Les municipales approchent ; Anne et Martine se réveillent

Vite, vite, les maires se (re)saisissent des priorités avant qu’il ne soit… Zut ! Il est déjà trop tard !

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Hotel de Ville Paris by Philippe Rouzet (CC BY-NC-ND 2.0)

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Les municipales approchent ; Anne et Martine se réveillent

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 5 octobre 2018
- A +

Pas de doute : les municipales approchent. Bien sûr, pour de petites bourgades, mars 2020 semble encore fort loin. Pour de grandes métropoles en revanche, la bataille qui s’annonce pour leur mairie s’annonce âpre et semée d’embûches. Tous les coups sont déjà permis et il n’y a vraiment pas de temps à perdre pour (re)conquérir l’opinion publique : tout maire sortant doit donc se rappeler à la mémoire brumeuse de ses électeurs.

Dans ce cadre, il ne faut guère s’étonner de la tentative récente de démission de Gérard Collomb qui n’a pas caché son désir de quitter son poste de ministre de l’Intérieur (oui, en effet, c’est bien lui à ce poste — je mettrai des balises « spoiler » la prochaine fois), ce qui lui aurait permis de briguer la mairie de Lyon plus aisément sans s’encombrer du bagage de ministre — pourtant fort léger, au vu des résultats — qui aurait pu lui valoir quelques difficultés devant les électeurs. Las, le Collomb de l’Intérieur aura aussi échoué à cette tâche puisque le Président Manu a décidé qu’il devait malgré tout rester à son poste encore un peu.

Et pendant que Gérard se retrouve temporairement enfermé à l’Intérieur, l’Anne de Paris s’est, elle, lancée dans un nouveau combat pour reconquérir le cœur de ses concitoyens.

On peut la remercier, parce qu’il y a vraiment de quoi faire dans la capitale.

Il y a, bien sûr, les petits soucis d’hygiène. On en a déjà parlé dans ces colonnes, mais il est actuellement difficile d’évoquer Paris sans évoquer son petit souci de vermines qui pullulent un peu trop. Ici, je ne parle pas des socialistes ou des hipsters mais des rats dont les rues sont maintenant pleines : apparemment, il semble délicat à l’équipe municipale d’endiguer la croissance de ces rongeurs qui deviennent de plus en plus envahissants. Anne devra déployer pas mal d’efforts pour gommer ses nombreuses années d’actions au mieux trop molles, au pire contre-productives.

Et si l’on oublie quelques instants ces encombrants mammifères (je parle toujours des rats, pas des élus), Paris fait tout de même face à d’autres défis encore plus gênants : les vagues migratoires mal maîtrisées ont entraîné une recrudescence de la violence dans les rues de certains arrondissements. Les faits divers s’empilent, et qu’ils soient classifiés comme « simple » attaque au couteau, terrorisme, acte d’un déséquilibré ou rixe banale entre individus plus ou moins maîtres de leurs facultés, le résultat reste sensiblement le même pour les habitants (et électeurs) parisiens.

Certains quartiers, subissant une saleté que la Mairie semble incapable de juguler, doivent aussi faire face à des commerces alternatifs. En attendant que ces nouveaux entrepreneurs soient abondamment subventionnés par l’État (ce qui sabotera leurs activités plus sûrement que toute police), les riverains (et électeurs) doivent supporter les petits débordements qu’ils entraînent.

L’accumulation de ces problèmes n’est d’ailleurs pas limitée à Paris. On retrouve ce genre de problématiques dans d’autres villes, gérées par la même fine fleur socialiste et pilotée par les mêmes dogmes efficaces, causes des mêmes conséquences plus ou moins bigarrées. C’est le cas à Lille où son maire, sortant miraculeusement d’un coma de 30 ans, découvre que la vie réelle n’est pas aussi rose que ce qu’on lui avait raconté.

Martine Aubry, comprenant le problème peut-être confusément mais de façon suffisamment aiguë pour tenter quelques spasmes, refuse donc de voir Lille ressembler à la France et entend se dresser comme rempart contre la horde de Marcheurs macronistes qui pourraient, éventuellement, lui ravir un quatrième mandat qu’elle avait pourtant promis de ne pas tenter. Et pas de méprise ! On comprend bien que si ces trotteurs représentent une petite menace pour Martine, ce n’est pas celle qui empêche ses électeurs de dormir, au point que la maire de Lille l’a clairement expliqué : pour elle, « il faut plus de policiers nationaux et de CRS », car « dans certains cas, (…) ce n’est plus possible, on n’est plus dans une République ».

