Climat, violence, pollution : des marches comme s’il en pleuvait

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Climat, violence, pollution : des marches comme s’il en pleuvait

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 17 octobre 2018
- A +

Il fait beau en ce mois d’octobre. C’est louche. Il fait chaud, trop sans doute pour que tout ceci se termine bien. Pétri par l’angoisse, votre dimanche, qui aurait dû être placé sous l’auspice d’un pique-nique en famille, sera donc consacré à la lutte contre le temps agréable et les températures clémentes. Et pour affirmer cette lutte, quoi de plus efficace qu’aller s’agglutiner dans une foule d’anonymes pancartés ?

Ce dimanche encore, une nouvelle marche était donc organisée contre la pollution, le CO2, le réchauffement changement réchauffement climatique et cet été indien scandaleusement agréable qui empêche de pleurer sereinement sur un avenir qu’on imagine forcément catastrophique.

Aussi concrètement qu’une marche puisse l’être, cela s’est donc traduit par une centaine de milliers de personnes (selon les organisateurs) encombrant les rues de différentes villes de France, à commencer par la capitale, ce qui n’a d’ailleurs pas manqué d’organiser… des embarras de circulation, avec tout ce que cela veut dire de bouchons automobiles, de pollution atmosphérique et d’abominable CO2 rejeté dans l’air par toutes ces affreuses voitures.

Cette marche n’était pas la première. On se rappelle qu’en septembre déjà, le même motif (un mois de septembre bien trop doux) avait déclenché la même envie de s’agglomérer grégairement dans les rues. Pas plus tard que le dimanche précédent, c’était une marche contre les violences faites aux femmes qui était organisée.

Quant aux prochains dimanches, ils sont déjà bien remplis. Notons la prochaine marche contre les violences sexuelles qui aura lieu en novembre et se veut déjà « géante ». Avec un peu de bol, le temps sera encore clément, à moins que le dérèglement climatique ait repris le dessus et agonise les participants de copieuses giboulées dans un vent violent et glacial, auquel cas une nouvelle marche de lutte contre le mauvais temps sera probablement organisée dans la foulée.

Qu’on se le dise, l’époque est décidément aux marches.

Depuis le président, son gouvernement, jusqu’aux députés, en passant par toutes les rues, avenues et boulevards possibles, sur les thèmes les plus variés, on trottine, on déambule, on défile, on se promène et on fait œuvre de péripatétisme aussi ostentatoire que possible. Et il semble qu’on doive ainsi se déplacer avec la même fougue, la même détermination et la même absence de direction que le gouvernement et le président qui semblent avoir décidément fait tomber le pays en marche.

En effet, on ne pourra s’empêcher de s’interroger : on marche, certes, on s’affiche ainsi dans le mouvement, mais à quoi bon ? Pourquoi diable vouloir à tout prix trotter par monts et par vaux pour démontrer qu’on est bel et bien contre les violences, contre la pollution ou contre l’une ou l’autre phobie du moment ?

Sérieusement, qui aurait la bêtise d’organiser une marche pour les violences sexuelles ou faites au femmes, pour la pollution, pour l’homophobie ou que sais-je ?

Sauf à faire preuve d’une capacité d’analyse minuscule, qui peut prétendre que ceux qui ne participent pas à ces marches sont contre elles ? Et a contrario, qu’espèrent vraiment obtenir ceux qui y participent, mis à part l’affichage médiatique de leur présence dans une vertuoparade exagérée ? À part s’auto-congratuler, à quoi servent ces marches ?

Certes, on ne peut écarter le côté sociétal de l’affaire : la société festiviste de l’écocitoyen frétillant, toute en humanisme d’affichage, a besoin de ces processions quasi-religieuses qui visent à créer du rassemblement, du lien social où l’on se rencontre entre gens qui le peuvent. On expliquera ainsi sans mal qu’à la suite des attentats terroristes à Paris (notamment ceux de Charlie Hebdo), de gros paquets de gens s’étaient vite vite retrouvés pour se serrer les uns contre les autres afin d’offrir une cible plus dodue à de prochains terroristes et, surtout, pour communier dans un bel ensemble d’individus tristes. L’impact, en termes de sécurité, de lutte anti-terroriste ou même de pragmatisme policier fut absolument nul, et donna surtout l’occasion à l’habituelle tripotée de branleurs politiciens de se faire mousser.

Certes, on ne peut oublier que l’homme est un mammifère qui a un fort besoin de vivre en groupe et qui à l’occasion ne dédaigne pas de croiser ses effluves corporelles sur un motif plus ou moins symbolique, que ce soit à la faveur d’un transport en commun ou dans ce genre de marches.

