L’ascension des cryptomonnaies pourrait tuer Netflix

Les cryptomonnaies font planer des doutes sur « l’ordre » d’aujourd’hui… Ces monnaies virtuelles pourraient décentraliser l’épargne et l’investissement.

Par Henry Bonner. 

L’adoption de la blockchain marquera-t-elle la fin des banques d’affaire, des BNP Paribas et Goldman Sachs… et même la fin des « mégapoles » de la finance comme Londres, New York, ou Hong Kong ?

Sans la nécessité de rassembler l’épargne sous l’enseigne de banques, d’assurances-vie, et des gérants de fonds, alors le monde changera d’allure… « L’intermédiation », pour reprendre la terminologie des banquiers, ne serait plus nécessaire.

En plus de mettre fin à l’hégémonie des géants de la finance, le changement toucherait peut-être aussi certains groupes de la Silicon Valley…

Quantité de start-ups et de sociétés – dont par exemple Uber, Netflix, et Tesla, valorisées des dizaines de milliards d’euros – dépendent des fonds de Wall Street pour survivre. Ils ne font pas de bénéfices.

D’autres comme Amazon gagnent une maigre pitance, en profits, en comparaison à la valorisation du groupe.

Sans Wall Street, La Défense, et la City de Londres, le monde n’aurait sans doute pas les méga-start-ups d’aujourd’hui, sans bénéfices, valorisées des dizaines de milliards d’euros…

Ces sociétés font partie d’un fantasme du XXIème siècle : le « quelque chose pour rien. » Elles survivent uniquement par la force des promesses et de l’imagination des investisseurs… et non par la rentabilité de leurs opérations.

Une activité, surtout à l’échelle de Netflix ou de Tesla, influence le monde extérieur… Ces entreprises prennent des ressources, occupent des gens, captent l’attention d’investisseurs, de médias, et d’ingénieurs. Elles font des promesses aux clients, aux investisseurs, et aux employés.

De l’argent va dans les poches d’employés et d’actionnaires de Tesla… et non ailleurs.

Certaines activités retirent de la richesse à la société

En général, personne ne peut juger des bienfaits d’une activité quelconque.

Toute activité consomme toujours des ressources. Elle doit ensuite en créer, sous la forme de biens ou services utiles aux consommateurs et de revenus aux employés et actionnaires.

Lorsqu’une activité crée un surplus de ressources par rapport à sa consommation d’argent, de main-d’oeuvre, et de talent, alors l’entreprise en question dégage un profit.

Mais des groupes comme Tesla ou Uber sont en perte. Ils retirent en fait de la richesse à la société. Ils réduisent la prospérité en consommant des ressources – de l’énergie, du temps, du talent – en excès de ce qu’ils produisent.

Voici l’évolution du bilan de Netflix, en millions de dollars, de 2012 à 2016 :

D’année en année, Netflix a dépensé de plus en plus d’argent pour acheter les droits des séries diffusées sur la plateforme et pour créer des séries et des films sous l’emblème Netflix.

En 2016, les dépenses ont dépassé les recettes de 1,58 Md$. Le trou a été financé grâce à la dette, en empruntant 989 M$ en 2015 puis 1,48 Md$ en 2016.

Bref, Netflix mange de la dette, des ressources… mais, pour l’instant, n’en recrache pas l’équivalent en profits.

Certes, Netflix a tout de même publié un « résultat » en 2016 de 186 M$. La société enregistre le gros des dépenses sous la rubrique « investissements. » Puisqu’en principe, un investissement a de la valeur, il n’a pas « dépensé » l’argent. Comptablement, il a dégagé un profit.

Pourtant, dans la réalité, près d’1,5 Md$ a bien quitté les comptes de Netflix en 2016, sans donner de nouvelles.

Bref, les favoris de Wall Street d’aujourd’hui pratiquent des artifices comptables, et, en fin de compte, fonctionnent grâce au crédit prodigué par des banquiers qui ont le pouvoir de créer de l’argent qui n’existe pas encore.

Mais, dans un monde sans financiers et sans banquiers…

Les cryptomonnaies pourraient rendre les banques inutiles – ou non. Pour l’instant, personne ne sait.

En tout cas, le secteur des cryptos, malgré le repli du prix de bitcoin, n’a pas fléchi. Avec l’envolée de cryptos comme Ripple, le marché des cryptos a continué à grimper, même sans progression dans le prix du bitcoin depuis deux semaines.

Le marché pèse aujourd’hui 646 Mds€… et il a été multiplié par 20 en un an. Bref, si l’ascension poursuivait sa tendance exponentielle de 2016 et 2017, le marché des cryptos pourrait atteindre environ 10 000 Mds€ en décembre 2018…

Avec 10 milliards d’euros de valorisation, le marché des cryptos pèserait plus que la dette de la Zone euro, soit 9 600 milliards environ, selon Eurostat. Souvenez-vous que 90% de la « monnaie » d’aujourd’hui n’est en réalité que de la dette.

Bref, le poids des monnaies virtuelles commencerait à rivaliser avec celui de tout le secteur de la finance et de l’investissement…

Les cryptomonnaies pourraient même ébranler, en peu de temps, Wall Street, la Défense, et la City de Londres dans le monde d’aujourd’hui… et rapidement couper les vivres de 90% des « zombies » de la finance comme Netflix et autres.

Pourquoi, cependant, le bitcoin ne vous garantit pas de gains

La progression des cryptomonnaies a coupé le souffle à nombre de gens en 2016 et 2017… mais les arbres ne grimpent pas jusqu’au ciel. Les cryptomonnaies détrôneront peut-être les « monnaies fiduciaires » des banquiers centraux… mais pas sans combat.

Personne ne comprend encore la place des cryptos. Le marché cherche à en évaluer le « prix » et pour l’instant, il le met de plus en plus vers le haut… mais il atteindra tôt ou tard le sommet.

Par ailleurs, le marché n’a pas « choisi » le bitcoin en particulier. Le bitcoin est simplement né avant les autres. Le marché ne fait pas encore le tri et donc, à terme, la concurrence entre les monnaies virtuelles va en faire baisser certaines.

Parmi les valeurs internet des années 1990, le marché a fait couler la majorité des dotcom à la fin de la bulle. Une poignée a survécu dont Amazon, eBay, Google.

La majorité des autres n’existe plus… Pour les cryptomonnaies, le marché pourrait un jour ou l’autre envoyer la majorité des cryptos au tapis, n’en déplaise à Nabila ! Bitcoin pourrait faire partie des survivants, ou non.

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