Quel périmètre pour le service public dans une économie mondialisée ?

Dans une économie mondialisée, un pays peut-il caler sa dépense publique à un niveau très différent de ses voisins ?

Par Xavier Fontanet.

Un rapport a été demandé à Nicole Notat et Jean-Dominique Senard sur l’entreprise objet d’intérêt collectif. La démarche montrant que celle-ci contribue à l’intérêt collectif quand elle est soucieuse des dimensions sociale et environnementale est une bonne chose. Peut-on suggérer néanmoins que, sur un sujet aussi central, on se donne du temps, en menant de front une réflexion sur la place du service public dans la société (car tout fait système), et que l’on collecte davantage de données sur la situation réelle de nos entreprises ?

Le souci premier exprimé dans le rapport est la financiarisation croissante de l’entreprise, mais la raison en est simple et les politiques publiques en sont la cause première ! Nous détenons aujourd’hui le record du monde des dépenses publiques en pourcentage du PIB (57 %). Est-ce conforme à l’intérêt collectif qu’une sphère publique atteigne cette taille ? Son coût entre dans les prix de revient des entreprises et les affaiblit dans la concurrence mondiale ; et surtout, la fiscalité induite est devenue tellement élevée que beaucoup de capitaux d’origine française ont fui, entraînant automatiquement la financiarisation de l’économie.

Les esprits changent

La question de fond est : « Dans une économie mondialisée, un pays peut-il caler sa dépense publique à un niveau très différent de ses voisins ? » De nombreuses entreprises sont en avance sur les sujets sociaux et environnementaux, et les choses évoluent naturellement dans un sens positif parce que les esprits changent.

Ces progrès ne sont pas connus du public comme ils le mériteraient parce que, pour un bon nombre de médias, l’actualité est constituée par du spectaculaire négatif : on ne parle que très rarement de ce qui marche. Peut-on suggérer aux députés de demander un rapport sur ce que font en ce moment les meilleures des entreprises, de regarder de très près ce que dit le Code civil de nos voisins et de suivre le vieil adage qui recommande de ne pas confondre vitesse et précipitation ?

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