Grippe : la course entre l’homme et le virus

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By: Daniel Paquet - CC BY 2.0

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Grippe : la course entre l’homme et le virus

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 13 janvier 2018
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Par Richard Guédon.

La grippe atteint des millions de personnes chaque année dans le monde et en tue des centaines de milliers, notamment les plus vulnérables.

Chaque année, dans le monde entier, scientifiques et industriels collaborent pour prendre de vitesse des virus qui modifient sans cesse leurs gènes. Le vaccin ainsi obtenu permet d’éviter 3 décès sur 4 et de contenir de potentielles pandémies aux effets cataclysmiques.

Très contagieuse, la grippe atteint des millions de personnes chaque année dans le monde. Pour la plupart des malades, elle reste bénigne mais quand elle touche des personnes au système immunitaire affaibli, elle peut être mortelle, tuant des centaines de milliers de personnes, notamment des personnes âgées et des enfants.

Grippes saisonnières et pandémies

En France, la grippe saisonnière sévit en général entre octobre et avril, elle touche chaque année entre 2 et 8 millions de personnes et provoque en moyenne entre 4000 et 6000 morts, parfois beaucoup plus.

Les virus grippaux, dont le génome évolue rapidement, sont parfois à l’origine d’épidémies encore plus sévères de dimension mondiale que l’on appelle pandémies. On a ainsi gardé en mémoire la « grippe espagnole » en 1918, responsable de 20 à 40 millions de morts dans le monde mais il y eut aussi des pandémies en 1957 et 1968 qui provoquèrent respectivement 2 et 1 million de morts.

Signes et évolution

1 à 4 jours après la contamination apparaissent les symptômes : une forte fièvre, souvent au-dessus de 39°, un malaise intense, des douleurs musculaires, des maux de tête, une toux sèche, une irritation du nez et de la gorge, une grande fatigue. Si l’on compare à un simple rhume, les symptômes sont beaucoup plus sévères et, surtout, ils arrivent d’un seul coup, d’une heure à l’autre, comme un  « coup de fusil ».

Quelques jours au lit, une à deux semaines de convalescence et la majorité des gens guérissent sans traitement médical. En revanche la grippe menace plus sérieusement les petits enfants, les personnes âgées et les malades souffrant déjà de maladies graves : pneumonies, sida, diabète, cancer, affections cardiaques ou rénales…. Elle peut alors provoquer de graves complications notamment respiratoires et parfois même la mort.

Mécanisme des épidémies et pandémies

La grippe est une maladie infectieuse causée par le virus influenza qui s’attaque surtout aux voies respiratoires supérieures, le nez, la gorge, les bronches. C’est à l’origine une maladie des oiseaux, pour lesquels on parle de grippe « aviaire », qui l’ont  transmis à l’être humain mais aussi aux porcs, chevaux, phoques, cétacés, félins, furets, souris.

Les virus dangereux pour l’homme appartiennent à deux groupes, A et B, et la grande variabilité de leur génome les fait évoluer très rapidement, ce qui les rend difficile à combattre.

Glissement et cassure antigénique

Les virus de la grippe peuvent évoluer par un premier mécanisme appelé glissement antigénique : ce sont des mutations de gènes qui provoquent des modifications mineures du virus : si une personne a déjà contracté une grippe précédemment, l’immunité acquise la protège contre ce nouveau virus qui « ressemble » au premier.

Cependant, l’accumulation des modifications peut aboutir à une moindre reconnaissance du nouveau virus par les systèmes immunitaires ayant déjà rencontré ces virus. Ces changements sont progressifs, ce qui explique que la plupart des épidémies qui naissent de ce processus sont de faible ou de moyenne importance. Ce sont les épidémies saisonnières.

Pour les virus de type A, il existe un deuxième mécanisme de variation qui peut être à l’origine d’épidémies plus sévères : on parle de « cassures » dans le matériel génétique des virus.

