Marlène Schiappa, si vous nous laissiez un peu vivre…

Les hommes et les femmes savent se débrouiller avec ce qu’ils sont et les fait coexister.

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Marlène Schiappa, si vous nous laissiez un peu vivre…

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 25 mars 2018
- A +

Par Philippe Bilger.

J’ai failli écrire dans mon titre seulement Marlène puis je me suis heureusement souvenu que nous vivions sous l’emprise d’un quadrillage constant et que la référence au prénom aurait pu me faire passer pour méprisant et sexiste.

Ce monde devient fou.

Un débat à Sciences Po qui devait être consacré à la mise à mort médiatique a été honteusement annulé parce que le bâtonnier Pierre-Olivier Sur devait y participer mais qu’avocat de Gérald Darmanin, il a été jugé indésirable par des intégristes féministes. Pas véritablement de réaction. On accepte dorénavant, comme si cela allait de soi, la dictature d’un puritanisme délirant.

Ce monde devient fou.

Marlène Schiappa chargée de l’égalité entre les hommes et les femmes, pour justifier une mission qui trouverait énormément à accomplir pour favoriser une égalité salariale, a décidé de présenter un projet de loi contre les violences sexistes et sexuelles. Le Conseil des ministres lui réservera un sort très favorable évidemment et il sera voté, le moment venu, avec une bonne conscience allègre.

Pourtant il ne contient rien de véritablement décisif et l’outrage sexiste qui sera réprimé par une contravention de quatrième classe constituera une infraction de « rue » contradictoire avec une société de liberté et de responsabilité.

Ce monde devient fou.

Les délais de prescription seront allongés pour les crimes sexuels sur mineurs. C’est sur l’insistance de Flavie Flament assistée par un magistrat que cette proposition a été adoptée. La prescription ne sera plus de 20 ans mais de 30 ans. Je ne suis pas sûr qu’en dehors du sentiment d’avoir fait oeuvre quantitative, cette mesure apporte des éléments opératoires. J’ai remarqué que la prescription servait souvent d’argument et de menace quand on n’avait rien de plus à faire valoir. Mais qui aurait l’honnêteté intellectuelle de souligner qu’on est plus dans le symbole – même si les victimes sont trop réelles – que dans une efficacité amplifiée.

Ce monde devient fou.

L’interdit sur les relations sexuelles entre majeurs et moins de 15 ans sera renforcé. C’est sans doute l’unique disposition qui représente un véritable progrès parce qu’elle est destinée à rendre plus cohérente l’articulation entre un âge et un consentement. Je comprends l’inquiétude de certains magistrats qui craignent une présomption de culpabilité automatique. Reste qu’il y a là un effort de clarification qui ne peut qu’être bénéfique.

Mais l’outrage sexiste comme absurdité est le comble. La secrétaire d’État, face à l’impossibilité d’assurer la répression au quotidien de cette transgression qui renvoie à des attitudes qui n’auraient pas mérité un tel honneur législatif, a parfaitement conscience de l’inutilité de cette création puisqu’elle la qualifie de symbolique.

Heureusement que son inventivité politique et féministe n’élabore pas une multitude d’interdits ou d’injonctions par pur symbolisme !

Ce monde devient fou.

Je sais que les événements de ces derniers mois qui ont mis sur le même plan des gestes dérisoires et des comportements choquants, délictuels ou criminels n’ont pas été pour rien dans cette frénésie prescriptive ou suspicieuse mais il me semble qu’il y a plus que de l’actualité derrière ce prurit : une volonté perverse de judiciariser tout ce qui ne serait pas conforme à la morale, à la décence, à l’urbanité. Alors que c’est ce hiatus entre la loi et la vie individuelle et sa spontanéité qui permet liberté et responsabilité. On n’a rien à nous dicter mais tout à inventer avec chacun de nos gestes, avec nos abstentions et nos actions.

