Immigration : les Républicains ont oublié l’économie

Les propositions de Laurent Wauquiez en matière d’immigration oublient la dimension économique et ne retiennent que l’aspect caricatural de « menace culturelle ».

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Immigration : les Républicains ont oublié l’économie

Publié le 25 avril 2018
- A +

Par Erwan Le Noan.
Un article de Trop Libre

Le 18 avril, Laurent Wauquiez a présenté les propositions de son parti en matière d’immigration. Certaines sont intéressantes. Pour le reste, on y cherche souvent l’humanité (« ramener systématiquement dans leur lieu de départ les bateaux interceptés dans la Méditerranée ») et le sens de la nuance (« interdire à vie toute régularisation d’un étranger entré illégalement en France »). Le texte marque une rupture avec des traditions généreuses (« restreindre le droit du sol à la régularité du séjour des parents ») et même le programme récent de la droite (« restaurer la double peine »). Il y manque aussi la moindre référence à une vision économique de l’immigration.

L’immigration est pourtant un moyen d’accueillir en France une main-d’œuvre supplémentaire : le travail est l’un des facteurs de croissance. C’était ce qui motivait, il y a dix ans, le discours de Nicolas Sarkozy sur « l’immigration choisie », prenant exemple sur des pays comme l’Australie ou le Canada qui sélectionnent ceux qu’ils autorisent à venir s’installer chez eux, sur la base de formations ou de projets professionnels.

Travailleurs qualifiés ou non

Ces talents peuvent être qualifiés ou non. Par exemple, selon Bercy, « 83 % des salariés détachés en France sont des ouvriers ». Faut-il s’en plaindre, alors que Pôle Emploi vient à nouveau de montrer que les entreprises ne trouvent pas de charpentiers, régleurs, couvreurs, chaudronniers, tuyauteurs, etc. ? Sur ce sujet également, Laurent Wauquiez avait choisi de ramener le sujet culturel au premier plan, en voulant imposer la « clause Molière », qui exige que les salariés du BTP parlent français. En février 2017, il affirmait : « nous ne voulons plus de travailleurs détachés sur les chantiers financés par la Région ».

Restreindre l’immigration économique, alors même que le pays en a besoin, c’est comme défendre la diminution du temps de travail. Au fond, le raisonnement est le même : le gâteau de la richesse étant limité, il faut soit le répartir en petites parts (les 35 heures) soit contenir le nombre de convives autour de la table (les barrières à l’immigration économique). Dans les deux cas, l’argumentation rate la solution : pour faire croître l’économie, il faut ajouter des ingrédients, dont le travail !

Évidemment, l’opinion publique semble frileuse. Elle perçoit dans l’immigration un risque social : dans un pays en état de disette budgétaire, un étranger qui entre est une menace supplémentaire de voir sa part de redistribution publique baisser. Dans cette hypothèse, l’urgence économique et sociale devrait être de réformer l’État- providence, pour le rendre plus efficace, pas de nous fermer des potentiels de croissance.

L’immigration est également perçue comme une forme de menace culturelle. Le sujet est important : une démocratie ne peut fonctionner sans une certaine cohésion des citoyens qui la forment : c’est pour cela, qu’à ce jour, aucune ne s’est dissociée de la forme de l’État-Nation1.

La France a des traditions qui, à l’inverse des États-Unis par exemple, ne font pas une place au multiculturalisme : la République est bâtie sur un processus qui transforme l’étranger en citoyen Français, aux mêmes droits juridiques que son voisin de souche, en lui demandant d’intégrer un héritage partagé et de s’insérer dans un projet commun. Il est donc légitime et compréhensible que l’économie ne prime pas. Mais cela ne justifie pas de l’ignorer.

Sur le web

  1. Pierre Manent, La raison des nations, Gallimard, 2005.
Voir les commentaires (56)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (56)
  • il faudrait revoir la sélection de l’immigration choisi…d’autres pays ont fait le choix de la sélectionner par le manque de main-d’œuvre de profession..et au bout, avoir un pécule de garenti de 6 mois pour survenir à vos besoins…sinon c’est l’anarchie. ..un immigré qui vient en France qui bosse et qui respecte les règles de notre pays ,aucun probléme. .il a les mêmes droits …vous ,en tant que Français lorsque vous êtes à l’étranger vous devez respecter les règles sinon là sanction tombe.. ..là,en ce moment c’est l’anarchie manque de cohérence par lâcheté de nos politiques..mais arrêtons de dire qu’ils ne sont pas intégré après 20 ou 30 ans sur le territoire..dans ces conditions,ils doivent partir. ..les bons ne doivent pas être jugé à cause des mauvais…

  • « L’immigration est pourtant un moyen d’accueillir en France une main-d’œuvre supplémentaire ». Pas besoin de main d’œuvre supplémentaire, faudrait plutôt former l’existant, mieux la localiser, et mieux la rémunérer. L’immigration choisie et la pire des choses, il n’est pas bon d’aller piquer la main d’œuvre qualifiée dans des pays qui en ont fortement besoin pour se développer.

