L’Internet de la monnaie

Andreas Antonopoulos nous invite à prendre le bitcoin pour ce qu’il est : une révolution copernicienne de la monnaie.

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L’Internet de la monnaie

Publié le 24 novembre 2017
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Par Yorick de Mombynes.

Critique du livre The Internet of Money (Volume 2), par Andreas Antonopoulos.

À l’heure où les médias qui se risquent à parler du bitcoin ont toutes les peines du monde à dépasser les habituels lieux communs sur la « monnaie virtuelle », la « monnaie de la spéculation » ou « la monnaie d’internet », Andreas Antonopoulos, nous rappelle que le bitcoin est avant tout « l’internet de la monnaie ». C’est bien à une véritable révolution copernicienne qu’il nous invite, prolongeant, avec ce deuxième recueil de conférences, la stimulante réflexion engagée en 2016 (que j’avais évoquée ici).

Antonopoulos est un des meilleurs spécialistes mondiaux de ce sujet. Il a publié le manuel technique de référence sur le bitcoin. Vulgarisateur surdoué, il parcourt le monde devant des auditoires de plus en plus nombreux. Il a même fait escale au Sénat canadien pour une audition historique en 2014 devant des parlementaires visiblement plus curieux et modernes qu’en France.

Voici un aperçu des idées qu’il développe dans cet ouvrage qui foisonne d’analyses stimulantes sur l’une des principales révolutions technologiques, économiques et culturelles de notre époque.

La révolution de la monnaie réseau

Depuis plusieurs dizaines de milliers d’années, la monnaie a évolué, en empruntant notamment plusieurs formes successives, des coquillages, noix et autres cailloux des temps anciens aux cartes bancaires contemporaines, en passant par les métaux précieux et la monnaie papier.

Elle connaît aujourd’hui une nouvelle révolution en devenant « monnaie réseau ». Bitcoin est une plateforme sur laquelle il est possible de faire fonctionner une monnaie comme une application, sur un réseau dépourvu de tout point de contrôle central. C’est un système totalement décentralisé, comme Internet.

Mais la monnaie est aussi un langage, une manière de communiquer de la valeur. À cet égard, Bitcoin fait à la monnaie ce qu’Internet a fait à la communication. De même qu’Internet a soustrait l’information aux médias, Bitcoin soustrait la monnaie aux institutions et l’intègre dans un réseau.

Une explosion d’innovation

De même qu’internet a unifié des systèmes de communication distincts (photos, lettres, communication de courte ou longue distance, etc.), Bitcoin unifie des systèmes de paiement jusqu’ici différents selon les montants échangés ou les acteurs impliqués.

Et le fait que cette monnaie soit programmable sans aucune autorisation préalable ouvre le champ à une explosion d’innovation insoupçonnable. Se focaliser sur la monnaie est d’ailleurs une erreur : la révolution dont il s’agit concerne avant tout la valeur. Cette dernière s’incarne déjà sur différents supports (jetons, points de fidélité, récompenses, etc.) mais les possibilités d’innovation ouvertes par Bitcoin vont donner naissance à des milliers de cryptomonnaies.

Avec l’émergence de systèmes de transactions décentralisés qui rendent l’individu totalement maître de ses avoirs et de ses décisions, l’industrie de la banque est ainsi confrontée à un des défis les plus radicaux de son histoire.

Un rythme d’innovation exponentiel

Même si ce défi semble encore négligeable aux yeux de certains, il ne cesse de se renforcer. En 1989, envoyer un e-mail était une opération complexe et fastidieuse, comme faire une transaction en bitcoin aujourd’hui.

Ce qui compte, relève l’auteur, c’est le rythme de l’innovation qui fait progresser cette technologie : or il est exponentiel. Antonopoulos rappelle qu’en 1997, pendant que certains journalistes annonçaient l’effondrement prochain d’internet parce qu’il était difficile d’y trouver ce qu’on cherchait, Larry Page et Sergey Brin préparaient Google.

