Demain, le monde mangera encore plus de viande

Que mangera le monde en 2050 ? Avec l’accroissement des richesses et de la population, la demande en graisses animales s’annonce extrêmement élevée.

Par Jayson Lusk.1

Serons-nous capables de produire suffisamment de nourriture pour alimenter un monde plus peuplé, et probablement plus riche, en 2050 ? La réponse à cette question dépend des technologies que nous développons, mais aussi de ce que les gens des différentes parties du monde voudront manger en 2050.

Un nouvel article de Christophe Gouel et Houssein Guimbard dans l’American Journal of Agricultural Economics reprend des données de consommation de sept catégories d’aliments dans plus de cent pays différents pour explorer comment la demande alimentaire change avec le revenu et la population. Ces estimations servent à projeter la demande alimentaire future en fonction des estimations du revenu et de la croissance démographique.

Plus de graisses animales, moins de féculents

Premièrement, ils montrent qu’à mesure que les revenus augmentent, la demande d’huiles et de graisses et d‘aliments d’origine animale augmente.2

Le graphique suivant (de leur annexe) montre les changements projetés de la demande mondiale pour différents types d’aliments jusqu’en 2100.

Voici un résumé de leurs projections jusqu’en 2050 :

(a) la demande alimentaire augmentera de 47%, ce qui représente moins de la moitié de la croissance enregistrée au cours des quatre décennies précédant 2010 ;

(b) cette croissance viendra principalement des pays en développement parce que dans les pays à revenu élevé, la demande alimentaire est déjà élevée par habitant et la croissance démographique sera faible ;

(c) la croissance des féculents sera faible à 19%, soutenue par une augmentation de la population car la consommation par habitant devrait diminuer alors que la demande d’aliments d’origine animale doublera, augmentant ainsi la part mondiale des calories animales de 17% en 2010 à 23% en 2050 ;

(d) ces projections présentent de grandes incertitudes qui sont négligées dans les études connexes : sous des scénarios alternatifs plausibles pour le PIB et la population, la demande en calories animales augmente entre 74% et 114%. »

Si ces projections se confirment, les protéines animales ont encore de beaux jours devant elles.

Sur le web

  1. Jayson Lusk est un économiste de l’agriculture et de l’alimentation. Il est actuellement professeur distingué et chef du Département de l’Économie Agricole de l’Université de Purdue.
  2.  Attention de ne pas se laisser abuser par le deuxième graphique : la demande réelle en production devra augmenter davantage car il faudra nourrir les animaux et alimenter les filières bio-industrielles.