  • a Tigrou666 bonjour ,aller au Canada ou en Australie …vous changerez d’avis …cela fonctionne où dans une ambassade et faite une demande …c’est clair et précis !!!

  • Avec plus de 3 millions de chômeurs en France, on n’a pas besoin d’immigration d’une part sauf à vouloir créer des emplois sous payés sans protection sociale, bref les nouveaux esclaves du monde moderne.
    Le multiculturalisme s’installe un peu plus tous les jours. Allez dans les cités perdues de la république où les lois de la république ne s’y appliquent plus.
    Alors commençons par réduire le chômage, faisons appliquer les lois de la république.
    Quant aux clandestins, qu’ils restent dans leur pays et l’aide à sortir de sa misère et de la corruption.
    Nous n’avons pas besoin d’immigration.

    • oui, 3 millions de chômeurs. Et combien de postes non fournis – parce-que les chômeurs ne sont pas au bon endroit et ne veulent pas / ne peuvent pas bouger (on les comprend, vendre une maison pour en racheter une ailleurs c’est perdre des droits de mutation, c’est long et compliqué, et s’ils sont locataires pouvoir signer un nouveau bail dans un nouvel endroit avec une promesse d’embauche, c’est plutôt compliqué, combien de bailleurs seraient prêts à prendre le risque d’accepter un locataire en période d’essai sans de sérieuses garanties par ailleurs).
      D’autre part, combien de postes non fournis parce-que les chômeurs sont, finalement, mieux au chômage qu’au travail ? Si on regarde les aides qu’ils peuvent recevoir, les réductions pour les transports, pour un certain nombre d’activité, et qu’ils perdraient automatiquement s’ils reprennent un boulot, on comprend bien que certains préfèrent le chômage.
      Enfin, combien de postes non fournis parce-qu’il n’y a pas en France assez de monde formés pour les prendre ? Combien de jeunes rêvent d’une formation en chaudronnerie quand ils sont au collège ? Pourtant, si j’ai bien compris, il y a de gros besoins dans l’industrie. Combien de jeunes seraient heureux de quitter le système scolaire avant d’entendre parler du théorème de Thalès (à mon époque c’était en 3e) parce-que ça ne les intéresse absolument pas, mais « comme leurs résultats sont pas trop mauvais ça serait dommage d’aller en apprentissage » ?
      Il y a un point commun aux 3 éléments que j’ai mentionnés.

      Dernier point : pour les étrangers. La résolution du problème est très simple : la France accepte un étranger, sous réserve que :
      1. il n’emmerde pas les gens déjà en place et respecte les lois du pays
      2. il s’assume et est capable de subvenir à ses besoins, et aux besoins de ceux qu’il fait venir en France.
      Dans ma vie personnelle je cotoie pas mal d’étranger qui sont venus en France, je peux vous assurer que ces 2 principes sont l’évidence pour plus de 99% d’entre eux. Pour les autres, il est nécessaire d’être ferme sur les principes. Là encore, échec de notre bel Etat – qu’il soit dirigé par la droite ou par la gauche – sur toute la ligne depuis 40 ans.

  • méttons d’abord les français au travail; puis , si besoin , faire venir des étrangers pour pallier au manque de main d’oeuvre; mais surtout , ne pas faire venir la famille dans son intégralité , ( père , mère , frère sœur, tante sans parler de la progéniture de chacun d’entre eux ; na pas refaire l’erreur de giscard  » et son rapprochement familial  » ; on en paie le prix aujourd’hui ;

    • « Regroupement familial » ?… oui, mais pourquoi toujours dans le même sens ?

      • s’il n’y a pas de subventions spécifiques, d’aide ou autre et si l’étranger qui veut faire appel au regroupement familial assume ce regroupement avec ses propres ressources, issues de son propre travail, il n’y a aucune raison de le refuser.
        Ca devient gênant quand c’est financé par la collectivité. Sans chiffres je pense que c’est une extrême minorité, mais c’est celle qui fait parler d’elle (au même titre que l’encore plus extrême minorité qui fait péter des bombes ou qui fonce dans les gens).