L’auteur critique férocement les dérives suscitées par le buzzword « blockchain ». Cette notion à la mode sert trop souvent de paravent à toutes sortes d’arnaques, schémas de Ponzi ou dispositifs qui ne sont que de classiques bases de données vaguement relookées.

Il est d’ailleurs erroné de répéter que la blockchain est « la technologie derrière bitcoin ». En réalité, elle n’est qu’une des quatre technologies fondamentales qui fondent Bitcoin, avec la preuve de travail, le réseau pair à pair et la cryptographie. On retrouve aussi ces utiles mises au point dans le récent ouvrage de Jacques Favier et Adli Bataille, Bitcoin, la monnaie acéphale.

La révolution de la confiance

L’essence de Bitcoin, nous rappelle Antonopoulos, c’est une révolution de la confiance : c’est la possibilité de réaliser des opérations de manière décentralisée, sans avoir besoin de faire confiance à qui que ce soit. C’est un système de sécurité fait d’incitations et de sanctions, reposant entièrement sur les forces du marché et sur la théorie des jeux.

C’est la possibilité de faire confiance à la plateforme elle-même, cette dernière n’étant contrôlée par aucun tiers ni intermédiaire. Au-delà de Bitcoin, ces particularités dessinent les contours du seul type de blockchain qui vaille, la « blockchain ouverte », système de confiance sans frontière, transnational, neutre, et résistant à toute censure. Les « blockchains fermées » et autres « registres distribués » à la mode ne sont bien souvent, selon les termes fleuris d’Antonopoulos, que du « bullshit ».

Dans la nature, peu de choses sont vraiment immuables, immutables, inaltérables. Voilà pourquoi la technologie de la « preuve de travail » à l’œuvre dans Bitcoin est si déroutante. Elle rend ce système aussi massif, robuste, symbolique et, en un sens, admirable que les plus grands monuments des civilisations humaines comme les pyramides d’Égypte ou la cathédrale Notre Dame de Paris.

Le minage du bitcoin

Le minage du bitcoin, en engloutissant une gigantesque quantité d’énergie dans le processus de validation des transactions, permet un ancrage définitif dans la blockchain. L’auteur déploie des trésors de pédagogie pour expliquer cette technologie clé et sa différence avec celle de la « preuve d’enjeu » (proof of stake).

Il rappelle que, si la dépense d’énergie de la preuve de travail peut paraître coûteuse, il faut bien comprendre qu’elle offre à l’humanité un service d’une valeur inestimable : loin de n’être qu’un système comptable, Bitcoin est surtout le premier système de l’histoire à fournir une immutabilité digitale complète : c’est « un système d’immutabilité d’échelle planétaire, transparent et garanti de manière thermodynamique ». Ce qu’il appelle « immutability as a service » aura, dans de nombreuses activités industrielles, des implications économiques incalculables.

À cet égard, les tentatives de certains consultants branchés pour construire des blockchains « éditables » constituent un contresens frappant. Le fait que les transactions sur Bitcoin soient non réversibles et que le registre soit non modifiable n’est pas un défaut mais au contraire un des apports majeurs de cette révolution.

Un ordre sans autorité ni hiérarchie

L’intérêt est justement de bénéficier d’un système fondé sur un réseau qui n’est soumis à aucune autorité et dans lequel les résultats sont prédictibles. C’est de construire un ordre qui n’est pas fondé sur l’autorité et la hiérarchie mais sur l’autonomie des acteurs.

La première application du bitcoin n’est probablement pas la remittance (transferts internationaux entre particuliers) mais la protection de l’épargne des individus : protection contre la guerre contre le cash, qui se dessine partout dans le monde malgré ses conséquences catastrophiques en Inde ; protection, également, contre les manipulations monétaires, instruments de rééquilibrage des balances commerciales et d’allègement des dettes souveraines, qui érodent le pouvoir d’achat des classes moyennes et des retraités.

