AirBnB marche très bien en France : c’est honteux !

Cette année encore, AirBnB paye un impôt bien trop faible pour tous ceux qui en vivent directement ou indirectement. Quel tracas !
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AirBnB marche très bien en France : c’est honteux !

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 9 août 2017
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C’est atroce, c’est abominable, c’est insupportable, c’est même pire que ça réuni, c’est injuste puisqu’inégalitaire : d’après la presse déchaînée, AirBnB n’a payé que 92.944 euros d’impôts en France pour l’année 2016. Raaarrghh, mais c’est immoôÔôonde !

C’est Le Parisien qui a réussi à dénicher l’information absolument cruciale sur le contribuable en question : pour le quotidien, cette somme (qui représente plus de 60 SMIC mais quand c’est de l’impôt, fopadirsa) représente la totalité des impôts que l’entreprise a payés en France au titre de l’année 2016.

Attention : ce n’est qu’« une obole » selon le courageux scribouillard fièrement lancé dans la traque fiscale du dangereux intermédiaire de locations meublées. Pour ce dernier en effet, aucun doute possible : un tel montant représente à peine ce que paierait une modeste PME, ce qui démontre là un « décalage troublant » entre cette entreprise qui gère 400.000 annonces de logement en France cette année (le deuxième marché après les États-Unis, mon brave monsieur !) et les impôts rikikis qu’on lui prélève !

Cependant, notre brave taxophile est obligé de l’admettre : tout ceci est parfaitement légal, crotte et zut et flûte.

Eh oui : grâce à une « optimisation fiscale » absolument diabolique, AirBnB échappe à la juste perception de l’écot national. Et quelle optimisation ! Non seulement son siège fiscal est en Irlande (ce qui est une honte, c’est parfaitement évident, tant l’Irlande est reconnu comme paradis fiscal), mais en plus son siège mondial est-il installé au Delaware (qui est aussi un paradis fiscal, c’est bien connu). Résultat : les factures sont émises depuis l’étranger, et l’État français ne touche que les cacahuètes relatives au bureau commercial d’AirBnB installé sur le territoire et dont l’activité est essentiellement marketing (et presque aussi rikiki que son impôt).

À lire les nombreux articles consacrés à la question, tout ceci est absolument intolérable. En cela, ces notules reproduisent de façon aussi mécanique que lassante les mêmes schémas que l’année dernière où le public découvrait les mêmes principes fiscaux et des montants d’impôts à l’époque à peine plus faibles, et de toute façon bien trop petits au regard d’indicateurs divers et variés que les folliculaires jettent au milieu du discours pour illustrer leurs propos. Et pas plus que l’année dernière à la même époque ne sont voilées leurs opinions pro-taxation : pour eux, c’est évident, la foule réclame sa part de viande sur la bête.

Et s’il faut tout mélanger dans une belle soupe de chiffres pour ébaubir le contribuable fiscalement rectomisé, qu’à cela ne tienne : ressortons pour l’occasion une fine analyse de Marianne qui évalue le chiffre d’affaires de la société à plus de 65 millions d’euros ! Alimentons de jolis graphiques où l’on présentera le nombre de locations qui explose d’année en année, sans que les impôts payés suivent le même rythme ! Et quand ce n’est pas le chiffre d’affaires ou le nombre de locations – pourtant sans aucun rapport avec la base imposable – parlons du nombre de touristes complices de ces agissements, faisons pleurer avec les hôteliers qui ferment leurs portes et badigeonnons le tout de cette optimisation fiscale qu’on voudrait écrire « fraude » mais que le risque de poursuites en diffamation n’autorise malheureusement pas au sein de rédactions au budget juridique trop tendu faute de lecteurs.

L’important, c’est de bien faire passer un message indispensable : AirBnB dispose d’une grosse galette et il est intolérable qu’on ne puisse pas croquer dedans, quand bien même la société joue le jeu et respecte les règles en vigueur.

Vous comprendrez qu’ici, peu importent les retombées économiques qu’AirBnB engendre sans le moindre doute par son activité. Peu importent les nuitées vendues, peu importent les trajets permis par ces locations d’un autre type, peu importe que des touristes ont pu se permettre de venir dans le pays y dépenser leur argent grâce aux facilités offertes par AirBnB. Peu importe que, de fil en aiguille, ces touristes et ces locataires aient généré des entrées de TVA, des chiffres d’affaires pour les commerçants français par leur location négociée avec la société fiscalement basée en Irlande. Peu importe qu’AirBnB aie permis à certains de se découvrir une vocation dans l’accueil de touristes ou le développement de chambres d’hôtes.