  • Les propositions de Vauquier sont parfaitement adaptées a la situation d’urgence face a l’invasion incontrôlée. Elles sont un préalable absolu a la reprise en main de la France. Une fois les frontières bouclées et les expulsions massives d’illégaux enclenchés, alors la France pourra décider sereinement d’un politique sur le sujet.

    • Ca n’est pas dans cet ordre là que ça peut marcher. Renvoyer les gens ne sert à rien, il faut ne donner l’envie de venir qu’à ceux qui sont légitimes. Ca veut dire commencer par revoir drastiquement la manière dont l’état traite les gens en France, en favorisant et retenant ceux qui cherchent à s’enrichir par leur travail et leurs efforts, et en ne laissant que le strict minimum humanitaire aux autres, indépendamment de leur nationalité et de leur origine.
      Renvoyer les immigrants sans faire cette distinction, c’est juste maintenir par la force le privilège de la rente oisive pour ceux qui ont eu la chance de naître au bon endroit, quand il faut supprimer cette rente pour tous.
      L’invasion, comme vous dites, est due à ceux qui savent que s’ils veulent vivre de leurs efforts, ils vivront mieux ailleurs qu’en France, mais que s’ils veulent vivre des efforts des autres, ils ne trouveront pas mieux qu’en France. Changez cet état de fait, et l’invasion se transformera toute seule en quelque chose d’enrichissant pour tous.

      • Je n’ai absolument rien dit des allégations que vous me prêtez. Vous ne savez pas lire, vous ignorez le sens des mots que vous « Brassez », vous ne pourrez donc être utile a aucun des inconnus sur lesquels vous fantasmez. Si votre « Rente » Vous pose tant de problème. il existe des solutions le suicide par exemple. Avant de repeindre on commence par faire de la place et nettoyer, Votre confusion entre les causes et les effets est effrayante.

        • Je ne vous prête qu’une prioritarisation de la fermeture et de la reconduite aux frontières sur l’assainissement des conditions de contribution à l’économie, priorité qui me paraît bien correspondre à votre réponse également. Accessoirement, je sais lire et je connais le sens des mots, et je ne vous accuse pas de ne pas savoir écrire, mais si votre message est autre, merci de l’expliquer avec votre courtoisie coutumière une troisième fois.
          Avant de repeindre, on commence par réparer les fissures et consolider les fondations. Sinon, vous aurez eu beau nettoyer et faire de la place, votre peinture ne tiendra pas, voilà avec vos mots ce que je veux dire.

      • C’est totalement absurde de parler de chance de vivre au bon endroit. Les personnes ne sont pas interchangeables. Je n’ai pas la « chance » d’être français, je profite de ce que MES ancêtres ont fait, de leur travail, de leur sacrifice aussi. Ils l’ont fait pour eux mais aussi POUR MOI, leur descendant, pas pour un individu quelconque du monde. Votre idéologie n’est pas libérale, elle n’est qu’un avatar de l’idéologie totalitaire de gauche qui entend faire un homme nouveau sans racines, sans histoire, sans culture, sans ascendants, ni descendants, sans frontières, une force de travail interchangeable, un homme boulon.

    • Le préalable, c’est la fin de l’Etat providence et du clientélisme électoral pour tout le monde et rien d’autre. Vu que le guignol des LR défend la justice sociale comme ses copains de gauche, nous ne sommes pas près d’en voir le démantèlement.

    •  » Une fois les frontières bouclées et les expulsions massives d’illégaux enclenchés,  »

      Vouloir expulser massivement les clandestin c’est plus facile à dire qu’à faire. Beaucoup ne sont pas expulsables pour deux bonnes raison. Ceux dont on ignore l’origine ne seront acceptés par aucun pays qui les renverront en France. Et il y a ceux dont le pays d’origine du migrant n’a pas signé avec la France un accord qui oblige le pays d’origine du migrant reprendre ses ressortissants expulsés. Donc là aussi retour à la case départ.

  • Intéressant comme point de vue…. Mais il faudrait arrêter avec le discours reprenant l’idée qu’on ne trouve pas d’ouvriers en France. Il y en a ! Ils sont au Pôle emploi et si les entreprises pouvaient les payer avec des salaires décents ils iraient travailler dans les entreprises. Nous ne serions pas alors entrain de justifier l’apport nouveau de travailleurs immigrés payés à des salaires indécents en France.
    Nous favorisons l’augmentation du chômage, le nivellement par le bas et une classe sociale de travailleurs immigrés, qui ne pourront pas s’intégrer.
    il s’agit d’une attitude destructrice poursuivie par des politiciens avides de clientélisme dans les urnes et de dépenses sociales destructrices également de notre économie au lieu de se pencher sur les méthodes et solutions pour redéployer cette économie et supporter nos habitudes sociales.
    La logique qui prime aujourd’hui est de dépenser sans chercher à produire pour compenser.
    Le simple bon sens économique à disparu au profit d’un groupe de profiteurs qui justifie sa position avec des arguments sociaux et humanistes complètement dévoyés.