Selon Antonopoulos, l’aggravation de ces maux ne pourra que profiter à Bitcoin, en stimulant sa technologie et en accélérant son essor comme valeur refuge.

L’avenir est aux nouveaux types de monnaie

Comment vont évoluer les cryptomonnaies et que vont devenir les banques ? Pour Antonopoulos, le bitcoin n’est même pas en concurrence avec le système bancaire et les banques centrales : ces institutions appartiennent déjà au passé. L’arrivée de Bitcoin ouvre une période où plusieurs types nouveaux de monnaies vont se développer.

Créer toutes sortes de monnaies reposant sur des caractéristiques et des paramètres différents est devenu techniquement un jeu d’enfant (au sens propre : des enfants le feront bientôt). Par le passé, les conditions institutionnelles et techniques ne le permettaient pas. C’est désormais le cas. Antonopoulos rappelle qu’en biologie de l’évolution, les changements majeurs ne sont pas linéaires : ils interviennent par des ruptures qui brisent des équilibres figés sur de longues périodes.

La révolution technologique de Bitcoin est comparable à ce type de rupture. Et le caractère inédit de l’environnement monétaire mondial actuel, avec l’aberration historique des taux d’intérêts durablement nuls, fournit un stimulus majeur pour cette évolution.

Vers des dizaines de milliers de cryptomonnaies ?

Ainsi n’est-il pas impossible que l’on assiste à l’essor de milliers, voire de dizaines de milliers de cryptomonnaies. Elles ne serviront pas toutes à véhiculer de la valeur économique au sens traditionnel. Certaines pourront, par exemple, représenter la loyauté envers un artiste, une équipe sportive, un ami. D’autres pourront être assises sur des denrées, marchandises ou actifs divers. Parmi elles, certaines serviront de moyen d’échange ou de réserve de valeur, comme des monnaies traditionnelles.

Pour Antonoulos, le bitcoin et les monnaies étatiques n’évoluent pas sur le même terrain de jeux. Bitcoin crée en réalité son propre environnement, qui est totalement nouveau. Et une part croissante de l’économie va basculer dans l’espace ainsi ouvert. Pour de plus en plus de gens, la question du change par rapport aux monnaies nationales (et donc de la volatilité) ne se posera même plus. Dans deux générations, les monnaies papier nationales paraîtront aussi périmées que la VHS et le fax aujourd’hui.

Pour s’en convaincre, il suffit d’observer l’évolution technologique étourdissante en cours dans l’écosystème bitcoin. Le bitcoin d’aujourd’hui n’est déjà plus celui de 2009. Antonopoulos explique de manière claire que des innovations comme la fonction de programmation temporelle ajoutée en 2015 (CheckLockTimeVerify) et le Lightning Network en préparation vont permettre des flux de paiements comparables à des « cascades » et révolutionner la notion même de paiement.

Monnaie en streaming

Par exemple, les salaires pourront être payés en continu, milliseconde après milliseconde, et non une fois par mois. La notion de cash flow prendra tout son sens, avec ce qui sera une véritable « monnaie en streaming ». Même si cette évolution met 15 ans à survenir, il n’y a aucun doute, pour l’auteur, que les conditions sont réunies pour qu’elle ait lieu.

Antonopoulos aborde enfin l’une des plus vigoureuses controverses animant la communauté blockchain mondiale : les mérites respectifs de Bitcoin et Ethereum. Tout comme le lion et le requin sont, chacun dans son environnement, le roi des animaux, Bitcoin et Ethereum ne sont pas réellement rivaux. Ils sont complémentaires.

Bitcoin fournit avant tout de la sécurité, au prix d’une limitation réelle de ses possibilités de programmation ; l’une de ses principales killer apps est la disruption des paiements internationaux. Ethereum, de son côté, offre une flexibilité supérieure, grâce à son langage « Turing complete », au prix d’une complexité plus grande et d’une sécurité moindre ; et sa killer app est, non pas les decentralized applications (dApp) mais les smart contracts et les decentralized autonomous organizations (DAO).

