La vérité sur Donald Trump

Lobbyistes et groupes d’intérêt ont perverti la politique ; le capitalisme de copinage règne en maître. Combien de temps avant que l’économie reprenne ses droits ?

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La vérité sur Donald Trump

Publié le 6 juin 2018
- A +

Par Bill Bonner.

Les commentateurs et les analystes politiques se trompent sur l’actuel président des États-Unis.

Ils tentent de le comprendre grâce aux catégories politiques traditionnelles. Est-il conservateur ou progressiste ? Républicain ou démocrate ? Dépensier ou avare ? Un constructeur d’empire… ou un constitutionnaliste ?

Selon ceux qui ne l’aiment pas, c’est un crétin sournois imbu de lui-même qui n’a pas la moindre idée de ce qu’il fait. Ceux qui l’apprécient disent que c’est un patriote instinctif et rusé qui défend le bien et la justice face à une opposition désespérée.

Aucun ne lui accorde assez de crédit. Il est à la fois plus et moins que cela.

C’est l’homme pour lequel la scène a été dressée. Il lui a suffi de se présenter à temps… de parader jusqu’à l’avant-scène et de prononcer les répliques écrites pour lui.

Pas de pouvoir sans armes

Ce qui suit n’est pas tant une méditation sur le chef de l’exécutif américain que sur les États-Unis eux-mêmes. Comment ils sont passés de modeste république à empire mondial. Et comment le plus grand spectacle au monde semble toujours trouver son acteur principal – celui qui brûlera les planches et mettra le feu au public.

Commençons par revenir à l’économiste Milton Friedman pour nous rappeler pourquoi nous nous donnons la peine d’examiner tout cela.

Nous verrons que la politique et les marchés ont une corrélation inverse. Plus la politique a d’importance, moins les marchés semblent en avoir. Voici ce qu’en dit M. Friedman dans la New Individualist Review :

La sorte d’organisation économique qui fournit directement la liberté économique (…) sépare le pouvoir économique du pouvoir politique, permettant ainsi à l’un de compenser l’autre (…) La liberté politique signifie l’absence de contrainte d’une personne par une autre personne. La menace fondamentale contre la liberté, c’est le pouvoir de contraindre, qu’il soit entre les mains d’un monarque, d’un dictateur, d’une oligarchie ou d’une majorité momentanée.

Les autorités ont le pouvoir de contraindre. C’est-à-dire qu’elles ont des armes… et les utiliser ne les dérange pas.

Les marchés n’aiment pas qu’on leur dise quoi faire. Quand on les brutalise, ils le prennent mal. Ils dissimulent. Ils mentent. Ils feintent et reviennent sur leurs pas pour asséner un bon coup de pied dans l’arrière-train de la brute.

En d’autres termes, même avec un canon contre la tempe, ils font ce qu’ils sont censés faire. Ils font l’intermédiaire entre les dieux et les hommes, entre ce qui est et ce qui pourrait être, entre le pays de Cocagne des espoirs et des rêves – et le monde réel tel qu’il est.

Des cambrioleurs de haut vol

Dans les États-Unis d’aujourd’hui, la police armée est probablement une plus grande menace pour votre argent que des brigands traditionnels. Dans le Washington Post la semaine dernière :

Un habitant de Cleveland âgé de 64 ans intente un procès à la US Customs and Border Protection après que des agents l’ont fouillé au corps dans un aéroport en octobre dernier et lui ont confisqué plus de 58 000 $ en liquide sans l’accuser d’aucun crime, selon un dossier fédéral déposé cette semaine dans l’Ohio.

Les agents de la douane ont saisi cet argent par un processus appelé confiscation civile des biens, qui permet aux autorités de saisir l’argent liquide et les biens de personnes qui ne sont jamais condamnées ni même accusées de quoi que ce soit. Cette pratique est très répandue au niveau fédéral. En 2017, les autorités fédérales ont saisi plus de deux milliards de dollars d’actifs chez des particuliers, une perte nette similaire, en taille, aux pertes annuelles dues à des vols résidentiels aux États-Unis.

