Le « frigo » climatique et simpliste de Jean-Louis Étienne

Va-t-on « manquer de froid pour équilibrer la chaleur des tropiques », comme le suggère Jean-Louis Étienne ?

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
Gulf of Alaska by NASA(CC BY 2.0)

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Le « frigo » climatique et simpliste de Jean-Louis Étienne

Publié le 23 octobre 2017
- A +

Par Cédric Moro.

« L’équilibre du climat » est l’une de ces expressions toutes faites qui est le signe très reconnaissable du penchant des climato-alarmistes à plonger tête baissée dans le simplisme. Ainsi de Jean-Louis Étienne, dont on peut apprécier les qualités d’explorateur mais qui, sur France Bleu, se vautre dans ce concept fallacieux.

Le résumé de son intervention indique :

Également médecin, Jean-Louis Étienne détaille le fonctionnement de la planète à la manière de celui d’un corps humain. « Les pôles sont essentiels à la machine climatique » , explique-t-il, « la chaleur des tropiques doit être échangée avec les pôles afin de préserver un équilibre. » Le problème est donc que l’augmentation globale de la température, aux pôles comme dans les tropiques, induit un déséquilibre dans cet échange. « On a perdu 4°C au Pôle Nord », alerte l’explorateur. « On a ouvert la porte du frigo, on va manquer de froid pour équilibrer la chaleur des tropiques. »

Il suffit de regarder le graphique suivant pour comprendre qu’il n’y a pas d’équilibre du climat (même si le mot climat est ici un peu fort, puisqu’on ne parle que de la seule température). On notera également que des réchauffements climatiques ou de grandes glaciations peuvent avoir lieu sans que l’homme rejette du CO2 en quantités industrielles dans l’atmosphère.

Température moyenne observée au cours des dernières 11000 années (d’après Dansgaard et al., 1969, Schönwiese, 1995)

De plus, on notera que des réchauffements climatiques peuvent avoir des impacts très positifs sur le développement de l’humanité, comme ce fut le cas du développement de la civilisation romaine, et qu’à l’inverse les refroidissements climatiques peuvent avoir des impacts très néfastes, comme ce fut le cas des grandes famines du Petit Âge glaciaire, qui ont probablement accentué la marche des peuples vers les révolutions occidentales.

Malgré le cas de la civilisation romaine et le fait qu’il n’existe pas d’ « équilibre climatique », Jean-Louis Étienne ne s’embarrasse pas pour affirmer que « la Terre a une petite fièvre (+1°C en un siècle)… et que cela suffit à déséquilibrer la machine climatique ».

Le « frigo » de la planète

L’allégorie du frigo parle à notre besoin naturel et quotidien de nous alimenter. Laisser ouverte la porte du frigo, c’est voir la nourriture s’altérer rapidement. Il y a un registre de peur « reptilienne » sur laquelle joue ici Jean-Louis Étienne : dans le cadre de sociétés urbaines médiatisées, ce n’est plus le butin de la chasse et de la cueillette qui détermine notre alimentation quotidienne mais bien le remplissage du frigo.

Pourtant, dans l’histoire du climat terrestre, avec 2/3 d’océans à la surface du globe, le réchauffement climatique s’accompagne toujours d’une augmentation de la matière organique disponible… et donc de la nourriture disponible. Par exemple, au Crétacé, des forêts luxuriantes recouvraient la planète, et vivaient les animaux les plus gigantesques que notre terre ait porté : les dinosaures.

Sur la partie « consciente » de l’allégorie du frigo, celle qu’a explicitement évoquée l’explorateur (le fait que la porte soit maintenant « ouverte »), le raisonnement est lui aussi déconnecté de toute réalité. D’abord parce que les climats polaires ont toujours été ouverts sur les autres climats de la planète. Ensuite, parce que penser qu’une source de froid nouvellement ouverte dans un espace donné entraîne une hausse des températures, il faut oser.

Sur le web

Voir les commentaires (12)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (12)
  • Tous ces raisonnements oublient que la Terre flotte dans un espace au zéro absolu et échange avec cet extérieur bien plus qu’entre ses différentes parties.

    • Et reçoit du soleil la chaleur, chaleur prise comme constante par le GIEC, ce qui est une affirmation très oiseuse mais sur laquelle repose tout le raisonnement.

    • C’est vrai, mais gardez en tête que ce que l’on appelle la « température » n’est qu’une mesure de l’énergie cinétique microscopique des particules. Or, l’espace au zéro absolu (en réalité à 2K mais bon cela ne change pas grand chose effectivement) est donc dépourvu de matière. Or le vide est justement un excellent isolant.
      De plus, les couches externes de l’atmosphère sont elles aussi très peu denses.
      De plus, aux hautes altitudes, la température est très faible (-60°C).
      Tout cela pour dire que les pertes vers l’espace sont faibles, et surtout elles sont les mêmes depuis des millions d’années.
      Donc difficile de voir le lien avec l’article.

      • Or le vide est justement un excellent isolant.

        Pas tout à fait. Les radiations passent plus facilement que dans du beurre. L’IR, grâce à la vapeur d’eau, le CO2 et maintenant le méthane, rayonne vers l’extérieur de la planète. Sans eux, ils ferait plus chaud, l’air « pur » étant un isolant.