    On peut se demander : Qui a oublié son économie ? Et j’ajouterai : son humanité ?.

  • Placer la culture avant l’économie n’a rien de choquant. Par ailleurs dans un pays ou plus de la moitié de la population bénéficie de transferts en provenance de l’autre moitié, l’immigration n’aurait d’intérêt pour améliorer le niveau de vie d’ensemble que si les immigrés appartenaient à la catégorie supérieure. Ce n’est que très rarement le cas.
    Nous perdons sur les deux tableaux : d’une part un choc culturel qui détruit notre civilisation et d’autre part des boulets supplémentaires qui nous coutent cher.

    • l’immigration n’aurait d’intérêt pour améliorer le niveau de vie d’ensemble que si les immigrés appartenaient à la catégorie supérieure. Ce n’est que très rarement le cas.

      Je suis fils d’immigrés: mes deux parents sont médecins. Je suis pour ma part ingénieur en informatique et travaille actuellement avec 2 marocains et une tunisienne, eux aussi ingénieurs pour une grande entreprise française. Pas besoin de vous dire qu’ils font tous partie de la moitié qui paye.

      Ça fait un paquet de « cas très rares » rien que dans mon petit entourage…

      Evidemment on ne parle jamais de ces personnes à la télé, mais uniquement les petites frappes de banlieues qui sont, je le rappelle, de nationalité française.

      Souffrez que la destruction culturelle dont vous parlez ne vient pas des immigrés mais bien d’un problème 100% français.

  • humanité, tradition généreuse … l’altruisme fera la fin de l’occident.
    Moi je travail que pour moi, et uniquement avec mes bras sans l’aide de personnes, le but de la vie est de vivre pour soi, d’y parvenir tout seul sans l’aide de personne.
    Le libéralisme libertaire va tuer l’occident.

    • vous voyez du « libéralisme libertaire » dans le fait de vous faire piquer le fruit de votre travail pour financer, par exemple, des reconsuites à la frontière (c’est pas gratuit ces choses là) ?

      • Non, le fait d’ouvrir nos frontières a des barbares, pas besoin de reconduites si on contrôlais nos frontières.

        • La force n’est ni gratuite ni efficace. Vous voulez choisir avec qui vous commercez, c’est simple, rendez le commerce avantageux pour ceux qui vous plaisent et moins avantageux pour ceux qui vous plaisent moins. Et n’oubliez pas que vous-même, vous ne plaisez pas forcément à ceux qui ont un commerce à faire avec vous…

  • L’immigration est incompatible avec un Etat-Providence comme le notre qu’elle ne peut que ruiner. Par contre, un régime libéral n’a rien à craindre de l’immigration et tout à gagner. Pour nous rendre capables d’être ouverts aux étrangers et généreux selon l’idéal que nous prétendons avoir, commençons d’abord par nous affranchir de l’Etat-Providence.

    • L’immigration est incompatible avec un Etat-Providence

      Tout juste. De la même manière le revenu universel est incompatible avec des flux migratoires. Il faut à un moment fermer les frontières et contrôler la natalité de la population.

  • De toute façon , sans immigration , la France et la plus part des pays européens sont foutus à cause de leur démographie et de leurs dettes..alors le d’élire des politiciens sur le sujet n’ont qu’un but électoral..et il ne marche pas vraiment mais ils s’entêtent.

    • La démographie française dans les années trente était pire qu’aujourd’hui et les choses se sont inversées. Nous n’avons jamais testé la démographie telle qu’elle est actuellement avec 66 et 80 millions de français ou d’allemands. Nous n’en savons rien, il n’y a que des hypothèses…

  • L’immigration choisie est la solution. Mais il faudrait avant tout que les 32 milliards affectés à la formation professionnelle servent à leur but au lieu de disparaître mystérieusement on ne sait où! Quand on a 7 millions de gens qui n’ont pas d’emploi, faire venir des immigrés est grotesque! Mais bon, les français le sont.

    • Pour qu’ils servent à leur but, laissez ces 32 Mds aux entreprises et aux salariés. Sauf erreur, la formation professionnelle se fait à l’étranger sans être organisée par d’autres que ceux qui sont concernés.

    • Pour voir où disparaissent ces 32 milliards il suffit de regarder qui est censé les gérer. Un indice : ce sont les mêmes qui sont censés gérer la Sécu.
      Conclusion : toute tentative de réforme du tonneau des danaïdes serait un casus belli pour les partenaires sociaux. Du genre que la petite grève à la SNCF, là, c’est rien du tout à côté.

