Banksy détruit son œuvre, les investisseurs applaudissent

C’est terriblement ironique que de riches propriétaires s’arrachent les œuvres de ces artistes antisystèmes afin de placer de l’argent dans cette « niche fiscale ».

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banksy-graffiti-street-art-palestine2 By: Bruce Krasting - CC BY 2.0

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Banksy détruit son œuvre, les investisseurs applaudissent

Publié le 18 octobre 2018
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Par Frédéric Duval.

Vous n’avez sans doute pas échappé à la sensation du début du mois : Banksy, le célèbre artiste de Street-art, a détruit sa propre œuvre en pleine séance de vente aux enchères.

L’artiste libertaire antisystème n’en est pas à sa première provocation.

S’il voulait dénoncer le marché de l’art qui est prêt à investir des montants hallucinants pour une simple copie de son œuvre de rue… eh bien on peut dire que c’est raté !

Ce qui est très amusant, c’est que plus ses frasques sont sensationnelles, par exemple pour dénoncer « le pouvoir de l’argent », plus ses œuvres prennent de la valeur.

L’œuvre déchiquetée vaut maintenant plus du double de son prix initial grâce à l’ampleur mondiale qu’a eu cet événement.

Banksy est maintenant un artiste qui s’inscrit comme l’un des plus reconnus de notre période.

Autre œuvre de Bansky… qui prend encore plus de sens aujourd’hui

Malgré cela, il a toujours réussi à être anonyme et à ne jamais apparaître en public.

Les médias ont parfois dit que c’était la « première fois qu’un artiste détruit son œuvre devant son acheteur ». Malheureusement les médias ont souvent la mémoire courte car de nombreux artistes sabordent leurs propres œuvres.

En 1960, le sculpteur suisse Jean Tinguely, avait aussi fait sensation en créant une œuvre autodestructrice.

La machine incroyable nommée « Hommage à New York »s’est mise à brûler devant les premiers visiteurs de l’exposition. Là aussi l’action avait produit un retentissement international.

La valeur est subjective

Cet événement s’insère dans un vieux débat : celui de la corrélation supposée entre le prix et la valeur.

Dans la plupart des domaines, on attache de la valeur aux choses pour leur technicité, le professionnalisme des créateurs et pour des raisons très fonctionnelles.

Les prix sont généralement corrélés à ces critères que l’on pourrait définir comme « rationnels ».

Ainsi, si je rajoute des truffes sur une pizza, celle-ci prend de la valeur à l’achat. Pareil pour une voiture haut de gamme : elle coûtera plus cher car elle offre des performance et une fiabilité supérieures. C’est une augmentation logique du prix.

Cependant, en raison de ce lien entre l’utilité et le prix, nous avons une vision biaisée de ce qui détermine réellement le prix. La valeur dépend, au bout du compte, non pas directement du travail ou de son utilité mais de la subjectivité du jugement des acheteurs.

Qu’est-ce que ça signifie ? Que le prix, s’il est souvent en lien avec l’intérêt très simple et rationnel de nos besoins, est aussi en lien avec l’irrationalité de nos jugements. Prenez un iPhone par exemple : les fans se jettent sur ce produit dont le prix est largement supérieur à la concurrence, à technologie similaire.

C’est une démonstration de l’irrationalité de l’homme : il ne raisonne pas qu’en fonction de la valeur fonctionnelle mais aussi en fonction d’autres critères comme l’image de la marque, ses émotions ou valeurs personnelles.

Les prix reflètent notre humanité, dans toute son imperfection.

Et s’il y a une production qui est un reflet parfait de l’irrationalité de l’être humain, c’est l’art.

La reconnaissance comme Graal artistique

Le marché de l’art est singulier car il pousse cette logique à l’extrême.

Une de ses particularités les plus frappantes est celle de la valorisation des œuvres : elle dépend pour beaucoup de la renommée de l’artiste et de l’œuvre.

Ce n’est pas quelque chose de nouveau, Picasso l’avait bien compris.

Le peintre espagnol était un maître du marketing : il a tout d’abord peint ses propres mécènes ou les critiques d’art dans un style purement « français » qui était à la mode à ce moment-là. Il est ainsi entré dans le cercle fermé des spécialistes de l’art.

