CSG : solidarité à sens unique ?

Expliquer que l’augmentation de la CSG se justifierait par la nécessité de transférer depuis les retraités « riches » du pouvoir d’achat aux actifs qui n’en auraient plus suffisamment, cela ressort tout simplement d’un tour de bonneteau.

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CSG : solidarité à sens unique ?

Publié le 4 octobre 2017
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Par Gilles Della Guardia.

Que l’état (je n’y mets plus de majuscule) vienne une nouvelle fois taxer ce qui ne l’était pas jusque là, rien que de très normal dans ce pays où aucune personne publique, individu ni institution, n’est jamais responsable personnellement.

Ce n’est pas nouveau et cela est pratiqué avec constance depuis qu’existent des gouvernements. Et d’ailleurs, en France, les argentiers y ont montré sous tous les régimes un talent certain, à l’égal de leur persévérance dans la pratique.

Le mythe des retraités riches

Mais expliquer que l’augmentation de la CSG se justifierait par la nécessité de transférer depuis les retraités « riches » du pouvoir d’achat aux actifs qui n’en auraient plus suffisamment, cela ressort tout simplement d’un tour de bonneteau.

Et pour en mettre une couche de plus, on vous assène, que nous sommes quand même un grand pays, que c’est fait au nom du principe de la solidarité entre les générations !

En effet, à supposer qu’il existe effectivement en France une solidarité entre les générations, mirage qui fera le sujet d’un autre article, encore faudrait-il que celle-ci ne fonctionnât pas à sens unique.

Car moi, je veux bien participer à l’effort de rééquilibrage des revenus de classes d’âge qui travaillent bien moins que moi qui ai travaillé avec mes collègues du même âge.

Pouvoir d’achat et travail

On n’apprendra rien en rappelant que les classes laborieuses d’aujourd’hui travaillent beaucoup moins de temps et aussi de façon bien moins pénible que ce ceux qui firent les 30 glorieuses, et même des générations qui élirent François Mitterrand.

Donc pas de problème : vous voulez davantage de pouvoir d’achat tout en continuant à travailler aussi peu ? Eh bien alors il faut rendre aux retraités le surplus de cotisations qui leur est du en toute équité.

Donc pas de problème pour que j’accepte de gaîté de cœur patriote cette augmentation de la CSG, si c’était en échange du remboursement en ma faveur du différentiel correspondant de cotisations sociales versées durant ma vie de salarié. Et en montant actualisé, c’est-à-dire le montant cumulé complété par les intérêts courus depuis les dates des paiements respectifs jusqu’à cet an de grâce 2018.

Ce serait vraiment solidaire. Et non pas un tour de bonneteau.

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  • bah vous parlez de retraite par repartition…

  • Quand obligerons nous l’état à gérer son budget. Le problème ne sont pas les riches mais ceux qui dilapident l’argent qu’ils ponctionnent sans vergogne aux riches et aux nouveaux pauvres. l’état doit réduire de manière drastique ces dépenses publiques, se focaliser sur ses fonctions régaliennes et cesser de vouloir tout gérer en nous taxant pour faire vivre des systèmes administratifs inefficients et pourtant combien utiles dans certains domaines. Qu’n nous redonne notre liberté de choix et de gestion de nos vies et tout sera remis sur pieds en moins de temps qu’il ne faut pour le dire.

  • « Car moi, je veux bien participer à l’effort de rééquilibrage des revenus de classes d’âge qui travaillent bien moins que moi qui ai travaillé avec mes collègues du même âge. »
    Je me fiche pas mal de savoir combien de temps vous avez travaillez.
    Votre génération est celle qui a endetté le pays à un point jamais vu dans l’histoire, ce qui est ni plus ni moins qu’un hold-up sur les générations suivantes.
    Elle a aussi voté pour la retraite à 60 ans, tout en sachant parfaitement que ça n’était pas soutenable.

