Les jeunes enfants reconnus comme nuisance sonore

Un restaurateur allemand ne veut plus accueillir les enfants bruyants. Un choix responsable, qui n’a pas besoin de législation pour répondre aux besoins de la clientèle.

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Les jeunes enfants reconnus comme nuisance sonore

Publié le 21 août 2018
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Par Ludovic Delory.

La pollution sonore dépend, par définition, de ce que l’on désire entendre. Vos oreilles peuvent apprécier Bach ou Pink Floyd, détester Calogero ou Booba. C’est une question de goût. Une histoire personnelle. Votre liberté d’écouter ce que vous désirez dépend de la marge de liberté qui vous est concédée par autrui. Qu’il s’agisse de votre voisin, de votre compagnon ou du propriétaire de l’endroit où vous mettez les pieds.

Chez Oma’s Küche, les enfants de moins de 14 ans ne sont pas admis le soir à table. Le patron de ce restaurant allemand ne veut plus voir des gosses courir partout, gêner le personnel et brailler. Pour le bien-être de ses clients. La décision peut paraître radicale, mais elle est celle d’un responsable expérimenté. Rudolf Markl, le gérant, explique que « les parents ne savent plus tenir leur enfants ». Dont acte.

Contre les cigales : vite, une loi !

Cet épisode ramène à la floraison coutumière des lois liberticides. Comme celle qui interdit de fumer dans certains lieux publics. Si l’on n’aime pas la fumée, sélectionnons nos bancs. Si l’on ne supporte pas les cris des gosses, choisissons notre resto. La liberté offre une variété de choix qui ne doivent pas heurter ceux de notre voisin, père de famille nombreuse (et fumeur, de surcroît). La Loi, elle, s’applique à la collectivité. Sans nuance.

Aujourd’hui, le marché permet tout. Des tour-opérateurs promettent des séjours adult only, des vacances naturistes ou soucieuses de la protection de la nature. Des applications peer-to-peer offrent la possibilité de dormir, de se déplacer, de se cultiver en dehors des sentiers tracés par l’État. Le marché permet de discriminer. Donc de choisir.

Le législateur, lui, ne peut qu’interdire ou réglementer. Le problème réside dans la responsabilité. Lorsque des touristes qui ont décidé de s’implanter dans le Var protestent contre le chant des cigales en interpellant les autorités locales ; lorsqu’une vacancière anglaise proteste contre la présence trop marquée d’Espagnols… à Benidorm, le seuil d’irresponsabilité est atteint.

Passons-nous de la Loi

Que veulent les individus ? Déambuler dans un monde apportant un choix varié de possibilités ? Ou vivre dans un cadre fixé, une bonne fois pour toutes, par la Loi ? Cette question dépasse le contexte des vacances. Mais elle est d’actualité.

Choisir de permettre de choisir, c’est discriminer. L’appel à la Loi est une volonté délibérée de collectiviser les problèmes et de nier les individus. Si l’interdiction du tabac s’applique à tous, il n’est plus permis de responsabiliser. Si l’on tolère les restaurants végétariens, on exclut de facto les mangeurs de viande. Refuser les jeunes enfants le soir, c’est aussi prendre le risque de se faire sanctionner par une perte de clientèle. Les lois liberticides empêchent cette prise de risque. Bravo donc à ce restaurateur allemand. En toute liberté, il a fait un choix qui prête au débat. Souhaitons-lui de trouver une clientèle fidèle, amoureuse de ses plats, de son établissement. Et du calme qui y règne désormais.

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Créer un compte Tous les commentaires (27)
  • J’imagine que personne ne s’est enquis de ce que les cigales pensaient des touristes bien crades, qui pètent et qui rotent, qui vomissent leur tequila sur leurs territoires, qui ne disent ni boujour ni merci, font du bruit et j’en passe des meilleures.

  • Il n’est pas patient ce restaurateur, les Allemands ne font plus d’enfants, le problème sera donc bientôt régler.

