Les robots vont-ils nous prendre nos emplois ?

Comment faire pour que les robots, et plus généralement l’intelligence artificielle, n’entraînent pas des pertes massives d’emplois en France ?

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Les robots vont-ils nous prendre nos emplois ?

Publié le 16 mars 2018
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Par Valérie Pascale.
Un article d’Entrepreneurs pour la France

Nous apprenons dans l’actualité1 que les robots « travailleurs » d’Amazon arrivent pour la première fois en France, que les camions autonomes d’Uber entrent en service pour transporter des marchandises, parmi d’autres nouvelles toujours impressionnantes du monde des start-up numériques et high tech.

Sans oublier Amazon qui veut proposer à ses clients des services bancaires, et Apple qui compte s’imposer dans le domaine de la santé avec ses gadgets connectés. Nous sommes pourtant en 2018, et non pas encore en 2080, et le problème du chômage nous pèse plus que jamais.

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Même si la France est une nation créative et que le désir d’entreprendre ne manque pas aux Français, notre infrastructure de la création d’entreprise est trop archaïque et décourage toute initiative. L’encadrement bureaucratique de la création d’entreprise est trop complexe, quelqu’un de bonne volonté est immédiatement perdu dans toutes les aides et les options que l’État lui propose pour soutenir son projet. Mais pire encore, la présence de l’État n’est qu’une fumée qui déforme complètement la réalité de l’entrepreneuriat.

Le rôle des entrepreneurs

La création d’entreprise est une initiative privée. Comme dans d’autres domaines humains, la transmission de savoir-faire doit se faire d’une génération à l’autre, ici des entrepreneurs expérimentés et fortunés aux jeunes entrepreneurs volontaires.

Le rôle de l’État est de faciliter la création d’entreprises et la liberté d’entreprendre. Il faut donc encourager les entrepreneurs expérimentés qui ont réussi à soutenir financièrement, et surtout par leur expérience, les jeunes entrepreneurs qui en ont besoin et qui ne manquent pas de bons projets.

Pourquoi beaucoup des jeunes entreprises ferment-elles et disparaissent-elles au bout de quelques années ? Parce qu’il leur manque de l’argent à la création et parce qu’elles n’en ont également pas mis assez ensuite. L’Insee montre que les chances de survie d’une entreprise dépendent fortement des montants investis au démarrage. Plus l’entreprise a recueilli de capitaux au départ, plus elle a de chances de survivre et de créer des emplois. Sachant qu’une création d’emploi nécessite entre 20 000 et 40 000 euros de capitaux propres, quelles sont les chances de survie de celles qui démarrent avec 8000 euros, le montant médian en France2 ? Quelles chances donne véritablement l’État aux jeunes entreprises avec quelques milliers d’euros rassemblés grâce à ses multiples aides ?

Faire confiance à l’initiative privée

Pourquoi ne pas faciliter l’accès de ces entreprises aux capitaux privés et ainsi leur donner plus de chances de réussir, de créer des emplois et d’exister à long terme ?
C’est comme cela que se passe la création d’entreprises dans d’autres pays développés, notamment chez ceux qui nous devancent en nombre d’emplois créés annuellement par les start-up : le Royaume-Uni et les États-Unis. Dans ces pays, les entrepreneurs expérimentés sont prêts à investir beaucoup et perdre beaucoup, et ceci car ils peuvent également gagner beaucoup. À l’inverse, est-ce le rôle de l’État de perdre l’argent des contribuables dans les start-up via la BPI, tout en taxant et décourageant les investisseurs par ailleurs ?

Par ailleurs, 75 % des Français considèrent les banques comme étant les partenaires indispensables de la création d’entreprises3. C’est une idée fausse. Aucune banque ne souhaite prendre le risque de perdre sa mise dans des projets qui démarrent, et c’est pourquoi très peu s’intéressent aux start-up.

Si l’État facilite l’accès des start-up aux capitaux privés au démarrage par des incitations fiscales appropriées, alors l’arrivée des robots et autres innovations technologiques propulsées par de grands groupes ne mettront pas en danger notre marché du travail, car d’autres start-up encore plus avancées et ingénieuses y émergeront facilement et rapidement en proposant du travail à ceux qui en ont besoin.

  1.  La newsletter de FrenchWeb.fr du 9 mars 2018.
  2. Hors autoentrepreneurs.
  3. Étude BNP Paribas et Opinionway « Les Français et l’entrepreneuriat », juin 2017.
Voir les commentaires (12)

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  • quand les autoroutes ont été mis entreprises concession privé. ..ceux-ci ont supprimé 35 % du personnels…robotisé les péages au maximum.. er rentabilisé jusqu’à 2 chiffre leur bénéfice. ..cest un manque â gagner pour la Sécurité Sociale,Caisse de retraite ,Chômage,CSG…combien, au point de vu national cela coûte annuellement ????
    qui peux donner des informations merci d’avance…

    • les mécanismes collectivistes de la santé et autres justifient de ne pas augmenter la productivité?