Ce sont eux qui, principalement, font et défont la réputation des artistes.

Ce n’est qu’ensuite, sa renommée faite, qu’il introduisit son style très personnel.

L’histoire tragique de Van Gogh est aussi une démonstration de ce fait : sans marketing, l’art ne vaut quasiment rien.

Contrairement à Picasso, Van Gogh n’a pas réussi à se faire connaître, en dépit de son style incroyable, sa précision, son expression et la puissance des émotions qui transparaissent à travers chacune de ses œuvres.

L’histoire tragique de sa vie, couplée à la découverte tardive de ses œuvres par les experts du marché de l’art, fit décoller le prix de ses peintures. Il est aujourd’hui considéré, tout comme Picasso, comme l’un des plus grands artistes de son temps.

Pourtant, il vécut malheureux et sans le sou durant toute son existence.

Il y a beaucoup de moyens différents qui permettent à un artiste de se faire connaître et surtout reconnaître. Les principaux leviers d’influence sont :

Les critiques d’art
Les grands collectionneurs
Les médias
Les musées et grandes expositions

Certains débutent dans le cercle fermé des artistes (reconnus par leurs pairs), d’autres sont reconnus par de riches mécènes et finalement certains, en faisant de l’art transgressif grand-public, comme le pop-art ou le street-art, sont simplement reconnus par leur exposition.

Les ratés des performances artistiques

Pour se faire connaître, d’autres artistes enchaînent les « performances », toutes plus choquantes les unes que les autres.

Ces dernières années une artiste, à la belle plastique, enchaînait les performances en pondant des œufs devant le congrès d’Art de Cologne, en prenant le tramway complètement nue ou en se laissant toucher le sexe par des passants.

Malgré les nombreuses couvertures médiatiques, l’artiste n’est toujours pas véritablement reconnue. À mon avis… pour de bonnes raisons.

Il n’est donc pas évident de savoir comment créer de l’engouement populaire : qu’est-ce qui pousse l’acheteur à valoriser une œuvre ?

La spontanéité ?
La beauté esthétique ?
Le travail technique ?
Le message véhiculé ?
Les valeurs transmises par l’art ?
L’unicité de l’œuvre ?

De nombreux artistes passent toute leur vie à essayer de trouver la voie de la reconnaissance. Je n’aurais pas la prétention de connaître la recette miracle de la reconnaissance artistique.

On peut cependant dire que Bansky, en détruisant son œuvre au milieu des collectionneurs millionnaires, a marqué le public et son nom : ce fut un énorme succès.

Finalement c’est cela qui rend l’art si attrayant : ce mélange d’inexplicable, d’émotions et de maîtrise technique.

Un secteur capitaliste peuplé d’anticapitalistes

En fait l’art est un secteur économique extrêmement libre, peu entravé par l’État et où le marché-libre s’exprime clairement !

Ce qui est très absurde, car beaucoup d’artistes — et c’est là l’image qu’ils se donnent — sont souvent opposés à l’argent voir même sont de fervents « anticapitalistes ».

Quelle ironie de voir ces riches propriétaires s’arrachant les œuvres d’artistes anti-système afin de placer de l’argent dans cette « niche fiscale ».

L’art est également reconnu comme « assurance anti-crise » car sa valeur intrinsèque ne disparaît pas après une crise financière.

C’est donc un actif très prisé pour se diversifier et se protéger.

De nombreuses assurances, gestionnaires de fortune, voire même des gérants de fonds de pension, achètent des œuvres d’art souvent placées dans des ports-francs afin d’éviter de payer des taxes, à l’image des célèbres ports-francs de Genève.

Le monde de l’art est finalement un énorme business lucratif qui rapporte énormément d’argent.

C’est un monde incroyable où la réalité du marché vit en parallèle avec l’irrationalité des artistes et des hommes.

Sur le web

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  • Bonjour,
    La question que je me suis posé est la légalité de la destruction. Car enfin, l’acheteur a payé pour un tableau et le vendeur l’a détruit après, donc détruit un bien qui ne lui appartenait plus.

    • Certes. Mais comme l’oeuvre détruite à vu sa valeur augmentée, pas sûr que l’acheteur aille s’en plaindre.

