Taxe sur les dividendes : Bruno Le Maire a la solution, forcément.

Avec le scandale de la taxe sur les dividendes, Bruno Le Maire prouve que pour une vraie catastrophe financière, il faut faire intervenir l'Etat.
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Bruno Le Maire visite le site GlaxoSmithKline Evreux en 2007 by Bruno Le Maire(CC BY 2.0)

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Taxe sur les dividendes : Bruno Le Maire a la solution, forcément.

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 30 octobre 2017
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En France, à chaque problème, sa taxe, et à chaque solution, sa taxe aussi. C’est probablement pourquoi il a été pensé qu’à chaque problème provoqué par les taxes, l’apparition d’une nouvelle taxe serait une excellente solution pour le résoudre. La saga de la taxe sur les dividendes pouvait commencer.

On pourrait facilement remonter très loin dans le temps, probablement jusque dans les années 70, au moment du dernier budget équilibré présenté par le gouvernement français de l’époque (en 1974). Depuis, il s’est en effet succédé une longue série de budgets, tous aussi déficitaires les uns que les autres, qui ont tous, d’une façon ou d’une autre, propulsé le besoin incessant d’accroître la pression fiscale et taxatoire sur le pays.

Fiscal Park

Revenons plus récemment, en 2012. À la faveur de campagnes électorales aussi populistes que putassières menées par les habituels clowns à roulette qui parsèment la vie politique française, cette frénésie taxatoire s’est traduite par les saillies à peine contrôlées du benêt alors candidat à la présidentielle, François Hollande, désigné par un parti officiellement socialiste et particulièrement remonté contre la finance, les riches et tous ceux qui avaient de l’argent et entendaient en faire autre chose que le donner, purement et simplement, à l’État.

Dans ce cadre, le candidat Hollande avait donc claironné vouloir imposer à 75% tout revenu dépassant le million d’euros, jugeant ces sommes indécentes. Sans grand panache mais probablement grâce à ses postures anti-finance en carton, le candidat, une fois devenu président, se retrouva un peu coincé lorsqu’il s’est agi de mettre en place la dite ponction : non seulement, ces riches n’entendaient pas se laisser faire, mais le Conseil Constitutionnel, saisi, fit remarquer que tout ceci devenait véritablement confiscatoire (non, sans blague !).

L’invention socialiste tombant à l’eau, il fallut trouver autre chose. Le terreau intellectuel socialiste est stérile : il n’y pousse guère que des taxes et si l’une vient à disparaître, seule une autre peut venir compenser. Hollande, en bon petit idéologue, s’empressa donc de faire remplacer son idée loufoque par une autre, tout aussi contre-productive et chargea son gouvernement, alors dirigé par l’insipide Ayrault, de trouver un nouveau groupe de victimes pour sa nouvelle taxe.

Ce furent les grosses entreprises, et la taxe porta sur les dividendes. Que voulez-vous : il fallait, autant que possible, limiter la portée des déficits enregistrés de budgets en budgets. L’idée, autrement plus hardie, de conserver sous contrôle la fiscalité française délirante et de réduire parallèlement les dépenses n’est bien évidemment venue dans aucun des cerveaux malades de nos politiciens de l’époque (ni depuis, rassurez-vous). D’ailleurs, tout le monde sait qu’en Socialie, si le gouvernement a un trou dans son budget, ce n’est pas parce qu’il dépense n’importe quoi, n’importe comment et se comporte à l’égard de l’argent du contribuable comme un joyeux goret dans son purin, mais bien parce qu’il n’est pas parvenu à ponctionner suffisamment.

Moyennant quoi, malgré les protestations véhémentes des grandes entreprises directement concernées, malgré les mises en garde répétées des fiscalistes et des constitutionnalistes, malgré l’évidente débilité de ce comportement taxatoire compulsif, Hollande, Ayrault et sa clique de Bercy mirent en place la taxe et ponctionnèrent à qui mieux-mieux : lors de la seconde loi des finances rectificatives du 16 août 2012 est introduite une « contribution additionnelle » à l’impôt sur les sociétés, à savoir une taxe à 3% sur les dividendes versés par les entreprises.