    • Maintenir des péages sur les routes pour sauver des emplois merdiques de péagiste qui n’auraient jamais dû exister au départ, dans quel monde vivons-nous ?

      • force est de constater que des gens se satisfont de métiers simples qui semblent dégradants ou difficiles pour d’autres..tout le monde ne peut pas faire beaucoup d’études (intellect ou financier)

        • soit , et vous avez raison, et donc le problème c’est la capacité d’adaptation des gens, pas les robots…

        • Etrangement, j’ai découvert les péagistes en France longtemps après le panier collecteur de monnaie aux USA. De plus, les toll-highways aux USA apportaient un service supérieur aux routes gratuites. En France, on a la désagréable impression de payer avec ses impôts pour avoir des routes, de payer avec les taxes sur l’essence pour avoir les mêmes routes, et de payer au péage pour le salaire du péagiste. Ces métiers sont dégradants parce qu’ils ne produisent rien, alors qu’il y a des tas de métiers simples à la portée de ces gens, qui les valoriseraient, et qui produisent des richesses, simplement pas assez pour payer en plus les charges monstrueuses et les taxes (40% du péage) que nous avons en France.

    • Il n’y a qu’a poser l’enrobé à la petite cuillère, cela créer de l’emploi.

  • perte massive d’emploi en France….pas besoin de robots pour ça , on a des gouvernements successifs qui font ça très bien via leurs  » bonnes idées  » ….

  • Le but d’une entreprise n’est pas l’emploi mais le bénéfice des investisseurs.
    Une société peut fonctionner sans « travailleurs » humains et il est envisageable alors d’octroyer un salaire universel pour permettre les échanges…la fin du travail humain n’est pas une utopie ainsi que la comptabilité des oisifs appelés actuellement « chômeurs ».

  • qu’ils prennent mon emploi mais me laissent mon salaire…
    pas si stupide que ça en a l’air.

  • Amazon en 2017 : 178 milliards de CA pour 534500 employés, soit 3 employés / millions de CA (3,002xxxx)
    Carrefour en 2016 : 76,6 milliards de CA pour 384 000 employés en 2016, soit 5 employés / millions de CA (5.013xxx)
    Meme avec la parité euros dollars, ce n’est pas amazon qui sauvra les emplois.

    Faut pas se leurrer.
    1/Les nouveaux jobs, depuis 100 ans, ça ne dépasse pas les 5% des actifs en France, pourtant très active coté start-up. Je ne vois pas pourquoi on se mettrait soudainement à faire l’inverse. Tous les autres métiers ont su évoluer, car l’on a toujours conserver l’intellect comme exclusivité humaine jusqu’ici. Ce ne sera plus le cas
    2/La durée hebdomadaire de travail ne cesse de baisser depuis 200 ans. En y incluant les chômeurs, on à une durée du travail qui est de 33h par semaine, que ce soit en France ou en Allemagne. Et cette courbe poursuivra sa baisse.
    3/Je ne vois pas pourquoi les nouveaux jobs seront épargnés par l’automatisation. Je pense au contraire qu’en ayant conscience des capacités des machines, on va designer des nouveaux jobs spécifiquement pour elles.
    4/Nous n’en sommes qu’au début de l’IA. Tout ce qui se passe aujourd’hui ne sont que des expériences, à l’exception peut être des salles de marchées, précurseurs dans ce domaine. Pour eux, ils sont passés d’un effectif de 500 traders à 300 informaticiens.
    5/Ces machines évoluent tellement vites qu’elles deviennent meilleurs que les débutants dans un domaine (intellectuel), quand ce ne sont pas des expérimentés. Quelle sera la premiere génération obsolète ?
    6/Pas la peine d’attendre le remplacement de tous les jobs par des machines pour que le système économique s’arrête. Si rien n’évolue par rapport à la source de revenue (exclusivement du travail), les entreprises vont perdre progressivement des clients, et fermeront au fur et à mesure. Il y a une limite à la baisse des coûts : c’est la rémunération du capital.

    Qu’on ne s’y trompe pas : je suis pour l’automatisation !

    mais ça :
     »
    car d’autres start-up encore plus avancées et ingénieuses y émergeront facilement et rapidement en proposant du travail à ceux qui en ont besoin
     »
    Oui, c’est vrai, mais dans quelle proportion ? Nous sommes déjà le futur d’il y a 40 ans. et si c’était vrai, ce serai déjà -un peu – le cas. L’ouverture des immenses marchés asiatiques ont fait croire au miroir de la croissance infini, comme l’ont été les sub prime pendant 10 ans. mais c’est terminé. Meme si l’Afrique se développe, nous n’auront plus de taux de croissance globaux aussi élevés.

  • Les commentaires sont fermés.

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