    Donc non, on ne vous doit rien du coup. Remboursement de cotisations? Une fois déduite la valeur de votre retraite achetée avec l’argent de vos petits enfants, c’est vous qui risquez de devoir payer une somme rondelette.

    Oui, ces histoires de CSG sont un jeu de bonneteau, puisqu’on ne sait faire que ça dans ce pays. Mais de là à allez pleurer sur votre sort, il ne faut pas pousser.
    De toute façon, je m’en fout, je ne paye ni CSG ni cotisation sociales, m’étant enfin barré de ce pays où tous le monde essaye de vivre au crochet de tout le monde. Je considère mes cotisations déjà payées comme perdues. Mieux vaut 5 ans que 40 ans comme tout ceux de ma génération qui restent.

    • L’argument qui prétend que la génération actuelle ne va pas pulvériser les records de dette établis par la précédente est complètement surréaliste ! Et nous sommes sur un site libéral, ce qui signifie qu’on doit y distinguer l’individu, et ne pas lui faire porter la responsabilité de choix qu’il n’a pas faits lui-même personnellement au prétexte qu’il appartiendrait à la même génération que ceux qui les ont imposés (imposés est bien le mot !).

      • C’est bien l’auteur qui a mis la discussion sur le terrain de « faignasses de jeunes qui ne veulent pas payer ma retraite ».
        Si on veut donner dans l’individualisme, je suis pour, mais alors il faut dénoncer l’ensemble des personnes, de toutes générations, qui ont mis en place et maintenu le système par répartitions.
        Et vous avez mal lu, je n’ai jamais émis l’idée que les nouvelles générations seraient plus responsable financièrement que les précédentes, parce que effectivement, je pense que les conneries continuerons jusqu’à la faillite. Mais les seuls habilités à demander des comptes seront alors la dernière génération au moment de la faillite, celle qui n’aura pas de retraite, qui devra prendre soin de ces parents et rembourser la dette des 2-3 générations d’avant.

        • pas tout à fait, il me semble qu’il a contredit un argument par analogie.. Le fait essentiel est que d’abord et avant tout…on discute de retraite par répartition , où les niveaux versés sont sauf si on vous avait donné une formule quelque part disant par exemple que les retraite seraient fixés selon tel ou tel paramètre macroéconomique, on pourrait discuter..on se trouve dans la discussion de variation d’un truc dont on doit admettre la valeur absolue…moi ça m’ennuie. ça ressemble à des discussions sur l’augmentation des taxes sur le carburant. on a « signé » pour un principe qui dit les gens qui travaillent payent pour les retraités..avec aucune clef quantitative pour connaitre ( à la signature du contrat en somme ) le montant des retraite la durée de cotisation, et l’age de départ …
          L’argument par rapport à la capitalisation individuelle est que c’est plus « sûr », il est certain qu’un retraité ne peut pas emprunter pour payer sa propre retraite.

    • Dans ce cas vous n’avez pas la parole oust!

  • Franchement, à moins de faire effectivement le calcul, et d’essayer de simuler ce qu’aurait été un système par capitalisation individuel mis en place il y a 50 ans, et de comparer avec le système actuel, il est difficile de savoir ce qui est « juste » ou pas.

    Le problème, c’est que si un tel système avait été mis en place il y a 50 ans, l’économie aujourd’hui ne serait pas dans l’état où elle est et tout irait certainement mieux pour tout le monde.

    Reste qu’avec les décisions catastrophiques que nous cumulons depuis des décennies, nous en sommes effectivement arrivés à une situation où beaucoup d’actifs sont dans une situation plus difficile que beaucoup de retraités, qui ont également bénéficié à plein d’une bulle immobilière totalement artificielle, et de cotisations de retraites sous-évaluées par rapport à ce qu’ils touchent aujourd’hui (en effet, les cotisations de l’époque étaient basées sur des hypothèses de croissance, de chômage, d’espérance de vie, etc, qui ne se sont pas du tout réalisées – or ce risque devrait être supporté par l’investisseur, c’est à dire le retraité, et non par les actifs d’aujourd’hui qui, non contents de gagner moins facilement leur vie, se font en plus ponctionner beaucoup plus lourdement qu’avant pour honorer des créances passées sur lesquelles ils ne se sont nullement engagés, puisqu’ils n’étaient même pas nés).

