Affaire Benalla : le palais de l’Élysée est-il devenu une nouvelle ZAD ?

Après l’affaire Benalla, les pratiques au sommet de l’État doivent être plus transparentes.

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Paris - Petit Palais By: Fred Romero - CC BY 2.0

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Affaire Benalla : le palais de l’Élysée est-il devenu une nouvelle ZAD ?

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 21 septembre 2018
- A +

Par Peter Libtank.

Sur la base des auditions tenues par les deux commissions d’enquête parlementaire,  et en absence des explications de notre jeune Président — qui se revendique pourtant « premier responsable » de l’affaire Benalla — on est en droit de se demander si l’Élysée n’est pas devenue,  au fil des mandats, une zone de passe-droits, une sorte de ZAD que les occupants du moment semblent bien déterminés à défendre.

Deux constats semblent s’imposer :

L’ impéritie managériale de cette structure de 100 personnes, l’Élysée, qui, de l’aveu même  du Président, a mal apprécié et mal géré la « faute grave » de l’un de ses chargés de mission. Et qui, surtout, a été incapable de communiquer de manière transparente et responsable sur cette situation extravagante, pour la présidence du pays comme pour chacun de ses citoyens (qu’elle ait été ou non révélée par la presse).

La conviction intime de nombreux observateurs et parlementaires, ainsi que d’une grande partie de l’opinion publique, que ce chargé de mission était directement impliqué dans le système de sécurité de notre jeune Président, en particulier au niveau privé. Un faisceau d’indices concordants semble le démontrer, par exemple le permis de port d’arme qui lui a été explicitement accordé pour cette mission, ou sa présence physique en « protection rapprochée » lors de certains déplacements…

Comment fonctionne la présidence ?

Ces deux constats soulèvent de multiples questions relatives aux modalités de fonctionnement de notre république, en particulier de sa présidence :

1) Notre jeune Président a-t-il le droit de ne pas confier (toute) sa sécurité, en particulier privée, aux fonctionnaires dont c’est le métier et la mission, ce avec l’argent du contribuable ?

2) Dans quelle limite, compte tenu de la séparation des pouvoirs, l’Exécutif peut-il ne pas se soumettre aux demandes (communication de documents, auditions…) ou intervenir dans le travail (commentaires publics, prises de contact…) des commissions d’enquête parlementaires ?

3) Notre Constitution doit-elle être amendée pour permettre une meilleure gestion, une meilleure transparence et un meilleur contrôle démocratique du fonctionnement de la présidence et de l’Élysée (qui, pour beaucoup, s’apparente, depuis bien trop longtemps, à une véritable « boîte noire »… que les seuls travaux de la Cour des comptes n’arrivent pas à ouvrir) ?

Pour crédibiliser son discours sur le « nouveau monde » et son exemplarité, sur la moralisation de notre vie politique, sur la transformation de notre pays, sur la modernisation de l’État, sur la réforme constitutionnelle… Emmanuel Macron jouit d’une opportunité sans pareil pour reprendre l’initiative et remettre à niveau la gouvernance de l’Élysée.

Dorénavant, nos pratiques au sommet de l’État doivent donc être plus transparentes et résolument Best In Class.

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  • Ainsi donc Benalla ne faisait qu’organiser les voyages présidentiels . C’est sûrement pour affiner les détails qu’il était toujours aux côtés de Macron ,  » quelquefois  » armé . Oui le garçon est intelligent …..mais manipulateur
    sa carrière express le confirme . C’est surtout pour cela qu’il est dangereux . Macron perd beaucoup .

  • L’image de la Zad est amusante mais fausse. Les zadistes luttaient, face au projet d’un aeroport inutile, pour la préservation d’un espace naturel au profit de l’intérêt commun.
    La macronie élyséenne ne vise qu’à se défendre elle même à son unique profit.

  • pige pas quand un élu au titre suprême se dit d’être gaullisme permetter mois d’être inquiet de la démocratie..c’est le symptôme de là démocratie. en étant simpliste :tu votes pour moi ,tout va bien..je vais pour certains ridicule et encore ! depuis que les chinois ont inventé la poudre ,il n’y a plus d’homme fort .
    poser vous là question?

    • Requête à Lou 17
      Vous tirez vite et nous n’avez pas le temps d’ajuster le tir ; mais comme le sens est généralement bon, ça passe… Sauf que ça passerait mieux avec un meilleur traitement de la syntaxe… Merci par avance.

  • Pourquoi voulez vous qu’ Emmanuel Macron change ce système puisque c’est lui même qui l’active.? Comment peut-on supporter dans un Pays démocratique une zone de « Non Droits » qui s’appelle le 11 Quai Branly qui avait permit à un Président de la République d’y planqué sa Maîtresse et sa fille née de cette union et cachée au peuple français.? Un appartement du même ordre promis à Bénalla. Non Macron voulait être protégé par d’autres personnes que celles désignées par la DSPR. Aux Etats Unis c’est le Président qui est obligé d’accepter la protection mise en place par la Constitution contrairement où en France le Président fait ce qu’il veut et peut même mettre en place des « Barbouzes » comme c’est le cas dans cette affaire. Nous sommes en pleine « République Bananière’.

  • l’Elysée pour ma part est un bordel ,ou la seule règle est baiser l’autre !! aucun intérêt pour la France …chacun pour sa gueule !!!
    la preuve reconnaisse les probléme maïs ne résolut rien !! des mots insignifiants

  • Contrôler ceci contrôler cela , je ne vois pas comment on peut contrôler une maffia étatique légitimée par un vote…l’affaire benalla se complique tous les jours en découvrant son cercle d’influence dont il n’est qu’un maillon ..en cours de rupture.

  • La démocratie comporte une exigence de transparence. Mais en s’informant bien, on réalise que le pouvoir n’est pas où on le croit. Donc la transparence est impossible.

  • la sois disante politique autrement,n’est que
    la continuité de là politique ,quand un politique au titre suprême de l’état qu’il est gaulliste,dangereux ,c’est l’époque des barbouzes !!! à méditer !!

  • Cette affaire Benalla est un révélateur des turpitudes du pouvoir Étatique tel qu’il s’exerce en France.
    Les propos tenus par Benalla et, d’autres intervenants, devant la commission d’enquête sénatoriale n’ont fait que confirmer que le rôle imparti par notre « Chef Suprême » était tout à la fois d’espionner, de renseigner, d’influer et peut être, dans une certaine mesure, de faire pression sur certains personnages gravitant dans la sphère monarchique française.
    En quelque sorte, un personnage indispensable au fonctionnement de la « démocratie » à la française…

  • Virgin, j’ai du mal à exprimer mes reflexions par des mots ,merci de vos remarques pour que je m’améliore .

  • commentaires lamentables d’inconséquences……Si vous commencez par là, il y a bien d’autres ZAD à éradiquer du Sénat à l’Assemblée et au CESE……

  • Les commentaires sont fermés.

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Pascal Salin est économiste, professeur émérite de l’université Paris-Dauphine, et fut président de la société du Mont-Pèlerin de 1994 à 1996.

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