Réduction du CO2 : le bilan curieux du Réseau de Transport d’Electricité

RTE vient de casser le thermomètre dans le bilan électrique 2017 de la France, masquant partiellement l’augmentation des émissions de CO2 du système électrique français.

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Réduction du CO2 : le bilan curieux du Réseau de Transport d’Electricité

Publié le 26 février 2018
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Par Michel Gay et Jean-Pierre Riou.

RTE (Réseau de Transport d’Électricité) vient tout simplement de casser le thermomètre dans le bilan électrique 2017 de la France pour masquer partiellement  l’augmentation des émissions de CO2 du système électrique français !

Biomasse : casser le thermomètre pour faire tomber la fièvre

La confusion entre les objectifs et les moyens pour limiter l’évolution du réchauffement climatique a permis l’essor des énergies renouvelables, même en France où le parc de production d’électricité n’émet quasiment pas de CO2 qui contribuerait à l’effet de serre.

Avec l’émission de presque une tonne de C02 par mégawattheure (tCO2/MWh) d’électricité produite, les énergies renouvelables telles que la biomasse, le biogaz, ou les bio-déchets sont parmi les plus émettrices de CO2 avec… le charbon.

Leur bénéfice environnemental est donc pour le moins contestable.

La réduction de CO2 la plus radicale consiste donc… à ne plus en comptabiliser les émissions, comme le montre ci-dessous la comparaison du bilan RTE de 2016 et celui de 2017. Les émissions des bioénergies de 2016, dans le bilan 2016, étaient de 6,2 millions de tonnes de CO2 (MtCO2), et elles ne sont plus que de 1,6 MtCO2 pour la même année dans le bilan 2017.

Édition 2016 :

Édition 2017 :

RTE

(Source Bilans annuels RTE)

L’édition 2017 du bilan électrique de RTE peut ainsi vaillamment « mettre en relief les premiers effets de la transition énergétique en France« .

En 2017, pour les Unité d’Incinération d’Ordures Ménagères, « seule la part non renouvelable est prise en compte dans les émissions, soit 50% de la production » (!)

Les émissions de la biomasse et autres biocombustibles ne sont donc plus prises en compte, laissant supposer une diminution de 4,6 MtCO2, alors que seul le thermomètre a été cassé.

Mais, en conservant les critères employés les années précédentes, c’est bien 32,5 MtCO2 (et non 27,9 MtCO2) que le parc électrique français a émis en 2017.

Les trois réacteurs « secrets » de la France

Le parc électrique français s’est doté de trois réacteurs nucléaires supplémentaires entre 2011 et 2013 dans la plus grande discrétion médiatique.

Plus exactement, les trois réacteurs du Tricastin d’une puissance totale de 3000 mégawatts (MW) qui étaient dédiés au fonctionnement de l’usine Eurodif d’enrichissement d’uranium ont été libérés pour la consommation nationale avec son remplacement par la nouvelle usine Georges Besse qui n’exige que 60 MW.

Cette réorientation a permis, dans le même temps, la fermeture de la stricte équivalence en puissance en centrales à charbon.

Pour autant, ces trois « réacteurs secrets » n’apparaissent nulle part dans l’évolution du système électrique puisqu’ils étaient déjà construits.

La baisse des émissions ainsi permise apparaît clairement sur le graphique ci-dessous, et certains l’ont attribuée… au développement des énergies renouvelables.

(D’après Bilan RTE 2017)

Les effets de l’intermittence, ou comment polluer plus en produisant moins…

La consommation d’électricité est globalement stable en France depuis plus de 10 ans.

Celle de 2008 est quasiment identique à celle de 2017, ainsi que la puissance conventionnelle pilotable du parc de production (113,4 gigawatts (GW) en 2008, et 109,5 GW aujourd’hui). Les 3,8 GW « manquants » ont été presque intégralement compensés par l’apport des 3 GW du Tricastin.

Constatation : les énergies intermittentes sont incapables de remplacer la moindre puissance pilotable installée.

En Allemagne, 100 000 MW intermittents éolien/solaire n’ont pas permis la diminution d’un seul MW pilotable depuis 2002, parce qu’en cas de pic de consommation les gestionnaires de réseau ne peuvent compter sur quasiment aucune production garantie de puissance solaire et éolienne.

Ces énergies renouvelables imposent donc des à-coups de fonctionnement aux centrales chargées de prendre le relais quand la nuit et/ou le vent tombent.