    • poncif francais si fier de sa natalité qui se traduit 20 ans plus tard par plein de chomeurs et rmistes

      Il y a 80 millions d allemand, meme avec 1 enfant par femme, ca fait encore pas mal d enfants (qui eux auront tous du travail et ne vivront pas dans des villes surpeuplees). ET s il leur manquent du monde, il peuvent toujours faire appel aux francais et autres qui sont sous paye dans leur pays

      • @cdg: Tiens, vous avez utilisé un mot assez rarement utilisé sur ce site : travail, et son corollaire : travailleur.
        Je vous recommande d’utiliser le mot consommateur, qui est le seul vraiment utile pour comprendre les articles. (sarcasme).

        – Il faut des jeunes pour consommer plus.
        – Le consommateur a besoin du libre échange pour acheter des produits bon marché.
        – Le travailleur local est égoïste et vote pour des politiciens populistes, tandis que le travailleur « global » est altruiste.

      • Je ne pense pas que la remarque d’AlfredSG soit à prendre au sérieux.
        C’est juste de l’humour.

  • Je pense qu il n y a rien de rejouissant a ce type de mesure.

    1) comme l ecrit l auteur, la raison est que les parents ne savent plus tenir leurs enfants et qu il n a pas envie d avoir des enfants qui crient dans son etablissement. C est vrai que l interdiction des fessees fait des ravages mais la on soigne le symptome (enfant penible) plutot que la cause (education defaillante)

    2) les enfants c est quand meme l avenir d un pays. avoir une partie de la population qui decide de ne les exclure en bloc (et non pas juste ceux qui ont un comportement douteux) est quand meme problematique. En RFA le legislateur a du changer la loi pour eviter que des gens fassent des proces aux ecoles maternelles car les gamins faisaient du bruit dans la cour pendant la recreation !

    3) interdire aux enfants d aller au restaurant est le meilleur moyen pour que ceux ci une fois adulte ne frequentent que des mac Donald (en partie car ils n ont jamais mit les pied dans un resto normal et ca leur sera etranger, en partie parce que vous n avez aucune envie d aller dans un endroit qui vous a ete hostile quand vous etiez enfant)

    On peut certes comme l auteur se rejouir que c est une initiative privee et pas une loi, mais c est bien le seul point positif

    • Ca n’est pas vraiment aux enfants que le restaurant est interdit, mais aux familles où les parents sont incapables d’inculquer les bonnes manières à leurs enfants. Je doute que quand ces enfants seront adultes, il soit plus souhaitable qu’aujourd’hui qu’ils aillent dans des restaurants normaux, c’est à dire ceux où les convives se comportent aimablement et respectueusement les uns envers les autres.

      • l auteur a ecrit « Chez Oma’s Küche, les enfants de moins de 14 ans ne sont pas admis le soir à table »
        Je pense que ca s applique a TOUS les enfants, meme ceux qui savent se tenir

        de toute facon, comment pouvez vous savoir quand quelqu un entre dans votre restaurant avec des enfanst si ceux ci sont bein eduques ou non ? il y a quand meme peu de chance qu ils soient si desagreables qu ils se mettent a faire n importe quoi tout de suite.

  • Ok pour le restaurateur, il est chez lui donc fait ce qu’il veut.

    Mais je ne comprends vraiment pas cette confusion avec les lieux publics, qui par définition appartiennent à tout le monde. Comment peut-on justifier, comme ici dans l’exemple du fumeur, que ce soit la « victime » de la nuisance qui adapte son comportement ? Dans cet exemple, c’est l’absence de règle qui est liberticide.

    • C est pourtant facile :

      « Si je dois tolérer autrui chez lui, chez moi j’ai le droit de refuser ou d’accorder le droit. Le propriétaire est tout puissant chez lui, tant qu’il respecte l’intégrité de ses invités et n’attente pas à leurs personnes ou biens. J’ai donc le droit de souhaiter ne recevoir aucun jaune, noir, blond ou musulman. Et j’ai aussi le droit de les aimer ou de les détester. Mais si j’ai le droit de discriminer, c’est que je peux pratiquer l’ostracisme. C’est-à-dire tolérer que l’autre ait le droit de vivre et d’exister, mais sans pour autant approuver ses choix ou ses actes. »
      Stéphane Geyres

      • Bah oui, mais vous répondez à côté de la question.
        Je croyais pourtant l’avoir posée d’une manière assez claire.

