue à surnommer « le journal de référence ». Avec révérence.

La semaine dernière, Contrepoints a débunké une enquête relayée, entre autres, dans Le Monde. De même, la presse francophone s’est émue du scandale étouffé des viols collectifs de Rotherham, occulté dans les « journaux de référence », et pourtant relayé à l’époque par celui que vous lisez en ce moment. Quatre ans d’attente pour un mea culpa ? Le lecteur mérite mieux.

Les rotatives has been et les journalistes-entrepreneurs

En Belgique, un groupe de presse centenaire lutte pour sa survie. Simultanément, deux piliers du journal L’Écho ont décidé de lever des fonds pour créer un média qui viendra concurrencer sur leur terrain les médias publics « de référence ». Dans le monde actuel, seule l’audace s’avèrera payante. Comme le souligne avec évidence Jean-Marie Charon1 :

Un mouvement irrésistible se produit en faveur des supports numériques au détriment des supports traditionnels.

Aujourd’hui, ce ne sont plus les fibres de cellulose poussées dans les rotatives qui font circuler l’information ; ce sont les fibres optiques de Google. L’intelligence artificielle est en train de disrupter le métier de journaliste, comme elle l’a fait avec les radiologues ou les avocats.

La peur comme business model

Le problème n’est pas seulement technologique. Dépassés par les algorithmes, confrontés à la réduction des coûts de production, les médias « de référence » s’enferment dans l’éditorialisation de la peur. Le relais sans recul des « enquêtes » financées par l’argent des ONG a produit, tout récemment, un effet destructeur sur les esprits : l’extinction supposée effrayante des espèces animales (WWF), quand il ne s’agit pas de relayer la communication à sens unique d’Oxfam ou les rapports alarmistes du Giec. Et l’on peut placer sur le même pied ces sondages commandés par les partis politiques, ces « bouteilles à la mer » vendues comme des scoops et aussitôt ramenées dans les abysses, plombées par les conditionnels et les démentis.

Depuis la préhistoire, les récits d’ogres et de loups fascinent. Il en est de même en notre siècle où l’abondance d’informations contribue à façonner ce que Jean-François Revel nommait La connaissance inutile. Quelles sont les références, aujourd’hui, dans le monde de la presse ? Des journaux papier que plus personne ne lit ? Ou des sites sérieux de debunking ?

Si l’on en croit le baromètre annuel de l’institut Kantar-Sofres, l’intérêt des Français pour l’information n’a jamais été aussi bas depuis 1987. Sans doute faut-il y voir le signal d’une logique de flux doublée de la nécessité d’une offre multi-supports. Le développement des plateformes accroît la probabilité d’une information parsemée de pignouferies dont aucun journal n’est à l’abri.

  1. Rédactions en invention, Éditions Uppr, 2018
Voir les commentaires (13)

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Créer un compte Tous les commentaires (13)
  • les médias sont accaparés par les grands groupes industriels .. les journalistes sont a leurs bottes , les politiques aussi bien entendu .. L’ÉTAT les subventionnes et les journalistes sont récompensés par une niche fiscale …ouf ! l’internet de la presse indépendante sauf la presse officielle qui veut s’accaparer les cerveaux au service de L’ÉTAT.. Ils s’accouplent …maintenant …
    d’ailleurs les gens s’en désintéressent… sans aide de L’ÉTAT ils mettent la clef sous la porte …

    • les journalistes à la botte des groupes industriels, mais aussi de l’etat et aussi de la gauche et aussi des ong? ça fait trop..et pourtant il y a « du vrai « , il faut juste être plus précis et sans doute regarder chaque article de façon critique.
      le subventionnement de la presse est un vrai problème..
      à part ça..rien ne vous empêche de créer un journal.

      outre le subventionnement par l’état , le gros problème des médias c’est qu’ils ne cessent de dire qu’ils sont sacrés
      les fake news sont un révélateur pour moi…la définition de la fake news implique l’intention de tromper..en somme la méchanceté et la rouerie..jamais un journaliste de libération ou du monde ou élise lucet ne considérera lui m^me méchant ou mal intentionné m^me quand il ou elle raconte des idioties …il fait partie du camp du bien.

      • @ jacques lemiere
        C’est clair! Il faut lire ses sources comme on les connait! Jamais à 100% fiables! Le scepticisme est toujours indispensable, en permanence. Ce n’est pas nouveau!
        Maintenant, faut-il soutenir une opinion via un journal? À vous de juger!

  • quand vous voyez le nombre de visionnages de youtubeurs et vous le comparez aux nombre de lecteurs de journaux établis… comme si les médias papier ne servaient plus que de « source » aux médias télévisés.