  • Vous seriez bien inspiré d’afficher un tout petit peu moins de condescendance à l’égard des jeunes actifs d’aujourd’hui, supposés fainéants, qui :

    1) Sont condamnés à financer votre retraite – que je suppose très confortable – sans qu’on n’ait jamais sollicité leur avis sur la question.

    2) Ont toutes les chances, quant à eux, de cotiser à fonds perdus vu l’effondrement probable du système par répartition.

    3) Doivent s’endetter à vie pour les quatre mêmes murs que vous aviez acheté il y a 30 ans pour une bouchée de pain.

    Comme beaucoup d’autres de ma génération, je m’efforce d’épargner moi-même pour mes vieux jours tout en supportant la charge représentée par nos aînés. Je ne demande pas une médaille, mais si a minima on pouvait éviter de nous cracher dessus svp…

    • Je ne sais pas si les jeunes d’aujourd’hui sont plus, également, ou moins fainéants que ceux de la génération précédente, mais je suis certain et j’ai des preuves chaque jour qu’ils sont totalement ignorants de conditions de vie d’il y a 30 ou 40 ans, et combien les leurs sont favorables par rapport à ce qu’elles étaient pour ceux qui avaient alors l’âge qu’ils ont maintenant.
      1) S’ils ne s’estimaient pas condamnés à financer la retraite de leurs propres anciens, c’est parce qu’ils en faisaient une question de morale, et que nul n’aurait imaginé faire un référendum pour savoir s’il fallait laisser tomber la génération précédente quand la minceur de la retraite des vieux était un scandale admis par tous.
      2) La cotisation, dans le système par répartition, a toujours été à fonds perdus. Si des retraités aujourd’hui ont un minimum d’aisance, c’est parce qu’ils ont payé double, d’une part pour leurs anciens, d’autre part pour se constituer malgré une fiscalité punitive, une épargne qui leur permettrait également de gâter leurs enfants pour leur éviter les difficultés qu’eux avaient dû surmonter quand ils étaient jeunes.
      3) A l’âge où les jeunes ménages achètent aujourd’hui un logement qu’ils trouvent trop cher sans voir combien les normes de confort et d’écologie punitive y ont contribué, on ouvrait à l’époque un Plan d’Epargne Logement, pour pouvoir au bout de 5 ou 6 ans obtenir un prêt à taux raisonnable sur 15 ou 20 ans et s’offrir un logement qui serait aujourd’hui classé insalubre, dont il fallait attendre la fin des mensualités et l’autonomie des enfants pour faire enfin la rénovation.
      La vie des jeunes aujourd’hui est incomparablement plus aisée qu’elle ne le fut pour la génération précédente au même âge. C’est un fait, et nous ne pouvons que nous en réjouir. En revanche, les jeunes seraient bien inspirés de comprendre que leur priorité doit être d’apporter enfin les modifications au système (fin de la répartition, fin des régimes spéciaux, responsabilisation des étudiants vis-à-vis du coût de leurs études, examen critique des dépenses écologiques, etc.) qui permettent à leurs propres descendants de mieux vivre sans que la dette publique n’explose ni que les obligations morales envers la génération précédente ne soient foulées aux pieds.

      • 1) Quand ai-je parlé de laisser tomber la génération précédente ? Ou de faire un référendum ou je ne sais quel autre truc que vous semblez sortir tout droit de votre imaginaire ? Comme je l’ai écrit en toutes lettres, notre génération supporte de facto la charge des retraites – et souhaiterait juste un minimum de reconnaissance, au lieu du mépris satisfait de lui-même affiché par cet article ou encore de votre chantage à la moralité.

