Non, la France n’est pas morte !

Drapeaux français (France) (Crédits Quinn Dombrowski, licence CC-BY-SA 2.0)

Le Français moyen vivra-t-il moins bien que l’Indonésien moyen en 2050 ?

Par William Kohler.

À en croire les classements qui s’évertuent à définir les pays selon leur puissance, la France perdrait presque une place toutes les demi décennies. À ce rythme, la France risque-t-elle alors de se retrouver dans une vingtaine d’années hors du top 10 et même exclue du G20 à la fin du siècle ?

Nul besoin d’être un grand patriote pour s’inquiéter d’une telle dégradation. Surtout si celle-ci affecte les citoyens dans leur ensemble. Toujours selon ces estimations, constater par exemple que l’Indonésie ou le Nigeria devanceraient la France et la plupart des pays d’Europe a de quoi être inquiétant.

Bond de géant ou recul radical ?

Bond de géant de la part de ces pays ou recul radical de l’Europe ? Le Français moyen vivra-t-il moins bien que l’Indonésien moyen en 2050 ? Tant sur le plan de ses finances personnelles, de ses droits ou encore du rayonnement culturel de sa nation, le citoyen français pourrait être en droit de s’alarmer devant de telles prédictions.

Pourtant, en comparant l’Europe et le reste du monde émergent sur différents plans, on peut douter de l’exactitude de ces classements ou de ce qu’ils sont vraiment. D’abord, il faut savoir ce que l’on entend par puissance et ce que cela représente pour le citoyen lambda. L’Inde est par exemple un pays riche avec une population pauvre dans son ensemble.

Les défis du XXIème siècle

La puissance d’un État reste souvent considérée en fonction de sa richesse totale (PIB). En prenant alors compte des ressources de chaque pays et de leur démographie, on pourrait effectivement croire que l’Europe est en déclin face aux pays émergents grandissants.

Mais cela serait mal interpréter les défis du XXIème siècle.

Ce siècle ne sera pas une copie du précédent. Le nombre d’usines et d’ouvriers ne fera pas la grandeur d’une nation. Si les ressources fossiles resteront nécessaires, ces dernières n’apporteront qu’une puissance relative à leurs propriétaires.

Les véritables atouts pour être une nation forte dans ce siècle qui débute se trouvent dans l’innovation, la créativité, la culture, la science, la finance et l’environnement. Ces aspects sont la conséquence d’une vision du monde ouverte, rationnelle et flexible. À ce jeu, l’Europe est encore un acteur principal. La ressource la plus importante du XXIème siècle est l’individu à la tête bien faite comme disait Montaigne.

Une longueur d’avance

Que ce soit dans les flux d’étudiants, le nombre de films exportés, les adaptations sociales, les marchés boursiers, le respect des lois,  l’innovation scientifique, le nombre de brevets, la qualité de l’air, le type d’enseignement, la liberté individuelle, le droit à l’information ou encore l’accès à la santé, l’Europe et la France sont bien loin devant l’Indonésie, le Brésil, le Nigeria, l’Inde ou encore la Russie.

On ne peut qu’espérer que la France continue dans cette voie et que les pays émergents progressent dans tous ces domaines pour ainsi améliorer la vie de leurs concitoyens.

Au regard des défis du futur, on peut conclure que non seulement la France n’est pas morte, mais pourrait même être encore plus forte à la fin du siècle.