Les libéraux en vacances : « Mon voyage au Japon… et mon retour »

Getting ready at Tokyo Station by jamesjustin(CC BY-NC-ND 2.0) — jamesjustin, CC-BY

Un voyage au Japon permet de se rendre compte de situations qui ne sont pas à l’avantage de la France…

Par Johann Honnet.

J’ai passé deux semaines au Japon.

Japon : un ensemble de qualités

En débarquant de l’avion après un (long) voyage, je suis déjà frappé par un détail accessoire : il y a des types dont le boulot est de retirer les bagages du tapis roulant et de les ranger (par couleur, me semble-t-il).

Là-bas, des rues immaculées, des trains à l’heure, un personnel serviable (et nombreux, c’est assez surprenant) qui a la manie de saluer en quittant chaque wagon.

J’ai perdu mon sac à dos dans un wagon, je m’en suis rendu compte 20 minutes plus tard, je vais voir les gars à l’accueil. Ils ne parlent pas anglais, je ne cause pas japonais, mais nous arrivons à communiquer ; après quelques brèves vérifications, ils trouvent mon sac et me le rendent.

En quinze jours, des passants se sont arrêtés pour m’aider spontanément une douzaine de fois.

À noter aussi : les gens ont tendance à avoir des plantes en pot en bas de chez eux, devant leur immeuble ou en face de leur maison. Cela apporte de la verdure, ce qui est ma foi fort agréable.

Mon séjour se termine.

Retour en France, une comparaison difficile

Je rentre en France via KLM, en passant par Amsterdam. Je fais une escale. J’atterris en France, à Roissy.

Là, le personnel est celui d’Air France.

On attend nos bagages. Ils n’arrivent pas.

Au bout de 40 minutes, quelqu’un va voir le personnel à l’accueil d’Air France. Ils étaient quatre, en train de papoter.

Une personne vient nous voir en nous prévenant que les bagages ont été perdus à Amsterdam. Pendant ce temps, sur les quatre personnels d’Air France, trois disparaissent (pause café ?).

Pas un n’a eu l’idée de nous prévenir. Ma copine, moi et un autre voyageur, avons pris sur nous d’informer les touristes étrangers de la situation (puisque, visiblement, le personnel sur place ne juge pas utile de le faire).

Je demande ensuite un grand service à la personne d’Air France : me renseigner sur ce qu’il doit advenir ensuite. Sa réponse :  « Bah y a qu’à aller voir les machines, hein ! » puis s’en va.

J’avoue avoir ressenti une pointe d’agacement. Agacement d’autant plus aiguisé que je ne pouvais m’empêcher de faire la comparaison avec le Japon.

Bon. Je fais ma déclaration de perte.

On s’en va ensuite vers le RER B. Où il y avait grève (c’était fin mai).

Nous avons pu rentrer chez nous, après avoir survécu au RER B, où l’on s’est fait bousculer par des gens pressés d’entrer dans le métro avant nous pour se précipiter vers les quelques places libres (le genre de personnes qui voient que vous attendez le métro debout, là où les portes vont s’ouvrir, qui s’infiltrent et vous bousculent : ils ne feraient pas ça dans une file d’attente, pourquoi est-ce open bar pour le métro ?).

J’ai récupéré mon bagage 3 jours plus tard, ce dernier devait être livré entre 20h et 22h, mais a été livré à 00h45 (je n’avais rien de prévu, à part dormir, du coup ça va.).

J’ai eu deux ou trois semaines difficiles, j’étais un peu déprimé face à la barbarie française. Et la saleté. L’absence complète de respect pour l’espace public. Je ne peux m’empêcher de penser qu’un Japonais en France doit être choqué par notre volonté de faire de nos rues des dépotoirs dégueulasses, avec de la pisse, des emballages pourris, de la crotte, des mégots, des chewing-gums, des pigeons crevés etc.

D’autres petites comparaisons me viennent maintenant à l’esprit

Autre point de déprime : j’ai dû prendre le train pour aller à Bourg-en-Bresse, 1h50 de Paris, mais avec les grèves j’ai dû partir le jeudi à 16h pour mon audience le vendredi à 9h, le jour de France-Uruguay. Au retour, aucun train pour Lyon ou Paris. Je paie le taxi (140 €, tout va bien, merci). Mon avion part de Lyon à 16h : on nous prévient à 15h59 qu’il est encore à Paris. Au final, j’ai atterri à 19h à Paris. Avec ensuite une grève de RER B. Je suis rentré chez moi à 21h. Autrement dit, j’ai perdu une journée et demi pour aller à Bourg-en-Bresse, qui est à 1h50 de Paris. Pas d’excuses, de remboursement, rien. Je n’ai qu’à aller me faire en….r.

J’ai perdu mon portable le week-end dernier à Lille, dans le TGV. J’ai prévenu très rapidement du fait. On me dit de le faire via le site. Je m’y plie. Une semaine est passée, toujours rien. Au Japon, j’ai récupéré mon sac à dos (avec un ordinateur portable dedans, soit dit en passant) en moins d’une heure. Bref.

Pendant mon déménagement, j’ai laissé une plante en pot dehors sans surveillance pendant une minute et trente secondes (objectivement). Dans cet intervalle, on me l’a volé. Au Japon… bref, j’arrête là mes comparaisons.

Ah, j’oubliais aussi mes mésaventures avec la Poste : j’ai failli devoir mettre 500 € de ma poche pour le Japan Rail Pass car la Poste faisait grève et mettait trois semaines à m’apporter mon courrier. Le motif de la grève ? Un certain Gaël Quirante, délégué syndical SUD, a été viré suite à une condamnation pénale pour séquestration. Du coup, grève pour le défendre. Pendant deux ou trois mois. Avec des retards de courriers de l’ordre de trois semaines. Mais ça, c’était avant mon départ, c’est un peu hors-sujet…

NB : heureusement que ce sont des Japonais qui tiennent le Japan Rail Pass à côté d’Opéra, ils m’ont trouvé une solution la veille pour le lendemain, à l’arrache, avec professionnalisme et célérité. Ils ont sauvé mon séjour.

En résumé : je n’aurais pas dû aller au Japon : depuis, je ne peux m’empêcher de comparer. Et ce n’est pas vraiment à notre avantage…