SNCF : le gouvernement recule et fait payer les Français

SNCF : le gouvernement ne respecte même pas les directives européennes et retarde encore la transformation de la SNCF qui coûte déjà 13 milliards d’euros par an, avec une dette de 50 milliards.

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SNCF : le gouvernement recule et fait payer les Français

Publié le 18 avril 2018
- A +

Par Nicolas Lecaussin.
Un article de l’Iref-Europe

Annoncée en grande pompe, la prétendue réforme de la SNCF était déjà très loin de ce qu’avaient fait d’autres pays dans le secteur ferroviaire afin de préparer l’ouverture à la concurrence. Aujourd’hui, cette réformette risque même de faire un très gros pschitt.

On évite l’essentiel

Contrairement à ce que préconisait le rapport Spinetta, on ne touche pas aux petites lignes même si les trains sont vides et coûtent très cher aux contribuables. Leur fermeture aurait fait économiser 1,2 milliard d’euros par an (500 millions sur l’infrastructure et 700 millions sur l’exploitation des trains) au minimum. Les trains restent, ainsi que le personnel.

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Ensuite, concernant le statut des agents, la ministre a apporté des « garanties » quant à leurs avantages sociaux, lorsqu’ils passeront d’une entreprise ferroviaire à une autre, en cas de perte de contrat par la SNCF, après l’entrée en vigueur de la concurrence. Leur transfert se fera alors « prioritairement sur la base du volontariat » et ils conserveront l’essentiel des garanties du statut « notamment la garantie de l’emploi, la retraite et la rémunération ».

Pour les nouveaux entrants, les décisions ne sont pas claires. Derrière l’apparence de la fermeté, le gouvernement semble laisser la porte ouverte à quelques concessions dans les semaines à venir. Même sans statut, les recrutements pourraient se faire sur la base des privilèges qui existent déjà. À suivre…

En Île-de-France, la concurrence des trains en… 2039 !

Enfin, ce qui est au moins aussi inquiétant, c’est le changement de délai pour l’ouverture à la concurrence. L’obligation d’ouverture à la concurrence des liaisons nationales commerciales devait respecter le calendrier suivant : décembre 2020 pour les TGV et autres trains nationaux ; ouverture progressive à la concurrence sur les TER de fin 2019 à fin 2023 et pour le Transilien à partir de 2023.

Le gouvernement a changé : l’ouverture à la concurrence s’étalera entre 2019 et 2023 pour les régions hors Ile-de-France, le rythme étant choisi par… les régions. Les trains de banlieue Transilien seront ouverts à la concurrence entre 2023 et 2032. Pour le RER, l’échéance a été repoussée jusqu’en… 2033, voire 2039 pour les lignes A et B ! En revanche, une partie de la dette sera « reprise », elle, dès le 1er janvier 2020…

En réalité, le gouvernement ne respecte même pas les directives européennes et retarde encore la transformation de la SNCF qui coûte déjà 13 milliards d’euros par an, avec une dette de 50 milliards. Tout cela sur le dos des Français.

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Voir les commentaires (13)

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  • c’est ce qui s’appelle  » dépenser intelligemment l’argent public « ( macron ) …….on est mal barré …..

  • Certaines régions ont déjà choisi ou sont en passe de le faire : on verra les dogmatiques et les intelligentes.

    pour le reste, cela s’apparente à la pseudo ouverture à la concurrence du marché de l’électricité et du gaz : on n’a pas fini de payer, quoique l’on puisse diminuer fortement sa consommation ou éviter le train (ce qui se fait déjà).

  • Il fallait bien s’y attendre comme sur tous les sujets . Rappelez-vous la formule de notre Roitelet « et en même temps » ?

  • Macron est exactement comme son mentor. Lâche et dégonflé! Tout dans la posture et la com, mais aucun courage ni intelligence politique. Bref un vrai socialiste!

    • pour Macron le but est atteint..faire croire aux français qu’il ne cède pas devant les syndicats sncf…vu que les gens ont de la merde dans les yeux et qu’ils ne voient pas plus loin que le bout de leur nez

      • Je veux bien croire que c’est le but pour Macron, en revanche je ne suis pas sûr qu’il soit atteint, et quand bien même il le serait, que ça dure aussi longtemps que les impôts.