      En fait, Bansky a fait d’une oeuvre détruite une nouvelle oeuvre, différente.

    • le tableau s’est auto détruit mais vaut encore plus cher donc l’acheteur est gagnant ;

      • La question n’est pas là. Peut-être que l’acheteur voulait réellement le tableau? Il n’y a pas que l’argent dans la vie. On est sur un site libéral, la propriété doit être respectée, ce qui n’est pas le cas ici.

        • Vous avez raison. Si ça ne plaît pas à l’acheteur, il est tout à fait en droit de porter plainte et de demander réparation.

    • L’oeuvre a été « détruite » avant qu’il ne sorte son chéquier…

      • Donc l’acheteur peut payer avec un chèque qui s’auto-détruira avant que bank.sy le dépose à sa banque :).

        • La fin de l’histoire est la suivante :
          1. Le tableau a bien été acheté pour le prix adjugé
          2. Le titre de l’oeuvre aurait été modifié pour s’adapter à la situation.
          3. La valeur de l’oeuvre aurait déjà été multipliée par 2. L’oeuvre n’a pas été détruite mais recréée et une partie de sa plus-value est liée à ce happening historique. Schumpeter aurait adoré !

          « Banksy n’a pas détruit une oeuvre lors de la vente aux enchères, il en a créé une », insiste Alex Branczik, un responsable de Sotheby’s. Il a également précisé que la célèbre toile Girl with Balloon (La petite fille au ballon) avait été rebaptisée Love is in the Bin (L’amour est dans la poubelle). Selon l’estimation d’un expert auprès du Evening Standard, la toile adjugée à 1,185 million d’euros, pourrait déjà avoir doublé de valeur.

          • Comme toujours jean ne répond pas à la question.

            Jean: »Vous pouvez répéter la question? »

            Quid de l’acheteur?

            Je n’ai tjs pas l’opinion de l’acheteur.

            Jean: On s’en fout de l’acheteur!
            Seul compte Banquesy qui est une vedette, pauvres mortels.

            • Non. Là, vous êtes sur le fil de la légalité de la destruction. La question de l’acheteur, vous l’avez posé à Vera. Suivez un peu, quoi.
              Mais bon prince, je vais quand meme vous répondre, même si je l’ai déjà fait en partie en vous indiquant que l’acquéreur a bien fini par acheter le tableau :
              « Cette « collectionneuse européenne » a expliqué dans le communiqué avoir « d’abord été choquée ». « Mais, graduellement, j’ai réalisé que j’allais posséder mon bout d’histoire de l’art », a-t-elle ajouté. »

    • La question est : qu’achète-t-on exactement quand on acquiert une oeuvre d’art ?

      • En tout pas le droit moral..
        « le droit au respect de l’intégrité de l’œuvre. L’auteur peut s’opposer à toute modification, suppression ou ajout susceptible de modifier son œuvre initiale, tant dans la forme que dans le fond. Seul l’auteur peut en décider !
        le droit de retrait et de repentir. En contrepartie de l’indemnisation de celui auquel l’exploitation de l’œuvre a été cédée, l’auteur peut décider d’apporter des modifications à l’œuvre (droit de repentir) ou d’en faire cesser la diffusion (droit de retrait), à tout moment et sans avoir à justifier son choix. »

        • Mieux vaut acheter des oeuvres d’artistes décédés, alors…

          • @ MichelO
            Tout dépend de votre relation avec l’artiste! (vivant, c’est plus parlant que décédé!)

            Mais « girl with baloon » fut reproduit à 750 exemplaires dont 150 signés par l’artiste!

            L’original n’est pas au même prix!

  • L’art c’est un bout d’âme de son auteur. Sa vision du monde au travers du prisme de son esprit. Einstein était un vrai artiste. Leonardo de Vinci aussi. Et plein d’autres.
    Les artistes modernes proposent de la déconstruction, du vide. C’est de l’art inutile, donc socialiste. C’est juste bon pour des gens comme fabius qui veulent échapper aux lois qu’ils font voter en douce un mois d’août.
    Finalement je suis d’accord pour déchirer les oeuvres bidons et laisser des acheteurs payer pour cela est assez jouissif.

