CSG : solidarité à sens unique ?

bonneteau credits internet archives book image (licence creative commons)

Expliquer que l’augmentation de la CSG se justifierait par la nécessité de transférer depuis les retraités « riches » du pouvoir d’achat aux actifs qui n’en auraient plus suffisamment, cela ressort tout simplement d’un tour de bonneteau.

Par Gilles Della Guardia.

Que l’état (je n’y mets plus de majuscule) vienne une nouvelle fois taxer ce qui ne l’était pas jusque là, rien que de très normal dans ce pays où aucune personne publique, individu ni institution, n’est jamais responsable personnellement.

Ce n’est pas nouveau et cela est pratiqué avec constance depuis qu’existent des gouvernements. Et d’ailleurs, en France, les argentiers y ont montré sous tous les régimes un talent certain, à l’égal de leur persévérance dans la pratique.

Le mythe des retraités riches

Mais expliquer que l’augmentation de la CSG se justifierait par la nécessité de transférer depuis les retraités « riches » du pouvoir d’achat aux actifs qui n’en auraient plus suffisamment, cela ressort tout simplement d’un tour de bonneteau.

Et pour en mettre une couche de plus, on vous assène, que nous sommes quand même un grand pays, que c’est fait au nom du principe de la solidarité entre les générations !

En effet, à supposer qu’il existe effectivement en France une solidarité entre les générations, mirage qui fera le sujet d’un autre article, encore faudrait-il que celle-ci ne fonctionnât pas à sens unique.

Car moi, je veux bien participer à l’effort de rééquilibrage des revenus de classes d’âge qui travaillent bien moins que moi qui ai travaillé avec mes collègues du même âge.

Pouvoir d’achat et travail

On n’apprendra rien en rappelant que les classes laborieuses d’aujourd’hui travaillent beaucoup moins de temps et aussi de façon bien moins pénible que ce ceux qui firent les 30 glorieuses, et même des générations qui élirent François Mitterrand.

Donc pas de problème : vous voulez davantage de pouvoir d’achat tout en continuant à travailler aussi peu ? Eh bien alors il faut rendre aux retraités le surplus de cotisations qui leur est du en toute équité.

Donc pas de problème pour que j’accepte de gaîté de cœur patriote cette augmentation de la CSG, si c’était en échange du remboursement en ma faveur du différentiel correspondant de cotisations sociales versées durant ma vie de salarié. Et en montant actualisé, c’est-à-dire le montant cumulé complété par les intérêts courus depuis les dates des paiements respectifs jusqu’à cet an de grâce 2018.

Ce serait vraiment solidaire. Et non pas un tour de bonneteau.