Celles-ci donnent naissance à un nouveau virus, totalement différent de celui à partir duquel il est né ; si son code génétique le rend plus virulent, plus transmissible, ou plus résistant, il peut s’étendre comme une traînée de poudre et toucher le monde entier, donnant une pandémie. Dans ce cas, l’immunité acquise au cours d’épisodes grippaux précédents ne protège pas et un vaccin préparé avec les souches précédentes est inefficace.

Transmission d’une personne à un autre

Les virus se transmettent facilement par voie aérienne, au moyen de micro-gouttelettes lorsque les malades parlent, toussent ou éternuent. Ceux-ci sont contagieux un jour avant l’apparition des premiers symptômes et le restent pendant 7 jours mais on peut aussi être contaminé par contact avec des surfaces où se trouvent des virus car ceux-ci survivent quelques heures hors de l’organisme.

Se cacher la bouche quand on tousse, se laver les mains, porter un masque sont logiquement des mesures qui permettent de réduire la transmission des virus.

Traitements

Les traitements de la grippe déclarée sont surtout destinés à atténuer les symptômes, en particulier la fièvre. Il y a aussi des médicaments directement actifs contre les virus mais ils sont peu utilisés parce que la grippe saisonnière guérit la plupart du temps spontanément et parce qu’ils sont  modérément efficaces, chers et pas toujours bien tolérés.

Le traitement efficace c’est la vaccination

Chez les adultes en bonne santé, le vaccin évite 4 cas de grippe sur 5 en moyenne ; chez les personnes âgées, 2 grippes sur 3 et 3 décès sur 4 sont évités. La vaccination permet en outre de maîtriser potentiellement des pandémies d’autant plus cataclysmiques que les pays sont plus pauvres.

Une course contre la montre

Les modifications génétiques constantes des virus grippaux imposent d’ajuster la composition du vaccin pour y introduire les souches les plus récentes en circulation. Cette opération complexe donne lieu chaque année à une prouesse scientifique et industrielle à l’échelle mondiale.

Le réseau mondial de l’OMS rassemble des correspondants dans le monde entier, contrôle les types de virus en circulation et identifie rapidement les nouvelles souches.

En centralisant ces données l’OMS recommande chaque année la composition du vaccin pour qu’il soit efficace contre les trois souches les plus récentes en circulation. Dernière étape de cette course contre le virus, les industriels fabriquent au plus vite le « cru » de l’année pour la prévention des épidémies ou des pandémies à venir.

Face à l’agression mondiale répétée variable et intelligente d’une espèce de micro-organismes, l’espèce humaine tout entière mobilise son intelligence et sa technologie pour défendre ses membres les plus vulnérables.

Les effets indésirables des vaccins

Comme tous les traitements efficaces, les vaccins peuvent avoir des effets indésirables, mais le risque de souffrir de complications graves dues à la grippe est sans commune mesure avec celui des effets indésirables liés à une vaccination.

Chez 1 personne sur 4 on constate une rougeur ou une douleur au point d’injection. 1 personne sur 15 va avoir de la fièvre ou des douleurs musculaires ou de légères nausées. Ces réactions sont bénignes et disparaissent rapidement.

La vaccination provoque parfois une allergie bénigne mais les réactions allergiques graves comme un choc ou un œdème de Quincke sont rarissimes.

Le syndrome de Guillain-Barré est observé 1 fois sur un million de personnes vaccinées alors qu’il se manifeste beaucoup plus fréquemment chez les personnes atteintes de la grippe.