        Et comme vous l’avouez vous-même, les retraités de votre époque étaient majoritairement modestes voire miséreux. Rien à voir avec les nouveaux retraités qui ont un niveau de vie supérieur aux actifs. Oui vous avez travaillé pour le mériter, mais quoi qu’on en dise une société dans laquelle les inactifs vivent mieux que les actifs est une société malade. Le réajustement entre cotisations sociales et CSG peut être discuté mais part d’un diagnostic qui est sain.

        2) Vous faites semblant de ne pas comprendre ce que j’ai dit.
        Oui merci, je sais parfaitement comment fonctionne un système par répartition. Et non, vous n’avez jamais cotisé à fonds perdus puisque vous aviez l’assurance de toucher votre retraite au bout du compte, la pyramide démographique vous étant encore favorable et votre génération ayant bien veillé à soigner ses conditions de départ. Les jeunes d’aujourd’hui, c’est ma conviction, cotisent en revanche à fonds perdus dans un système qui ne sera plus solvable à l’âge (de plus en plus avancé) où ils devraient pouvoir partir.

        3) Franchement n’en faites pas trop non plus, ça nuit à votre crédibilité. N’est pas Zola qui veut.

        J’avoue que votre conclusion m’a fait sourire. Je vous traduis : « Estimez-vous heureux de vivre une vie aussi confortable et opulente grâce à nos efforts ! Bon, et maintenant sortez-vous les doigts et démerdez-vous pour trouver une solution à toutes les erreurs de société que nous avons commises ».

        • J ne répondrai que sur le 1), le reste ne faisant que confirmer votre ignorance crasse de ce que c’était que de commencer une carrière en 1980.
          Vous voulez de la reconnaissance, je vous en aurais peut-être accordé un peu si vous n’aviez rien réclamé. Mais dans une situation qui était loin d’être aussi facile, ce que nous avons fait pour notre génération précédente, nous l’avons fait parce que nous aurions eu honte de ne pas le faire, parce que c’était normal pour quiconque possède une once de moralité et d’affection pour ses semblables, et non avec le calcul d’y gagner de la reconnaissance, fusse-t-elle symbolique.

          • De cette joute oratoire il ressort que c’est ce système de retraite par répartition qui est le problème : au lieu d’être une solidarité entre les générations, c’est une source de tensions et de rancœurs qui va s’amplifier avec le déséquilibre démographique.

          • Il est assez extraordinaire de qualifier les conditions de travail depuis les années 60 (jusqu’à quand ?) d’incomparables avec les conditions actuelles, de qui vous moquez vous ?
            Qu’il y ait eu des améliorations, c’est un fait, mais le stress des conditions actuelles de travail n’existait pas sous les trente glorieuses,

    • @Manchot
      Puisque vous n’avez pas de cerveau, je vous rappelle que les retraités ont travaillé toute leur vie, plus que vous car ce n’était pas 35 heures! Qu’ils ont cotisé toute leur vie pour avoir une retraite.
      Qu’ils ont payé des crédits toute leur vie pour acheter un logement.
      Et évitez les outrances telles que celle où ils vous cracheraient dessus car c’est l’inverse, vous leur crachez dessus!

  • Comment peut-on oser sortir de tels mensonges cousus de fil blanc? Le socialiste Macron avait besoin d’argent pour distribuer à ses copains et ses affidés, point barre! Du vol, du racket, la mafia au pouvoir n’en a jamais assez!

    • Jean Marc Daniel le répétait à la radio il n’y a pas si longtemps :
      Quelle est la différence entre une mafia et un gouvernement ?
      Aucune. Les deux sont là pour racketer la population, sauf que dans la mafia il y a un code de l’honneur.

  • comparez les taux d’appel entre 70 et aujourd’hui, vous comprendrez que les retraités BB ont volé leur retraite, en plus d’avoir confisqué l’immobilier.

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