    • « La plus grande faute d’un critique est de s’ériger en juge d’un art qu’il ne connaît pas »

    • Quel rapport entre art inutile et socialiste? Ce serait plutôt tout cet art conçu avec seulement le Marché à l’esprit qui serait inutile (toute la soupe américaine taillée sur mesure pour les radios)? L’art libéral en somme.

      • @ AdrianSmith
        Comme si la soupe américaine ne valait rien parce qu’elle plaisait et donc se vendait bien: l’art n’est pas forcément emm … dant!
        Peu d’artistes ont pu rester longtemps désintéressés, inconnus, et très satisfaits!
        Quoi de plus intéressant qu’une conversation avec un artiste dont on vient d’apprécier l’oeuvre ou la prestation?
        Ne voir les artistes qu’en termes de marché est évidemment passer à côté de l’essentiel!
        Et les Américains sont certainement aussi créatifs que les autres, au moins!

  • si posséder une éolienne était facteur de niche fiscale , ils achèterait tous une éolienne ……

  • Tout art est à la fois surface et symbole.
    Si vous pénétrez sous la surface, c’est à vos risques et périls.
    Et si vous suivez le symbole, c’est à vos risques et périls.

    En vérité, l’art reflète le spectateur et non la vie.

    Oscar Wilde, Le portrait de Dorian Gray

  • Je pensais que voler 7 mois de salaires sans que les gens ne râlent est aussi une forme d’art. L’art cynique de l’Etat socialiste doit nécessairement trouver son écho dans les artistes. Construire sur autant d’incertitudes ne peut donner que des horreurs artistiques !

  • Bonjour,
    « C’est une démonstration de l’irrationalité de l’homme : il ne raisonne pas qu’en fonction de la valeur fonctionnelle mais aussi en fonction d’autres critères comme l’image de la marque, ses émotions ou valeurs personnelles. »

    L’auteur se trompe en évoquant l’irrationalité de l’être humain.

    On ne peut juger de la rationalité de ses buts, juste des moyens mis ne œuvre pour les atteindre.

    Je veux m’acheter une Ferrari, certains trouveront cela irrationnel, d’autres parfaitement normal, mais les jugements des buts d’une autre personne seront tjrs subjectifs, l’on trouvera tjrs que ce n’est pas parfaitement rationnels car nous n’aurions pas fait pareil.
    Par contre, si je ne fais rien pour avoir suffisamment d’argent pour m’acheter une Ferrari, là je serais irrationnel.

    • @ Stephane12
      Ben non!
      Si vous aimez les Ferrari, c’est parfaitement subjectif et c’est ben votre droit!
      Vos choix subjectifs peuvent très bien être rationnels ou pas, ça reste votre droit de faire un caprice! Refuser de prendre en compte la subjectivité de chacun et les conséquences qui peuvent en découler, ça c’est complètement irrationnel de ne pas tenir compte de cette réalité!

  • C’est vrai que la bêtise et la fumisterie qui nous entourent devient sans limite; mais à priori ça marche!

  • irrationalité ou bêtise de l’homme? je penche plutôt pour la seconde hypothèse..

  • En ce qui concerne Banksy, son côté anti-système est purement factice. Il est au contraire bien au chaud dans le système, coulé dans le moule, l’archétype du système.

    L’artiste en question fait preuve d’une rationalité à toute épreuve, qu’on peut qualifier d’exemplaire. Un cas d’école.

  • Il y a dans l’article et les commentaires un contresens récurent : le dispositif destructeur faisait partie de l’oeuvre, donc il s’agissait d’une oeuvre en devenir dont la destruction de la partie imageante classique était l’acte final ,attendant l’instant d’une acquisition pour se concrétiser. L’acquéreur achète le cadre avec ce qui reste comme trace du dispositif et trace de l’intention. L’oeuvre est en fait cela: un dispositif dont il reste la trace et l’histoire. Bansky a redéployé la stratégie duchampienne de l’urinoir avec pertinence. Il a joué avec les caractéristique du » monde de l’art » et de son marché .

    On peut ne pas apprécier ce genre d’oeuvre (c’est mon cas),mais je pense que l’on peut reconnaitre l’habileté de l’action. Bon joueur je dit chapeau Bansky! Quand aux payeurs ils sont libres .

