Un amour parfait, de Lolvé Tillmanns

L’histoire de deux enfants dont l’amour est impossible. Un roman de Lolvé Tillmanns.

Par Francis Richard.

À Coppet, une route sépare symboliquement la villa des Boisseau, une famille de la noblesse française, et la villa des McNeil, une famille de la noblesse écossaise.

Le roman de Lolvé Tillmanns se passe principalement dans cet environnement privilégié de l’arc lémanique, où, fait notable, la piscine des McNeil est deux fois plus grande que celle des Boisseau…

En dehors de leur noblesse, autre point commun des deux familles, les héritiers mâles ont dérogé. Patrick McNeil a épousé sa secrétaire et Louis de Boisseau la bonne à tout faire de la famille, tous deux après avoir fauté délicieusement…

Ces deux mésalliances – les deux couples sont, en plus, mal assortis, pour d’autres raisons que la différence de classe sociale – vont avoir des conséquences sur leurs rejetons, d’autant que les brus ne sont pas reconnues par les belles-mères…

Les sentiments ne se commandent pas

Bien qu’ils soient l’un comme l’autre le fruit de l’union d’un noble et d’une roturière – sort qui pourrait les rapprocher – leurs mères, Kate et Francine, font tout, en effet, pour qu’ils ne se fréquentent pas.

Seulement les sentiments ne se commandent pas : Matthew et Elisabeth sont attirés l’un vers l’autre dès l’enfance, dès l’école. Ce serait même entre eux Un amour parfait s’il n’y avait ces deux mères parvenues pour le contrarier, sinon l’empêcher.

L’auteur raconte l’histoire de cet amour impossible entre Matthew et Elisabeth sur une longue période, d’un peu plus de trois décennies, pendant lesquelles ils suivent des routes parallèles – ils fondent une famille chacun de leur côté – qui, de temps en temps, se croisent.

Car, de temps en temps, l’auteur donne l’espoir au lecteur que ces convenances d’un autre âge ne sont pas inexorables et que de leurs brèves rencontres pourraient surgir un autre destin, commun…

Encore faudrait-il que le poids des traditions et des préjugés ne se fasse pas sentir chez l’un comme chez l’autre : l’influence des mères semble tout de même avoir le dessus sur celle des pères…

Il y a toutefois chez eux une entorse aux préjugés sociaux : depuis le début Elisabeth ose et protège, tandis que Matthew ne prend pas et laisse faire. Il ne faut cependant pas tenter le diable, parce qu’après tout, sang bleu ne saurait toujours mentir…

Lolvé Tillmanns, Un amour parfait, éditions cousu mouche, 272 pages.

Sur le web