La courbe effrayante

L’endettement mondial est tel qu’il est impossible que les dettes soient honorées. Nous nous dirigeons donc vers un jubilé ou l’hyperinflation.

Par Simone Wapler. 

Lorsque j’ai publié Pourquoi la France va faire faillite, en 2012, je n’avais pas imaginé une chose qui ralentirait cette issue fatale : les taux d’intérêt nuls ou négatifs.

Je pense que quiconque aurait écrit en 2012 que les taux d’intérêt pouvaient devenir négatifs aurait été interné en asile psychiatrique.

Évidemment, entre 2012 et maintenant, la situation des finances publiques de la France ne s’est pas améliorée, elle n’a fait que se dégrader. L’État contrôle 57% de l’économie de notre pays et l’État n’est pas un bon gestionnaire.

Ce sont les manoeuvres de la Banque centrale européenne qui ont protégé les gouvernements Sarkozy et Hollande de la faillite et nous ont conduit à ceci :

-1- Rendement de l’emprunt d’État français à 10 ans

-2- Dette de la France

Pendant que la dette publique gonflait, les taux d’intérêt baissaient.

Les épargnants se faisaient plumer mais l’État pouvait continuer à vivre sur un grand train (je ne parle pas que de la SNCF, évidemment).

Notez bien, cher lecteur, qu’à taux zéro, la dette peut être infinie !

En gros, l’endettement public de la France correspond à 96% de son économie.

L’endettement privé à 234%. Le tout fait donc 330%.

Supposons que les taux d’intérêt à 10 ans reviennent à 3%, comme en 2012. Il faut prélever 9,9% au PIB pour rembourser le stock de dette. C’est évidemment impossible sans causer une effrayante dépression. Notre croissance qui fait glousser d’aise les commentateurs est de 2,4%.

Pourtant, la situation de la France n’est pas exceptionnelle, elle est même « normale ». Voici la courbe qui devrait effrayer le monde… s’il n’était pas anesthésié par la fausse monnaie.

Comme vous le verrez sur ce graphique, le poids de la dette publique et privée dans le monde pèse trois fois le PIB mondial.

Dans l’ensemble du monde, la dette a grossi sans aucun rapport avec l’économie qui la soutient. Il est impensable de la rembourser avec des intérêts à des niveaux normaux sans prélever 10% du PIB.

Il y a donc deux solutions :

  • Le jubilé, l’effacement des dettes
  • L’hyperinflation

Si les banquiers centraux laissent monter les taux longs, nous aurons droit au jubilé présidé par le FMI.

S’ils reprennent les expérimentations monétaires, nous aurons droit à l’hyperinflation.

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