      • Faites le calcul, de combien d’énergie rayonnée la Terre reçoit en 24 heures, et de combien elle en rayonne en retour (un petit coup de pouce pour votre vérification, si l’énergie rayonnée en retour n’était pas sensiblement égale à l’énergie solaire reçue, la vitesse d’élévation de la température terrestre serait comparable à la vitesse où elle s’élève entre la nuit et le jour).
        Faites donc le calcul, et comparez avec la quantité de chaleur dégagée par une activité humaine d’une journée. Vous serez surpris.

  • Selon le graphique..il y a une température moyenne , 15°C.
    Tout écart de cette moyenne est liée aux échanges d’énergie à la surface de la planète…des fois l’énergie est dans l’eau des fois dans l’air…rien de dramatique,on finit toujours par rejoindre le point d’équilibre et si il fait trop froid on migre vers des régions plus hospitalières..les voyages forment la jeunesse 🙂

    • Les questions de température à la surface de la terre sont des affaires de rayonnement. L’effet de serre lui-même également. Ne tenant pas à me fâcher avec JLE, je n’aborde pas la question avec lui quand je le rencontre, mais les échanges d’énergie par conduction et convection sont epsilonnesques comparés à l’énergie reçue du soleil et à celle radiée en retour.

  • L’alarmisme climatique est comme la fermeture des petits commerces de centre village dans la Creuse : Le cri stérile de ceux qui veulent résister à un changement parce qu’ils ne veulent pas s’y adapter ni le considérer dans la durée longue.

    – ‘équilibre thermique’ est une formule impropre.

    Un système thermique est toujours en équilibre.

    En particulier dans le paradigme climatique consistant à prétendre que tout est égal par ailleurs, y compris et surtout le rayonnement thermique solaire.

    Surtout si le rayonnement thermique solaire est constant comme le prétendent les émissaires du GIEC.

    Dans ce cas le réchauffement des pôles participe au refroidissement des tropiques.

    En quoi le réchauffement de zones stérilisées par le froid en Russie et Canada pose un problème ?

    En quoi la fertilisation de zones aujourd’hui glaciales en Russie et Canada pose un problème ?

    En quoi le léger rafraichissement des tropiques pose un problème ?

    • Le facteur d’équilibre est l’augmentation du rayonnement, donc de la restitution d’énergie solaire, avec l’élévation de la température. Si la température des pôles s’élève, ils rayonnent plus et participent donc plus à l’évacuation de l’énergie thermique terrestre. Si la température intertropicale s’élève, la zone rayonne plus et participe donc plus à l’évacuation de l’énergie thermique terrestre. Si la concentration en gaz à effet de serre s’accroit, le rayonnement est au contraire diminué, et une température supérieure est nécessaire à retrouver l’évacuation « nominale » de l’énergie thermique terrestre. Les effets sur les échanges interzones par conduction ou convection sont du second ordre.

  • Il y a des crétins partout, et dans la même proportion, ce quel que soit le milieu social pris en compte. Les rares gens intelligents savent se servir de ce qu’ils ont appris pour raisonner et parvenir à la vérité. La plupart en sont incapables!

    • In ne m’apparaît pas qu’on soit dans une ellipse crrétinoïde. Le fait est que cette période, semblable beaucoup d’autres par le passé est utilisée pour détourner de la lutte contre le fléau inexorable: la surpopulation qui un jour ou l’autre, précipitera les hordes les unes contre les autres, sans distinction. C’est une attitude sans doute suicidaire, mais compréhensible vis-à-vis de la peur de l’humanité devant son déclin inévitable.
      On peut aussi se demander pourquoi un dieu aurait participé à la création d’une espèce aussi inutile que l’homme, sans la vouer à la disparition, comme les dinosaures.
      Cela dit, Dieu……… c’est à peine une hypothèse.

      • @ genau
        Non seulement vous prophétisez l’avenir mais vous entendez ce que dit Dieu!
        Y-en a qui ne doutent de rien et surtout pas d’eux-mêmes!

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

En 2019, le Parlement européen a déclaré l’état d’urgence climatique. Il faut dire que les sujets liés à l’environnement ont pris soudainement une ampleur considérable en 2019 : réchauffement climatique, extinction des espèces, effondrement de la société humaine… plus personne ne peut les éviter.

En tant qu’acteurs du débat politique, les libéraux ont évidemment leur rôle à jouer. Pourtant, face à l’ampleur des enjeux, force est de constater que nombre d’entre eux ne sont pas à la hauteur, loin de là.

L’ensemble de notre économi... Poursuivre la lecture

12
Sauvegarder cet article

Nouvelles gesticulations gouvernementales alors que des orages assez violents ont traversé la France il y a quelques jours : pour les ministricules de la République, pas de doute, voilà un nouveau signe du réchauffement climatique forcément anthropique contre lequel il faut lutter au quotidien, de préférence avec des petits gestes inutiles mais religieusement effectués pour apaiser Gaïa.

C'est ainsi qu'Amélie de Montchalin, propulsée ministre des Trucs Verts en Transition après cinq années de succès retentissants au service de la Macro... Poursuivre la lecture

changement d’heure
5
Sauvegarder cet article

L'étau hygiéniste semble progressivement se desserrer dans le monde : aux États-Unis, les obligations vaccinales tentées par l'administration Biden ont été salement retoquées, un nombre croissant de pays laissent tomber les restrictions sanitaires dont l'aspect inopérant voire néfaste commence à apparaître à la vue de tous...

Eh oui : en témoigne le changement notable d'attitude de la plupart des laquais de l'information sur les plateaux télé ainsi que le retour de certaines personnalités raisonnables sur les ondes, le monde commence à... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles