Créations d’entreprises : l’État se trompe encore

Keys by Erik Jaeger(CC BY-NC 2.0)

L’État continue à vouloir aider les entrepreneurs, mais encore une fois il n’identifie pas la bonne solution.

Par Valérie Pascale.

À partir du 1er janvier 2019, tous les créateurs et repreneurs d’entreprises seront éligibles à l’Accre, aide à la création ou reprise d’entreprise, qui pour le moment concerne principalement les demandeurs d’emploi. Mais ce ne sont pas l’Accre ni les autres aides de l’État qui vont relancer les créations d’entreprises et résoudre le chômage…

L’aide aux chômeurs créateurs ou repreneurs d’entreprise (Accre) consiste en une exonération partielle de charges sociales pendant les douze premiers mois d’activité.

Actuellement certains créateurs et repreneurs d’entreprise (essentiellement les demandeurs d’emploi et bénéficiaires des minima sociaux) dont les revenus d’activité sont inférieurs au plafond annuel de la Sécurité sociale, soit 39 732 euros en 2018, peuvent bénéficier, sous certaines conditions, de l’exonération de cotisations sociales « Accre » pendant les douze premiers mois d’activité (ou trois ans pour les micro-entrepreneurs).

La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2018 prévoit qu’à compter du 1er janvier 2019, tous les créateurs et repreneurs bénéficieront de cette exonération (renommée « exonération de début d’activité ») qui sera, comme actuellement, totale en cas de revenu annuel inférieur aux trois quarts du plafond de la Sécurité sociale, et dégressive entre les trois quarts du plafond et le plafond.

Ainsi, l’État continue de montrer son désir d’aider les entrepreneurs et de relancer les créations d’entreprises en France pour résoudre le chômage. Mais, encore une fois, la solution n’est pas bonne. Si la mesure n’est pas mauvaise en soi, il est naïf de croire que l’Accre et les autres aides de petits montants fournies par l’État aux créateurs et repreneurs d’entreprises, puissent avoir un effet visible sur le chômage.

Seule la création et le développement d’une multitude de jeunes entreprises à forte croissance pourront en avoir un. Et pour les faire émerger, leurs besoins de financement et d’accompagnement sont bien plus considérables.

Ce sont les business angels et non l’État qui sont les mieux placés pour les leur fournir. Au vu du caractère risqué de l’investissement dans des jeunes entreprises, de nouvelles incitations fiscales sont cependant nécessaires.

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