138 000 personnes sortent chaque jour de l’extrême pauvreté !

La réduction de la pauvreté a connu une vitesse sans précédent au cours des 25 dernières années.

Par Alexander Hammond.

Le 17 octobre dernier, nous célébrions le 25e anniversaire de la Journée internationale des Nations Unies pour l’élimination de la pauvreté. Cette date coïncide volontairement avec le 30e anniversaire du discours « Je témoigne de vous » prononcé par le Père Joseph Wresinski, militant français de la lutte contre la pauvreté, qui demandait à la communauté internationale, devant 100 000 Parisiens, de se mobiliser pour éradiquer l’extrême pauvreté.

Pour marquer l’occasion, António Guterres, le Secrétaire général des Nations Unies, a présenté dans une courte vidéo l’état actuel de la pauvreté dans le monde. Bien que des questions telles que le chômage, l’inégalité et les conflits persistent dans certaines régions, António Guterres a observé à juste titre que, depuis 1990, le monde a fait « des progrès remarquables dans l’éradication de la pauvreté ».

S’il est utile de reconnaître que des problèmes subsistent, il est important de réfléchir au chemin parcouru.

Le monde a fait des progrès remarquables dans l’éradication de la pauvreté

La réduction de la pauvreté a connu une vitesse sans précédent au cours des 25 dernières années. Non seulement la proportion de gens en situation de pauvreté se situe à un niveau bas record, mais en dépit d’une hausse de la population mondiale de 2 milliards de personnes, le nombre total de personnes vivant dans l’extrême pauvreté a également chuté.

Comme l’écrit Johan Norberg dans son livre Progress, « si vous deviez choisir une société dans laquelle vivre mais que vous ne saviez pas quelle serait votre position sociale ou économique, vous choisiriez probablement la société ayant la proportion la plus faible (et non le nombre le plus faible) de pauvres, parce que c’est le meilleur indicateur de la vie d’un citoyen moyen ».

Eh bien, en 1820, 94% de la population mondiale vivait dans l’extrême pauvreté (moins de 1,90 $ par jour, chiffre corrigé des évolutions de pouvoir d’achat). En 1990, ce pourcentage était de 34,8% et en 2015, il n’est que de 9,6%.

Au cours du dernier quart de siècle, plus de 1,25 milliard de personnes ont échappé à l’extrême pauvreté – ce qui équivaut à plus de 138 000 personnes (soit 38 000 de plus que la foule parisienne qui était venu écouter le Père Wresinski en 1987) qui sont sorties chaque jour de la pauvreté.

Si vous prenez cinq minutes pour lire cet article, 480 autres personnes auront échappé aux chaînes de l’extrême pauvreté d’ici là. Le progrès est impressionnant. En 1820, seulement 60 millions de personnes ne vivaient pas dans l’extrême pauvreté. En 2015, elles sont 6,6 milliards.

Les gens les plus pauvres du monde s’enrichissent le plus vite

Prenons maintenant en considération les gens qui sont encore pris au piège de l’extrême pauvreté. Le site web de Max Roser, l’universitaire d’Oxford, a utilisé les bases de données de la Banque mondiale pour estimer qu’en 2013 746 millions de personnes vivaient dans l’extrême pauvreté.

Parmi ces personnes, un peu plus de 380 millions résidaient en Afrique, le Nigeria étant le pays qui en comptait le plus grand nombre (86 millions). Par ailleurs, 327 millions de personnes en situation d’extrême pauvreté vivaient en Asie, l’Inde ayant de loin la plus forte proportion (218 millions).

La Chine en comptait 25 millions. Les 35 millions restants vivaient en Amérique du Sud (19 millions), en Amérique du Nord (13 millions), en Océanie (2,5 millions) et en Europe (0,7 million).

Autrement dit, parmi ceux qui vivent dans l’extrême pauvreté, plus de 40% vivent dans deux pays seulement : l’Inde et le Nigeria.

Depuis les réformes de libéralisation économique entreprises en 1991, le revenu moyen de l’Inde a augmenté de 7,5% par an. Cela signifie que le revenu moyen a plus que triplé au cours du dernier quart de siècle. Au fur et à mesure que la richesse augmentait, le taux de pauvreté en Inde diminuait de près de 24%. Mais surtout, pour les Dalits, la caste la plus pauvre et la plus basse de la société indienne, le taux de pauvreté a diminué encore plus rapidement, de 31%.

Cela signifie que, dans le pays qui compte de loin le plus grand nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté, ce sont les gens qui se situent au bas de l’échelle sociale qui s’enrichissent le plus rapidement.

Une tendance similaire peut être observée au Nigeria. Depuis le nouveau millénaire, le revenu intérieur brut par habitant a augmenté de plus de 800%, passant de 270 $ à plus de 2 450 $. Il y a encore beaucoup de travail à faire, mais ce niveau de progrès montre que même dans les pays les plus pauvres, la vitesse de la croissance économique est encourageante.

Pour aider les plus pauvres, il faut considérer l’impact que le capitalisme de marché libre a eu au cours des 200 dernières années sur la réduction de l’extrême pauvreté. La révolution industrielle a transformé les pays occidentaux autrefois paupérisés en sociétés abondantes.

La nouvelle ère de la mondialisation, qui a commencé vers 1980, a vu le monde en développement entrer dans l’économie mondiale et a abouti à la plus grande sortie de pauvreté jamais enregistrée. C’est quelque chose que le regretté Père Wresinski aurait eu à cœur de célébrer.


Sur le web. Traduction : Raphaël Marfaux pour Contrepoints.