Cependant, force est de constater qu’à côté de ces marches, contrastent violemment les rassemblements plus ou moins heureux aux odeurs de saucisse que la gréviculture française nous offre assez régulièrement : si leur impact dans la vie politique ou économique du pays est très variable, on ne peut pas nier que, de temps en temps, ces manifestations là aboutissent effectivement à infléchir la marche des gouvernements.

Pour les « marches » à la mode, aux sujets vagues et sans levier opérationnel concret et actionnable, il n’en est rien : les violences ne changent guère, les phobies continuent (se multiplient et s’intersectionnent même goulûment), le climat semble se foutre comme d’une guigne de ce genre de démonstrations rigolotes ; quant aux terroristes, je ne serais pas surpris d’apprendre qu’ils attendent avec gourmandise la prochaine marche pour s’y glisser et faire un carnage.

En revanche, ces marches ont un énorme impact pour les ONG et autres associations lucratives sans but qui les organisent.

Non seulement, elles permettent leur exposition médiatique ce qui se traduit généralement par une augmentation si ce n’est des adhésions, au moins des dons et autres subventions en provenance directe de la poche des contribuables, mais en plus l’organisation de ces happenings citoyens conscientisés et bruyants permet de justifier leur existence même, dans une boucle d’auto-justification quasi magique : les subventions versées permettent d’en récolter encore plus !

petit facepalmEt quand ces marches ne permettent pas le mouvement quasi-perpétuel sur fonds citoyens, elles donnent à certains l’occasion de vibrants papiers piposophiques d’envolée magistrale dans l’une ou l’autre épave journalistique que ces fonds citoyens autorisent encore trop souvent.

À ce petit jeu, les habitués de la politique spectacle n’ont pas perdu de temps, ce qui explique que ces marches soient régulièrement le théâtre d’expression populaire (populiste) de nos plus beaux représentants, depuis Anne Hidalgo qui ne rate jamais une occasion de défiler derrière une banderole au lieu de régler de vrais problèmes municipaux (surtout à l’approche d’élections municipales) jusqu’à Alain Juppé dont l’absence de toute colonne vertébrale lui permet de s’adapter à toute circonstance, tout contenant et tout volume (spectacle régulier, entrée 10 €, tarif pour les enfants et les groupes).

Doit-on en déduire que ces marches ne servent qu’à alimenter la chronique et occuper le citoyen en le baladant, physiquement et intellectuellement ?

Bien sûr que oui.
—-
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  • Les gens participant à ce genre d’événement, j’en connais plus d’un, ont perdu tout sens critique sur la question climatique. C’est en quelque sorte devenu une religion, une foi.

    • Ça a toujours été une croyance. Combien sont allés vérifier un minimum si cette théorie tenait la route au lieu de répéter ce que la propagande leur a mis dans la tête?

      • C’est problématique, les personnes auxquelles je pense sont ingénieurs, donc à fort bagage scientifique.

        • L’un n’empêche pas l’autre, je discute parfois du sujet sur d’autres sites, des personnes qui par ailleurs sont capables de faire preuve de beaucoup de recul et de discernement sont complètement fermées sur le sujet climatique.
          Idem quand j’en discutais avec des connaissances « de la vraie vie », qui restent butés sur leurs arguments (qui au passage tenaient souvent du « oui, mais quand-même, c’était mieux avant » aussi classique qu’illusoire).

          • manque d’esprit critique, on peut parfaitement réussir des études dites « scientifiques » et manquer d’esprit critique…

            bon on a des médecins qui pratiquent l’homéopathie…
            la majeure partie des scientifiques ingénieurs etc que j’ai connus se fermaient hermétiquement quand vous abordiez la question du financement de la recherche…

            et il y a un problème ..la majeure partie se pense à tort ou a raison plus intelligente que le quidam moyen et ils ne peuvent pas s’empêcher de penser que leur avis m^me fondé sur les impressions est meilleur que celui du simple mortel.

            l’histoire des sciences non expérimentales est jalonnée d’une succession de théories qui n’avaient que mérite d’exister.
            on sait donc empiriquement que les scientifiques quand ils ne savent pas…se trompent autant que les autres; ils y mettent juste les formes et plus d’arrogance.

            dans beaucoup de domaines ils ne savent pas se contenter d’un je ne sais pas.

