Entreprises : le jacobinisme français au miroir du modèle économique suisse

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By: Max Stolbinsky - CC BY 2.0

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Entreprises : le jacobinisme français au miroir du modèle économique suisse

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 19 avril 2018
- A +

Par Xavier Fontanet.

C’est le mois des AG pour les entreprises, mais aussi la période ou les grands instituts sortent les performances des pays ! Nous rétrogradons de la 5e à la 7e place mondiale en termes de PIB… pas surprenant, nous détenons le record du monde des dépenses des administrations publiques en pourcentage du PIB, et on a rarement vu un jockey obèse gagner le Prix de l’Arc de triomphe !

Se comparer à plus petit que soi fait sourire certains, mais quand les écarts sont instructifs, il faut le faire. Le PIB par tête de la Suisse est au haut des classements, elle affiche des comptes publics et extérieurs florissants et sa dette publique passe sous les 30 %. À la mort de Pompidou, la France avait exactement les mêmes caractéristiques qu’elle ! Comment avons-nous pu dériver à ce point ?

Pas de décentralisation

La France n’a pas voulu de la réforme régionale présentée par de Gaulle, une sphère publique décentralisée comme en Suisse où la concurrence entre les cantons pour attirer les entreprises permet un contrôle naturel des coûts. Avec la retraite par répartition à 60 ans la France fait encore le contraire des Suisses, qui ont opté pour une retraite à base de capitalisation ; choix somptueux quand on sait que la Bourse a été multipliée par vingt en trente ans, ce qui permet à même prestation des cotisations deux fois moindres.

Alors que les Suisses ont gardé leur droit du travail à 40 pages, le nôtre est monté à 4.000. Nous avons cru limiter le chômage avec les 35 heures, eux ont refusé par référendum l’augmentation des vacances à cinq semaines. Seule notre santé est compétitive par rapport à la leur.

Les choses sont simples : l’empilement des couches régionales et leur gestion jacobine, c’est un surcoût de 5 % du PIB. La retraite par répartition, c’est 300 Md€ de cotisations, 14 % du PIB et un surcoût de 7 %. La Suisse n’a pas de chômage, le coût de notre chômage structurel (tout bien pesé), c’est encore 4 %. Arrondissons le total à 15 %, cela donne une idée du fossé à combler dans les quinze ans qui viennent si nous voulons recoller au peloton de tête.

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  • La dictature Française des hauts fonctionnaires devenue aujourd’hui la dictature de l’ENA. Cela étant, cette dictature s’est prolongée jusque dans les moindres collectivités locales dans lesquelle les élus se prennent pour des petit seigneurs. Pire encore à écouter les loques de Français, leur seule culture pour régler les problèmes est basée sur des contraintes et des taxes. Malheureusement, dans notre pays, pour écrire le code de bonne conduite et pour être un bon républicain il ne faut qu’une seule ligne, « Contraintes et Taxes »

  • « seule notre santé est compétitive » ???
    A qualité de soins égale ?

  • La Suisse c’est le libéralisme économique, la décentralisation du pouvoir politique au niveau des Cantons ainsi que le contrôle des élus par les citoyens dans le cadre d’une démocratie directe allant jusqu’au pouvoir de provoquer des votations sur tel ou tel sujet…
    La France est à l’opposé d’un tel concept….
    Certains affirment encore que la France est le pays des « droits de l’homme et du citoyen ».

    • La France a l’habitude d’usurper le mérite des autres! Car question droits de l’homme, ils furent inventés par les anglo-saxons.
      Grande Charte de 1215, Pétition des Droits en 1628, l’Habeas Corpus en 1679 et enfin le Bill of Rights en 1689. C’est à dire un siècle avant notre déclaration des droits de l’homme. Celle-ci n’a fait que suivre la Révolution américaine et les différents états de l’Union qui ont fixés des droits des citoyens, comme la Virginie. Mais à peine l’encre sèche la Terreur de la Révolution s’est aussitôt chargée de bafouer ces droits!

      • @ Virgile
        Mais hors de France, tout le monde sait que pour devenir riche, il faut acheter un Français pour ce qu’il vaut et le vendre au prix qu’il croit valoir! Vous l’ignoreriez?

    • Et en sus le terme démocratie chez eux existe bien puisqu’il y a la votation suisse (référendum d’initiative populaire).

  • Même pas la santé, car la nôtre nous coûte cher mais rembourse de moins en moins. Seul la qualité des soins est identique!

  • Qui connait le nom du Président de la Suisse? Personne. C’est déjà une bonne partie du succès du seul pays où le mot démocratie a un réel sens.
    Enfin, je pense que ls chiffres absolus parlent plus que les pourcentages.
    15% de PIB de différence, cela fait, pour la France 330 milliards!
    Imaginez ce qu’on ferait avec 330 milliards de plus à investir dans l’économie (tout en virant deux millions de fonctionnaires et tous les bidules inutiles, voire nuisibles, dont ils s’occupent…. de temps en temps).

