100 millions de chômeurs aux États-Unis : la fake news qui continue de tourner

Malgré ce qu’en rapportent les médias, le marché du travail fonctionne assez bien aux États-Unis. 

Par Philippe Lacoude, depuis les États-Unis.

Comme disait Mark Twain, un mensonge éhonté peut faire le tour de la Terre le temps que la vérité mette ses chaussures. Par paresse intellectuelle, il est alors répété sans que personne ne le remette en question.

Et s’il est un mensonge qui perdure, c’est bien l’idée que les chiffres du chômage sont complètement faux aux États-Unis… Selon le journaliste moyen, il y aurait 15% de chômeurs et cent millions d’inemployés.

Cent mille millions de milliards de chômistes

Pour illustrer ça, nous pouvons prendre au hasard le journaliste très moyen d’un grand quotidien national de « droite » :

Nous pouvons aussi retrouver ce mensonge à la télévision chez les (pseudo-)gourous qui prédisent la catastrophe toutes les fois qu’ils causent dans le poste. « Les cents millions de gens qui n’ont rien à bouffer et qui voient des gens eux s’acheter des Ferrari tous les huit mois, je ne suis pas sûr que ça les fasse rire. » Là, nous ne sommes plus juste dans le rocambolesque il-y-a-cent-millions-de-sans-emploi, nous sommes carrément dans l’hyperbole il-y-a-cent-millions-qui-n’ont-rien-à-bouffer.

Sans aller chercher les chaines et les journaux nationaux, nous trouvons ceci un peu partout, en particulier sur les sites « boursiers » (ici, ici, ici, ou ) ou sur les sites d’extrême gauche (comme ici).

Je n’y comprends rien mais j’en cause

Mais d’où vient ce chiffre loufoque ? Il vient en fait des statistiques officielles américaines. Ce n’est pas vraiment le chiffre lui-même qui est loufoque mais l’interprétation qui en est faite par des gens qui soit manquent de culture statistique, soit ne parlent pas suffisamment anglais pour comprendre les notes du Bureau of Labor Statistics (BLS), soit ne prennent même pas le temps de lire ces notes.

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Après tout, les États-Unis ont environ 320 millions d’habitants. Et il y a environ 160 millions d’emplois. Un rapide calcul permet donc de conclure que le chômage est de 50%. N’est-ce pas ?

Non, pas vraiment.

Il y a quand même quelques enfants. De 320 millions, nous tombons à 256 millions de personnes de plus de 16 ans qui pourraient travailler : ici, le verbe pouvoir s’entend sous sa forme légale. Quand le BLS calcule que la Civilian Noninstitutional Population (population qui n’est pas incarcérée ou qui n’est pas engagée dans les forces militaires) est de 256 millions, il ne s’agit pas des gens à la recherche d’un emploi comme semblent le penser nos plus brillants chroniqueurs. Il s’agit des gens qui auraient légalement le droit de travailler et qui le font. Ou pas.

Source : https://www.bls.gov/news.release/empsit.a.htm

On ne peut pas diviser le chiffre de 95 millions par celui de 257 millions pour trouver le chiffre du chômage… C’est simplement grotesque. Comme nous le voyons sur le tableau ci-dessus, le taux de chômage est obtenu en divisant le nombre de personnes qui cherchent un emploi et qui n’en trouvent pas par le nombre total de celles qui cherchent un emploi ou qui ont trouvé un emploi. Soit environ 4,1% de taux de chômage.

Le chiffre de 100 millions n’est même pas plausible. Réfléchissons un instant. Il y a 326 millions d’Américains. Sachant qu’il y a 160 millions qui travaillent, comment pourrait-on seulement arriver à « cent millions d’Américains en âge de travailler qui ne travaillent pas » ?

Certains sont des gosses, un quart de ceux qui sont entre 18 et 23 ans sont en fac, certains sont militaires ou vétérans à la retraite, d’autres sont en prison, il reste donc environ 227 millions d’Américains qui pourraient légalement chercher un emploi et qui pourraient être intéressés à le faire.