  • L’appel à une main-d’oeuvre low cost et étrangère pour diminuer le coût du travail et séduire à gauche.

    La défense d’une immigration massive et incontrôlée pour mettre en danger notre civilisation et séduire à droite.

    Honnêtement, si avec ce programme les libéraux ne gagnent pas les élections présidentielles en 2022 je ne sais pas ce qu’on peut faire de plus, ce sera à n’y rien comprendre…

  • L’argument sur les travailleurs détachés ne me paraît pas convainquant du tout. Car s’il existe des travailleurs détachés dans les secteurs cités, c’est avant tout pour une question de coût (ils ne paient pas les cotisations sociales françaises que-le-monde-entier-nous-envie). Et un maçon roumain vaut bien un maçon français, surtout s’il est moitié moins cher. Cela peut donc être un argument contre la fiscalité française, mais pas pour supporter l’idée que les immigrés veulent travailler (ce qui peut être vrai par ailleurs).
    De façon plus générale, beaucoup de libéraux ont du mal avec la problématique culturelle, mais elle n’en reste pas moins fondamentale. Dans un Etat multiculturel, les conflits de normes sont par nature plus nombreux, nécessitant plus l’intervention de l’Etat pour les régler (avec l’efficacité qui le caractérise). D’où frustrations, demandes supplémentaires d’intervention de l’Etat, qui gonfle jusqu’à mettre en danger les fondements de la société libérale. Et cela d’autant plus que les cultures censées cohabiter sont différentes.

  • « L’immigration est pourtant un moyen d’accueillir en France une main-d’œuvre supplémentaire : le travail est l’un des facteurs de croissance. C’était ce qui motivait, il y a dix ans, le discours de Nicolas Sarkozy sur « l’immigration choisie », prenant exemple sur des pays comme l’Australie ou le Canada qui sélectionnent ceux qu’ils autorisent à venir s’installer chez eux, sur la base de formations ou de projets professionnels. »
    Ah bon, nous manquons de main d’oeuvre en France ou bien nous la formons dans de mauvais domaines ? Avons nous besoin d’autant de sociologues qui au final ne trouvent aucun travail et vivent des aides de l’état ou bien d’artisans ?
    La source du problème est que nous avons entretenu un mirage en faisant croire à la majorité de la population qu’elle avait vocation à faire bac+5 et ensuite un travail de bureau valorisant. C’étai un mensonge facile et flatteur, qui a été obtenu en rabaissant le niveau du bac à un niveau ridicule, en multipliant les diplômes bidon ne débouchant sur rien, en assurant ensuite un dédommagement aux jeunes qui se sont fait avoir via des aides, et en important la main d’oeuvre devant faire in fine le travail manuel qu’on leur avait d’éviter.
    Ce fut un énorme mensonge et il faudrait d’abord commencer par revoir ça avant de songer à faire venir une main d’oeuvre supplémentaire dont nous ne devrions pas avoir besoin.

  • Hum !
    Oui et non … La France manque gravement de main d’oeuvre QUALIFiEE : 20% de sa population active est « non qualifiée » (donc largement chômeuse) et bien plus de 100 000 jeunes sortent chaque année du système scolaire « sans rien » … En outre, la France est incapable de sélectionner, orienter, former des adultes non qualifiés (malgré près de 40 Mds d’€ annuels de prétendue « formation professionnelle » …
    Un adulte « non qualifié » qui débarque en France comme « immigré » a donc toutes les chances de rester toute sa vie un chômeur – donc un exclu plus ou moins « assisté »… alors qu’un « qualifié » trouve immédiatement du boulot …
    Comme la France est tout aussi peu capable de sélectionner et orienter pour accepter ou refuser les gens qui arrivent physiquement sur son territoire, le problème est largement insoluble en l’état …
    A comparer avec le Luxembourg : plus de 50% de la population est composée d’immigrés, souvent hautement qualifiés qui assurent par exemple un train de vie « royal » à la femme de ménage « luxembourgeoise de souche ». Aucun problème métaphysique (je schématise à peine …).

