Coupe du monde : les arènes et gladiateurs du XXIème siècle

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
Fisht Olympic Stadium in Sochi, Russia by IIP Photo Archive(CC BY-SA 2.0)

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Coupe du monde : les arènes et gladiateurs du XXIème siècle

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 15 juillet 2018
- A +

Par Patrick Aulnas.

Les constantes du gouvernement des hommes traversent les civilisations et les millénaires. On le sait, mais cela reste malgré tout un sujet d’étonnement. Le peuple de France tout entier se mobilise autour de la finale de la Coupe du  monde de football. Le pouvoir politique ne peut se dispenser d’adhérer à cet enthousiasme. Macron sera présent dans la tribune du stade de Saint-Pétersbourg comme César dans sa tribune des arènes de Rome. L’impopularité des politiciens peut-elle être atténuée par la popularité des stars du foot ? Provisoirement sans doute. Mais dans quelques mois, l’engouement aura disparu et les dures réalités du pouvoir subsisteront.

Les Pogba, Griezmann et Mbappe font rêver le peuple d’aujourd’hui comme les gladiateurs faisaient rêver celui de la Rome antique. Le peuple ne se formalise pas du montant démesuré de leurs salaires comme il le fait pour celui des dirigeants des grandes entreprises. Le patron est-il moins légitime pour le grand public que l’artiste du ballon rond ? Il serait hasardeux de le prétendre. Mais le patron impose des contraintes, licencie, fixe les règles du jeu. Bref, il possède le pouvoir. Le joueur de foot, tout aussi riche, offre un spectacle. L’un donne et fait rêver, l’autre impose.

Les empereurs romains du bas empire offraient au peuple « du pain et des jeux » pour gouverner en paix. Les dirigeants de l’occident contemporain lui offrent de la consommation et des spectacles. Le sport et les émissions du prime time télévisé constituent l’essentiel des spectacles. Pour ce qui est de la consommation, l’État en est arrivé en quelques décennies à distribuer ce qu’il emprunte, sous forme de salaires de fonctionnaires ou de prestations sociales. Nous sommes encore en république mais avec une douloureuse impression de bas-empire.

Malgré ces quelques remarques déclinistes, soyez tranquilles ! Je ne manquerai pas le spectacle de cet après-midi.

Voir les commentaires (11)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (11)
  • Hey oui, pas facile d’être libéral. Quand les autres voient une tempête, on voit le soleil qu’elle dissimule. Quand les autres sont éblouis par le soleil, on voit la tempête qu’il dissimule. On a toujours du recul face a une situation, qu’elle soit triste comme dans le cas d’un attentat, ou joyeuse comme dans le cas d’une victoire sportive de l’équipe nationale.

  •  » le peuple de France tout entier se mobilise autour de la finale ….. »remettons les choses à leur place , environ 20 millions de Français suivent cette finale , ce qui est déjà pas mal , mais désolé cela ne représente pas  » toute la France  » comme nous le claironne le sieur macron entre autres claironneurs de service ;

    • c’est clair….ça c’est ce que veulent les politiques et les médias (la récupération c’est si bon pour eux) mais le foot est détesté/inintéressant par au moins 1/3 des français ….bizarrement personne n’en parle..vive la propagande

  • Allez les bleus , allez les ….. et souhaitons qu’ils la ramènent cette coupe ! Il sera toujours temps après de bien dire aux Français que  » dans le même temps  » cher à Macron la France est encore descendue d’un cran et se retrouve à la 7ème place du classement mondial . Pourtant Jupiter est aux commandes depuis 2012 : aux côtés de Hollande puis seul . Il ne peut pas dire qu’il ne savait pas . Des jeux il y en aura toujours . Du pain …..?

  • Cher Adio, Bien que n’étant pas un soutien de E.Macron, il faut rendre à Cesar ce qui appartient à César. En 2012, E. Macron faisait juste partie d’une équipe et on ne peut lui imputer ses erreurs, errements.. Il n’est au commande que depuis un an et là aussi en tant que Manager d’une équipe. Et quelque soient ses qualités et ses défauts, il faut être naîf pour croire qu’on peut changer un pays, surtout le nôtre avec son Mille feuilles de freinage et obtenir des résultats en un an (Les décrets d’application de la majorité des lois votées ne sont même pas encore parus). Trois ans est la durée admise dans une entreprise pour, si elle vient de se créer, estimer qu’elle a des chances de s’en sortir ou pour qu’un cadre dirigeant embauché maitrise le Job …. (d’où d’ailleurs la débilité du mandat présidentiel ramené à 4 ans). Pour l’instant E. Macron gère la succession Hollande.

  • Panem et circenses. Pendant ce temps on oublie que l’Inde est passé devant la France en tant que PIB

  • le foot n’est pas un sport mais un spectacle ….

    • @henir33

      Alors les artistes du foot feraient bien de revoir leurs prestations plutôt que de penser business en premier lieu.

  • dire que la France entière se mobilise pour le foot est très exagéré.
    voir un tel emballement pour une compétition de foot de la part d’une grande partie de la population m’inquiète sur son niveau d’asservissement. et d’aliénation.

  • Marc Suivre a fait un excellent article plein de lucidité sur le sujet dans contrepoints où tout était dit.
    https://www.contrepoints.org/2018/07/12/320108-coupe-du-monde-de-football-du-pain-et-des-jeux
    J’aurais préféré que la France perde dès les 16ème de finale de foot et redevienne la 5ème puissance économique mondiale!
    « du pain et des jeux » même si « le pain » se fait de plus en plus rare. On détourne les gens des vrais problèmes de leur pays par des amusements car le foot n’est qu’un amusement, une distraction!

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don
0
Sauvegarder cet article

par h16

Dans un précédent billet, je m'interrogeais sur l'étonnante fréquence de certains troubles observés chez des athlètes de différents milieux, une augmentation du nombre de petits soucis chez certains footballeurs et l'étrange augmentation de la mortalité, toutes causes confondues, chez des populations jeunes plutôt habituées à ne pas trop mourir. Et ça tombe bien parce que, dernièrement, les contributeurs de Wikipédia ont mis à jour quelques listes intéressantes.

On trouve de tout, sur Wikipédia, depuis la vie passionnant... Poursuivre la lecture

0
Sauvegarder cet article

Par Alexandre Hocquet[1. Alexandre Hocquet est professeur des Universités en STS, Université de Lorraine.] Un article de The Conversation

Comment quantifier le foot ? Toute tentative de définition, de production et d’organisation des données dans ce domaine suppose de répondre à quelques questions.

Qu’est-ce qu’une passe, en football ? On peut facilement imaginer qu’il y a une façon consensuelle de considérer qu’une passe est tentée, qu’une passe est réussie. Il est moins évident à définir qu’une passe est décisive (c’est-à-dire... Poursuivre la lecture

0
Sauvegarder cet article

À qui profite le foot ?

Par Christian Bromberger[1. Anthropologue, professeur émérite, Aix-Marseille Université.]. Un article de The Conversation

Transferts de joueurs d’un club à l’autre, paris aux sommes astronomiques, salaires indécents, milliards d’euros de droits télévisés : les revenus issus du « footbusiness » ne cessent de passionner. Pourtant ce jeu n’a pas toujours été aux mains de grandes multinationales.

Jusque dans les années 1960, et dans de rares cas au-delà, les présidents de clubs étaient des industriels locaux qui tiraient un profit i... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles