Le capitalisme expliqué à Riri, Fifi, Loulou

Photo Marc Crapez, tous droits réservés.

Le capitalisme n’a aucune raison de mourir, mais le communisme, lui, relancé un temps par l’aberration du fascisme, avait toutes les raisons de finir par s’effondrer inexorablement.

Par Marc Crapez.1

L’autre jour je me promenais à Nantes. Nantes la Rouge. Cette Bretagne dont André Siegfried a si bien analysé le basculement à gauche. Cette ville dont un ex-leader lycéen soixante-huitard, qui avait nargué le maire, est devenu calife (et même Premier ministre, il s’agit de Jean-Marc Ayrault). On ne sait jamais si les Bretons pro-folklore, à barbe « druide » ou Zz-top, capables d’entonner des chansons de matelots, sont marqués à gauche ou à droite.

Je tombe sur la crème de la crème du slogan en forme de graffiti :

« Le capitalisme ne mourra pas de mort naturelle ».

C’est parfaitement pensé mais le risque est que cela se retourne contre ses auteurs, à savoir les castors supériors formés par Riri de gauche, qui n’a pas d’ennemi à gauche, Fifi d’extrême-gauche, pudiquement rebaptisée gauche de la gauche, et Loulou d’ultra-gauche, aimablement qualifie d’antifa, alors que quelqu’un qui arbore ostensiblement son antifascisme est moins antifasciste que potentiellement fasciste.

Comme leur oncle Donald, ils se verraient vivre de l’air du temps et ils caricaturent quiconque les contredit en Gontran.

En effet, le capitalisme n’est autre que la richesse des individus et la prospérité des nations. Le capitalisme, c’est la concurrence, l’émulation, l’innovation. C’est un processus indissociable de l’évolution des sociétés. Il est historiquement hostile aux trusts, aux monopoles, aux ententes, aux biais et à toutes les sortes de tricheries.

En régime capitaliste, l’État est chargé de faire respecter la loi en mettant hors jeu les tricheurs, resquilleurs, simulateurs et voleurs. Il est propice à l’éclosion de principes démocratiques. Il n’a pas besoin de déporter les opposants ou les récalcitrants dans des camps. C’est un système qui n’a aucune raison de périr car il tient compte de la nature humaine.

À l’inverse, les univers communistes sont des utopies réfutées depuis la nuit des temps. En Russie, l’expérience bolchevique a immédiatement échoué, pour la bonne et simple raison qu’elle s’est avérée incapable de produire des richesses, tout en laissant libre cours aux mauvais penchants de la nature humaine : dictature, arbitraire, collusion, favoritisme, oukazes, mensonge généralisé. À Astrakhan, par exemple, au bord d’un lac où les habitants n’avaient pas le droit de pêcher, Trotski ordonna d’ouvrir le feu, sur les manifestants, à la mitrailleuse.

L’effet boomerang est donc manifeste : non seulement le capitalisme n’a aucune raison de mourir, mais le communisme, lui, relancé un temps par l’aberration du fascisme, avait toutes les raisons de finir par s’effondrer inexorablement comme il le fit. Ce fut un péché contre l’esprit que d’avoir déclaré, comme Sartre, « la liberté de critique est totale en URSS ».

  1. Marc Crapez avait collaboré au dossier Aron de Contrepoints  pour les 30 ans de sa mort. Il dirige le dossier Aron dans le n° 69 de la revue de la Fondation de la France libre (5€, 16 cour des Petites-Ecuries, Paris 10).