  • La rhétorique habituelle servie à sciences po où 70% des étudiants et des enseignants sont à gauche.
    Comment peut-on rester sur de tels poncifs, aujourd’hui, après 40 d’immigration massive, alors que les conséquences de cette politique du fait accompli sautent aux yeux, tous les jours, partout.
    Comment peut-on être aussi caricatural et dogmatique ? C’est invraisemblable.
    Le coût financier de l’immigration pour la France a été chiffré à plusieurs reprises et suivant des protocoles indiscutables (je ne parle évidemment pas des statistiques, biaisées, de l’INSEE qui, entre autres choses, ne comptabilise que les étrangers).
    Le coût financier de l’immigration est absolument colossal. L’estimation la plus fiable étant celle de JY Laulan, ex chef économiste au FMI.
    Sachant qu’il existe de nombreux autres coûts induits, non financiers. Des études excellentes ont été menées (pas en France bien sûr) sur certains de ces coûts non financiers induits. En l’occurrence, il existe plusieurs rapports de “ United States Department of Health and Human Services” dans le domaine de l’éducation et de la santé aux USA.

    Ce qui arrive devait arriver, ce qui doit arriver arrivera

    • Ne voyez-vous aucune différence entre la France et d’autres pays qui accueillent encore bien plus d’immigrés ? Moi, je prétends que les statistiques ne traduisent que notre incapacité à proposer un environnement économique où plus d’individus signifie la création de plus de richesses au lieu d’être une augmentation du nombre de bénéficiaires d’aides publiques.

      • Selon moi, la question de l’immigration massive telle qu’on la connait (et qui engendre la tiers-mondialisation progressive de l’occident) est très, très loin de se réduire à une dimension économique.
        Je ne faisais sur ce point que répliquer à l’argument, qui est un mensonge énorme, grossier et méprisant, suivant lequel l’immigration enrichie systématiquement.
        L’augmentation de la population n’est pas un gage de création de richesse si elle n’est pas accompagnée d’une augmentation proportionnelle du savoir et de la qualification de l’ensemble considéré. À défaut, elle constitue un handicap qui peut être très lourd.

        Si le libéralisme était à ce point univoque, en ne considérant comme seul horizon que la création de richesse, alors je m’éloignerais de ses principes.

        Sur un angle plus spécifique, ignorer la vision totalitaire et hégémonique de l’islam (80 % des migrants sont musulmans) est, pour moi, a minima, une preuve d’ignorance sidérante.
        C’est une posture responsable et coupable.

        Sur la question de l’immigration, je dois concéder que je ne supporte plus du tout le prêt-à-penser dont l’idéologie socialisante nous abreuve quotidiennement depuis 40 ans (et dont cet article minable est un exemple), en contradiction flagrante avec ce que tout un chacun peut vivre et observer en permanence et partout.

        • Je suis d’accord que ça ne se réduit pas à une dimension économique, mais je crois que vous sous-estimez la puissance de l’économie pour résoudre les problèmes. Ou alors, c’est en France que par exception ça ne marche pas, mais encore faudrait-il essayer… Oui, les islamistes sont hégémoniques, prosélytes et irrespectueux d’autrui. Mais non, ils ne seraient pas « envahissants » s’ils devaient, une fois chez nous, se montrer financièrement autonomes, parce que gagner sa vie par soi-même et encore plus pour une famille ne laisse pas grands loisirs pour aller prêcher sa religion, et se montrer loyal envers ses seuls coreligionnaires et méprisant envers les autres ne permet guère de trouver un emploi rémunérateur. D’ailleurs, à partir du moment où c’est un outil dont les socialistes refusent de se servir, c’est probablement un excellent outil…

          • Non, Michel, la question de l’intégration de l’islam n’est pas de nature économique.
            Toute l’histoire, depuis 2000 ans, reflète un affrontement sanglant et permanent entre l’occident et le monde musulman.
            Le constat est le même dans l’espace. La volonté hégémonique des musulmans se manifeste aux quatre coins du globe y compris dans des situations où la distinction économique avec les autres populations (y/c non occidentales) n’est pas établie.
            La plupart des musulmans impliqués dans l’organisation d’actions terroristes contre l’occident sont des individus assis socialement, économiquement, et qui ont suivi des études supérieures (en occident…).
            Il y a évidemment une dimension culturelle qui se pose avec cette immigration spécifique (mais majoritaire). C’est le constat que font nombre de penseurs à commencer par A Finkielkraut qui emporte tout mon respect.
            Pour répondre à Bruno ci-dessous, je joins 2 liens sur la question du coût économique de l’immigration. Le premier est issu du blog de Yves Marie Laulan. C’est un extrait rapide de l’étude complète qu’il a réalisée sur ce sujet. Le second est relatif à une étude publiée par Jean-Paul Gourévitch chez Contribuables associés.
            Le profil de ces 2 personnes, docteurs, professeurs d’université, ayant exercé leurs compétences dans de multiples institutions internationales et dans de hautes fonctions en entreprises, accrédite leurs travaux.

            https://www.laulan.info/2012/les-couts-macro-economiques-de-limmigration/

            https://www.contribuables.org/wp-content/uploads/2008/03/monographie14_le_cout_reel_de_limmigration.pdf

            • depuis 2000 ans, reflète un affrontement sanglant et permanent entre l’occident et le monde musulman.

