Présidence LR : y a-t-il un candidat libéral dans la salle ?

On cherche en vain un libéral parmi les candidats à la tête des Républicains, voire même un candidat qui oserait faire allusion au libéralisme, cet épouvantail doctrinal qui avait représenté 4 millions de voix de droite en novembre 2016…

Par Jacques Garello.

La droite est de retour. Elle est même au sommet du mont Mézenc avec Laurent Wauquiez, qui fait l’escalade de la présidence en tête. C’est lui qui imprime le style de tous les candidats : fierté de la droite, d’une droite rassemblée, d’une droite ouverte. Comme si « la droite » correspondait à une doctrine, alors que ceux qui s’en réclament ont des opinions divergentes.

On ne veut pas de la doctrine, parce qu’elle divise. Elle divise européistes et eurosceptiques, conservateurs et progressistes, et même la droite de la droite et la gauche de la droite ! Dans ces conditions, il n’y a pas de place pour le libéralisme. À tout prendre on s’accommoderait du « libéral social », mais c’est Macron qui s’est approprié le créneau (vide de sens, oxymore).

Gaullisme de gauche ou d’ailleurs

Valérie Pécresse (qui n’est pas candidate mais n’aime pas Wauquiez) « la droite, c’est le gaullisme de gauche » ; bien vu. Julien Aubert, le seul qui souhaite véritablement un débat d’idées et une option doctrinale claire, s’affiche gaulliste, eurosceptique, se réclame de Séguin et Pasqua : pas vraiment libéral.

Florence Portelli, jadis l’une des porte-parole de Fillon, s’intéresse à la fracture sociale et territoriale, ce qui est un fait, mais pas une philosophe politique. De même rassembler la droite, objectif de Daniel Fasquelle, est un défi difficile à relever quand on ne dit pas autour de quel projet de société on se rassemble.

Mael de Calan, dernier déclaré en date, fait mieux encore : il veut une droite « rafraîchissante », avec seulement des trentenaires et des quadragénaires. Quant à Laurence Sailliet, l’inconnue, elle rassemble la droite jusqu’à vouloir ramener les « constructifs » dans le giron ; pourquoi pas les insoumis ?

Bref, pour l’instant on cherche en vain un libéral parmi les candidats, voire même un candidat qui oserait faire allusion au libéralisme, cet épouvantail doctrinal qui avait représenté 4 millions de voix de droite en novembre 2016 !  Patience, ils y viendront !

Sur le web