Las.

Ce qui devait arriver arriva, et — assez commodément — une fois que ces tristes aigrefins eurent quitté leurs postes : le Conseil constitutionnel retoqua la taxe en faisant bien comprendre que les sommes prélevées étaient indues… Et donc, par conséquent, à rembourser. Au passage, notons que ce n’est pas le premier à l’avoir fait puisque la Cour de Justice de l’Union Européenne a déjà condamné cette taxe en mai 2017 suivie de la Cour des Comptes en juillet de la même année.

On regrettera le temps mis au contentieux pour s’achever puisque pendant les cinq années concernées, Bercy a généreusement ponctionné et se retrouve, de fil en aiguille, à devoir rembourser la coquette somme de 10 milliards d’euros.

La consternation devant l’abrutissante réalité fiscale française pourrait s’arrêter là.

Il n’en est rien.

petit facepalmAu scandale de l’idée de base aussi stupide que perverse, pondue par un François Hollande incompétent et dogmatique, à la gestion catastrophique de cette taxe par les services fiscaux de l’État, qui savaient qu’elle serait un jour retoquée ce qui aboutirait à un remboursement colossal, on doit malheureusement encore ajouter la véritable insulte à l’intelligence de la solution proposée par l’actuel gouvernement en place qui propose … d’instaurer une nouvelle taxe pour permettre à la fois le remboursement des ponctions indues, et une énième tentative d’équilibrage d’un budget de toute façon destiné à partir en quenouille.

Il faut lire, le doigt sous chaque mot, l’œil hagard et le cœur palpitant, les déclarations de Bruno Le Maire, le poulet sans tête actuellement en charge de ce qui reste de finances du pays, pour bien comprendre toute l’iniquité de la situation et la « formidable » solution qu’il préconise et pour laquelle il prétend faire preuve d’équité et de réflexion, la précipitation en matière fiscale étant mauvaise conseillère.

Ben tiens.

On peut presque déjà deviner ce qui va se passer : on va trouver une nouvelle façon de ponctionner les entreprises pour rembourser à ces mêmes entreprises les montants indus qui ont déjà été largement cramés en frivolités et autres socialistailleries consternantes, on aggravera aussi un peu les déficits (parce que, comme le dit Le Maire avec la finesse d’un trépan pétrolier, « l’État prendra une partie à sa charge aussi » ce qui veut dire que le cochon de contribuable devra encore mettre la main à la poche), et, plus tard, une fois que ces clowns seront partis et auront été remplacés par d’autres, on découvrira que la nouvelle ponction, mal fichue, mal boutiquée et pensée trop vite sera à nouveau à rembourser.

En somme, la cavalerie continue, et Bruno Le Maire, juché sur son poney de combat et petit clairon au bec, lance une nouvelle charge comme d’autres des barouds d’honneur à poil au milieu d’un champ de mine.

Vivre en France, cela veut dire, parfois, d’avoir à se pincer pour vérifier qu’on ne cauchemarde pas. Et à mesure que le « parfois » se transforme en « souvent » puis en « systématiquement », on comprend que la République vogue frénétiquement vers une faillite retentissante.

Et à la limite, ce sera bien fait pour elle.


—-
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  • L’impôt c’est du vol en bande organisée.

    • Oui mais qui va construire les routes ?

      • @Zer
        Bonsoir,
        L’impôt n’a pas à servir à construire des routes, ni à subventionner des partis politiques, des syndicats, des associations ni des organes de presses ou de télédiffusion.
        « Art. 13. Pour l’entretien de la force publique, et pour les dépenses d’administration, une contribution commune est indispensable : elle doit être également répartie entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés. » (le Force publique est définie dans l’article 12) DDHC 1789.