              1400 ans suffiront. il y a 2000 ans, ce sont les chrétiens qui foutaient le bordel en Occident.

              •  » depuis 2000 ans, reflète un affrontement sanglant et permanent entre l’occident et le monde musulman.  »

                Le monde musulman c’est vague. Je ne crois pas que l’occident soit en perpétuel affrontement avec l’Indonésie.

    • Bonjour, vous avez une référence pour le(s) rapport(s) sur les coûts de l’immigration que vous citez? j’ai cherché (peut-être mal) mais sans trouver.

  • Je pense que ce commentateur manque totalement de bon sens. En 1930 auriez accueilli les nazis en vous disant que le côté économique était envisagé et en oubliant le risque social, que vous avez eu dans les années 1930-45. Un bon conseil Monsieur apprenez l’Arabe et visez le Coran dans sa langue originale et vous comprendrez beaucoup mieux ce que certains français pense de la question de l’immigration africaine.

    •  » Un bon conseil Monsieur apprenez l’Arabe et visez le Coran dans sa langue originale et vous comprendrez beaucoup mieux ce que certains français pense de la question de l’immigration africaine.  »

      Je vois mal un nazi convaincu d’être un libéral ou un démocrate. Il n’y a rien qui empêche un arabe musulman d’être un démocrate, un libéral ou un laïc.Il y en a et le nier relève de la mauvaise foi. Etre musulman n’est pas un acte politique comme d’être nazi. Quand au Coran; je parie que vous faites partie de cette majorité de gens qui prétendent en connaitre le contenu mais qui ne l’on jamais lu.

  • L’Australie et le Canada ne sont pas les mêmes cas de figure que le France.
    Ces 2 pays ont une politique d’accueil très choisie :
    – Australie : la célèbre politique de refoulement de migrants clandestins et une immigration très sélective à l’égard des Musulmans et des migrants du Moyen-Orient.
    – Canada : Les Mexicains ne font pas partie des mieux accueillis, c’est le moins que l’on puisse dire, et on n’en parle pas beaucoup.
    Bref, comme ils ont beaucoup de candidats « intéressants », ils n’ont que l’embarras du choix…mais ils sont très vigilants.

    •  » Australie : la célèbre politique de refoulement de migrants clandestins et une immigration très sélective à l’égard des Musulmans et des migrants du Moyen-Orient.  »

      C’est pas comparable. L’Australie est séparé des autres continents par un océan. Jamais il verront des réfugiés arriver en masse en bateau comme en Europe par la Méditerranée qui beaucoup moins vaste qu’un océan. C’est déjà périlleux avec la Méditerranée où beaucoup périssent. Traverser un continent avec des rafiots sur-bondé de monde c’est carrément mission impossible.

  • Faire croire que le pays aurait besoin d’une immigration économique, c’est ça la caricature. Et faire croire que l’immigration actuelle serait productive, alors qu’elle représente en réalité une charge démentielle, c’est du moquage de face à grande échelle. Arrivé à un certain point, on ne peut même plus parler de naïveté, ni même d’une méconnaissance profonde de l’économie la plus élémentaire. C’est juste un concentré de mauvaise foi caractérisée.

    Ce qui fait la prospérité d’un pays depuis longtemps (au moins depuis le Moyen-Age), ce n’est pas plus de bras mais plus de capitaux. Un pays peut être parfaitement prospère avec moins de bras, tant qu’il y a plus de capitaux.

    Mais il n’y a pas que l’économie dans la vie. Il y a également les aspects culturels, religieux, politiques, l’éducation, la famille, etc. Pour tous ces aspects non économiques, la question de la pertinence de l’immigration et de l’intégration doivent être posées et discutées. Prétendre le contraire pour évacuer ces sujets cruciaux, c’est de la pure propagande.

    • @Cavaignac
      Bonsoir,
      « Faire croire que le pays aurait besoin d’une immigration économique, c’est ça la caricature »
      Surtout quand « l’économie » de la France est à 57% de la dépense publique, dont les aides et autres assistances.
      Pour 2016 le PIB de la France était de 2 228,9Mds€ dont 57% étaient de la dépense publique soit : 1270,47Mds€. La France a réellement produit 958,43Mds€.
      Pour celui de 2017, il a augmenté de 1,9% d’après Libération (
      http://www.liberation.fr/france/2018/01/30/en-2017-la-croissance-du-pib-en-france-a-atteint-19_1626065) « son plus haut niveau depuis six ans ». Cette augmentation porte le PIB à 2271,24Mds€. dont 56,5% de dépenses publiques. (1283,25Mds€), pour un PIB factuel de 987,98Mds€. Sur ces 987,98Mds€, l’Etat prévoit d’en collecter/redistribuer 400Mds€ d’après le plan finance 2018.
      Soit les immigrés viennent pour la part de gâteau qu’il reste, soit pour celle,la plus grande, que l’Etat se sert et redistribue.