Bitcoin et Ethereum ont donc des fonctions différentes, mais « tous deux peuvent faire quelque chose de miraculeux : ré-arranger des structures fondamentales de la société autour de systèmes d’organisations fondés sur des réseaux et non des institutions ». L’explosion exponentielle d’innovation qu’ils sont en train de faciliter va remettre en question des institutions qui n’ont pas évolué depuis des siècles.

Ce livre court, dense et passionnant se termine par un chapitre fournissant des réponses originales aux principales questions qu’Antonopoulos reçoit dans ses conférences, par exemple sur la source de la valeur du bitcoin, ses règles de gouvernance, l’identité de son inventeur, le problème de la criminalité, la mode des initial coin offerings (ICO), etc.

 

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  • La monnaie n’est pas simplement un facilitateur de troc. A cet égard l’or était une solution simple. Les fameuses monnaies virtuelles ne différent de l’or que par des gadgets numériques. La monnaie moderne lorsqu’elle est gérée par des banques responsables est aussi un maillon essentiel de la sélection des projets qu’une société peut accomplir. La création monétaire par les banques revient en effet à créer une « paire » crédit projet et ce qui est important dans cette création c’est qu’elle est sélective car la banque n’accordera le crédit que si le projet tient la route ou s’il est garanti par des actifs tangibles et revendables.
    A contrario un système sans création monétaire (or ou bitcoin à total plafonné) manquera de cet intermédiaire essentiel. Donc soit les particuliers ayant un surplus à prêter seront la proie du premier escroc venu, soit des organismes de placement seront les collecteurs et assureront ensuite le choix des emprunteurs crédibles. On retombera donc sur un système qui se rapproche du système bancaire traditionnel.
    Et bien entendu si le facilitateur de troc est en quantité plafonnée, toute croissance significative de la production physique d’une société se traduira inéluctablement par une envolée du pouvoir d’achat de ce facilitateur. Cette déflation monstrueuse incitera alors à congeler toute velléité d’achat.

    • Je ne vois aucun intérêt à la création monétaire permanente. Il est tout aussi nuisible d’avoir une inflation permanente qu’une déflation permanente. Et l’escroquerie via l’inflation n’a à mon avis aucune supériorité sur les autres escroqueries…

      • Dans une économie stagnante, il n’y a pas de création monétaire spontanée car les banques n’ont aucune raison d’accorder davantage de crédits si les entrepreneurs ne se bousculent pas avec des projets. Dans une économie en croissance, il faut de la création monétaire pour que la monnaie garde à peu près la même valeur. Si les banques font bien leur métier, les prêts qu’ils accordent augmentent avec l’activité économique et tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes. Cela suppose bien sur que l’on laisse les marchés s’équilibrer seuls sans interventions inopportunes de banques centrales poussées par des forces politiques.

        • mais pourquoi voulez-vous que « la monnaie garde à peu près la même valeur » ? Dans une économie en croissance (réelle et non nominale) et sans création monétaire, la monnaie s’apprécierait au même rythme que la croissance, ce qui est bien loin de constituer une « déflation monstrueuse ».
          Votre argument est la mauvaise excuse en forme d’épouvantail qu’ont trouvée les faux-monnayeurs officiels, avec l’aide d’ « économistes » complices.

          • Simplement pour qu’elle soit neutre. Il n’y a aucune raison pour que je sois incité à dépenser rapidement mon revenu ou au contraire à retarder au maximum la dépense. Si la monnaie s’apprécie trop, cela signifie que les thésauriseurs ne se donneront pas la peine d’investir leur monnaie dans un projet réel. Difficile dans ce cas de donner un coup de fouet à la croissance. Cela dit, il y a la bonne création monétaire et la mauvaise. Quand un banquier après un examen sérieux du projet ouvre une ligne de crédit à un entrepreneur, c’est de la bonne création et cela a peu de chances de déséquilibrer le système puisque la monnaie et l’activité seront corrélées. Quand une banque centrale achète à tour de bras des obligations émise par un état qui n’a pas d’autre projet à donner en contrepartie que sa capacité à lever des impôts par la force, alors c’est de la mauvaise création. Et quand une banque ordinaire crée de la monnaie en prêtant à de mauvais risques c’est soit de l’incompétence, soit du copinage entre les politiciens et les dirigeants de banque dont on sait bien qu’en France ils sortent tous du même moule (inspection des finances et cabinets ministériels).

