Les fonctionnaires bientôt dispensés de solidarité ?

Pour compenser la hausse de la CSG, le gouvernement a proposé de façon surréaliste de supprimer la contribution exceptionnelle de solidarité (CES) des fonctionnaires. Les syndicats ont refusé en bloc cette proposition pourtant très favorable.

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Les fonctionnaires bientôt dispensés de solidarité ?

Publié le 16 septembre 2017
- A +

Par Éric Verhaeghe.

Depuis la nuit des temps sociaux (c’est-à-dire depuis 1945), les fonctionnaires refusent d’intégrer la sécurité sociale prétendument universelle, pourtant inventée par des fonctionnaires (en l’espèce Pierre Laroque, conseiller d’État, et Alexandre Parodi). Les raisons de cet isolationnisme de la fonction publique sont bien connues : leur régime de protection est beaucoup plus favorable que celui des salariés du privé, notamment parce qu’il leur permet de puiser près de 40 milliards€ chaque année dans l’impôt pour équilibrer leurs coûteuses retraites.

Alors évidemment, quand Emmanuel Macron annonce une mesure en faveur des salariés du secteur privé (en l’espèce la suppression des cotisations qu’ils apportent à la Sécurité sociale pour financer une part des prestations qu’ils perçoivent), les fonctionnaires se trouvent en position difficile. Le privilège dont ils disposent (celui d’échapper à la sécurité sociale) les prive de ce petit cadeau inattendu.

Pourquoi ne pas intégrer les fonctionnaires dans la sécurité sociale ?

Forcément, les fonctionnaires demandent eux aussi à bénéficier d’une mesure qui pose un problème, puisque la suppression des cotisations sera compensée par une hausse de la CSG. Or les fonctionnaires sont soumis à la CSG mais ne relèvent pas de la sécurité sociale.

Le bon sens voudrait donc que le gouvernement propose d’intégrer les fonctionnaires à la sécurité sociale, au nom de l’universalité de celle-ci. C’est le meilleur moyen de régler le problème de la compensation de la hausse de la CSG pour les fonctionnaires.

L’étonnante proposition du gouvernement

Mais… cette voie suppose d’affronter la colère des syndicats de fonctionnaires, qui adorent donner des leçons de solidarité mais surtout pas les mettre en pratique. Donc le gouvernement a proposé de réduire une part des cotisations payées par les fonctionnaires pour compenser une mesure dont on peine à saisir l’injustice.

D’où la proposition de supprimer la contribution exceptionnelle de solidarité inventée en 1982 pour que les fonctionnaires participent au financement du fonds de solidarité vieillesse. Ben voyons ! pourquoi les fonctionnaires participeraient-ils à la solidarité nationale ? après tout… rien ne le justifie.

Les syndicats ont trouvé que la proposition n’était pas assez généreuse. Ils l’ont refusée en bloc.

Les fonctionnaires toujours pas dans la sécurité sociale

Alors que, d’un bloc, les travailleurs indépendants sont sommés de rejoindre la Sécurité sociale, les fonctionnaires continuent à y échapper. Ils bénéficient toujours d’un régime de retraite exorbitant, avec des règles de calcul de la pension particulièrement favorables. Comme quoi, les cordonniers sont parfois les mieux chaussés.

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Voir les commentaires (20)

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  • Bannir le mot (( ÉGALITÉ )) je croyais que nous étions égaux ….pas pour tout !!!
    encore un exemple: nos élus ne payent pas la hausse de la CSG…
    en réalité. .rien ne change ….

  • Toujours les mêmes que l’on ose pas toucher. Faut chouchouter ses futurs électeurs quand il se représentera le bougre … Il parlait de ses prédécesseurs qui n’avaient rien changé, et lui fait exactement la même chose. Faut pas toucher aux privilèges des fonctionnaires et des politiques mais taxer les autres pour payer leurs retraites ça oui. Rien ne change

  • Résumons-nous:
    – les fonctionnaires ne veulent pas subir le 1 jour de carence maladie alors que les salariés du privé en subissent 3;
    – les fonctionnaires ne veulent pas de régime uniforme de Sécu préférant (on se demande pourquoi ?) leur régime spécial d’assurance santé; mais ils veulent néanmoins que la baisse programmée des charges sécu pour le privé leur profite itou…
    – les fonctionnaires ne participent absolument pas à la solidarité (si on doit la nommer ainsi…) des régimes spéciaux (par ex les intermittents) ni au financement de pôle emploi entièrement payé par l’assurance chômage des salariés du privé
    – en ce qui concerne leur retraite:
    1) le régime fonctionnaire est nettement plus avantageux que celui du salarié du privé (assiette de calcul, reversion, majo diverses, pèriode de référence)
    2) malgré ces avantages, les cotisations versées par les fonctionnaires sont plus faibles (9,9 % de la rémunération contre 11,15% dans le privé), et leur employeur l’Etat, (c’est à dire nous les contribuables), cotise 4 fois plus que l’employeur privé pour abonder ces retraites (74% de la rému du fonctionnaire contre 16% pour l’employeur privé, soit plus de retraite pour moins de cotisation indiividuelle !!!) ) avec in fineune retraite moyenne fonctionnaire beaucoup plus forte (2079 euros) que dans le privé (1306 euro, sachant que le solde du régime global fonctionnaire étant structurellement déficitaire, le budget de l’Etat (c’est nous), compense environ 40 milliards de déficit chaque année.
    – les fonctionnaires hurlent contre le blocage du point d’indice sachant qu’il est totalement marginal dans leur rémunération au regard de leur GTV (progression automatique annuelle à l’ancienneté), de leurs changements d’indice massifs (qui les fait passer dans la grille supèrieure), et de leur régime de primes (prés de 20 milliards par an).
    On comprend qu’ils aient programmé une grève le 10 octobre car il ferait beau voir que nos « chers » fonctionnaires soient traités en droit commun au regard de l’exceptionnelle, rare, singulière, remarquable, spectaculaire, formidable… contribution à la valeur ajoutée du pays.
    Autre rappel: les fonctionnaires bénéficient de l’emploi « à vie » en théorie contrepartie au principe de continuité du service qui devrait rendre leurs grèves illégitimes et interdites. Par ailleurs cet avantage correspond en fait à une assurance chômage « à vie » offerte par le contribuable, sans aucune contribution individuelle de la part du fonctionnaire. Personne ne parle de ce cadeau absolument exorbitant dans un pays à 10% de chômage!