  • L Wauquiez ne fait pas dans la dentelle… Mais à l’inverse, Macron a été et est toujours discret sur ce genre de sujet : immigration, islam(isme?), sécurité, surveillance des frontières, quotas, droit du sol, regroupement familial, laïcité.
    La récente loi sur l’immigration, c’est de la poudre perlimpinpin.
    Quant aux mesures économiques de Macron, elles sont siphonnées à partir du programme de Fillon. Rappelons-nous les débats où Macron acquiesçait nombreuses positions de Fillon.
    Ceci explique en partie l’attitude de L Wauquiez et son insistance sur des sujets de culture/civilisation/sécurité, quitte à faire dire à certains qu’il flirte avec le les électeurs du FN et avec le FN.
    Que peut ajouter L Wauquiez sur les mesures économiques de Macron ?

    • La moitié qui ferait de ces demi-mesures des mesures à part entière (sauf pour la réduction de la dépense publique, où il pourrait ajouter les deux moitiés intégralement).
      Ou bien alors il croit à l’efficacité des mesures économiques Macron, et c’est un imbécile dont je ne veux à aucun prix qu’il occupe une responsabilité au gouvernement un jour.

      • Aussi étrange que cela puisse paraître, Fillon avait réussi à convaincre une grande partie de la droite et d’autres électeurs malgré la rudesse de son programme dans tous les domaines alors qu’il avait été au pouvoir, mais sous Sarko.
        LW ne peut pas se lancer sur le terrain économique : là où FF avait réussi à convaincre, LW ne serait pas cru. LW et FF ne faisaient pas partie du même clan de la droite. LW était + proche de Sarko, grand ennemi juré de FF et Juppé et vice versa entre tous 3 !

  • Tout me semblant déjà dit par d’autres commentateurs, je me contenterai de la formule « la privatisation des bénéfices et la collectivisation des pertes ».

    • @xc: Tout de même, je n’ai pas trouvé le mot « asile », qui est désormais confondu avec l’immigration économique.
      Ni aussi de mot pour qualifier une immigration de masse et permanente…

  • a puce à l’orteil.. bonjour.d’accord avec vous …on parle toujours des mauvais ,des délinquants etc. ..une solution ils retourne d’où ils viennent.. ce qui est plus intéressant c’est de parler de ceux qui réussissent professionnellement ,qui vivent sans probléme. ..qui participent à la richesse du pays..j’en connais quelques uns et personnellement intéressant..!!!!
    mais que nos politiques prennent des décisions ferme…un peu lâche et peut être beaucoup…nos responsables..

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Le burkini, le marronnier du politique en mal de visibilité médiatique. Il ressort dès qu’il fait beau. Le burkini est au politique ce que les reportages sur les glaces qu’on mange et celles qui fondent sont aux journalistes.

L’événement intéressant dans cette affaire quasi nationale et sociétale n’est pas dans le vêtement lui-même mais dans la réaction de Laurent Wauquiez, président du conseil régional Auvergne-Rhône- Alpes. Ces derniers temps, il avait disparu. Labourant son territoire pour faire croire à sa proximité avec les vrais ... Poursuivre la lecture

Depuis le retrait de la vie politique d’Alain Madelin, les libéraux sont orphelins d’un homme politique de premier plan. David Lisnard sera-t-il celui-là ?

Force est de constater la montée en puissance du maire de Cannes depuis plusieurs mois.

Tout d’abord, le président de Nouvelle Énergie n’a pas hésité à signer la tribune collective « Le libéralisme, ce mot interdit en France » parue dans Le Figaro le 22 avril. Certes, des hommes politiques ont pu se revendiquer du libéralisme par ignorance ou, plus souvent, par opportunisme, ... Poursuivre la lecture

Y aura-t-il des candidats LR aux élections législatives ? Au lendemain de l’élimination de Valérie Pécresse et son score catastrophique (et historique) au premier tour de l’élection présidentielle (4,78%) la question se posait…

Il y a une semaine, celle qui n'est arrivée qu'en cinquième position au premier tour de la présidentielle  – un échec mortifère pour le parti héritier du mouvement gaulliste – avait pris la parole pour évoquer l'urgence de la situation.

Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles