La fin des privilèges des cheminots ?

Pourquoi avoir évoqué le privilège des billets gratuits pour les familles de cheminots ? Coup de com ou premier coup de semonce ?

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Manifestation du 2 Octobre 2010 - CGT by Maya-Anaïs Y. (CC BY 2.0)

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La fin des privilèges des cheminots ?

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 13 septembre 2017
- A +

Par Jacques Garello.

Dans son programme Emmanuel Macron avait annoncé une disparition des régimes spéciaux de retraites. Mais il a ensuite précisé que c’est en 2018 seulement qu’il ouvrira ce dossier explosif. Alors pourquoi avoir évoqué le privilège des billets gratuits pour les familles de cheminots ? Coup de com ou premier coup de semonce ? Peut-être les deux…

Scandale à la CGT

Une telle annonce à la veille de la manifestation de la CGT a suscité beaucoup de commentaires. On sait que la SNCF est un fief important de la CGT. On sait également que beaucoup de Français sont scandalisés par les privilèges des cheminots.

Parmi ces privilèges : les billets gratuits pour la famille. Rappeler ce détail le 11 septembre peut suggérer au bon peuple que les gens qui défileront le 12 ne font que défendre leurs avantages, sans souci du service public, qui fonctionne si mal (on se rappelle des pannes électriques sur le réseau Ouest en août).

Pour autant serait-ce une réforme significative que de supprimer ce privilège ? On a fait référence aux économies ainsi entraînées : 100 millions d’euros. Mais cette somme est ridicule par rapport à celle de la dette de la SNCF : 44 milliards.

Alors de deux choses l’une : ou bien le gouvernement n’est pas encore en état de s’attaquer aux choses plus sérieuses, comme les retraites des cheminots, et il se rappelle au bon souvenir de ses électeurs de droite (la Révolution va commencer), et il fait monter la pression.

Ou bien le train des réformes va rester en gare, mais pour montrer qu’on est courageux, voire héroïque, il fait un petit pas en marche avant, pour préparer un grand pas en marche arrière. L’essentiel est d’être en marche.

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Voir les commentaires (17)

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  • A quand celles de nos élus !!!!
    qu’ils donnent l’exemple mais là il faut pas rêver. ….

    • Il n’y a qu’à élire que des cheminots, plus besoin de leur offrir quoi que ce soit en tant qu’élus, ils auront déjà tout.

    • @ Lou fabe
      Là, c’est évidemment différent (officiellement): les députés de province doivent venir à Paris et parcourir leur département. Ça fait plus sérieux que les déplacements de vacances de la famille du cheminot!

  • Ce qui m’étonne moi, c’est également la différence de salaire entre le chauffeur d’un train et celle d’un conducteur d’un poids-lourd international !

    • Jea-M64
      Un conducteur de camion est obligé de s’arrêter pour se reposer, un conducteur de loco ne conduit pas mais doit prouver régulièrement qu’il ne dort pas: contrainte insupportable. Le conducteur de poids-lourd doit arriver en temps et heure; un TGV peut fréquemment avoir un retard jusqu’à 10 heures et c’est du temps qui prive le cheminot d’être avec sa famille et réciproquement: c’est un métier très pénible!

      Bon! Ils ont un argument historique: ils ont aidé « héroïquement » la résistance! (C’est ce qu’on raconte!) Euh, oui, c’était en 44-45! C’est un peu vieux mais ça a permis à un maréchal de dévisser et à un général 2 étoiles dont la condamnation pour trahison est restée sans suite de devenir « un héros » sans se battre! Donc reconnaissance éternelle à la SNCF! (Par contre, un conducteur de camion polonais: de quel côté était la Pologne en ’40-’45?)

    • Justement ce qui est étonnant c’est que vos ne fassiez pas la différence… Un petit effort vous pouvez y arriver.

  • Plutôt que de prendre une retraite très anticipée les « roulants » pourraient faire bénéficier la société de leur savoir-faire (s’il existe réellement) en passant à l’entretien du matériel et à former les jeunes…
    Les compensations obtenues avant les années 60 étaient liées à la pénibilité du travail pour ceux qui étaient dans les locomotives (à vapeur), aujourd’hui accordées à l’ensemble du personnel qui n’a plus cette pénibilité… Tout cela est devenu des privilèges ! Faudrait-il accorder le même statut à tous les salariés français qui travaillent en déplacement loin de leur dodo ?
    Nos militaires actuellement en mission pourraient-ils demander à rentrer à la maison tous les week-end où ils ne sont pas de service ?

    • @ Jean-M64
      Partager leur savoir-faire? Vous rêvez: ils vont évidemment demander la retraite + un salaire! Trop cher!

      Oui, un « chauffeur » de loco au charbon était inapte au travail à 52 ou 57 ans mais il ne profitait pas longtemps de sa retraite, avec son anthracosilicose qui l’étouffait progressivement jusqu’au décès à cause de son coeur trop peu oxygéné!

  • C’est déjà ce que faisait Hollande, et Macron, au gouvernement! Un pas en avant, deux en arrière!

    • @ Virgile
      Fr. Hollande a touché aux privilèges des salariés « spéciaux »? Première nouvelle!

      Non, E.Macron n’est pas un « Fr.Hollande bis »!

      Je ne crois même pas qu’ils soient copains! C’est une simplification abusive, cette assimilation alors que son quinquennat ne fait que commencer mais activement: l’avenir est moins prévisible qu’ « Irma » et les prophètes se trompent souvent!

  • La France est une république bananière dépecée par les prédateurs gros et petits et les pébendiers… C’était économiquement supportable tant que l’industrie, qui finançait le tout au travers des prélèvements obligatoires directs ou sur ses salariés, n’avait pas été sacrifiée au nom de concepts idéologiques (jalousie sociale). Il nous reste le fiscalisme à outrance et le surendettement généralisé. Le Grand Soir est proche…

  • Si encore la SNCF était une société privée en situation de concurrence sur son marché et suffisamment prospère pour distribuer ainsi nombre d’avantages à ses salariés, pourquoi pas…
    La palme revient sans doute à Martinez de la CGT qui a récemment déclaré, sans que personne ne le contredise, que le régime spéciale des retraites SNCF était totalement financé par la SNCF, donc qu’il ne voyait pas pourquoi on le devait le remettre en cause…
    Mais avec des capitaux propres négatifs, seul son statut d’EPIC (et le contenu de nos portefeuilles…) l’empêche de faire faillite comme cela devrait être le cas.
    C’est d’ailleurs sans doute l’unique solution pour repartir sur des bases saines mais que l’on se rassure, ça n’arrivera jamais… Je ne suis pas sûr que la Maggie Thatcher française soit encore née..

    • Ne connaissant ni les tenants ni les aboutissants vous devriez vous abstenir de faire des commentaires qui ne tiennent pas la route

    • @ RB83
      Actuellement, il n’est pas anormal d’exiger des autorités des « services publics » et donc toute ville ou village doit pouvoir être en communication avec le reste du pays mais rien ne dit que c’est à l’état de l’organiser: rédiger le cahier des charges et organiser une juste adjudication suffisent. Chez moi, beaucoup de bus sont privés … et il y a très peu de grève, forcément! « À chacun son métier … »

  • Les commentaires sont fermés.

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