    • Bravo pour cette revue des avantages immérités et scandaleux des fonctionnaires dont beaucoup (pas tous!!!) sont inutiles et néfastes à la bonne marche de notre pays.

      • De toute façon comparer les avantages des fonctionnaires avec ceux du privé n’a pas de sens car le salaire des fonctionnaires n’est pas réellement un prix de marché (le prix de marché étant leur salaire et leurs avantages, et encore pas réellement…). Comparer leur fiscalité ou leur charge sociale n’est qu’un jeu d’écriture qui sert juste a encore plus dissimulé leur coût réel.

        C’est le concept même de fonctionnaire qui ne devrait pas exister. L’Etat devrait embaucher avec le droit privé, et le moins de personnes possible.

  • les fonctionnaires , ils le cul bordé de nouilles , comme on dit chez nous et ils ne sont jamais contents …..et rarement aimables avec ça ……

  • l’État n’existe que parcequ’il existe des fonctionnaires d’état , il faut donc les chouchouter !
    C’est ça ou la corruption généralisée à un niveau que nous ne pourrions pas supporter.

    • Ras le bol de chouchouter des privilégiés comme ceux de la SNCF ou d’EDF Tout change vite et dans le mauvais sens pour le privé, et les autres faut pas les toucher ?? égalité fraternité, c’est pour qui ce baratin

    • La corruption (chouchouter) comme prévention à la corruption ? Quelle idée géniale ! Vous en avez beaucoup, des idées comme celle-là ?

      • La corruption pour l’état c’est lorsque l’on complote contre lui ,ce n’est pas lorsque l’on se tape des milliers d’euros de coiffeur ou de maquilleuse ! , il achète leur complaisance…ce qu’on appelle la paix sociale…sinon pourquoi voulez vous que les statuts du public soient différents du privé ,cela n’a pas de sens économique de favoriser les improductifs , l’état devrait faire la chasse aux improductifs pour avoir une plus grosse cagnotte !

    • Non, l’Etat n’a absolument rien à voir avec la fonction publique.

  • Franchement, la cuisine interne à la fonction publique, on s’en moque complètement, c’est des problèmes de socialistes.

    Comment peut-on réclamer que l’Etat ne se mêle pas des arrangements salariaux et sociaux à l’intérieur des entreprises au nom du libéralisme et dans le même temps, chercher des poux dans la tambouille de la plus grosse entreprise de France ?

    Ce problème n’en est un que parce que les fonctionnaires sont 1/4 des emplois, alors qu’un chiffre de 1/10 serait déjà à la limite du raisonnable.

    Le scandale ne vaut que par les 4 millions de personnes en trop dans la fonction publique et donc les 4 millions de personnes en moins pour relever la compétitivité de notre pays (et corriger la dette, la balance du commerce extérieur, le niveau des salaires, le niveau des services etc…)

  • Réformez, réformez mais pas pour moi ! ou : la solidarité à sens unique.
    Laurent Wauquiez a cumulé 13 ans de droits à retraite pour seulement 2 mois de travail.Le président Les Républicains de la région Auvergne-Rhône-Alpes est en position de détachement de son poste de maître des requêtes au Conseil d’État depuis 2004. Un job qu’il n’a pourtant occupé que deux mois. Bel exemple de privilège indécent. Cela n’avait pas empêché ce monsieur, de dénoncer en 2011, les « dérives de l’assistanat » qu’il qualifiait de « cancer de notre société ».
    Il est loin d’être le seul à bénéficier de cette indécence, de ce détournement de droit légal.

    Le cancer de notre société ce sont les privilèges de cette élite détestable qui se sont emparés d’un état ventripotent, arrogant, impuissant, qui prétend tout réformer sauf lui-même.

    Comme les escaliers, les états doivent commencer à être balayés par le haut, sinon ils restent crasseux.

  • les fonctionnaires ?ils constituent la base électorale de toute la gauche ,alors on les protègent …. au détriment des autres, patron inclus !

  • Les commentaires sont fermés.

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ENA, école de fonctionnaires
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