Ensuite, il y a les personnes âgées, soit près de 48 millions de personnes qui ont plus de 65 ans, et sont donc éligibles à la retraite fédérale par répartition (Social Security OASI). En pratique, cela fait un chiffre bien plus élevé car maintes personnes retraitées sont des dépendants. De plus, les veufs et les veuves ont droit à une réversion d’une partie des droits des assurés défunts (Social Security Survivor Benefits). Au total, nous avons un peu plus de 50 millions de personnes dans ce cas.

En plus de tous ces retraités, nous avons également 10 à 11 millions de personnes reconnues comme handicapées par le gouvernement fédéral et qui touchent une pension (Social Security Disability Insurance).

Au total, sur notre chiffre de départ de 256 millions de personnes qui peuvent légalement travailler, nous avons donc au moins 29 millions d’adolescents au lycée et en fac, quelques millions de justiciables incarcérés et 62 millions de personnes qui sont bénéficiaires d’un des programmes du Old-Age, Survivors and Disability Insurance (OASDI) – retraites, reversions et invalidité – de la Social Security (l’organisme fédéral de sécurité sociale des États-Unis).

Si nous enlevons ces 91 millions aux 256 millions de personnes qui peuvent légalement travailler, ceci nous donne un total de 165 millions de personnes.

Or 160 millions de personnes travaillent ou sont à la recherche d’un emploi. En fait, nous retombons plus ou moins sur le chiffre de 160 millions de personnes qui sont dans la Civilian Labor Force (population active civile).

D’où vient l’écart entre les 165 millions là-dessus et les 160 millions ci-dessus ? Des militaires, des femmes au foyer et des retraités et invalides qui travaillent bien qu’ils soient bénéficiaires de l’OASDI.

Il n’y a donc pas « cent millions d’Américains en âge de travailler qui ne travaillent pas ».

Notez que nous sommes là dans des calculs simples que nous pourrions faire faire à un enfant de dix ans… Pour le moment, nous n’avons utilisé que les additions et les soustractions. Pas de claquage neurologique possible même pour un Français formaté à coups d’EdNat et à coups de journaux de type Pravda…

Comment pouvons-nous en être si sûr ?

Alors, bien sûr, « chacun sait que les chiffres du chômage sont bidon » – si nous lisons attentivement ce qu’H16 appellerait des pignouferies de presse – mais le chiffre de « cent millions d’Américains en âge de travailler qui ne travaillent pas » est parfaitement absurde. S’il était vrai, il faudrait faire un papier pour la Society of Labor Economists (SOLE) d’urgence : ça fait 21 ans que j’en suis membre et je peux garantir que ça ferait du bruit au prochain congrès !

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Tout d’abord, si ce chiffre était juste, il faudrait aussi revoir toute la démographie aux États-Unis parce que soit il y a au moins 50 millions d’Américains en plus de ce que l’on croyait – et j’avoue que j’ai ce sentiment à chaque fois que je suis à New York – soit au moins un emploi sur quatre n’existe pas et on ne s’en est pas aperçu dans les statistiques fiscales : cela voudrait dire que certains déclarent avoir des revenus d’emplois qui n’existent pas… Bref, balivernes.

Contrairement à la France, le gouvernement américain publie de nombreuses bases de données.

Prenons d’abord le Current Population Survey (CPS) ou enquête sur la population actuelle : si le chiffre du chômage était de 100 millions de personnes au lieu de 6 ou 7 millions de personnes, ceci apparaitrait immédiatement dans cette base de données qui contient un échantillon de 60.000 familles tirées au hasard et qui sont sondées chaque mois quatre fois de suite. Nous y retrouvons nos 256 millions de personnes légalement en âge de travailler et, notablement, alors même qu’il n’y a que 160 millions d’emplois, elles sont un peu plus de 228 millions avec un revenu à cause des retraites, des droits au chômage, des emplois non-salariés.

Prenons ensuite le Statistics of Income (SOI) ou statistiques de revenu de l’Internal Revenue Service, le trésor public fédéral : s’il y avait vraiment « cents millions de gens qui n’ont rien à bouffer », ceci se retrouverait dans cette base de données semi-publique qui contient environ 200.000 véritables déclarations fiscales représentatives de la population totale américaine. En examinant les déclarations en question, nous nous apercevons que 148 millions de familles font une déclaration et que 123 millions en font une avec des revenus du travail. Cet écart entre ces 123 millions et les 160 millions d’emplois s’explique par le fait que les 50% de familles qui ne sont pas redevables de l’impôt n’ont pas à faire de déclaration.