Eh oui : le choc de la réalité semble rude pour certains qui ont, comme Martine, mis tant de temps pour parvenir à la même conclusion que ce que les individus normalement dotés ont compris depuis plusieurs décennies.

Entendant l’appel de Martine, et profitant sans doute de son répit entre deux dépôts de démission (la deuxième fois fut la bonne), notre Collomb de l’Intérieur a donc promis à la maire de Lille une police toute taillée sur mesures (qu’on imagine amples, le socialisme et les années de coma n’aidant aucune municipalité à garder la ligne).

On le comprend : à situation grave, à quartiers sensibles émotifs et zones de non-droit d’auto-gestion improvisée, à trafics louches et problèmes urbanistiques lourds, il faut parfois faire preuve d’une réponse ferme et sans faille.

C’est probablement pourquoi, devant les rats, les rixes, la saleté repoussante de certains quartiers et l’insécurité de moins en moins sentimentale de Paris, Anne suit l’exemple donné par Martine et s’empresse donc de demander des renforts policiers à Gérard Collomb une multiplication de caméras pour garantir la sécurité des pistes cyclables, le vélo constituant semble-t-il dans l’esprit de la maire parisienne l’alpha et l’oméga de la politique municipale de reconquête des électeurs.

Si l’on y ajoute les récentes avancées architecturales majeures en matière de pissotières ainsi qu’un petit clip vidéo d’un goût exquis incitant les Parisiens et les touristes à ne plus uriner un peu partout dans la ville, on comprend que l’équipe en place tient de sérieux atouts dans ses mains pour une réélection en fanfare.


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Sur le web

Voir les commentaires (36)

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  • Eh, mais c’est l’heure de la tartine … au brie… 🙂

  • normal là soupe est bonne pour ces parasite… pour ma part un maire est un chef d’entreprise n’est pas un politique qui n’y connaît rien aux finances.. ce sont des parasites qui vivent très bien sûr le dos des gens ,tellement aucune responsabilité financières, peuvent mettre une ville en faillite …

    • Le problème, c’est que « chef d’entreprise », ce n’est pas très vendeur auprès des électeurs…

      • Redresseur de torts en camps fermés pour les vilains capitalistes, cela se vend plutôt bien. En ce moment, les ventes sont moyennes, mais cela va se reprendre…

  • L’image avec Cary Grant et Audrey Hepburn est collector !

  • Collomb est toujours à l’Interieur… Ca, c’est un sacré spoiler !

    • Faut surtout apprendre à lire les articles jusqu’au bout :

      « Entendant l’appel de Martine, et profitant sans doute de son répit entre deux dépôts de démission (la deuxième fois fut la bonne), notre Collomb de l’Intérieur … »

      • Oui, il est à l’extérieur, notre Christophe de Lyon…

      • « Las, le Collomb de l’Intérieur aura aussi échoué à cette tâche puisque le Président Manu a décidé qu’il devait malgré tout rester à son poste encore un peu. »
        De deux choses l’une : soit Collomb n’a pas échoué. Soit H16 met 48 heures à écrire ses articles, en oubliant à la fin, ce qu’il a écrit au début.

      • « Las, le Collomb de l’Intérieur aura aussi échoué à cette tâche puisque le Président Manu a décidé qu’il devait malgré tout rester à son poste encore un peu. »
        De deux choses l’une. Soit Collomb n’a pas échoué. Soit H16 met 48h à écrire ses articles en oubliant, à la fin, ce qu’il a écrit au début.

        • Où donc voyez-vous une contradiction? L’article est en partie chronologique donc cette construction du texte est tout à fait valable.

          Et en quoi cela enlève de la pertinence au message de l’article?
          Vous connaissez la formule « Quand le sage montre la lune, … » 🙂

      • Commentaire en attente de modération…

      • Liberté d’expression sous contrôle, donc…

  • C’est une projection holographique. Les rats de l’intérieur ont leur image à l’extérieur. Le seul problème est que ceux de l’intérieur prolifèrent plus vite que ceux de l’extérieur.

