La fin du crédit gratuit sera douloureuse

Si dette et crédit sont liés, moins de crédit ne réduit pas la dette. C’est le problème auquel nous allons bientôt nous retrouver confrontés en tant que contribuables.

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La fin du crédit gratuit sera douloureuse

Publié le 8 juillet 2018
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Par Simone Wapler.

Les gouvernements finissent toujours par avoir besoin de plus d’argent que les contribuables sont prêts à leur donner.

La bonne vieille méthode d’autrefois consistait à avilir la monnaie métallique ou à imprimer des billets pour faire croire que le pouvoir en place avait de l’argent.

La nouvelle méthode est plus subtile.

Contrôler le crédit gratuit par les taux

Les gouvernements ne se contentent plus de lever des impôts, ils prétendent contrôler l’économie en contrôlant la quantité de crédit au travers des manipulations de taux.

Crédit, dette, monnaie, politique monétaire et politique : tout est lié.

Toujours plus de crédit et donc toujours plus de dettes… Le problème, c’est que moins de crédit ne donne pas moins de dettes.

Au lieu de se retrouver démasqués comme autrefois par trop d’inflation, les politiciens corrompus se retrouvent maintenant face à trop de dettes.

Depuis que la Fed s’est engagée dans la voie périlleuse consistant à accorder moins de crédit, l’économie cafouille. Les pays émergents endettés en dollar commencent à vaciller, ainsi que le premier fournisseur des États-Unis, la Chine.

Le 26 juin, après 20% de baisse, Bloomberg déclarait officiellement un marché baissier en Chine.

En Europe, la BCE n’est pas encore engagée dans cette voie. Le crédit y est toujours gratuit pour les gouvernements et les banques jusqu’en 2019, fin du mandat de Mario Draghi.

Une minorité paye pour des services « gratuits » consommés par une majorité

Dans ces conditions, pourquoi faire des efforts pour assainir les finances publiques ? La bonne vieille méthode fonctionne encore. Elle consiste à faire payer par une minorité ou financer par la dette de généreux services publics consommés par une majorité.

Réélection garantie. La majorité voudra toujours plus de ce qu’elle ne paye pas et des politiciens s’empresseront de la satisfaire en faisant payer les riches ou en s’endettant, à charge pour les mêmes riches de payer les intérêts de la dette.

On voit cette politique à l’oeuvre dans la réforme de la taxe d’habitation de ce gouvernement.

Une grande partie des recettes fiscales des collectivités locales provenait de la taxe d’habitation. Entreprises et propriétaires occasionnels seront bientôt les seuls mécènes qui leur resteront, via les taxes foncières qu’ils acquittent. Une minorité – réputée riche – paiera.

Mais il n’y a pas d’argent gratuit même si le crédit gratuit le fait croire.

Ainsi, les entreprises payent cette politique. Taxe foncière, cotisation foncière des entreprises, CVAE, C3S, Tascom, taxe sur les salaires, versement transports, etc. Tous ces prélèvements – avant IS – s’élèvent à 15% du PIB en France contre 7% en Allemagne, note Patrick Coquart.

« La somme des impôts locaux est supérieure à celle de l’impôt sur les sociétés. Notre déficit de compétitivité vient en grande partie de cet écart avec nos partenaires européens », analyse François Roux de Bézieux, candidat au Medef.

Ce gouvernement – comme tous les précédents – n’a pas prévu d’économie sur ses dépenses. Il espère que la croissance le tirera d’affaire tout en plombant les entreprises. Que fera-t-il si la croissance n’est pas au rendez-vous et que le crédit n’est plus gratuit ?

Pour plus d’informations, c’est ici.

Voir les commentaires (9)

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  • Quoi d’étonnant? M. Macron était bien le conseiller de M. Hollande au début de son mandat (quand les impôts ont fortement augmenté) avant de devenir son ministre de l’économie (mais pas ministre des economies!)

    • il est surtout socialiste. Son objectif est d’achever la collectivisation de la France amorcée par cet autre socialiste, Pétain.

      • @ Théo31
        Oui bon! J’attends de voir si, vraiment, avant les prochaines élections législatives, il n’y aura, après, 30 (+/-) députés élus ou pas!
        Si oui, c’est moins d’état et moins de dépense publique! (Personne n’a essayé avant! Dire que le « président des riches », pas trop démagogique, est socialiste – c’est faux: il ne l’est plus – c’est facile! Vous ne l’aimez pas, O.K.! Mais il est encore élu par la majorité des votes des Français, pour 4 ans! Que vous le veuillez ou non! Mais oui, 30 ou 40 ans de carence de décision politique audacieuse ne peuvent se réduire en 1 an!
        Lui ou un autre, c’est trop tard!
        Alors faites avec et pas systématiquement contre! Ce sont vos suffrages qui ont choisi les clowns depuis 30 ou 40 ans, pas « l’Europe » ou un autre de vos boucs émissaires habituels très déculpabilisant!

  • Le gouvernement de l’Etat obèse « espère que la croissance le tirera d’affaire tout en plombant les entreprises ». Mauvais calcul car, ne pouvant ignorer la situation, les entrepreneurs potentiels, dotés d’un minimum de bon sens rationnel, ont intérêt à attendre patiemment la faillite de l’Obèse AVANT de créer leur entreprise, ou alors d’aller la créer à l’étranger, loin du fisc haineux, pour revenir lorsque le moment sera venu, après la faillite. Au total, l’Obèse engrange moins de recettes dans une croissance atone et crée les conditions d’une récession structurelle permanente que ses minables manipulations statistiques (le PIB bidon) ne pourront plus masquer très longtemps.

  • voyons la réaliter en face avec une dette du PIB qui augmente inexorablement et la Dépense Publique qui augmente aussi…nous dire que tout va bien..c’est de l’enfumage !!!
    Nous sommes en faillite…point Barre…
    ce n’est pas avec ces gens là que cela va changer…encore une manipulation de cerveau ..diminution des fonctionnaires maïs remplacer par des vacataires ..( la nouvelle formule du ministères des finances )..

  • c’est faux: il ne l’est plus

    Ou avez-vous vu cela ? il a décidé de saigner à mort les classes moyennes pour garantir les privilèges de ses clients qui sont les fonctionnaires.

    • Les fonctionnaires je ne sais pas…les cheminots , profs et agents territoriaux votent Mechancon , les policiers , gardiens de prison et militaires Le Pen… bref , tous ceux catégorie C donc 1400 de salaire net en gros ne votent pas Macron…Ceux catégorie A , oui , je pense qu’ils votent macron.

      • évidemment je ne parle pas du conducteur de train qui gagne bien plus mais du guichetier au bas de l’échelle, ni du prof d’université . D’ailleurs profs c’est catégorie A et votent Mechancon par idéologie . Cependant , d’une façon générale , catégorie C c’est environ 1400 en milieu de carrière ( se référer aux grilles indiciaires ) . Bon mon but n’est pas du tout de polémiquer sur leurs salaires , mon but est simplement de dire que les fonctionnaires ne votent pas macron .

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