Coupe du monde de foot : et si c’était bon pour votre entreprise ?

Suivre la Coupe du monde est un excellent moyen d’encourager efficacement l’implication des employés et de susciter l’inspiration.

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FIFA 2018(CC BY-NC-ND 2.0)

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Coupe du monde de foot : et si c’était bon pour votre entreprise ?

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 17 juin 2018
- A +

Par Ina Toegel1 et Maude Lavanchy2.
Un article de The Conversation

Que ça vous plaise ou non, le football est sur le point d’envahir votre lieu de travail. La Coupe du monde de la FIFA 2018 vient tout juste de débuter, attendez-vous donc à ce que les pauses-café, les pauses-déjeuner et les discussions de couloir tournent essentiellement autour de ce beau sport. Sans parler de ceux qui suivront les derniers résultats pendant les heures de travail – lors des phases de groupe, dix matchs auront lieu pendant les horaires de bureau européens. Et si cette effervescence, loin d’être contre-productive, était bénéfique à votre entreprise ?

Regarder le foot : perte de productivité ou moyen de remotiver les employés ?

Il est probable que les débats au sujet du football se feront au détriment du temps passé à l’achèvement d’un rapport, l’avancement d’un projet ou l’analyse des tendances du marché. En effet, les estimations suggèrent que les employés qui ont suivi la Coupe du monde 2010 durant les heures de travail auraient coûté jusqu’à 10,4 milliards USD en heures de production perdues.)

Mais n’ayez crainte : cela n’implique pas forcément une immense perte de temps et de ressources. Il existe plusieurs moyens de rattraper cela, en accueillant le tournoi à bras ouverts.

Le véritable fléau au sein d’une organisation est le manque d’engagement et de satisfaction au travail de ses employés. D’après l’étude mondiale de Gallup réalisée en 2017, State of the Global Workplace, seuls 15% des employés à temps plein sont réellement impliqués dans leur travail. De plus, près d’un quart des employés interrogés par l’agence de recrutement Adecco ont déclaré qu’ils ne pensaient pas que leur employeur essayait d’améliorer leur bien-être.

Et ne comptez pas sur la paye pour faire la différence : les meilleurs indicateurs de la satisfaction au travail, selon les travaux du groupe de recherche de Glassdoor, seraient la culture et les valeurs de l’organisation, tandis que la rémunération et les prestations ont été systématiquement considérées comme les facteurs les moins importants.

Dans ce contexte, la Coupe du monde est une occasion idéale pour inciter les employés à s’impliquer au sein de l’organisation. Avec une audience estimée à 3,5 milliards de personnes dans le monde, il s’agit de l’événement sportif le plus regardé de l’histoire de la télévision. Au-delà de l’engouement que suscite le tournoi, il fédère les gens et leur permet de créer des liens entre collègues en dehors de leurs tâches habituelles.

Booster le résultat net grâce au foot

L’événement peut également favoriser les bénéfices d’une entreprise à long terme. En retournant à leurs bureaux dynamisés, les employés seront plus productifs. Les émotions libérées durant les matchs permettront l’émergence d’un environnement informel et décontracté. Ces environnements sont connus pour améliorer la motivation profonde des employés – ils ont tout bonnement envie d’aller au travail.

Or les employés dévoués fournissent un travail de meilleure qualité et sont moins susceptibles de changer d’emploi : Gallup a estimé que les unités commerciales situées dans le premier quartile en matière d’engagement étaient 17% plus productives et 21% plus rentables que celles situées dans le quartile inférieur. Par ailleurs, plusieurs études ont démontré que des employés satisfaits contribuent à améliorer les résultats de l’entreprise. Le cabinet de conseil en gestion, Bain & Company a notamment constaté que les employés inspirés sont presque trois fois plus productifs que les employés mécontents.

Cet été, tous les regards seront rivés sur la Russie

La Coupe du monde en Russie pourrait bénéficier aux entreprises d’une façon encore plus inattendue, en améliorant les capacités d’innovation de leurs salariés. En effet, les environnements décontractés, chaleureux et amusants alimentent la créativité et les bonnes idées : 72% des personnes interrogées ont signalé trouver des idées créatives sous la douche !