            • En gros d’accord avec vous. L’important est comme vous le dites « que l’on laisse les marchés s’équilibrer seuls sans interventions inopportunes de banques centrales poussées par des forces politiques », y compris pour la création monétaire. Ce qui est le cas pour l’or (il y a des mines d’or) et les cybermonnaies (n’importe qui peut en lancer une nouvelle).

            • La valeur de la monnaie fluctue, mais l’hypothèse que la variation actuelle va se poursuivre est naïve et perdante. Si la valeur de la monnaie monte parce que de nombreux projets en demandent, il est sensé d’en confier aux meilleurs projets, puisque sous peu la demande se tarira et que la valeur de monnaie baissera à nouveau.
              Il faut arrêter de raisonner avec les banquiers, dont les objectifs sont d’abord de minimiser leurs risques et de maximiser sous cette contrainte les profits. Raisonnez avec les business angels ! En finançant un bon projet, vous vous garantissez des dividendes et/ou des plus-values pour des années, voire des décennies. En thésaurisant, vous prenez le risque maximal, car vous ne sortirez de votre investissement que lorsqu’il ira mal, à grandes pertes donc.

      • La création monétaire est utile pour mettre de l’huile dans les rouages économiques. Pour éviter l’inflation comme la déflation, la quantité de monnaie doit progresser en rythme avec la croissance. Ni plus, ni moins. Au XIXe siècle par exemple, si le stock d’or mondial disponible n’avait pas progressé de manière spectaculaire en rythme avec la croissance, il n’y aurait pas eu de révolutions industrielles possibles. Avec le recul, c’est d’ailleurs une sorte de miracle que les deux phénomènes aient été concomitants.

        Mais alors, se pose la question de la répartition utile et équilibrée de la création monétaire. A la lumière de l’expérience actuelle, on comprend que les banques centrales et leurs monopoles sont dans l’incapacité de répondre au besoin collectif. En revanche, la concurrence entre monnaies permettrait une création monétaire au bénéfice de tous. Le bitcoin est un bon exemple de concurrence monétaire, malgré ses nombreux défauts rédhibitoires.

        Sinon, le débat réseau vs institution est intéressant. Sans entrer plus avant dans la discussion, juste une question : comment sanctionner un réseau si jamais il fait n’importe quoi ? Une institution présente l’immense avantage de pouvoir être personnifiée. Un banquier, ça se fusille autant que nécessaire. Mais un réseau ? Comment le punit-on ? Ce n’est probablement pas demain qu’on parviendra à se passer d’un tiers de confiance, en qui on a d’autant plus confiance qu’il mesure les risques de ces actes.

        Toutes proportions gardées, le bitcoin pose le même problème que les avions sans pilote.

        • Pour que le bitcoin puisse être utilisé à grande échelle et permettre au crédit de fonctionner il faudrait simplement que les banques puissent manipuler le bitcoin comme une monnaie ordinaire c’est à dire ouvrir des lignes de crédit en bitcoin qu’elles n’ont pas et mettre dans leur bilan la reconnaissance de dette correspondante. Mais dans ce cas on retombe forcément sur le système actuel car on doit imposer aux banques des ratios prudentiels, on doit prévoir des mécanismes de compensation entre banques et on doit prévoir un étage supérieur (banque centrale) pour assurer de la fluidité au système puisque les compensations entre banques seront forcément fluctuantes. Je doute que les états accepteraient une liberté totale en laissant les banques faire ce qu’elles veulent juqu’à une éventuelle faillite non secourue.
          Les utopistes du bitcoin apprécieraient sans doute peu que les banques et les règlements étatiques reviennent dans le jeu mais ce serait inévitable.