  • Même le domaine de la santé français n’est pas compétitive.
    La Suisse fait mieux, mais d’autres pays sont bien meilleurs, Hollande, Singapour…

  • Un petit complément d’information concernant la Suisse, pays que j’apprécie et connais très bien pour y séjourner souvent. Non seulement, comme vous le dites très justement, les Suisses « ont refusé par référendum l’augmentation des vacances à cinq semaines ». Ils ont aussi maintenu la semaine de 40 heures et pensent même reculer l’âge de la retraite (actuellement 65 ans) à 67 ans. Précisions qui si cette éventualité se concrétise, ce sera le résultat d’une votation et non d’une décision arbitraire des politiques. La Suisse est une vraie démocratie et ne se vante pas de l’être ; contrairement à la France.
    Tout est dit dans votre phrase « les Suisses ont gardé leur droit du travail à 40 pages, le nôtre est monté à 4.000. » Un surplus de lois (inutile) n’entraîne que complications, blocages et asphyxie.
    Le jacobinisme (ou gouvernement à la soviétique), n’apporte rien de bon, il uniformise en nivelant au plus bas, il annihile toute initiative régionale, anéantit toute créativité n’émanant de lui. Il est tentaculaire, intolérant, asphyxiant et résulte de plusieurs décennies de gouvernements socialistes pervers ! Pour accréditer son idéologie, il s’égosille de mots comme démocratie, Droit de l’Homme, liberté, égalité, fraternité… etc… termes vidés de leur sens et employés pour endormir le peuple.
    Tant que l’on ne libérera pas les entreprises, les initiatives régionales et personnelles, tant qu’on étouffera toute innovation, aucun changement positif n’est à espérer.
    La Suisse est vraiment un exemple à suivre !

  • Petit commentaire pictural . vous pourriez mettre une photo de Suisse quand vous parlez de la Suisse et pas une de Strasbourg !! Bon c’est vrai , c’est pas loin ☺

    • A Sansetat. Au regret de vous contredire voire de vous déplaire, il ne s’agit pas d’une photo de Strasbourg, que je connais très bien, mais de Zurich !!

  • On rêve toujours que l’herbe est plus verte ailleurs; c’est classique. Effectivement, la Suisse, avec le droit du travail le plus libéral au monde, est le paradis du business sans entraves. Tous ces commentateurs ci-dessous n’y ont jamais vécu et ne sont pas très au courant de la réalité. L’assurance maladie obligatoire mais aux mains de compagnies privées : hors de prix pour une très faible couverture sauf si vous êtes hospitalisé; prix annuel entre 3500 et 4500 euros environ avec une franchise de 2500 francs, ce qui signifie que tous ce qui est médecine de ville, etc est à votre charge; tant que vous n’avez pas dépensé votre franchise annuelle, vous ne recevez aucun remboursement. C’est un pays hors de prix, certes avec des salaires plus élevés qu’en France, mais comme tout est beaucoup plus cher, cela ne change pas grand chose; tout est payant en Suisse; il ne reste à facturer que l’air qu’on respire; c’est peut-être pour bientôt; ce qui est gratuit par contre, c’est l’ennui, mortel, qui pèse comme un couvercle sur ce pays depuis toujours. Pour avoir vécu dans les deux pays, je peux vous assurer qu’avec tous ces « défauts », la France est vraiment un grand pays à beaucoup de points de vue, où il fait bon vivre; alors cessez de rêver; aller vous installer en Suisse quelque temps et après on pourra en reparler.

    • 😆 Tout ceci est tellement vrai que les gens fuient la Suisse pour s’expatrier en France et que les entreprises ferment toutes là-bas pour venir cocooner dans l’Hexagone ! Quant aux perspectives d’avenir, tout le monde sait que l’état des finances suisses est si mauvais qu’ils essaient (sans y arriver) de copier le modèle français que tout le monde leur envie ! 😆

    • C’est sûr que pour le djeun genre occupant de Tolbiac, taggeur et fêtard aux frais de la collectivité, la Suisse doit paraître l’enfer sur terre.

      • MichelO, si vous croyez que la Suisse est exempte de djeuns « taggeurs et fêtards aux frais de la collectivité », vous vous fourrez complètement le doigt dans l’oeil !

        C’est certes moins pire qu’en France mais de là à en faire un paradis sur terre, c’est tres exagéré, surtout qu’il s’y passe des choses pas toujours très jolies – si je me fie aux reportages de la RTS – et dont on ne parle pas beaucoup.

        Si l’on me laissait le choix entre la France et la Suisse, je ne prendrais ni l’un ni l’autre. Ou alors la Suisse, le temps de mettre beaucooup d’argent de côté avant de partir pour l’Asie du Sud-Est. Mais bon, l’Asie du Sud-Est : j’y suis déjà !

  • Avec l’UE on s’est encore un peu plus éloigné de ce modèle démocratique efficient.

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