      • Pour préciser donc, ma question porte non pas sur les lieux privés (y compris ceux qui sont destinés à recevoir du public), mais sur les lieux publics (appartenant à l’état, la communauté locale, … parcs, routes, etc …)

    • Un fumeur poli demande la permission avant de fumer au voisinage immédiat de quelqu’un. La politesse est aussi une règle.

  • Dans le cas présent, nous sommes dans un établissement privé, le restaurateur est dans son droit, à l’image des exemples que cite l’auteur.
    Bien qu’il s’agisse d’enfants, seuls les parents sont responsables car incapables d’éduquer correctement leurs progénitures.
    J’ajoute que cette caractéristique n’est nullement en relation avec les revenus des parents, mais avec le savoir vivre.

  • Vous n’ y êtes pas: Les hommes politiques aiment faire des lois parce qu’ils pensent que nous sommes des crétins puérils qui avons besoin d’êtrte guidés par leur superbe inetelligence. Et ils sont par ailleurs de grands adèptes de la punition collective. C’est ce qui les excite la punition collective.

  • Le mieux serait encore que les enfants soient bien éduqués. Voeu pieux?

  • 44 !
    44 ans que mon frère est restaurateur à Cologne (et pas du Kölner Dom, de la cathédrale).
    Et en 45 ans il a vu les choses changer, et ce silence des enfants dans les lieux publics, héritage de siècles de savoir vivre germanique, a progressivement laissé la place à ‘ il est interdit d’interdire ‘.
    Hé oui, Cohn Bendit est franco-allemand…
    Les nombreux citoyens imprégnés de cette ancienne école ne peuvent que soutenir cette mesure, car n’oubliez pas :
    les règles de savoir vivre sont en fait des muselières destinées à maîtriser les bêtes sauvages que nous sommes…

    • pour une fois que les allemands prennent exemple sur nous ( sur le fait de ne pas savoir éduquer et tenir leurs gosses) …*humour inside*

  • Ce restaurateur a raison car il n’y a rien de plus emmerdant qu’un « gosse mal élevé » et qui braille en plus.

    • Vous avez déjà pris l’avion avec un gosse qui hurle, dont les parents n’ont manifestement aucune autorité, mais quantité de complaisance?

      • La nuisance N°1 du transport aérien.

        Complaisance, mais ni affection ni attention envers des enfants qui, visiblement le plus souvent, n’ont pas d’autres moyen pour avoir le sentiment qu’ils existent.

        Le plus triste est la nullité émotionnelle des parents, qui font semblant de ne rien entendre, et ne sont pas même capable de manifester un minimum d’attention à leurs enfants, qui en braillent de plus belle.

  • A quand les avions qui refusent les moins de trois ans ?
    La coexistence forcée, des heures durant, avec la progéniture hurlante de parfaits étrangers incapables de manifester à leur propres enfants la moindre attention ou affection, est un crime contre l’humanité.
    Si le legislateur ne veut pas s’en occuper, que le marché le fasse 🙂

    • Ca m est jamais arrive d avoir des enfants hurlant pendant longtemps en avion (bon apres c est sur qu il peut arriver qu un bebe pleure mais ca dure pas tres longtemps). Mon fils n a d ailleurs jamais pose de probleme meme bébé.
      Qu il y ait des enfant mal eduques et des parents incapable j en convient mais est ce la majorité ?
      Pourquoi doit on punir la majorite pour les exces d une minorite ?

      Pourquoi arrive t on a une societe qui est de plus en plus hostile aux enfants en general ?
      IL s agit pas seulement des avions ou des restaurants mais par ex ou j ai grandi les retraités s ingenient a pourrir la vie des gamins en voulant condamner les endroits ou ceux ci jouent (et ou leurs propres enfants jouaient il y a 20 ans !), en envoyant la police quand des ados se reunissent le soir alors que ceux ci n etaient pas franchement bruyants

  • Les enfants interdits chez « OMA’S KÜCHE »
    Autrement dit, la « CUISINE DE MAMIE » est une entourloupe

    • Ben quand on allait déjeuner ou dîner chez les grands-parents, il fallait demander la permission pour se lever de table, la « permission de ne pas être convenable » pour lécher son assiette (d’accord, mais tu vas à l’arrière-cuisine), et on n’avait pas intérêt à interrompre la conversation des grandes personnes, il fallait attendre un blanc pour intervenir.

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