          • Je crois que vous inversez les rôles. Le crédit fonctionne sur la confiance, comme son nom l’indique. Un vecteur n’inspire pas confiance parce que les banques l’utilisent, mais les banques peuvent inspirer confiance si elles s’appuient sur des vecteurs (or, monnaies fiat et soutien des états, cryptomonnaies, etc) qui eux-mêmes intrinsèquement inspirent confiance. Or le mécanisme qui justifie la confiance dans un bitcoin est bien supérieur à celui qui justifierait la confiance dans les réserves d’or de la BCE.

            • La confiance cela signifie que la banque qui accorde un prêt évalue la probabilité que l’emprunteur rembourse son prêt et les intérêts. Pour cela la banque évalue le projet de l’emprunteur, les chances qu’il réussisse et les actifs revendables au cas où cela tournerait mal. Réciproquement la confiance dans la banque revient à se demander quelle proportion de créances douteuses elle peut avoir dans ses actifs. La confiance se juge sur le sérieux des acteurs et peu sur le vecteur d’échange. Enfin il faut tuer cette idée selon laquelle les monnaies seraient gagées sur des réserves d’or. Elles sont en fait gagées sur un stock de reconnaissances de dettes et tout le problème est bien de savoir combien de créances douteuses contient ce stock. Les réserves des banques (les fonds propres en fait) ne sont là que pour leur permettre de ne pas déposer leur bilan s’il y a une augmentation raisonnable du taux de créances douteuses.

    • Vous faites la grossière erreur d’envisager le Bitcoin comme d’une monnaie d’État imposé comme unique moyen d’échange.
      Dans les faits, la création monétaire et la dette est possible sur cette nouvelle technologie. Il existe des milliers de cryptomonnaies, notamment basé sur la création d’entreprise ou de service.

      • non, pas des milliers, mais quand même 1326 ce vendredi à 20h22, et il en a été créé 32 nouvelles dans les 7 derniers jours

  • Vu la carte de visite de M. de Mombynes, il est tentant de se laisser convaincre par ses arguments en faveur de la monnaie virtuelle. Mais faire une confiance aveugle à des esprits pose quand même des problèmes non négligeables comme ceux soulignés par JBC.

    • On ne peut vous reprocher votre prudence, mais on peut regretter que la même ne s’exerce pas à propos des monnaies fiat actuelles…

  • Excellent article synthétique. Merci à l’auteur.

  • http://investissement-bitcoin.com/cid/86/lp/1?transaction_id=1021b955d254b237a43fe20519a2f3&affiliate_id=2162&fb_id=& monnaieaff_sub=dRT03O8C1KQP0UU9HN1MAB84&aff_sub2=&aff_sub3=&aff_sub4=&aff_sub5=
    * Quand je vois l’évolution géométrique de cotation de cette monnaie (500% , 2016==>2017); je crie casse-cou. Ce n’est pas par jalousie; tant mieux pour ceux qui ont flairé le filon depuis 10ans !
    http://www.bitcoincours.com/
    Est-il encore importun d’investir dans cette crypto ? Est-il trop tard ? https://www.youtube.com/watch?v=9mGSq7LLsc4&t=7s
    Mais quand le bitcoin vaut 7177€ et le gramme d’or = 40€
    https://www.achat-or-et-argent.fr/or/1/
    ; je me dis que l’€uro comme le $ sont devenues de vraies « monnaies de singes » qui ne tiennent qu’à coups de QE et de taux négatifs et les banques donnent des signes d’inquiétudes. Je me tournerais plutôt vers le second, comme les anciens, pour ne pas voir mon épargne se volatiliser… C’est le refuge mais attention aux pièges .
    https://www.lingor.fr/acheter-et-investir-dans-l-or.html
    https://www.lingor.fr/quel-budget-investir-or.html

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