  • Si Hidalgo doit craindre pour son poste ce n’est ni à cause des drogués ni à cause des rats mais parce qu’elle a fait la chasse à un nuisible encore plus redoutable : l’automobiliste. Elle ne tombera pas à cause de ses combats perdus contre les rats, mais à cause de celui gagné contre l’automobiliste.

    • @Jean Manchzek
      Bonjour,
      Elle peut gagner ce qu’elle veut en combattant les automobilistes et les autres utillisateurs de chaussées, tant que la ville (pas n’importe laquelle : la capitale) reste aussi dégueulasse, pas sûre, que les touristes, les parisiens et tous les extra-muros la quittent, la fuient et/ou l’évitent comme la peste que la mairie semble appeler, elle a de quoi craindre pour son poste. Dans une société un peu moins malade, elle ne trouverait plus de poste d’élue nulle part. Perso, je ne lui confierais pas un balais.

      • Le coup des rats et des drogués, c’est franco-français, pour ne pas dire politico-politicien. L’Ile de France, et Paris tout particulièrement, ont encore battu des records de fréquentation. Paris reste très prisé des touristes. Beaucoup moins des autochtones usagers des transports : entre les grèves des TC, et la chasse aux véhicules individuels, la coupe est pleine. Les touristes ne fuient pas. Ce sont les cadres parisiens qui vont voir ailleurs. Manifestement la reine des bobos a raté son coup, puisque son cœur de cible s’évapore et ceux qui restent n’en peuvent plus. La chasse aux petites entorses à la circulation, désormais décuplée via la videosurveillance, et dont la gruppenfurieuse s’est récemment félicité, en attendant l’éviction en 2019 de nouvelles couleurs de vignettes crit-air, va assurément laisser des traces électorales. Hélas pour Hidalgo, les touristes ne votent pas.

        • Je ne comprends pas pourquoi une ville si autophobe organise le salon de l’automobile, elle devrait se limiter aux vélos.

        • @Jean Manchzek
          Bonsoir, . L’Ile de France, et Paris tout particulièrement, ont encore battu des records de fréquentation. Paris reste très prisé des touristes.  »
          Preuve que le France a encore une certaine force d’attraction. Ou alors, ces touristes viennent pour voir la crasse, la déchéance de la France. Mais à continuer dans cette voie, les records seront du passé.

      • Hum, le balais ne risquerait pas de s’user, le seul risque serait sa disparition, pour éviter de l’user… :mrgreen:

      • Oui mais en France, et surtout chez les bobos parisiens, la réflexion et la mémoire sont inexistantes! La preuve, ils ont élu Hidalgo et Macron!

  • Martine Aubry va-t-elle faire sécession ? Lille va quitter la France ? Lillexit ? Martine, était bien contente d’avoir 35% de mixité dans sa ville, elle s’ennuyait avec des gens tous pareils. Mixité voulue et instaurée par son parti. Elle veut que ce soit à la nouvelle génération de prendre le relais moisi de leurs idées pourries.
    D’ailleurs, Anne Hidalgo n’était-elle pas supposée représenter une nouvelle génération, un souffle nouveau ? Tout comme Macron ? Ils ont des idées nauséabondes, néfastes, et mortifères.

  • @Parcoureur, elle n’aime pas la voiture ? pourtant les amendes sont florissantes avec la vidéo… les parisiens sont des privilégiés !!
    de quoi ils se plaignent ? c’est de l’ironie !!
    j’ai quitté Paris il y a cinq ans , et ne suis pas prêt d’y retourner !! je ne viendrai plus vous polluer mais SVP rester chez – vous !!

  • Les rats: c’est pourtant facile et connu depuis le moyen age, laiise

    • Les rats: c’est pourtant facile et connu depuis le moyen âge, laisser faire les chats au lieu de les stéréliser ou de les supprimer! Vive le chat de gouttière!

      • Les chats, c’est un peu comme les politiques, ils préfèrent s’attaquer aux sages petits oiseaux qu’aux gros méchants rats…
        Un détail ?
        Dans les gouttières ils sont plus près des ‘zwasous’ que des rats !

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