            • @jacques lemière
              Bonsoir,
              « on sait donc empiriquement que les scientifiques quand ils ne savent pas…se trompent autant que les autres; ils y mettent juste les formes et plus d’arrogance. »
              Comme on dit :
              « Mieux vaut un con qui sait, que 100 génies qui cherchent. »

              • Comme a dit le ‘Grand Charles’ :
                 » Des chercheurs qui cherchent, on en trouve,
                mais des chercheurs qui trouvent, on en cherche… »

        • Insuffisant. Est-ce que ces ingénieurs ont étudié cette question en particulier et confronté les différents points de vue? Ils ont le bagage pour le fajre, mais l’ont-ils fait?

          • Non…ça n’est pas le problème, les gens ayant contribué au rapport du giec sont aussi affirmatifs alors que le rapport du giec est et a toujours été un aveu d’ignorance qui pourrait faire rire..

            il ne s’agit pas de croire à la catastrophe climatique mais d’adhérer au discours qu’il est nécessaire de lutter contre un changement climatique possiblement catastrophique m^me si la science est fondamentalement assez foireuse…
            ce n’est pas une question scientifique mais quasiment philosophique..

            Il suffit d’avoir l’opinion très vague que l’homme moderne est ou trop nombreux ou trop gourmand pour se laisser avoir ..il y a des tas de gens qui doutent de la théorie mais pensent que « mater » l’humanité » est bon en soit…

            c’est la pire chose de ce truc…c’est politique et c’est une duperie.

            • il est d’ailleurs intéressant de regarder les rares scientifiques qui ont osé de déclarer sceptiques; ils vous disent qu’ils ont répété le discours voire enseigné le bazar sans trop se poser de questions et quand ils ont regardé les données la théorie et douté, il ne manquent pas de rappeler qu’ils sont pour une action en « faveur » de l’environnement de façon absolument antiscientifique à mes yeux…la théorie du rca est bel est bien acceptée par ce que la conviction « de toutes façons » les actions en faveur de l’environnement sont une bonne chose est largement admise…

    • religion ou secte millénariste ?

  • Ne pourrait-on pas transformer ces marches en course? On pourrait en faire plusieurs dans la journée avec les mêmes gus. Ca serait-il pas plus efficace?

  • Notre regretté George Marchait (deux dents…) aurait aimé cette époque. Enfin regretté peut-être, mais surtout pas pour ses idées.
    Ces marches, c’est ringard. Et l’on passait aux valses. A 2 temps pour commencer. Cela aurait de la gueule pour de bon, au lieu d’avoir des braillards faisant une tronche…

  • Bien sûr, et cela permet de distraire le citoyen de la prochine crise qui va nous éclater à la figure, et accessoirement de canaliser les mécontentements

  • Pourtant le plus urgent est de marcher..pour l’augmentation des salaires ou la baisse de la fiscalité ,je laisse le choix a nos joyeux organisateurs sponsorisés par l’état.

  • la seule marche susceptible de m’intéresser serait celle pour traîner l’Etat en justice pour racket en bande organisée..

    • @dekkard
      Il y a eu une marche organisée pour aller chercher celui qui avait proposé qu’on vienne le chercher, lui, qui est LE planqué parmi les planqués.
      Un rassemblement paisible, et, de l’autre côté de la rue, un autre rassemblement d’anti-quelque chose (voire d’anti-tout), bien plus bruyant et vindicatif.

  • « Doit-on en déduire que ces marches ne servent qu’à alimenter la chronique … » …de H16, intéressante chronique heureusement. Bravo H16.

  • la question qui me chiffonne toujours est que ces gens demandent à l’etat d’agir pour des trucs qui normalement les regarde..
    que l’état me force à ne plus consommer de pétrole et rouler en voiture électrique…

    il est quand m^me incroyable qu’à cause de ce genre d’olibrius l’état par exemple décrète que chaque cantine doit mettre 20% de bio dans les repas ..CAR LES GENS LE VEULENT…

    on a donc des gens qui veulent des choses et font autre chose…et ces gens.. démunis de la moindre volonté …considèrent qu’ils doivent éclairer le monde…

    ce n’est pas une marche contre le climat, c’est une marche pour que le gouvernement fasse des trucs contre le climat…c’est une célébration de la politique …

    • Autant dire que quand on a le temps de participer à ce genre de marches, c’est qu’on a aucun autre soucis dans la vie que le climat et les petits oiseaux. Pas de jardin à entretenir, pas de gosses à emmener au sport, pas de courses à faire pour la semaine, pas d’amis à voir…