À bien appréhender cet outrage sexiste incongru, il consiste à se mêler d’attitudes humaines quotidiennes qui ne devraient pas le regarder et se règlent à chaque seconde grâce à une femme indulgente ou déterminée et avec un homme rabroué ou moqué. Il y a de l’abus à considérer que le progrès d’une société est de favoriser une immixtion de plus en plus intolérable et indiscrète dans le coeur de nos existences. Les hommes ne sont pas des marionnettes et les femmes de pures fragilités. Les uns et les autres savent se débrouiller avec ce qu’ils sont et les fait coexister.

Cette dérive est d’autant plus surprenante que notre président, en France ou à l’étranger, ne cesse de vanter les vertus de l’initiative, de la création, de la maîtrise de son destin, de la responsabilité et de la liberté. Ce projet de loi vient s’ajouter sans aucune nécessité à un terreau législatif déjà bien fourni. Il nous enjoint d’éviter ce qui relève de notre arbitrage et de notre conscience. On n’aura pas besoin de lui.

Ce monde devient fou.

Mais s’il s’agit de nous faire comprendre que nous sommes des enfants à gouverner, une humanité à orienter, le pari est réussi.

Pourtant, je persiste : Marlène Schiappa, si vous nous laissiez un peu vivre…

Voir les commentaires (17)

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Créer un compte Tous les commentaires (17)
  • cela devient impossible d’avoir une conversation sereine…je comprend pas …une femme pour un rôle couche et 30 ans après le révèle. …elle avait là possibilité de refuser maïs pour un rôle elle a accepté …où est la moralité ….

    • Où est la moralité ? Coucher ne fait pas partie du job d’actrice , pot de vin obligatoire ..pareil que pour ces chirurgiens demandant un dessous de table pour vous opérer, ces politiciens monnayant leurs faveurs etc..moral ?

    • La moralité devrait être séparée de la loi, justement à cause de mélange que nous observons aujourd’hui entre essentiel et accessoire, de cette instrumentalisation de la loi, au nom de la moralité, pour faire rendre des jugements immoraux. Coucher pour obtenir un rôle, c’est une moralité particulière, mais le révéler 30 ans plus tard pour se dédouaner et prétendre en quelque sorte que c’est celui qui a donné le rôle en reconnaissance de talents un peu particuliers qui est le seul immoral, ça ne restaure en rien la moralité, bien au contraire.
      Il y a dans ce passage de 20 à 30 ans quelque chose qui me gêne profondément : un des arguments est que les victimes ont souvent plus de 20 ans d’amnésie post-traumatique, et qu’il faut donc leur donner le temps de s’apercevoir que leur innocence a été volée et leur vie gâchée à leur insu. Le dommage serait d’autant plus grand qu’on n’en aurait pas été conscient pendant 20 ans ?!

  • Donnez moi une femme politique Française qui ne soit pas à l’origine d’un carnage ou une faillite ?
    Zéro.
    Elles sont aussi incompétentes que les politiciens males Français.
    Il faut tous et toute les virer.
    Pas d’exception !

  • Ah, j’oubliais:
    Les ministères débiles et couteux doivent être détruits sans attendre.
    Payer pour ces conneries devient insupportable.
    Et au fait des nouvelles de la glace et de la reine ségo ?

  • « Marlène Schiappa, si vous nous laissiez un peu vivre… »

    L’état est déjà présent dans nos assiettes, sur les routes, au travail, dans l’air que nous respirons… Et maintenant dans notre lit.

    Pauvre peuple souverain, qu’a tu fait pour vivre dans la servitude perpétuelle.
    https://www.legifrance.gouv.fr/Droit-francais/Constitution/Declaration-des-Droits-de-l-Homme-et-du-Citoyen-de-1789

    Merci à l’auteur pour cet article.