Prenons encore la Consumer Expenditure Survey (CES) ou enquête sur les dépenses de consommation. Cette étude porte également sur un très large panel d’individus représentatifs suivis sur tous les aspects de leur consommation : s’il y avait vraiment « cents millions de gens qui n’ont rien à bouffer » ou si comme « tout le monde le sait, le chômage réel tourn[ait] autour de 15% », on ne les verrait pas consommer des téléviseurs à écrans plats géants.

Prenons enfin le Panel Study of Income Dynamics (PSID). Cette étude par panel sur la dynamique du revenu est l’enquête longitudinale la plus vieille au monde. L’étude a débuté en 1968 (!) avec un échantillon représentatif national de plus de 18.000 personnes vivant dans 5.000 familles aux États-Unis. Des informations sur ces individus et leurs descendants ont été collectées en permanence, notamment sur l’emploi, le revenu, la richesse, les dépenses, la santé, le mariage, la maternité, le développement de l’enfant, la philanthropie, l’éducation et de nombreux autres sujets. Le PSID est privé.

Il est dirigé par des professeurs de l’Université du Michigan et les données sont mises à la disposition des chercheurs et les analystes. Ce panel a donné lieu à des milliers d’études pointues et, encore une fois, il serait difficile de frauder les chiffres du chômage sans avoir des différences frappantes avec ce PSID.

En fait, à l’Université de Chicago et dans quelques autres institutions où l’on fait de la recherche économique, certains statisticiens fusionnent ces quatre bases de données. C’était mon métier à la Heritage Foundation, il y a près de vingt ans, quand je suis arrivé aux États-Unis. On prend les 60.000 familles du CPS, on les apparie statistiquement avec les 200.000 consommateurs du CES. Ceci donne une idée des habitudes de consommation des 60.000 familles en question. On prend les 30.000 qui paient des impôts et on les apparie avec les 200.000 déclarations fiscales du SOI.

Pour celles qui ne se sont pas redevables de l’impôt sur le revenu fédéral, on crée les déclarations fiscales correspondantes. C’est un travail compliqué parce que ces bases de données sont des fichiers dont les observations sont pondérées : chaque enregistrement dans ces bases représente plusieurs centaines d’individus ou de familles. L’appariement donne lieu à l’usage de mathématiques relativement complexes.

Au final, dans ces fichiers fusionnés, nous avons la démographie, les revenus avec les centaines de sous-catégories fiscales et la consommation de tous les milieux sociaux, de toutes les professions, de tous les États, sur toutes les années depuis 50 ans.

C’est ce qui permet à Robert Rector de sortir son étude annuelle sur les « pauvres » aux États-Unis – c’est-à-dire sur les gens qui n’ont pas de revenus (imposables !) – et qui fait verser des tonnes d’encre aux médias de gauche et des pleurs à toute la classe politique parce qu’elle montre que plus de 80% des « pauvres » ont l’air conditionné, des téléphones cellulaires, des lecteurs de DVD ou des consoles de jeux, et que pratiquement tous mangent à leur faim – contrairement aux idées reçues – grâce à des revenus réels qui feraient pâlir d’envie un smicard français.

Si le taux de chômage était statistiquement significativement différent de 4,1%, nous n’aurions pas attendu les médias français pour nous en apercevoir et il y a longtemps que ça aurait été corrigé.

Pour que les chiffres du chômage soient « bidons » – pour reprendre l’expression de notre journaliste national – il faudrait que le gouvernement fédéral fraude sur les données collectées par des dizaines d’enquêtes différentes. Il faudrait aussi qu’il puisse influencer les études de panel privées comme le PSID.

Oui mais le chômage est à 15%

Donc quand je lis que « sur les cent millions, il y en a une bonne partie qui [est] sorti[e] des stats, tout le monde le sait, et le chômage réel tourne autour de 15% voire plus », je ne peux hélas m’empêcher d’esquisser mon sourire le plus condescendant…

Parce que là encore – et je m’excuse platement d’avoir à introduire la multiplication et la division en plus des additions et soustractions ci-dessus – si le chômage est de 4,1% et si la population active est de 160 millions, ceci nous fait, environ, 6,5 millions de chômeurs. Alors les « 15% voire plus », ça ferait quand même 24 millions de personnes ! En gros, tout le Benelux.

