Les incertitudes sociales et politiques du Brexit

Le Brexit présente des risques aussi bien pour le Royaume-Uni que pour l’Europe. Au lendemain des résultats du référendum, les effets du Brexit pourraient mener à l’éclatement du Royaume-Uni.

Par Lucas Guimarães.

Depuis son adhésion à l’Union Européenne en 1973, le PIB du Royaume Uni a doublé, dépassant de riches nations anglophones non membres de l’Union. Le référendum qui s’est tenu le 23 juin 2016, le vote populaire pour la sortie du Royaume Uni de l’Union Européenne, pourraient avoir des conséquences durables sur l’économie du pays. Le ministre des Finances allemand, Wolfgang Schäuble, a exprimé les inquiétudes que le Brexit pourrait « compromettre la stabilité de marché financier ».

Ce résultat a certainement engendré de l’incertitude dans d’autres secteurs. Les marchés financiers se sont attelés à évaluer les risques financiers du Brexit. L’incertitude économique s’est accrue et a commencé à entamer la confiance et les investissements productifs, avec de possibles répercussions sur la croissance.

Incertitude des relations Royaume Uni/UE

L’incertitude dans les relations entre l’Union européenne et le Royaume-Uni, notamment en ce qui concerne la négociation d’un futur accord commercial, pourrait engendrer des réticences au sein du bloc européen.

Selon l’ANALYSE de POLITIQUE de to CEP, deux scénarios possibles sont envisageables. Dans le scénario optimiste, le Royaume Uni s’arrange pour rester membre de l’Espace Économique Européen à l’instar de la Norvège et de la Suisse, ce qui lui permettra de conserver son accès au marché intérieur européen.

Certains analystes doutent toutefois de la capacité de cet ancien poids lourd de l’Union à obtenir une concession aussi favorable. Le revers de la médaille serait alors une augmentation des coûts liés au commerce pour le Royaume-Uni.

Il y a de bonnes raisons de croire à la hausse des coûts liés au commerce dans le cadre du Brexit. On assisterait alors à une hausse des barrières tarifaires entre l’Union Européenne et le Royaume-Uni. S’ensuivrait une augmentation des obstacles non-tarifaires découlant des réglementations, des contrôles douaniers aux frontières etc.

Plus d’accès au marché intérieur européen

Dernière conséquence et pas des moindres, le Royaume-Uni ne prendrait pas part aux négociations sur le resserrement des liens au sein de l’Union avec en prime la réduction des barrières non-tarifaires.

Dans un tel cas de figure, l’État sortant n’aurait plus accès au marché intérieur européen et n’aurait plus l’obligation d’offrir un accès illimité à son marché national aux autres États membres. Les produits britanniques seraient alors régis par les règles

de l’Organisation Mondiale du Commerce et pourraient faire face à des droits de douanes élevés et d’autres obstacles d’accès au Marché Unique européen.

Le rapport Open Europe`s (2015) stipule que le PIB du Royaume-Uni pourrait chuter de 2,2 % s’il sort de l’EU en échouant à conclure un accord avec l’union ou s’il se tourne vers le protectionnisme. Selon les avis de nombreux économistes, la meilleure alternative pour le Royaume-Uni serait l’adoption de politiques libérales et de déréglementation du marché.

Une période d’ajustement indéterminée

Dans ces circonstances, Chris Giles d’un rapport et Emily Cadman FT (2016), pi 03.01.2016, affirment : « les économistes s’accordent sur très peu de questions et le Brexit en fait partie. Ils sont tous convaincus qu’une sortie de la Grande-Bretagne de l’EU aurait des répercussions négatives sur les perspectives économiques du pays. Dans le sondage annuel du Financial Times, réunissant plus de 100 experts, tous sont d’avis qu’un Brexit ne serait pas bénéfique pour la croissance du pays en 2016 »

En dépit du fait, une période de l’ajustement, pourrait apporter Sterling plus faible, augmentations sur le chômage, mais personne ne sait combien de temps ceci durerait et durement la rationalisation du secteur public accompagnerait la reconstruction de l’économie privée.

Cette incertitude est non seulement économique, mais aussi politique et économique. Qu’adviendrait-il de l’Écosse ? Quel traitement sera réservé à la question de la frontière entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande. Quel sera le sort de Gibraltar ? Le Brexit serait-il le modèle « d’effet papillon » entraînant une fragmentation du pays ?

La ligne dure défendue par le nouveau Premier ministre britannique, Theresa May, confirme les inquiétudes au sujet du statut et des droits des travailleurs européens établis au Royaume-Uni. Entre 2001 et 2011, la contribution des immigrants de l’Espace Économique Européen représentait 34 % du système fiscal.

Chômage et libre circulation des personnes

Britannique, un pourcentage supérieur aux bénéfices retirés par ceux-ci, avec une contribution fiscale nette s’élevant à 22,1 Md£. Cependant, de nombreux partisans de la sortie font le lien entre chômage et libre circulation des personnes. La pression exercée sur le système national de sécurité sociale serait également selon eux une conséquence directe de cette libre circulation.

Selon certaines sources en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l’Union, le Brexit permettrait par exemple d’économiser 350 M£ (US 500 M$) par semaine, une somme qui pourrait bénéficier au système national de santé ou à d’autres services.

Cette affirmation est erronée. La réalité montre que le Royaume Uni assume pleinement une grande part de ses dépenses publiques. La contribution du gouvernement britannique au budget européen s’élevait environ à 8,8Md£, soit un peu plus de 1 % de ses dépenses publiques estimées à 735 milliards en 2014-2015.

Des risques politiques

En conclusion, la plupart des analyses économiques et les avis des analystes démontrent que le Royaume Uni pourrait survivre et même prospérer en tant qu’État indépendant hors de l’Union Européenne. Le coût économique de cette sortie pourrait ne pas être aussi élevé et pourrait même sur long terme s’avérer bénéfique.

Toutefois, le Brexit présente des risques aussi bien pour le Royaume-Uni que pour l’Europe. Au lendemain des résultats du référendum, les effets du Brexit pourraient mener à l’éclatement du Royaume-Uni.

Comme l’a souligné le président Donald Tusk, l’union fait la force. Le Brexit ne doit pas devenir un modèle encourageant la fragmentation. Les bénéfices de la collectivité, de la réciprocité et de l’interdépendance doivent être mis en avant par toutes les nations alliées pour l’avènement d’un bien-être économique mondial.