  • La France est ouverte à tous les extrémistes, que ce soit la sécurité routière, la sécurité des personnes, l’égalité à tout prix, et le droit des femmes ! Seul les derniers dictateurs de l’Europe se sont permis ce que l’on fait aujourd’hui avec nos enfants. Mais cela arrange tout le monde, y compris le nombre importyant de femmes qui ne travaillent pas pour soit disant élever les enfants et qui sous prétexte de l’égalité les mettent rapidement et le plus longtemps possible à la crèche pour s’adonner à d’autres plaisirs. Tout cela a avant tout un coût que souvent ces personnes ,ne peuvent assumer alors c’est la guerre ouvert pour avoir toujours plus d’avantages. N’ayant que quelques centaines de mètre à faire pour aller à une superette, je le fais à pied mais dois passer une route nationale et bien, entendu un passage pour piétons. N?e s’arrêtent jamais à plus de 90 % les femmes ! tout de suiote derrière la nouvelle génération des cadrtes dynamiques à la mode des barbouzes. En observant bien les voitures majoritairement ceux qui sont suspendus au téléphone ce sont les femmes avec souvent un cigarette au bec et parfois les enfants à l’arrière du véhicule. Le tout certainement pour se donner un genre, comme femme libérée ce qui n’est souven,t que de l’irresponsabillité et de l’idiotie. Les animaux ont un meilleur comportement que toute notre société d’imbéciles heureux qui souvent encore avec une prétention suppérieure et ce jusque dans les administrations et fonctions gouvernementales. Les médias ne sont pas en reste, et les brailleuse extrémistes y ont rapidement la parole. Reste la tenue vestimentaire, souvent provocatrice et ce depuis le plus jeune âge. Immaginez un homme u peu faible ou dérrangé côté quequette à vue de ces provocatrices ! et après ! comme dans bon nombre de divorces il faut abattre les hommes et surtout en tirer un max de fric le plus longtemps possible pour avoir les moyens de s’adonner à ces débauches féministes. Quelle société imbécile !

  • « …pour justifier une mission qui trouverait énormément à accomplir pour favoriser une égalité salariale, … »
    Bye bye …

  • Entre un régime collectiviste pur et celui de la France, il n’y a plus que l’épaisseur d’un feuille de papier à cigarettes. Passons de 57% du PIB géré par les bureaucrates à 75% et l’URSS n’aura plus rien à nous envier.
    Quand on pense qu’il y a encore des malades mentaux pour dire que nous nageons dans le turbo-libéralisme le plus débridé….. il y a de quoi foutre le camp illico de ce pays de fous, sans compter les illuminés islamistes.

  • Waren, pour la plupart, les hommes ayant une maîtresse restent avec leur femme. Lorsque celle-ci découvre l’infidélité, elle demande le divorce. Qui est à l’origine du divorce selon vous ? Oui, les femmes n’ont majoritairement pas peur de le demander, contrairement aux hommes qui veulent garder les avantages de la vie de couple.

    • Ca me paraît bien naïf d’oublier que la majorité des pensions alimentaires sont payées par le mâle à la femelle…

  • Messieurs, ne vous trompez pas de débat, ne tombez pas dans le panneau que l’Etat place en étendard devant vous pour ne pas avoir à s’intéresser au vrai problème, et je suis surprise que Philippe Bilger tombe dedans : le problème dans la rue, ce ne sont pas les relations entre les hommes et les femmes, mais la réaction de certains hommes, de plus en plus nombreux, déambulants dans la rue où installés entre eux aux terrasses des cafés, lorsqu’une femme ose passer près d’eux habillée en femme et/ou non voilée. Ce sont les réactions et les commentaires de ces hommes-là qu’ils faut combattre, non celles des hommes présents sur Contrepoints. Tous les sourires, toutes les remarques ne se valent pas. Ce qui est dit est aussi important que la façon dont c’est dit et oui, dans un rapport sain il n’y a vraiment pas de quoi intervenir. Mais dans beaucoup d’endroits, on n’en est plus là du tout, hélas. Et le gouvernement réagi en bon petit soldat du vivrensemble, donner l’impression qu’on agit sans discriminer et… sans résultat puisque la réaction est inadaptée.

    • L’Etat est parfaitement impuissant face à ce genre de chose, c’est contre-productif de lui en confier le règlement.

  • MichelO quel rapport ? Ceci dit, Votre remarque est logique et illustre bien l’inégalité salariale récemment discutée. La pension alimentaire va de celui qui touche le plus vers celle qui touche le pays moins. Mais j’imagine que pour vous, si les femmes gagnent moins, c’est qu’elles sont feignasses, il va de soi que pour vous le travail de l’entretien du foyer, réalisé majoritairement par les femmes, est un loisir comme un autre.

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