    • @jacques lemiere
      Bonjour,
      « ce n’est pas une marche contre le climat, c’est une marche pour que le gouvernement fasse des trucs contre le climat…c’est une célébration de la politique »
      Ca ressemble plus à de la procession religieuse. Tout comme le clergé, peu importe la religion qu’il sert, a besoin de la politique pour exister et subvenir à ses besoins, ces sangsues ont besoin de plaire au pouvoir politique afin d’exister. Le pouvoir politique a besoin de ces bigots pour asseoir son pouvoir sur le reste des quidams : le clergé lui donnant une morale, voire une vertu, donc des justifications « saintes ». C’est ainsi de puis que ce qu’on nomme « Etat » existe : soit depuis plus de 5000 ans. (Mésopotamie, Egypte antique,..)

  • Ce genre de marche donne la légitimité au gouvernement d’augmenter le prix du diesel sans que personne ne s’offusque alors que :
    – cela ne changera pas l’impact sur le climat ni la nocivité du diesel (avéré ou pas)
    -par contre dans un pays à la croissance en berne ça va bien dégradé la chose.

    • @Mathaousse
      Bonjour,
      la croissance en berne :
      Dans un pays qui dit vouloir ramener la croissance, mais qui conspue, contraint, enserre dans un étau de règles et tabasse ceux qui pourraient la déclencher cette croissance, elle ne pays qu’être ne berne. La croissance n’est pas souhaitée vu comment elle est combattue. Elle se porterait mieux avec 1000Mds€ en plus.

  • la nouvelle politique de l’excercise , moins de maladie physique , brûle des calories , les gens sont en bonne santé malheureusement pour eux leur pouvoir d’achat est en berne …
    hypnotisé par le réchauffement climatique..
    attention a la rupture d’anevrisme !!!

  • Noir. Tres beau. Qu’il devient bougrement difficile de rester debout. Stand tall and walk the world.

  • pendant qu’ils marchent contre la pollution ou le climat , ils ne marchent pas contre l’état spoliateur de nos richesses ; autant dire que le gouvernement , pendant ce temps , a une paix royale ;

  • au moyen age on faisait des processions…conte la grêle ou la sécheresse ( qui est pour? je me le demande)
    Mais il n’y a aucun lobby aujourd’hui qui ne nécessite pas une action publique relayée par les médias , pour justifier telle ou telle mesure..
    Les verts sont le premier lobby de france , s’appuyant sur les craintes et l’ignorance , en promettant un futur catastrophique
    avec la solution que seuls sont supposés avoir..
    Croyez et vous serez sauvés.. çà ne vous rappelle rien?
    ou est passé l’esprit critique? au meme endroit que les doute sur la religion au moyen age , a la moulinette des réseaux sociaux , çà vous donne une belle couleur de campagne électorale europeenne

  • les minorités veulent etre décideur de la société … Il faudra choisir entre faire revivre les centres villes et l’accès en ville et qui ne soit egalitaire par les péages en vue …faire payer les P.L.en fin de chaine ce sera le consommateur qui paiera de toute maniere !!! Pour ma part j’ai réglé le problème
    tres simplement : je vais dans les centres commerciaux ..Je ne vais plus en ville …
    imaginé : péage urbain + parking ..donc
    nous aurons une france coupé en deux , celle qui aura les moyens et les autres !!! Et beaucoup de gens abandonnent les villes pour les centres commerciaux .. Et pas faire encore des subventions pour redynamiser les centres villes … encore une incohérence…
    créations des villes mortes , sans âmes , la contradiction regalien de L’ÉTAT La Libre Circulation des BIENS et des Personnes….
    au lieu d’avoir concentré un max de gens et d’entreprises … la politique autrement …çà pour etre différente , elle créer la différence entre les citoyens !!!

  • on marche dans tous les sens , mais surtout sur la tete.

  • Entre les processions contre l’immonde climat et le retour de l’octroi pour pénétrer en nos bonnes villes, le Moyen Âge fait un retour en force. Oyez braves gens notre jeune Prince et ses féaux vassaux !

  • heureusement , le ridicule ne tue pas !!! la nouvelle donne politique qui nous infantilise … quand vous ouvrez votre porte vous devez badget !!! l’état vous sera reconnaissant !!! les idiots inutiles…

  • « Doit-on en déduire que ces marches ne servent qu’à alimenter la chronique et occuper le citoyen en le baladant, physiquement et intellectuellement ?

    Bien sûr que oui. »
    Mais pas seulement. C’est aussi, et préférentiellement, la forme moderne et politiquement correcte de la danse de la pluie.

  • Les commentaires sont fermés.

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