Ce ne sont là que menus larcins. Les véritables cambriolages de haut vol impliquent rarement les hommes en bleu – ils sont généralement exécutés par des personnages portant le costume trois pièces. L’auteur Allan C. Brownfeld :

Quel que soit le parti au pouvoir à Washington, le capitalisme de copinage – le subventionnement d’entreprises privées avec les fonds des contribuables – se porte bien. Sous notre système politique actuel, les politiciens – républicains et démocrates, progressistes et conservateurs – sont incités à lever de grosses sommes, nécessaires pour le succès de leurs campagnes électorales. Pour faire en sorte que les intérêts spéciaux ayant les fonds nécessaires leur apportent leur aide, ces politiciens exécutent leurs ordres en retour. Ces intérêts spéciaux contribuent aux deux partis. Ainsi, quel que soit le vainqueur, ils ont des amis hauts placés.

Et comme le souligne l’auteur Steven Brill :

L’argent domine désormais tout, et si complètement, que les gens que nous envoyons à Washington pour nous représenter en sont réduits à passer jusqu’à cinq heures par jour au téléphone, à mendier l’argent nécessaire à leurs campagnes, et à consacrer leurs soirées à accepter des chèques lors de levées de fonds organisées par cette masse de lobbyistes.

Flatter, soudoyer, menacer

On trouve à Washington près de 20 lobbyistes enregistrés pour chaque représentant élu. Et il y a des centaines d’autres brasseurs d’influence.

Ils flattent, soudoient et menacent pour s’assurer que les autorités utilisent leur pouvoir armé pour prendre quelque chose à quelqu’un d’autre… et le leur donner à eux.

Elon Musk, continue Brownfeld, est peut-être un brillant ingénieur… ou pas. En tout cas, il est le maître de la faune du marigot.

Son business model dépend largement de faveurs fiscales et de contrats gouvernementaux. Tesla dépense plus d’un million de dollars par an en lobbying. Et ça rapporte.

Les voitures profitent de « 280 millions de dollars d’avantages fiscaux fédéraux, dont une réduction d’impôt de 7 500 $ par voiture ». Et SpaceX réalise 85% de son activité avec les autorités.

Quant à l’entreprise de panneaux solaires de Musk, SolarCity, Brownfeld explique :

Elle n’a toujours pas enregistré de profit annuel malgré le fait qu’elle a reçu plus de 490 millions de dollars de subventions de la part du département du Trésor US au fil des ans, le gouvernement couvrant 30% de ses coûts d’installation. Elon Musk est peut-être persuadé d’être un capitaliste mais en réalité, lui et les nombreux autres bénéficiaires des subventions et protections gouvernementales sont en fait engagés dans une forme de socialisme.

Du socialisme ? Non… plutôt du parasitisme dans un Empire dégénéré, en fin de vie. C’est le spectacle qui se joue en ce moment.


Pour plus d’informations, c’est ici.

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  • Trump est un protectionniste. En imposant des droits de douane à l’importation il pénalise les consommateurs américains, car ce sont eux qui supportent cette taxe. Si l’UE répond en imposant également des droits de douane elle pénalise les consommateurs européens. Ce n’est pas notre intérêt.
    La bonne politique pour nous les consommateurs c’est zéro droits et la liberté des échanges. Nous gagnons à ne pas imposer de droits à nos consommateurs, même si les EU veulent en imposer aux leurs.

