Libéraux, vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage !

Un appel à l’action : le combat des libéraux contre les idées folles du socialisme est une lutte sans fin !

Par Marian L. Tupy, depuis les États-Unis.

Le 7 novembre dernier marquait le centenaire du coup d’État bolchévique en Russie qui a renversé le gouvernement provisoire d’Alexandre Kerensky et l’a remplacé par une dictature communiste qui a duré jusqu’à la dissolution de l’Union soviétique en 1991.

Tout au long de cette année, j’ai écrit un certain nombre de billets consacrés au communisme en tant que système de gouvernement et au socialisme en tant que système d’organisation économique, symptomatiques de l’ancien bloc soviétique.

Il n’est donc pas utile de revenir sur les nombreux maux sociaux et économiques que les événements du 7 novembre 1917 ont déchaînés dans le monde. Il suffit de rappeler que la dictature du prolétariat et la planification centrale ont abouti à des massacres massifs et à une importante paupérisation partout où elles ont été testées.

Un appel à l’action

J’aimerais plutôt consacrer le billet du jour à un appel à l’action. Pour le dire clairement, nous autres, libéraux, libertariens et autres défenseurs d’une économie libre et d’un État limité, risquons de perdre la bataille des idées, notamment à l’égard des jeunes. Selon une étude récente réalisée par l’institut de sondage YouGov pour le compte de la Victims of Communism Memorial Foundation (fondation commémorative des victimes du communisme),

près de 45% des personnes de la génération Y interrogées ont déclaré qu’elles préféreraient vivre dans un pays socialiste tandis que 42% ont déclaré préférer un pays capitaliste. 7 % ont déclaré qu’elles préféraient vivre dans un pays communiste. Les résultats montrent que le pourcentage de la génération Y qui préfère le socialisme au capitalisme est de 10 points supérieur à celui de la population en général.

Bien sûr, j’ai bien conscience que tout le monde, avec l’âge, finit par porter un regard critique sur la jeunesse et je n’ai pas l’intention de dénigrer qui que ce soit. Les générations Y et Z devraient a priori fournir au monde des percées technologiques et médicales stupéfiantes. Elles ne feront pas de notre planète un monde idéal, mais elles peuvent la rendre bien meilleure.

Mais l’amélioration de l’état de l’humanité exige des institutions et des politiques propices à l’ouverture et à l’expérimentation. Ni le communisme, ni le socialisme ne peuvent fournir un tel environnement. Je me demande combien de jeunes réalisent à quel point la réalisation de leurs rêves dépend de la démocratie libérale et d’une économie de marché libre – les fondements sociaux et économiques de notre société.

Le combat des idées

Globalement, les raisons de l’ignorance généralisée des crimes et des échecs du communisme sont d’une banalité déconcertante. La vitalité économique de l’Amérique a brisé l’élan des autorités communistes et a permis de remporter la guerre froide.

Malgré les déconvenues économiques telles que la Grande Dépression, nous avons réussi à créer une abondance matérielle inimaginable pour les générations précédentes. Même les pays en développement en ont bénéficié, car la mondialisation a permis à des milliards de personnes d’échapper à la pauvreté absolue.

Pourtant, nous avons négligé le combat des idées en supposant que les résultats de la plus grande expérience sociale jamais menée (le choc entre communisme et capitalisme) allaient parler d’eux-mêmes.

L’ignorance du capitalisme

En dehors des départements de sciences économiques, le capitalisme est traité avec dédain par le reste des sciences sociales. Une grande partie des humanités a dégénéré en un charabia post-moderne. Les journaux, la télévision et Hollywood sont souvent dirigés par des gens qui ne savent pas faire la différence entre le Maccarthysme et le Goulag.

Ne parlons pas du sort réservé aux enfants des écoles primaires et secondaires, dont l’éducation se concentre sur les péchés réels (et fantasmés) de l’Amérique, tout en ignorant largement la nature bestiale de l’adversaire de la guerre froide américaine. Comment expliquer autrement qu’« un tiers de la génération Y croit… [que] plus de gens ont été tués sous George W. Bush que sous Joseph Staline » ? On préfère s’attarder sur l’enseignement de l’esclavage et des lois Jim Crow.

Une lutte sans fin

Il en va de même pour l’étude du nazisme et de l’Holocauste. Combien de personnes sont au courant que le terme « Nazi » n’est qu’un acronyme du Parti national-socialiste ouvrier allemand ? Combien de personnes sont au courant qu’Adolf Hitler a massivement augmenté les impôts des entreprises afin d’étendre l’État-providence et a pris très au sérieux le contrôle de l’économie par l’État ? Combien de personnes qui ont entendu parler du dictateur fasciste italien Benito Mussolini sont au courant qu’il a débuté comme socialiste et qu’il a édité le principal journal socialiste de ce pays, Avanti ?

Peut-être sommes-nous trop exigeants. Peut-être que le combat des idées ne pourra jamais être gagné et que nous sommes condamnés à rappeler indéfiniment les mêmes choses. Peut-être que, comme l’a déclaré Milton Friedman dans une interview de Reason menée par Brian Doherty en 1995 :

Il faudra inlassablement persévérer. Il n’y aura pas d’alternative. Il n’y aura pas moyen de clore le débat, parce que de nouvelles générations apparaitront, et chacune aura les mêmes idées folles.

Si c’est le cas, alors allons-y ! Retournons au charbon et gagnons le prochain round de notre combat sans fin contre le socialisme. Nous avons déjà gagné des batailles et nous pouvons de nouveau renouveler l’exploit !


Sur le web. Traduction : Raphaël Marfaux pour Contrepoints.