On constate ainsi que les initiatives de changement sont menées plus ou moins bien en fonction du contexte de l’organisation. Un environnement de travail agréable et ludique encourage les employés à tisser des liens en dehors des personnes auxquelles ils s’associent généralement, comme leur équipe ou leur groupe d’âge. Or le football est un moyen très efficace de briser la glace, car ce sport permet aux employés de passer outre les différentes fonctions, et réunit les différents services de l’entreprise.

Parallèlement aux discussions sur les résultats de la demi-finale, les employés peuvent en apprendre plus sur les fonctions de chacun et, par conséquent, être plus à même de se soutenir les uns les autres, de gagner du temps et de contribuer plus efficacement à la mise en œuvre des bonnes idées.

Trois manières d’encourager la participation

Nous proposons trois moyens, à différents niveaux, de dynamiser la participation des employés à travers la frénésie de la Coupe du monde. La première consiste simplement à encourager les conversations autour de l’événement. N’essayez pas de surveiller les employés ou de les empêcher de regarder les matchs pendant les heures de travail ; cela ne ferait que créer de la rancœur à votre égard. Au lieu de cela, échangez sur ce qui se passe.

Deuxièmement, vous pourriez installer un écran au bureau. Pour que les bienfaits sur la culture de votre organisation soient perceptibles, faites en sorte que cela reste une activité interne, et ne laissez pas de facteurs externes la perturber.

Troisièmement, prenez-vous au jeu et soutenez la mise en place d’un concours à l’issue du tournoi. Une véritable compétition au sein de l’organisation suscitera un plus grand degré d’implication. Les pronostics sont amusants et entraînent une grande participation. Ce genre de compétition amicale peut se mettre en place entre les membres d’un même service, mais aussi entre des services différents. Reverser les sommes collectées lors de la compétition à une association caritative peut également augmenter l’implication des employés, et donner un sens à l’activité. Attention toutefois à ne pas oublier ceux que le foot ne passionne pas initialement. Pour les intéresser, vous pouvez également peut-être prévoir une récompense attractive à leurs yeux…

Tandis qu’encourager la folie du football peut s’avérer être un meilleur investissement que vous ne le pensiez, il ne faut pas que ceux qui ne sont pas naturellement intéressés par le football se sentent exclus. Car bien que cet article soit écrit par deux fans (qui s’avèrent être des femmes), il est possible qu’un tel événement n’enchante pas la gente féminine sur le lieu de travail. Mais d’après notre expérience, tant que cette effervescence circule dans toute l’organisation et entraîne tout le monde, vous n’avez aucun souci à vous faire !

Alors, lancez-vous, mettez en place des écrans pour suivre la Coupe du monde, organisez des concours, et stimulez l’engagement à l’intérieur de votre organisation. C’est un excellent moyen d’encourager efficacement l’implication des employés et de susciter l’inspiration – tout en profitant au passage de la Coupe du Monde !

Sur le web-Article publié sous licence Creative CommonsThe Conversation

  1. Professor of Leadership and Organisational Change, IMD Business School.
  2.  Research Associate, IMD Business School.
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  • C’est avant tout une ponction directe et surtout indirecte sur nos portes feuilles que l’on aime ou non le Foot ou d’autres manifestations sportives de haut vol comme les JO. Une belle organisation non moins mafieuses que la politique et qui rapporte à ces derniers raisons de ce qui est bon, et pour qui cela est bon.

  • du pain et des jeux …surtout des jeux….

  • mon patron aurait fait ce que vous préconisez, j’aurais posé une rafale de jours de congés pour éviter de subir ces absurdités.
    vous vous y êtes peut être mis à deux femmes pour écrire cet article inepte, mais merci de ne pas prendre tous les hommes pour des crétins.

    • En effet, un tel traitement de la Coupe du Monde offert par un état à ses citoyens soulèverait l’ire justifiée des libéraux et des comparaisons avec le rôle du sport dans l’URSS. Mais si c’était au sein d’une entreprise, ça devrait se retrouver tout à coup une bonne idée de management ?

  • j’entendais encore ce matin des journaleux qui pétaient les scores d’un sondage comme quoi 1/4 des patrons autoriseraient leurs employés à regarder les matchs durant le temps de travail….mais on va ou là? quand on bosse dans une boîte c’est pas pour regarder des matchs…

    • A condition de rattraper ensuite le temps de travail perdu, OK. Il n’y a pas non plus de raison que l’employeur ne cherche pas à trouver le meilleur arrangement possible pour la satisfaction de son salarié si ça ne lui coûte rien.

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