    Harry Bellet (le monde)dans un de ses articles concernant des oeuvres hors de prix et ou scandaleuses faisait remarquer que les heureux acquéreurs les montraient trônant dans leur yacht ;le visiteur Ha c’est toi qui….

    • j’aurai dû rafraichir la page avant de faire mon commentaire !

    • Bonjour Did
      Je ne fais pas de contre sens, mais pose une question de droit et de respect des contrats (on est deux dans une vente). Si l’acheteur est au courant ou d’accord, je ne vois rien à dire, par contre dans la négative, c’est clairement illicite.

    • Vous n’aimez pas l’art contemporain (ou bien cette oeuvre ?) mais au moins vous, vous en comprenez les ressorts et l’intérêt. C’est agréable de vous lire.

  • L’œuvre n’a pas été détruite mais achevée.

    Superbe coup de pub. Il est très peu probable que Sotheby’s ne soit pas complice de cette performance vu la taille du coffrage pour insérer la mécanique.

    Je ne suis pas trop fana, pour ne pas dire hermétique, de ce type d’art mais je dois reconnaitre qu’arriver à ce niveau de maitrise de manipulation du système est absolument remarquable et peut être qualifié de grand art.

  • Avoir prévu la demi-destruction de l’oeuvre pour la conserver en un seul tenant c’est l’aveu d’une démarche non assumée, j’ai d’ailleurs été déçu de l’effet théâtral sur la vidéo, ça faisait plutôt « couvrez ce sein que je ne saurais voir ». La scène aurait été plus réussie si les commissaires avaient du ramasser les morceaux de l’oeuvre par terre. tandis qu’un complice leur tendait un sac poubelle, ça aurait été grandiose, mwaha.

    • Oui mais il faut que cela reste vendable ,montrable . Ce que vous décrivez c’est produit dans le cas de l’oeuvre de Tinguely il n’est resté que des débris. Son intention était tout autre il s’agissait d’une performance avec une machine loufoque .
      Bansky est contre le « système » il joue avec et en profite ; Je suppose que son numero de compte n’est pas anonyme pour tous.

      • Mais ici, le point censé être mis sous le feu de la destruction c’est l’achat, toute la mise en scène tourne autour du bon timing pour mettre en abîme le pouvoir de l’argent, pour l’en déposséder. Mais ça ne marche pas car, finalement, une destruction millimétrée ça n’en n’est pas une, donc le timing n’avait pas d’importance, et finalement ça aurait amené plus de réflexion de déclencher le mécanisme juste avant les enchères.

        • @ Tenal_PC et @ Did
          Bansky ne se préoccupe pas beaucoup de ce que vous pensez de lui, à mon humble avis!
          Il vient du street art, pas la voie la plus facile, mais il fait ce qu’il veut. Vous aussi?
          Qui est le plus libre?

  • L’art contemporain cristallise tous les travers du libéralisme économique poussé à outrance. Tout pour le marché, rien que pour le marché, l’essentiel n’étant pas ce que l’oeuvre d’art raconte, mais ce qu’elle vaut sur le marché et ce que l’artiste vaut sur le marché. S’il y a bien un domaine où le libéralisme a triomphé, c’est bien l’art en général, que ce soit la musique, le cinéma, la littérature ou autre. Avec pour seul objectif le profit privé, on se retrouve avec des merdes commerciales au ciné, à la télé, chez le libraire et entre les oreilles.

    • Sauf que si le ministère de la culture et les collectivités ne s’en mêlaient pas, ça ne gênerait personne. Mais là, c’est quand même largement utilisé par les susnommés pour se payer de la connivence aux frais du contribuable…

      • Oui enfin, l’art contemporain est de plus en plus l’affaire de mécénats privés. L’Etat ne fait que suivre, en « feignant d’en être l’organisateur ». Il en a délégué le soutien au privé par le biais d’une fiscalité attractive (notamment exoneration d’ISF).
        Et c’est tres bien comme ça.
        Par ailleurs la plupart de ces centres représentent un attrait touristique important pour les collectivités qui s’y impliquent (le lecteur lambda de CP n’est pas représentatif de l’intérêt porté par le public à l’art contemporain). Les retombées financières correspondantes sont donc plutôt une bonne affaire pour le contribuable local !