  • Le non respect les directives européennes n’est pas une nouveauté chez les socialo, c’en est une habitude. Déjà lors du remaniement des régions, le gouvernement hollande avait signé la Charte européenne précisant que tout nouveau découpage de région devait être précédé d’un référendum régional. Cette signature a-t-elle été respectée ? Le discours démocratie, Droit de l’Homme et liberté est toujours au premier plan… mais son application (?) n’est pas de mise ! Pour mémoire : à cette période le « Jupiter » en herbe, était conseiller de Hollande…
    Pourquoi ce changement des dates d’ouverture à la concurrence ? Morceler et mégoter ces décalages d’application démontre une incapacité de gouverner et planifier les accords européens. Quant à 2039… il y aura bien longtemps que la concurrence aura anéanti la SNCF la reléguant au rang de fossile.
    Sentant la fin prochaine de la SNCF, « la ministre » semble outrepasser ses droits en disposant d’autrui,  » concernant le statut des agents, la ministre a apporté des « garanties » quant à leurs avantages sociaux, lorsqu’ils passeront d’une entreprise ferroviaire à une autre, en cas de perte de contrat par la SNCF, après l’entrée en vigueur de la concurrence….. et ils conserveront l’essentiel des garanties du statut « notamment la garantie de l’emploi, la retraite et la rémunération ». »
    Qu’est-ce ce langage fourchu ? Ce tour de passe-passe ? Cela supposerait que nos impôts contribueraient (toujours) à entretenir les « acquis sociaux » de l’ex SNCF ? Cette magouille est-elle légale ? La concurrence accepter-t-elle cette déloyauté programmée ? Cela ressemble à des fricotages et manigances d’arrière-boutique. …avec un gros scandale à la clé ? (cf. la taxation des 3%)
    Ces procédés nébuleux, c’est « Jupiter » tout craché : il réforme et « en même temps » ne touche à rien ; il prône la liberté et « en même temps » verrouille tout ; il se dit pour l’Europe et « en même temps » en méprise ses directives ; il applaudit la concurrence et « en même temps » étatise au maximum ; il glorifie le libre échange et « en même temps » prêche le protectionnisme !
    Ce n’est plus de l’enfumage, c’est du foutage de gueule ! …tout juste bon pour ces socialo-bobos du bisounoursland !

  • « En réalité, le gouvernement ne respecte même pas les directives européennes »
    C’était quoi, déjà, les directives européennes ? Parce que pour l’instant, il me semble qu’on leur a fait dire bien des choses…

    • Il y a une directive très simple : abolition de TOUS les monopoles depuis la mise en place du marché unique en 1986. Dans les transports comme dans l’assurance maladie/vieillesse.

  • A ce petit jeu, il ne faudra pas s’étonner si la SNCF se fait sortir des marchés Allemands, Italiens ou Anglais dans les semaines qui suivent !!!!

  • maïs tout ceux ci va durer dans le temps les prochaines élections arrive. ..et suivant le déroulé de là grève un pas en avant un pas en arrière. …les français dans l’ensemble attendait la mise à plat :: RECETTE…DEPENSE…revoir environ ces 650 niche fiscale des entreprises et des niches fiscale sur l’impôt. .sur l’optimisation fiscale des français parti ex.au Portugal…ou ailleurs !!!et pourtant c’est facile entre le pays où il réside et l’impôt qu’il devrait payer en France payer la différence …mais pour faire ça. .il faut des couilles !!!.c’etait ça là première réforme maïs pas de partir dans tous les sens!!!

  • Autant, pour d’évidentes questions d’équité sociale, le statut des cheminots doit être révisé : méthodes de travail, emploi garanti à vie, retraites…
    Autant la dette liée à la construction et à l’entretien du réseau doit être repris par l’état au même titre que l’entretien des routes, ou par une société privée au même titre que les autoroutes. Au passage, il y aura d’évidence une amélioration de l’organisation de la grande dame à prévoir….!
    Ce transfert du réseau à l’état ou à une société privée, suppose que l’utilisateur de ces équipements, la société de transport, SNCF ou un concurrent, paye pour utiliser ces équipements. Et la société de transport répercutera bien entendu le coût de cette « location des équipements » sur le consommateur…
    Si il doit y avoir une intervention de l’état au titre de l’organisation du territoire, cela restera toujours possible. Mais au moins les comptes seront clairs et la contribution du contribuable claire. Celle-ci doit aller aux infrastructures et non aux sociétés de transport ou à leurs employés qui souhaitent d’évidence maintenir des privilèges issus du passé… Et on verra bien si, compte tenu des contraintes de travail, le recrutement de conducteurs deviendra plus difficile, ce qui entrainerait un accroissement de leurs salaires au titre de la compétition sur le marché de l’emploi.
    il faut arrêter ce transfert de l’argent public vers une catégorie de salariés, au travers des retraites notamment .

  • en résumé pour le gouvernement c’est : courage fuyons ?

  • Les commentaires sont fermés.

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