    • protectionniste peut être , mais ce qu’il veut c’est que les produits qui peuvent être fabriqués aux usa et créer des emplois et le la richesse au USA soient fait sur place.les droits de douane que Trump impose actuellement c’est pour éviter la saturation du marché américain par des produits qui peuvent être fait sur place, c’est pour cela que le traité transat ne lui convient pas du tout !
      mais pour comprendre cette decision il faut essayer de comprendre l’économie et les repercussions de produits étrangers sur le marché
      le libre échange n’apporte rien si ce n’est la destruction complète de tout un panneau d’industries avec lesquelles notre « compétitivité » ne peut plus faire face.
      ce sont les pays aux prix de revient les plus bas qui prennent tous les marchés et qui eux ont une croissance!
      les vêtements viennent de chine , les produits technologiques de Taiwan ou de corée du sud, les autos de Pologne, d’Espagne, du Japon , l’electro ménager de …. etc..etc
      nous il nous reste le libre échange
      et le chomage grandissant; perspectives d’avenir pour les jeunes 0 ?

      • Le protectionnisme revient à augmenter le prix des produits importés pour permettre à l’industrie nationale de survivre alors qu’elle n’est pas compétitive. C’est comme une subvention que paie le consommateur. Mieux vaut laisser l’industrie nationale aux prises avec la concurrence, la charger le moins possible de taxes et de réglementations, et lui permettre d’investir et de s’adapter pour devenir, elle aussi, compétitive.

        • @ Jacques Peter
          Bien sûr que taxer l’importation, c’est fait pour protéger l’industrie nationale de la concurrence mondiale!
          Mais c’est aussi rendre les U.S.A. moins dépendants du restant du monde!
          D.Trump et son administration n’ont pas trouvé les traités intéressants: ils les dénoncent: c’est leur droit et leur choix!
          Si l’Union Européenne veut exporter facilement aluminium et acier, ce n’est pas du tout leur problème!
          C’est une simple correction de la balance commerciale américaine, sans doute plus conjoncturelle que structurelle.
          Vous voudriez que les U.S.A. achètent plus chinois et asiatiques? Eux pas!
          Et venant d’un pays nationaliste, chauvin, à tendance plutôt protectionniste en prétendant que le made in France est un évident gage de qualité inégalée (« Achetez Français! »), c’est un peu déroutant!

          • Dans une économie de marché libre ce ne sont pas « les USA qui achètent » ou « les chinois qui vendent », ce sont des entreprises ou des individus qui achètent et vendent. Qu’une entreprise du Michigan achète à une entreprise chinoise n’est pas différent que si elle achète à une entreprise du Texas. Ce qui compte pour elle c’est que le prix soit bas (donc sans droit de douane) et la qualité bonne.
            Si un un pays ne souhaite pas dépendre du reste du monde, cela peut avoir un intérêt stratégique, mais c’est au détriment de la prospérité qu’offre le commerce libre.

          •  » Vous voudriez que les U.S.A. achètent plus chinois et asiatiques? Eux pas!  »

            En disant  » Eux pas  » Trump aurait consulté tout les américains par référendum?

        • vous devriez prendre des cours d’économie , de fiscalité internationale et du système financement des Banques américaines. qui n’a absolument rien a voir avec celui de l’UE .
          un pays fort est un pays qui peut manufacturer de manière performante , nous en sommes très loin. le chomage au USA diminue, le PIB augmente ! on est loin des subventions payées par le consommateur , par contre elles existent chez nous , avec toutes les sociétés ou l’État a des actions qui cumulent des deficits monstrueux , et ou le contribuable comble les trous, SNCF, air France etc

          •  » qui n’a absolument rien a voir avec celui de l’UE .  »

            Et quel rapport entre l’UE et les trous déficitaires de la SNCF et de Air France? Vous rapporter à l’Europe la politique économique de la France et vous osez dire aux autres de prendre des cours d’économie?

      • Facilitez la vie des entreprises au lieu de les empoisonner avec des lois les étouffant à qui mieux mieux. Après, on discutera.

      • @ duglimbule : vous avez tout compris.

        • C’est marrant, j’aurais dit exactement l’inverse.

          Proclamer, fier comme Artaban, que le libre-échange n’apporte rien c’est n’avoir vraiment rien retenu des deux derniers millénaires d’histoire.

          Et je ne parle même pas des notions de base en économie qui sont méticuleusement piétinées à chacune de ses affirmations.