  • claude henry de chasne
    2 novembre 2018 at 9 h 00 min

    moi ce qui m’inquiète c’st l’agence France Presse Qui DIT ce que les journaux doivent traiter comme information , un simple coup d’oeil sur les différents journaux télé suffit pour s’en apercevoir..
    Sauf arte qui a une vision originale.

    Qui decide donc des sujets a traiter suivont l’argent…ah oui amusant

    « Les compensation financière au titre des missions d’intérêt général (MIG)
    Les abonnements commerciaux de l’État »
    tout est dit

    • Arte est plus à gauche que les autres et falsifie davantage les infos: voir les OGM, le Glyphosate, le climat, etc…

      • Vous avez raison, et les plus dégoulinantes sont les émissions ‘junior’.
        Leurs intervenants considèrent l’enfant comme une pâte à modeler à qui ils veulent imposer leurs rêves de société ‘responsable et solidaire’ comme s’ils jouaient une partie de ‘Sim City’…

  • C’est un cercle vicieux:
    Le journaliste doit écrire comme le veut l’éditeur et le propriétaire du journal;
    l’éditeur et le propriétaire doivent cependant publier ce que veulent les lecteurs,
    à condition que le gouvernement le permet…

    PS : c’est valable pour tous les média

  •  » Tu n’as que trop les qualités du journaliste : le brillant et la soudaineté de la pensée. Tu ne te refuserais jamais à un trait d’esprit, dût-il faire pleurer ton ami.
    Je vois les journalistes aux foyers de théâtre, ils me font horreur. Le journalisme est un enfer, une abîme d’iniquités, de mensonges, de trahisons, que l’on ne peut traverser et d’où l’on ne peut sortir pur, que protégé comme Dante par le divin laurier de Virgile « .
    (…)  » Vous vous mêlerez forcément à d’horribles luttes, d’œuvre à œuvre, d’homme à homme, de parti à parti, où il faut se battre systématiquement pour ne pas être abandonné par les siens.
    Ces combats ignobles désenchantent l’âme, dépravent le cœur et fatiguent en pure perte ; car vos efforts servent souvent à faire couronner un homme que vous haïssez, un talent secondaire présenté malgré vous comme un génie « …
    ‘Les illusions perdues’ ou L’histoire de Lucien, celle d’une chute : de l’innocence du poète au cynisme du journaliste.
    Honoré de Balzac

  • Le problème des Médias (français) est que le Politique a totalement pris le pas sur l’informatif. Les déboires financiers (suppression de journalistes et de moyens) creusent encore plus leurs tombes. Il est plus facile (et n’importe qui peut le faire) de commenter le Maillot de Bain ou le tweet de Tartempion que d’étudier des sujets et des dossiers importants et/ou plus complexes. Il est plus facile de reprendre (plus ou moins texto) un communiqué de Presse en provenance d’un « organisme » teinté politiquement compatible que d’analyser et vérifier ses données. Nous avons pu tous, chacun dans les domaines que nous connaissons pas trop mal, noter les informations fausses, détournées, tronquées, édulcorées … Qu’il y ait une interprétation politique de données, certes mais encore faudrait-il qu’elles soient à peu près justes à la base et quand même comprises (maitrisées, analysées) un minimum par celui qui écrit l’article. Le fameux argument de la fiabilité de l’information fournie par les Médias officiels a pris beaucoup de plomb dans l’aile et ça ne s’arrange pas. Je n’ose même pas évoquer le choix des sujets traités….

  • Vérifer ce que vous écrivez : Kretinsky a racheté 49% des parts de Mathieu Pigasse, qui ne detenait que la moitié (ou à peu près) de l’ensemble. Xavier Neel est l’autre commanditaire qui détient l’autre moitié (les parts de Pierre Bergé ayant été rachetées par ces deux là).
    Oui, Kretinsky souhaitait acheter toutes les parts de Pigasse, mais ça ne s’est pas fait (même si ça se fera sans doute plus tard).

  • Personnellement j’aime bien les journaux papier, plus confortables à lire que la version numérique. Mais c’est évidemment plus cher. Puisque nous sommes sur un site libéral je recommande L’Opinion, journal qui est moins inféodé au politiquement correct que la plupart de ses concurrents.

  • il me semble que beaucoup de gens partent de l’idée que « les médias » sont gouvernés par une éthique de l’objectivité..ce n’est pas le cas.
    rien ne vous garantit que vous aurez une bonne presse qui va vous informer…d’ailleurs..on ne peut pas être informer de tout..la première chose à faire pour un média est de choisir les sujets à traiter car on ne peut pas les traiter tous..

    donc on démarre par un fantasme..il existerait une bonne presse qui nous informe sur ce qu’on « doit » savoir…non…

    à partir de là, on doit juste laisser faire..donc subvention liberté de parole et point barre. ce qui ne se traduira pas par une bonne presse…
    avoir de bons médias c’est la fable que raconte l’etat pour contrôler l’information.

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