Grande-Bretagne : il n’y a pas eu de silence de presse sur les gangs de violeurs

Quiet By: Mick C - CC BY 2.0

La possibilité d’être informé existe, mais chacun doit pleinement réaliser qu’elle est largement entre ses propres mains, et qu’elle commence par choisir ses sources d’informations avec le plus de discernement possible.

Par Charles Boyer.

Contrepoints a traité le sujet des viols ignobles commis à une échelle industrielle à Rotherham en 2014. La presse, dont les titres interrogent les journaux qui ne l’ont pas fait, aurait surtout dû le faire elle-même.

Il est des affaires qui, même si le gros de la presse les ignore, sont simplement trop importantes et trop graves pour ne jamais sortir.

Ainsi, en 2014 en Angleterre, à Rotherham, l’actualité a porté sur une organisation criminelle asiatique ayant organisé le viol de centaines d’enfants, au nez et à la barbe des autorités. Le nombre d’enfants victimes évoqué à l’époque était d’au moins 1 400.

En fait, aussi navrant que ce soit, ce nombre est probablement fort sous-estimé puisque ces crimes ont aussi été perpétrés ailleurs qu’à Rotherham.

Ces atrocités ont été commises par des individus d’origine pakistanaise sur des enfants confiés à la protection des services sociaux. Ajoutons combien la police, ainsi que d’autres services, a fermé les yeux, de peur de passer pour raciste, pour alors en conclure que l’État est lourdement complice de cette abomination.

La presse silencieuse ?

Reste le sujet annexe de savoir si la presse a tu ce sujet à l’époque. Or, elle n’est pas monolithique. Vu le retentissement de l’affaire Dutroux en son temps, il n’y a aucun doute que le viol de 1 400 enfants dans un pays voisin est une actualité forte, qui doit être traitée.

C’est pourquoi Contrepoints l’a fait, à l’époque des faits, sans se poser de question, ici et ici.

La question demeure, bien entendu, de savoir pourquoi nos confrères ne l’ont pas fait ? Il ne nous appartient pas de spéculer sur ce point, juste d’exprimer notre tristesse, que partagent tous ceux pour qui la mission de journaliste a un sens. Quant aux journaux qui maintenant s’interrogent alors qu’eux-mêmes n’avaient pas rapporté cette nouvelle en son temps, cela semble un moyen trop facile de se donner le beau rôle a posteriori.

Que peut en retenir le lecteur ? Pour être informé, au vrai sens du terme, on ne peut se contenter d’une référence floue à la presse, car elle ne forme pas un ensemble homogène. Elle est constituée de nombreux journaux, dont chacun a son approche, ses raisons et ses caractéristiques propres. Espérons que tous ont l’intention d’informer au mieux, mais c’est bien au lecteur de se faire un idée sur la question, en observant quels sujets chaque journal traite, et comment.

En fin de compte, la possibilité d’être informé existe, mais chacun doit pleinement réaliser qu’elle est largement entre ses propres mains, et qu’elle commence par choisir ses sources d’informations avec le plus de discernement possible.