Cependant, aucun bilan ne montre l’augmentation des facteurs de pollution des centrales concernées par ces fonctionnements erratiques, loin d’être optimaux pour les émissions de CO2.

Pourtant cette augmentation est parfaitement connue.

Malgré son tour de passe-passe discret, RTE indique dans son bilan 2017 que les émissions de CO2 du parc électrique français sont en augmentation pour la troisième année consécutive.

Il faut donc comprendre que ces émissions ont augmenté d’avantage que les chiffres ne le suggèrent.

RTE explique notamment cette augmentation par la moindre disponibilité du parc nucléaire en raison des contrôles de l’autorité de Sûreté Nucléaire (ASN).

Ce qui confirme l’analyse de Environmental Progress qui rappelle la corrélation directe entre développement hydraulique et/ou nucléaire et la réduction des émissions de CO2, ainsi que l’absence de tout lien de ce type avec les développements éolien et/ou solaire.

Chaque nouveau projet éolien ou solaire fait pourtant fièrement état de la quantité de CO2 qui sera évitée grâce à lui.

La comparaison des différents mix énergétiques mondiaux infirme cette assertion, mais il suffit peut-être de casser le thermomètre… pour le faire croire.

Voir les commentaires (13)

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  • celui qui dira la vérité sera pendu!!!
    le seul remède :::TAXES…. la pollution augmente à Paris après diminution dû diesel..l’essence pollue plus ….
    et demain tout en electrique ?
    au faite il faut interdire les avions et le transport maritimes..en 68 il était interdit d’interdire ,en 2018 tout ce qui gêne sera interdit …

    • les émissions de CO2 ou les particules ou les deux étant donné les congestions de trafic délibérément causées par la mairie?

  • Le CO2 est le gaz qui fait pousser les plantes.
    Pourquoi faut-il alors en limiter la production? Parce que les plantes poussent trop vite? Non, mais parce que les politiques essaient de nous faire croire que ce gaz a une influence directe et forte sur le climat, ce qui leur permet de taxer et réglementer. Les scientifiques, sauf ceux qui sont payés par les politiques, estiment que le climat est très complexe et que le rôle du CO2 est mal connu et probablement faible.

    • A contrepied :
      Vous savez quelle est la concentration actuelle de ce gaz dans l’atmosphère terrestre ou non ?
      Savez vous quelle est la différence entre la concentration qu’il y avait avant la dernière DÉglaciation et avant l’ère pré-industrielle ? Avant la dernière DÉglaciation et maintenant ?

      Si non, alors renseignez vous et apprenez quelle est la puissance du CO2 même en faible voire très faible concentration dans l’atmosphère. Le CO2 est le principal, mais pas le seul évidemment, sauf que la vapeur d’eau (souvent citée pour décrédibiliser « les réchauffistes » comme certains les appellent dans ce magazine, elle ne varie pas autant et en plus si la vapeur d’eau augmente, c’est probablement une boucle de rétroaction positive de l’effet des autres GES et pas l’inverse !
      Voila pourquoi il vaut mieux parler de gaz a effet de serre ou GES. Les journaleux qui n’ont toujours pas compris préfèrent parler de CO2 car c’est plus simple a expliquer que les gaz a effet de serre incluant un grand nombre de gaz et en plus l’explication de ce c’est que l’effet de serre naturel.
      A bientôt 10 Gigatonnes de plus ajouté dans l’atmosphère chaque année, il
      est clair que l’effet de serre naturel est largement augmenté et amplifié, de manière inégale géographiquement et saisonnièrement sur le globe, mais en MOYENNE largement augmenté.
      La démonstration des raies d’absorptions du CO2 n’est plus faire depuis plus d’un siècle … Si le « système terre » est effectivement complexe, il me parait clair qu’avec l’augmentation du nombre de combustions liées a l’activité économique humaine et la déforestation ainsi que le pillage des océans (en plus de leur acidification) n’est pas de nature a arranger les choses.
      Certes les plantes auront une meilleure croissance, mais seulement là ou elles ne manqueront pas d’eau et ou le climat local n’aura pas asséché ou noyé les terres arables.

      Qui sont les scientifiques dont vous parlez ? Les climatosceptiques qui sont moins de 5% a élaborer des théories douteuses démenties par les mesures et analyses des plus de 95% restants ? Par qui sont-ils payées ces moins de 5% de climatosceptiques si ce n’est pas par le gouvernement ?

