Les jeunes enfants reconnus comme nuisance sonore

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Un restaurateur allemand ne veut plus accueillir les enfants bruyants. Un choix responsable, qui n’a pas besoin de législation pour répondre aux besoins de la clientèle.

Par Ludovic Delory.

La pollution sonore dépend, par définition, de ce que l’on désire entendre. Vos oreilles peuvent apprécier Bach ou Pink Floyd, détester Calogero ou Booba. C’est une question de goût. Une histoire personnelle. Votre liberté d’écouter ce que vous désirez dépend de la marge de liberté qui vous est concédée par autrui. Qu’il s’agisse de votre voisin, de votre compagnon ou du propriétaire de l’endroit où vous mettez les pieds.

Chez Oma’s Küche, les enfants de moins de 14 ans ne sont pas admis le soir à table. Le patron de ce restaurant allemand ne veut plus voir des gosses courir partout, gêner le personnel et brailler. Pour le bien-être de ses clients. La décision peut paraître radicale, mais elle est celle d’un responsable expérimenté. Rudolf Markl, le gérant, explique que « les parents ne savent plus tenir leur enfants ». Dont acte.

Contre les cigales : vite, une loi !

Cet épisode ramène à la floraison coutumière des lois liberticides. Comme celle qui interdit de fumer dans certains lieux publics. Si l’on n’aime pas la fumée, sélectionnons nos bancs. Si l’on ne supporte pas les cris des gosses, choisissons notre resto. La liberté offre une variété de choix qui ne doivent pas heurter ceux de notre voisin, père de famille nombreuse (et fumeur, de surcroît). La Loi, elle, s’applique à la collectivité. Sans nuance.

Aujourd’hui, le marché permet tout. Des tour-opérateurs promettent des séjours adult only, des vacances naturistes ou soucieuses de la protection de la nature. Des applications peer-to-peer offrent la possibilité de dormir, de se déplacer, de se cultiver en dehors des sentiers tracés par l’État. Le marché permet de discriminer. Donc de choisir.

Le législateur, lui, ne peut qu’interdire ou réglementer. Le problème réside dans la responsabilité. Lorsque des touristes qui ont décidé de s’implanter dans le Var protestent contre le chant des cigales en interpellant les autorités locales ; lorsqu’une vacancière anglaise proteste contre la présence trop marquée d’Espagnols… à Benidorm, le seuil d’irresponsabilité est atteint.

Passons-nous de la Loi

Que veulent les individus ? Déambuler dans un monde apportant un choix varié de possibilités ? Ou vivre dans un cadre fixé, une bonne fois pour toutes, par la Loi ? Cette question dépasse le contexte des vacances. Mais elle est d’actualité.

Choisir de permettre de choisir, c’est discriminer. L’appel à la Loi est une volonté délibérée de collectiviser les problèmes et de nier les individus. Si l’interdiction du tabac s’applique à tous, il n’est plus permis de responsabiliser. Si l’on tolère les restaurants végétariens, on exclut de facto les mangeurs de viande. Refuser les jeunes enfants le soir, c’est aussi prendre le risque de se faire sanctionner par une perte de clientèle. Les lois liberticides empêchent cette prise de risque. Bravo donc à ce restaurateur allemand. En toute liberté, il a fait un choix qui prête au débat. Souhaitons-lui de trouver une clientèle fidèle, amoureuse de ses plats, de son établissement. Et du calme qui y règne désormais.