Le mystère des salaires aux États-Unis

La politique monétaire de la Fed a acheté une prospérité factice. Les salaires n’ont pas retrouvé leur niveau d’avant 2008 et chutent encore.

Par Simone Wapler.

Tout va très bien aux États-Unis. Les marchés financiers sont au zénith, la croissance est retrouvée, l’inflation est maîtrisée. Le déficit commercial est en passe d’être jugulé par la guerre commerciale déclarée par Trump.

Quant au déficit budgétaire, ce ne sera qu’un problème de court terme puisque les baisses d’impôts vont produire leurs effets. Tout ceci vous est relaté chaque jour par les grands médias. Gloire à la Fed, gloire à Trump, gloire à l’économie administrée.

Il y a simplement un petit os… Les salaires chutent.

Depuis la crise financière, les salaires réels ont diminué de plus de 9% aux États-Unis et les baisses d’impôts des entreprises n’ont pas été utilisées pour augmenter les salaires.

Ralentissement des gains de productivité

L’argent généreusement imprimé par la Fed a-t-il alors été employé à des investissements augmentant la productivité ? Non plus : selon une étude du FMI, les gains de productivité ont ralenti depuis la période 2000 – 2007.

Mais vous savez, vous, cher lecteur fidèle, à quoi la fausse monnaie a été utilisée : à des rachats d’actions par les entreprises – ce qui explique le niveau actuel des marchés actions ; à prévenir la faillite de zombies, ce qui explique que les défauts se font rares sur le marché obligataire.

Par conséquent, les taux ne montent pas, les actions sont hors de prix, l’épargne et la prise de risque sont punies au lieu d’être justement rémunérées.

Concernant les achats d’actions à crédit, la « dette sur marge », rapportée à la taille de l’économie comme à la capitalisation des entreprises, est à un niveau jamais vu depuis… la bulle de 1929.

Cette dette sur marge représente actuellement 3,27% du PIB et 2,17% de la capitalisation.

20 000 milliards de dollars plus tard, la baisse des salaires réels, malgré des statistiques d’emploi et de chômage flatteuses, nous révèle bien que les politiques monétaires sont incapables de créer une vraie prospérité.

Les politiques monétaires créent une croissance factice, une économie Potemkine mais pas plus. La vraie prospérité se mesure en PIB par habitant, en salaire par habitant en pouvoir d’achat. Pas en fausse monnaie.

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