Les personnes auxquelles on recommande la vaccination

La vaccination antigrippale est donc logiquement recommandée pour les personnes suivantes :

  • les personnes âgées de 65 ans et plus
  • les personnes (adultes et enfants) atteintes de certaines maladies chroniques
  • les femmes enceintes
  • les personnes obèses (avec un indice de masse corporelle IMC ≥40)
  • les personnes séjournant dans un établissement de santé de soins de suite ou dans un établissement médico-social d’hébergement quel que soit leur âge (pour limiter la diffusion du virus dans une collectivité)
  • les professionnels de santé ou tout professionnel en contact régulier et prolongé avec des sujets à risque
  • l’entourage familial (personnes résidant sous le même toit, nourrice et contacts réguliers,) des nourrissons de moins de 6 mois qui présentent des facteurs de risque de grippe grave
  • le personnel navigant des bateaux de croisière et des avions, et le personnel de l’industrie des voyages accompagnant les groupes de voyageurs
  • toutes les personnes désirant éviter la gêne personnelle ou professionnelle occasionnée par la grippe

Revenir au bon sens au pays de Pasteur                                                        

Les enquêtes montrent, hélas, que le pays de Pasteur est le plus « vaccinosceptique » de tous les pays développés et qu’on y croit davantage à l’efficacité de l’homéopathie, patamédecine s’il en est, qu’à celle des vaccins. Les causes de cette triste réalité sont nombreuses et profondes mais il est du devoir de tous les humanistes héritiers des Lumières d’argumenter sans relâche et de plaider, chiffres en mains, le simple bon sens.

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  • je connais pas mal de personnes agées qui font de la prévention via l’homéopathie ; apparemment , ça leur réussit bien , du coup elles ne se font pas vacciner ;

    • que des personnes en bonne santé prennent des gélules de sucre ne va effectivement pas les rendre malades, donc, ça leur réussit bien, en effet. la suite sera moins drôle…

      • @jabo

        Alertes Statines,affaires Médiator,Dépakine,etc…

        Dans certains cas ( heureusement rarissimes),la suite pourrait être moins drôle!

      • Vous n’avez jamais vu d’homéopathie; contre la grippe, des granules d’oscillococcinum et je suis tranquille. Ce n’est pas du sucre, c’est un message transmis par la mémoire de l’eau (cf Benveniste). Pour comprendre cela il faut s’intéresser à la physique quantique, la science de l’avenir, qui gène bien sûr la logique chimique des industries pharmaceutiques. Ouvrez vos horizons…

        • La communauté scientifique a démontré que la thèse de la mémoire de l’eau est bidon.

          • @xc
            « La communauté scientifique a démontré … »

            Vous savez, ce qui a le plus fait avancer la science ce n’est pas la communauté scientifique mais les dissidents qui résistaient au consensus de ce milieu finalement très conservateur.

            Ceci dit, je crois peu à l’homéopathie et la théorie de la mémoire de l’eau me laisse très sceptique, même si ses réfutations tombent le plus souvent à côté de la plaque.

        • La physique quantique n’a rien à voir avec les effets placebo.
          Sans compter que je doute que ceux qui se sont faits hospitaliser pour avoir préféré les granules au vaccin soient prompts à se manifester pour reconnaître qu’ils n’ont peut-être pas eu la démarche la plus habile.

          • @MichelO
            il est prouvé que l’état de notre système immunitaire reste déterminant comme barrière contre toute maladie.
            N’oublions pas que s’il est trop défaillant aucune prothèse médicale « miracle » ne pourra le remplacer.
            Le défi actuel pour la science est bien d’essayer de comprendre son fonctionnement.

    • Moi je prends du miel au petit dej. Jusqu’à maintenant ça me protège de la grippe et de tout un paquet d’autres maladie. Ca me permet aussi de me protéger des accidents de la route et des licenciements ( pour preuve mon conjoint qui n’en prend pas a subit ces 2 evenements). Mon papa (qui n’a jamais pris de miel au petit dej, il préfère le fromage) a déjà choppé une grippe carabinée. Par contre depuis il préfère se faire vacciner que de prendre du miel, va comprendre. Figurez vous que mon grand père qui n’a jamais pris de miel de sa vie en est finalement décédé…

    • Jean Roule Du Cable
      16 janvier 2018 at 1 h 07 min

      Il y a en effet un indéniable effet placebo avec l’homéopathie. Pour le reste… Mais l’effet placebo, c’est déjà pas mal.