      • 10 perroquets répètent une ânerie, ça reste une ânerie.
        1 million de perroquets (ou 95%) répètent la même ânerie, ça devient une vérité universelle.

      • il y a certainement des sceptiques qui disent n’importent quoi…sauf que…sorti du calcul radiatif direct lié à l’augmentation du CO2 , on entre dans le domaine de l’hypothèse..autrement dit il n’y a rien de quantitatif dans la théorie qui ne soit certain.

    • Oui, l’augmentation de la teneur en CO2 atmosphérique permet d’accroitre la croissance végétale: arbres, algues, céréales, etc. et de lutter contre la faim dans le monde. C’est une bénédiction pour la planète qui souffre surtout de surpopulation mal maîtrisée, problème autrement plus grave que quelques GES en trop.

  • On aura fait un joli progrès (en fait un simple retour à la raison) quand on arrêtera de parler d’émissions de CO₂ et de prendre en compte ce paramètre notre politique énergétique.

    • il faut lire « …prendre en compte ce paramètre pour notre politique énergétique. »

    • La France a tout intérêt de ne plus importer de combustible fossiles (99% !) qui représentent 95% du déficit de notre balance commerciale annuelle…
      Or, ce que démontre Michel GAY dans cet article et bien d’autres, c’est que les ENR électriques qui coutent un bras, polluent, sont intermittentes et fatales engendrent la perpétuation des centrales fossiles et/ou fortement émissives de GES, entre autres

      C’est donc la preuve que ces machines DESSERVENT la cause climatique et non l’inverse comme on essayent de le faire croire aux masses.

      Il ajoute les descriptions des petits trucages des chiffres sur le nucléaire faites par RTE dont la présidence a été prise par l’ancien président de la commission de Ségolène qui a élaboré le plan de la LTE ruineuse (François Brottes) …
      Il s’agit donc bien d’un poste stratégique pour nous refiler les manipulations politiques infiltrées par des militants douteux dans l’administration. Pour avoir regardé les débats de cette LTE, je peux vous dire que celui-ci faisait des réponses cinglantes mais néanmoins insensés pour asseoir sa présidence de commission…

      • quoi?????????????? la france n’a pas interet à importer d’energie fossile…donc si demain matin on prend notre courage à deux mains et qu’on arrêt de le faire..tout ira mieux..tout ça parce que vous voyez un lien de cause à effet entre coût des importation de fossiles et déficit commercial…

  • Il faut arrêter de mettre au crédit du nucléaire une moindre production de CO2: c’est vrai mais ça ne sert quasiment à rien!
    Le CO2 atmosphérique provient à 98 % ou 99% du dégazage des océans consécutif au réchauffement, et seulement 1 à 2 % des activités humaines, le CO2 atm étant en équilibre thermodynamique avec le CO2 dissous dans les océans, le CO2 artificiel ajouté ne jouant que très marginalement. Le CO2 est la conséquence et non l’origine du réchauffement, lui-même dû aux cycles solaires. Ce qui fait que toutes ces simagrées autour de « l’empreinte CO2 » sont, au minimum une énorme erreur scientifique, sinon une manœuvre malhonnête colportée par des perroquets idéologues à la culture scientifique incertaine.
    Cette triste histoire a assez duré! Il faut que le monde du nucléaire se ressaisisse et qu’il reste scientifiquement crédible, d’autant qu’on va entrer dans peu de temps dans une période froide et qu’on aura besoin du nucléaire pour se chauffer.

    • Citez vos sources a propos de ces chiffres

      Ce que vous décrivez là s’appelle une boucle de rétroaction mais en aucun cas l’origine du CO2 additionnel. Ce co2 additionnel est tout a fait naturel dans le cas es activité industrielle ou non. Il résulte de la chimie thermodynamique de ce qu’est une combustion du carbone. Ce qui n’est plus sous terre est dans l’air et pas dans les cendres …

      « des perroquets idéologues à la culture scientifique incertaine. » qui sont tout de même plus de 95% des physiciens du climat du globe …ça fait bcp trop d’ignorants ou de faux scientifiques a mon avis.

      Se chauffer au nucléaire sera très difficile en France et en Europe continentale a cause de l’allemagne et sa communication antinucléaire agressive et massive depuis bientôt 40 ans !
      Tenez compte des réalités politiques de notre société aussi…

  • Les commentaires sont fermés.

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