Alors, maintenant que nous avons ces 15%, soit donc toute la population du Benelux – nourrissons, enfants, adolescents, grabataires et petits vieux compris – rapportons ça à nos 48 millions d’Américains ci-dessus – ceux qui sont peut-être étudiants, qui ont au moins 18 ans et pas encore 65 ans et qui ne travaillent pas – ça fait 50% (!). Quelqu’un qui écrit « le chômage réel tourne autour de 15% voire plus » dit en fait que 50% des gens qui ne travaillent pas entre les âges de 18 et 65 voudraient en fait travailler et cherchent un emploi. C’est évidemment parfaitement absurde.

Ah mais, Madame Michu, « on » sait bien que « sur les cent millions, il y en a une bonne partie qui [est] sorti[e] des stats », n’est-ce pas ? Et on sait aussi que les États-Unis sont un pays tellement arriéré que personne n’a pensé – malgré le quasi-monopole du pays sur le Prix Nobel d’Économie – à se poser la question de savoir quel est vraiment le nombre de gens qui sont découragés de chercher un emploi, n’est-ce pas ? Parce que si quelqu’un s’était posé la question de savoir combien de gens qui voudraient vraiment un emploi ne sont pas dans les statistiques du chômage, ça se saurait n’est-ce pas ? Et si ça se savait, hop, un coup de Google et même des médias aussi subventionnés que ceux de la France auraient la réponse, n’est-ce pas ?

Hé bien, paf, il se trouve que la réponse existe. Si on la Google… Bon, il faut avoir un ordinateur qui parle anglais mais ce n’est pas insurmontable, hein ? Et il y a une réponse à cette question pour chacun des cinquante États et la capitale fédérale. Il y a environ un demi-million de travailleurs qui sont tellement découragés qu’ils ont arrêté de chercher un emploi. Soit 0,3% de la population active…

Ah oui, nous dira-t-on, mais vous oubliez qu’il y a non seulement les vrais chômeurs (4,1%), les chômeurs découragés de chercher un emploi (0,3%) mais aussi les « cent millions » qui ne sont pas contents de leur boulot ! Eh bien, là encore, il y a une statistique mais elle est vicieusement cachée par un système de mot de passe qui s’appelle Google ! Pour la trouver, il faut être économiste et/ou parler anglais – un truc presque impossible ! – et taper Special Unemployment Rate: Unemployed and Marginally Attached Workers  (approximativement, les « chômeurs et travailleurs qui travaillent mais qui cherchent quand même »).

Là on a les gens qui travaillent comme paysagistes mais qui voudraient être plombiers et les plombiers qui voudraient être paysagistes – parce que même dans un marché du travail aussi dynamique que les États-Unis il faut bien reconnaître que nous n’avons pas tous ce que nous voulons… – et ils sont… 0,7% de la population active augmentant de fait le « chômage » de 4,1 + 0,3 à 5,1% !

Et pour vraiment enfoncer le dernier clou dans le cercueil des « cents millions de gens qui n’ont rien à bouffer et qui voient des gens eux s’acheter des Ferrari tous les huit mois », notons que l’enquête mensuelle CPS dont nous parlions ci-dessus a, elle aussi, un supplément statistique sur la question. Dans ce supplément A-38, nous apprenons que sur les 96,2 millions d’Américains qui ont légalement le droit de travailler mais qui ne le font pas, il y en a 91,2 qui répondent qu’ils ne veulent pas un travail. Sur le reste, 2,9 millions en voudraient bien un mais n’ont pas cherché une seule fois dans les douze derniers mois et le reste, soit 2,1 millions, a cherché mais pas une seule fois dans les quatre dernières semaines. Et de toute façon, 474.000 d’entre eux ne sont pas disponibles selon leurs dires. Soit ils ont « à bouffer », soit ils ne sont pas pressés de « s’acheter des Ferrari tous les huit mois »…

Le temps partiel : une statistique trompeuse

La probabilité est à peu près nulle qu’un thuriféraire de la théorie des « cent millions de gens qui n’ont rien à bouffer » m’oppose l’argument du temps partiel. Si quelqu’un était capable de rechercher et de comprendre les statistiques du temps partiel, il saurait que le nombre de chômeurs découragés est de quelques centaines de milliers et pas de « cent millions ».