  • je me répète cest les employés et les travailleurs qui vont trinquer. ..
    il faut aussi approvisionner les retraites chapeaux …sauf pour pour le personnels…

  • « Le socialisme, c’est magique ! » ou comment faire payer à autrui la somme qui lui est dûe parce qu’on l’a ponctionné illégalement, en la lui prélevant de force ?

    • De plus, sous peine d’être à nouveau censurée, la mesure devra probablement toucher les entreprises qui font des bénéfices aujourd’hui et non celles qui en ont fait hier et ont subi la première version qui devrait leur être remboursée. Celles qui auraient l’idée farfelue de venir en France aujourd’hui vont comprendre leur douleur…

    • @ STF
      OK! Le socialisme a bon dos comme si la droite se privait d’impôt quand elle est au pouvoir! Mais pas de libéraux en vue sur la scène politique!

      • @mikylux
        Bonsoir,
        En France, la gauche ou la droite c’est la même chose. La droite ce sont des socialistes qui n’ont pas fait de coming out.
        Dans une tyranie/dictature, il est difficile de faire entendre d’autres sons de cloches que ceux des clochers patentés, quand la presse est tenue par l’Etat grâce aux sommes qu’il y verse. Mittérand avait lancé les « radios libres » en libérant les ondes sur certaines fréquences. Elles ne le sont plus. Malheureusement, il n’y a que peu de libéraux avec du temps de parole. Pourtant, la « liberté », on nous la sort à toutes les sauces, sauf à celle qui a le meilleur goût.

  • @zer il y a de nombreuses entreprises de BTP qui savent construire des routes

    • tout à fait, je n’ai jamais vu un fonk des impôts construire une route.

    • Les entreprises du BTP qui savent construire les routes savent aussi en faire payer trois fois le prix fonctionnaires qui négocient le contrat avec elles.

      • @ MichelO
        D’accord! Mais on n’a jamais vu une entreprise prendre l’initiative de construire une route sans la commande d’un partenaire qui en assurera le financement! Donc l’état central ou plus local!

        Croire que les libéraux pourront tout changer sans parti majoritaire n’est qu’une illusion! La France n’est pas arrivée à l’état actuel par hasard. C’est le fruit d’un long chemin, pas vraiment unanimement contesté puisque ni la « droite » ni la « gauche » n’ont réellement renversé la vapeur!

        Donc la critique contre E.Macron va se traduire par la division entre ceux qui trouvent que c’est « trop », ceux qui trouvent que c’est « pas assez » et ceux qui auraient fait « autrement »!

        Bonne chance à lui!

        • Je crois que si, ça s’est déjà vu, notamment aux USA, et pour les voies ferrées, cela a toujours plus ou moins été la règle dominante (cf. même Eurotunnel). Toutefois, ces projets ne peuvent aujourd’hui qu’être subordonnés aux concessions accordées par les Etats dans des conditions monopolistiques favorisant les relations donneur d’ordre – prestataire incompétentes ou corrompues.
          Il est peu réaliste d’imaginer une prise du pouvoir par un parti libéral, mais il y a tout à fait la place pour nombre de décisions libérales dans un parti simplement non-socialiste. Macron ne concrétise que des réformettes et plus d’étatisme, en ce sens il est encore plus « ni libéral » que ni de gauche ni de droite. Tout ce qu’on peut espérer, c’est que le balancier après lui revienne vers le moins d’Etat.

    • « qui savent construire des routes » avec des nids de poules dès la pose?

  • Ah la vache ! Cela va de mal en pis : l’Etat fait, en quelque sorte, du Madoff pour combler les trous générés par sa propre incompétence de gestionnaire.

  • Pourquoi se pourrir la vie à vouloir taxer les dividendes ???
    Il est tellement plus facile de plumer ceux qui n’ont rien … afin de tenter de remplir le tonneau des Danaïdes …

  • Les commentaires sont fermés.

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