  • C’est bien beau tout ça mais il faut aussi voir le côté financier ,le coût d’un vaccination générale est considérable , demandez à bachelot….il n’empêche qu’une vaccination obligatoire programmée serait une bénédiction pour notre sécu..et pour les médecins surbookés

  • Jean Roule Du Cable
    16 janvier 2018 at 1 h 03 min

    Bof…
    Si aujourd’hui la vaccination a baissé dans l’estime des Français, c’est bien l’Etat, les autorités médicales, l’OMS qui en sont responsables. Et c’est daté : 2009/OMS/Bachelot/grippe H1N1.
    Le jour où les médecins ne seront plus décideurs de comment mener nos vies, que ce soit sur la route (Got et Cie) ou n’importe où ailleurs, on aura progressé. D’ailleurs, les ministres de la santé, qui furent aussi médecins ont plutôt été mauvais dans leur genre. Il n’est pas dit que Buzyn échappe à cette malédiction.
    Autre chose : vacciner les vieux ne sert pas à grand chose, au mieux, la vaccination présente peu d’intérêt pour eux, au pire, ses conséquences sur des organismes fragiles peuvent être redoutables (*).
    L’idéal serait de vacciner les enfants (pour les protéger eux) et les adultes (qui risquent peu), pour que tous ceux-ci puissent éviter au vieux d’être malade. En ce sens, la vaccination contre la grippe est un

    • Jean Roule Du Cable
      16 janvier 2018 at 1 h 05 min

      acte vraiment altruiste, contrairement au vaccin contre le tétanos, par exemple.

      (*) mes pauvres parents ne sont faits vacciner une seule fois dans leur vie, ils ont fini très rapidement à l’hôpital, ma mère a été particulièrement atteinte, elle est restée près d’un mois dans une sorte de coma…

      • @JRDC

        Vous avez raison de mentionner le vaccin contre le tétanos qui semble un cas particulier:
        il ne s’agit pas évidemment de rejeter en bloc toute forme de vaccination!

        http://rougeole-epidemiologie.overblog.com/vaccination-contre-le-t%C3%A9tanos-et-d%C3%A9sinformation

        • Jean Roule Du Cable
          17 janvier 2018 at 0 h 43 min

          Ce n’est pas un cas particulier. C’est aussi le cas des vaccins contre la diphtérie ou contre la polio. Qui sont, ironie de l’histoire, avec le tétanos, les trois seuls vaccins obligatoires jusqu’en 2018. La vaccination contre la diphtérie et contre la polio vous immunise contre ces bébètes, mais vous laisse porteur sain.
          En réalité, ce qui est l’exception, dans le domaine vaccinal, c’est la vaccination contre la variole, qui est régulièrement mise en avant : immunisation, arrêt de la propagation et disparition de l’agent pathogène.
          Quant au vaccin contre la rougeole, qui a constitué le fer de lance dans la parole gouvernementale pour imposer l’obligation vaccinale, c’est une vraie pantolonnade. Un cas mortel par an pendant la dernière décennie. Jadis, tous les enfants chopaient la rougeole (et la varicelle, et les oreillons…).
          L’Etat ferait mieux de s’occuper de ce qui le concerne au premier chef : les maladies nosocomiales dans les hopitaux publics. 5000 morts par an, nous dit-on.
          Je ne prétends pas qu’il ne faut pas se faire vacciner, mais je considère que la réponse ministérielle (11 vaccins obligatoires) à la demande du Conseil d’Etat de régler la disponibilité du vaccin tri-valent (tétanos, polio, diphtérie) sur le marché français est une réponse politique et pas une réponse sanitaire.
          Et contrairement à la ministre, je ne pense pas que la coercition (les enfants non vaccinés ne peuvent être inscrits ni en crèche ni à l’école) soit de nature à redonner confiance dans la vaccination et dans l’Etat.

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