La guerre contre la drogue de Nixon visait les Noirs et les Hippies

Shibby777 Hippie Bus(CC BY-SA 2.0)

« En poussant la population à associer les hippies avec le cannabis et les noirs avec l’héroïne, nous pourrions perturber ces communautés. »

Par Robby Soave.
Un article de Reason

Le président Richard Nixon a créé la guerre contre la drogue dans un but spécifique : décimer ceux qu’il percevait comme ses ennemis politiques, la gauche pacifiste, et les Noirs américains.

C’est ce que révèle un long article d’Harper’s, dans lequel le journaliste Dan Baum relate un entretien conduit avec John Erlichman, un ancien membre du personnel de Nixon emprisonné pendant un an en raison de son implication dans le scandale du Watergate. Sans aucune sollicitation, Erlichman a avoué le vrai but de l’interdiction fédérale de la drogue :

« Vous voulez vraiment savoir de quoi il était vraiment question ? », a-t-il demandé avec la brusquerie d’un homme à qui il reste peu de chose à protéger après une disgrâce publique et un tour dans une prison fédérale. « La campagne de Nixon en 1968, et sa Maison Blanche ensuite, avaient deux ennemis : la gauche pacifiste et les Noirs américains. Vous comprenez ce que je dis ? Nous savions que nous ne pouvions rendre illégal ni le fait d’être contre la guerre, ni d’être Noir, mais en poussant la population à associer les hippies avec le cannabis et les Noirs avec l’héroïne, et en criminalisant les deux fortement, nous pourrions perturber ces communautés. Nous pourrions arrêter leurs leaders, faire des descentes dans leurs maisons, briser leur réunions, et les vilipender nuit après nuit dans les journaux du soir. Savions-nous que nous mentions à propos des drogues ? Bien sûr que nous le savions. »

L’infâme plan a échoué seulement dans le sens où Nixon a finalement perdu, victime de son comportement criminel et d’un manque absolu de scrupules. Mais la guerre contre la drogue a de manière certaine apporté la ruine, la pauvreté et le crime dans les communautés de minorités, a coûté au pays des sommes d’argent scandaleuses, et a étendu le champ d’action du pouvoir oppressif de l’État fédéral. Cela n’a pas été fait pour le noble bien du public, c’était une manœuvre politique, rien de plus.

La route vers l’enfer est peut-être pavée de bonnes intentions, mais elle n’est pas pavée uniquement de bonnes intentions.


Cet article a été publié une première fois en 2016.