        • C’est beau la pensée socialiste !

        • Il y a de l’art contemporain que j’apprécie beaucoup, c’est néanmoins une honte que les collectivités en achètent ou subsidient avec mon argent de contribuable ! Si faire venir les touristes est rentable, pourquoi devrions-nous payer pour ça ?

      • Quel rapport entre le ministère de la culture et Banksy, Lady Gaga, les X-Men, Jeff Koons, Marc Levy, et toutes ces foutaises commerciales uniquement conçues pour vendre un max et non pas pour exprimer une quelconque pensée artistique? Vous avez lu mon commentaire au moins?

        • Oui j’ai lu, mais j’ai peut-être mal compris ce que vous appelez les travers du libéralisme économique poussé à outrance. Les gens achètent ce qui leur plaît, ou ce qu’ils sont aveuglés au point d’apprécier. C’est dommage quand on a d’autres goûts et qu’on aimerait voir ceux qui y répondent mieux traités, mais c’est leur affaire. Ils appellent cela de l’art, moi pas toujours, mais c’est leur affaire. Ceux qui flattent ce public se font des attributs sexuels mâles en or, mais c’est leur affaire. Où il y a problème, c’est quand l’état décide de ce qui est de l’art et qui est donc à subventionner ou faciliter. Mais si vous voulez décider que ce qui plaît au public est décadent ou pas artistique, que les prix de vente sont excessifs, bref que le libéralisme conduit à des excès néfastes, je ne vous suis plus.

          • Les gens achètent ce qu’il leur plaît oui et non. Les gens achètent ce qu’on leur vend, et à moins d’être un passionné de littérature, de cinéma ou de musique ou d’art plastique ou je ne sais quoi, en général on se contente de ce qu’on nous met sous le nez, c’est à dire Lady Gaga ou Marc Levy. Le marketing de masse appliqué à l’art donne ce genre de bouses, conçues uniquement dans l’optique de générer du profit. Tout cela est encore plus caricatural dans le cadre de l’art contemporain, et pour avoir un peu bossé dans le domaine, je peux vous dire que c’est souvent du vent et de la merde, et que les « artistes » passent plus souvent leur temps au téléphone et aux cocktails que dans leurs ateliers, où des petites mains fabriquent à la chaîne des pièces. Quand la logique libérale est appliqué à l’art et que celui-ci ne devient alors qu’un marché de plus, il faut pas s’étonner de se retrouver avec des merdes comme le bouquet de Jeff Koons!

        • Vous êtes libre de ne pas aimer . L’appréciation est un jugement de gout sinon il faut définir des dogmes, ce qui n’est pas très libéral…

          La liberté et l’action humaine ouvrent toutes possibilités ,certaines ne nous plaisent pas , vous êtes libres de les calomnier heureusement, et si votre voix porte ce que vous n’aimez pas se verra peut être disqualifié (un peu) .
          Je remarque que c’est souvent « l’Art contemporain qui sert de cible, non sans raison , moins l’édition, la musique etc … Personnellement je pense que la médiocrité est la règle , l’excellence est rare . Donc aucune raison de souffrir de l’abondance de production . On analyse, on juge, on dénonce ,on laisse passer, quelquefois on se délecte…
          La collusion entre les politiques et le marché ,c’est vieux comme le monde libre . Il faut la dénoncer, la justice peut agir . Le mépris c’est pas mal aussi!

          • L’appréciation est jugement de goût, c’est sûr. Vous relirez mes commentaires où j’évoquais aussi la musique, la littérature et le cinéma. Le problème c’est la démarche: quand on crée de l’art pour plaire à un marché, comme on fabrique des chaussures, alors là…

    • @ AdrianSmith
      Il ne tient qu’à vous de mieux choisir!
      Mais si d’autres aiment ce que vous appelez des merdes, c’est aussi leur liberté aussi respectable que la votre!
      À chacun ses goûts!

  • ok, il a reconnu qu’il y a eu un problème, le dessin devait passer entièrement dans la déchiqueteuse, c’est plus logique pour moi maintenant.

  • Les commentaires sont fermés.

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