Mais par souci de vérité et parce que c’est extrêmement intéressant, abordons cette question.

Il existe une définition du chômage qui inclut le temps partiel involontaire. C’est-à-dire, les chômeurs au sens traditionnel du terme (4,1%), les découragés (0,3%), les marginalement attachés à leur travail (0,7%) plus tous ceux qui travaillent moins de 40 heures mais voudraient bien en faire 40 et qui sont tout de même 3,0% de la population active. Si nous voulions vraiment parler d’échec de la politique de l’emploi aux États-Unis – échec tout relatif – nous pourrions donc noter ce chiffre et dire que le chômage est de 8,1% mais que la moitié des chômeurs… travaille !

Là où les choses sont intéressantes c’est que si le temps partiel involontaire est en chute libre, le nombre de travailleurs à temps partiel a augmenté dramatiquement durant l’année 2010 (accentuant une vieille tendance) : pour contourner l’obligation légale de faire participer tous les employés qui font plus de 30 heures par semaine à l’Obamacare, les employeurs ont massivement recours à des contrats de travail qui n’offrent souvent que 20 ou 25 heures par semaine. De façon anecdotique, je connais des dizaines de personnes – de toutes professions – qui cumulent deux voire plusieurs emplois. C’est un échec de plus pour l’Obamacare. Ceci ne surprendra aucun lecteur de Contrepoints : les Français qui ont de la culture économique connaissent tous les effets pervers des seuils légaux.

Les définitions internationales du chômage

Maintenant, si nous ajoutons les 0,3% de chômeurs découragés de chercher un emploi, c’est-à-dire ces 0,5 million de chômeurs « qui sont sortis des stats » aux 6 ou 7 millions qui, eux, sont dans les statistiques, nous n’avons pas vraiment changé le taux de chômage mais nous avons changé la définition de celui-ci au sens du Bureau International du Travail (BIT) ou de l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE)…

Et toute l’idée de ces « statistiques au sens du BIT » ou de ces « statistiques au sens de l’OCDE » est d’avoir une sorte de thermomètre universel du marché du travail. Si nous effectuons ce genre de corrections pour les États-Unis, il faudrait le faire pour disons, au hasard, la France. Ce pays avec ses centaines de milliers de personnes parquées dans des stages fictifs pour justement contourner les définitions du BIT ou de l’OCDE…

Source : taux de chômage harmonisé, OCDE

Mais revenons aux États-Unis. Puisque les statistiques officielles du chômage de 4,1% sont « bidon », l’OCDE doit bien publier des chiffres corrigés, n’est-ce pas ? La réponse est évidemment positive et il existe « des taux de chômage harmonisés, pour lesquels les chômeurs sont les individus en âge de travailler sans travail, disponibles sur le marché du travail et qui ont accompli des démarches spécifiques pour trouver du travail. L’application uniforme de cette définition produit des estimations des taux de chômage plus facilement comparables entre les pays que les estimations qui reposent sur des définitions nationales du chômage. Cet indicateur est mesuré en nombre de personnes au chômage en pourcentage de la population active et est désaisonnalisé. La population active est définie comme le nombre total de personnes au chômage plus la population active civile occupée. »

Pour les États-Unis, le taux de chômage harmonisé au sens de l’OCDE est de… 4,1% au lieu de… 4,1% pour le taux dit bidon officiel. So much for U.S. government fraud

Pourquoi un chômage si bas ?

Le chômage est donc bel et bien de 4,1% aux États-Unis. Malgré ce qu’en rapporte les médias, le marché du travail fonctionne assez bien aux États-Unis. Il y a à peu près autant d’offres d’emplois que de chômeurs, le travail paie considérablement mieux qu’en France, et il y a de plus en plus d’industries qui souffrent d’un manque criant de main-d’œuvre.

Peut-on en tirer une leçon pour la France ? Les énarques ont-ils vraiment tout essayé contre le chômage ? Dans un autre billet, nous examinons la question de savoir pourquoi le chômage est si bas aux États-Unis.