      •  » le libre échange n’apporte rien si ce n’est la destruction complète de tout un panneau d’industries avec lesquelles notre « compétitivité » ne peut plus faire face.  »

        Sur les 15 premiers des pays les plus compétitifs; 11 sont des pays occidentaux ( Nouvelle Zélande comprise ) . Les deux premiers sont la Suisse et les USA. La Chine est 27 ème.

        http://reports.weforum.org/global-competitiveness-index-2017-2018/competitiveness-rankings/#series=GCI

         » et le chomage grandissant; perspectives d’avenir pour les jeunes 0 ?  »

        La suisse est le pays le plus compétitif et l’un des plus innovant et conserve une industrie de pointe. Chômage 2,7%.

    • Trump est juste un pragmatique, qui sait que le libre-échange n’est qu’une utopie et que ce qu’on appelle ainsi en pratique n’est qu’un ensemble d’accords qu’il peut renégocier, et un négociateur malin (en tout cas bien plus que les nôtres, mais les nôtres semblent particulièrement obtus).Le libre-échange est souhaitable, mais il n’est pas réaliste de l’envisager entre des pays qui ont une économie libre et des pays qui en ont une administrée. La Chine ou l’UE ont une économie administrée, commençons par en sortir avant de rejeter le blâme sur Trump.

      • MichelO
        Oui, D.Trump réagit pragmatiquement. (Quoique sa valse-hésitation avec la Corée du Nord était sans doute plutôt politique et diplomatique)
        Par contre, comparer L’U.E. et la Chine ne me paraît pas très réaliste: l’U.E. est (définitivement) fédérale, façon U.S.A., la Chine est ultra-centralisée!
        L’U.E. est plutôt plus démocratique que ses pays participants, la Chine, fort peu!!!

        • L’UE n’est pas démocratique, c’est un mythe!

          • L’UE n’existe pas en tant qu’entité qui devrait être démocratique… L’UE n’est qu’une organisation intergouvernementale, où le SEUL pouvoir appartient aux chefs d’états et de gouvernements qui nomment les fonctionnaires de Bruxelles et leur donnent des ordres.

            Après, ils rentrent dans leurs pays respectifs et disent « c’est l’UE qui impose de… »

            Et visiblement ça marche !

          •  » L’UE n’est pas démocratique, c’est un mythe!  »

            En attendant lors des dernières élections européennes aucun parti même les plus extrémistes tant à l’extrême droite qu’à l’extrême gauche n’ont été interdits. Et aux dernières nouvelles, Bruxelles n’a pas non plus menacé Londres d’utiliser la force pour l’empêcher de sortir de l’Union européenne.

      •  » mais il n’est pas réaliste de l’envisager entre des pays qui ont une économie libre et des pays qui en ont une administrée.  »

        Si l’UE est une économie administrée faudra m’expliquer pourquoi l’UE est pour la Suisse ( pays économiquement le plus libre ) son principale partenaire économique?

        Comme la si bien dit Jaques Peter. Le libre échange ne se fait pas entre les états mais entre des entreprises ou entre des individus. Les états ne font que de mettre des règles à ces échanges commerciaux et ça s’arrête là.

  • « un Empire dégénéré, en fin de vie » ?…

    Pas certain du tout. Je vous rappelle qu’après Néron (empereur fou paraît-il…), l’Empire romain a continué d’exister pendant 2 siècles en pleine forme avant de décliner pendant 2 siècles puis de s’effondrer en Occident (mais pas en Orient)

    Car dans l’Empire, ce n’est pas l’empereur qui gouverne, c’est la structure. Trump n’est qu’un moment de l’histoire.

  • Trump a en main les armes dont il a besoin pour mener sa politique contre ses adversaires. Pour le moment il veut abattre l’Iran et il se sert de « l’extraterritorialité » pour obtenir des résultats uniquement par une révolte intérieure du peuple iranien. Mais il n’est pas sur non plus que les Mollahs perdent la partie. Alors risque de guerre.?

  • Article excellent.

  • Les commentaires sont fermés.

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