Peu importe surtout que le chiffre d’affaire réalisé par les hôtes affiliés à AirBnB soit fiscalement déclaré et donc ponctionné comme il se doit. Peu importe qu’ainsi, la paperasserie fiscale soit réduite au minimum et chacun renvoyé qui à sa responsabilité d’entremetteur (pour AirBnB), qui de loueur (pour les hôtes) ou qui de consommateur (pour les touristes) payant de la bonne grosse TVA joufflue telle que notre pays la cultive avec amour et générosité.

Oui, vraiment, peu importent les effets bénéfiques indirects déjà palpables, peu importent les rentrées fiscales déjà existantes : puisque AirBnB réalise un chiffre d’affaire, puisque c’est en dehors de France, alors c’est un scandale (ou, du moins, on fera tout pour que c’en soit un). Point.

Ici, nos scribouillards et nos politiciens, jamais en retard d’une ânerie logique, se bousculent pour venir déplorer la fiscalisation d’AirBnB en Irlande plutôt qu’en France. Rappelons d’ailleurs que Macron, tout aussi puissamment « novateur » que Hollande ou Sarkozy sur la question, déclarait pendant sa campagne vouloir absolument lutter contre l’optimisation fiscale ; rien de tel qu’un combat contre la légalité pour gagner un costume de Zorro de Prisunic.

En revanche, il n’y a plus personne pour émettre l’idée révolutionnaire qu’il vaudrait mieux aligner notre fiscalité sur l’irlandaise plutôt que pourchasser les entreprises innovantes ou rémunératrices hors de chez nous. Personne pour noter qu’au train où va la fiscalité française, ce ne sont pas seulement le Delaware ou l’Irlande qui sont des paradis fiscaux en comparaison, mais un nombre croissant de pays sur toute la planète, à l’exception sans doute du Venezuela, de la Corée du Nord et de quelques autres destinations qui ne sont plus vraiment touristiques (mais assez ouvertement socialistes – coïncidence fortuite, n’en doutez pas). Personne pour remarquer que notre pays, par opposition, est devenu un petit enfer fiscal et paperassier.

Personne non plus pour essayer, au contraire du tabassage fiscalo-administratif observé, de capitaliser sur le phénomène et laisser ce domaine se développer : à l’instar des VTC qui, sans le moindre doute, offrent de vraies opportunités de métier à des populations sans diplôme, laisser AirBnB, ses concurrents ou des formules équivalentes se développer, c’est prendre le risque d’offrir de vraies solutions opérationnelles pour tout un pan de population qui n’attend que ça pour s’enrichir enfin.

Non, décidément, il vaut mieux distribuer du kick fiscal massif dans les parties, tant qu’on peut. C’est nettement plus positif, intelligent et si plein de promesses à long terme !


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  • Et combien ont paye d’impôts ses « salariés » ?
    Honteux vaut mieux des chômeurs que des entreprises osant « frauder » le fisc et un sale patron plein de fric ?

  • Eh oui les Français adorent les impôts… payés par d’autres!

    • on paie bien ceux de moscovici , entre autres individus qui ne crée rien mais se gavent comme des cochons de l’argent des contribuables européens et donc français ….

  • A population d’abrutis scribouillards abrutis et politiciens abrutis. Logique! La France est foutu, et pas à cause de l’étranger!

  • ce qui est intéressant, c’est quand on regarde un peu les commentaires sur l’article en lien. On n’y parle que d’alignement (par le haut) de la fiscalité, de lutte contre l’optimisation fiscale, de concurrence déloyale des pays étrangers qui nous volent nos impôts. Personne pour se demander pourquoi les multinationales pratiquent l’optimisation fiscale – peut-être parce-que, c’est évident, c’est pour gagner plus d’argent sur notre dos voyons !
    En tout cas, personne pour se dire que peut-être, ces multinationales apatrides seraient ravies de payer leurs impôts en France si l’imposition en France était un peu plus en ligne avec les standards internationaux… ça leur éviterait cette course à l’échalotte à base de montages juridiques bizarres…

  • Ne pouvant repondre à anagrist…le commerce ne peut exister qu’en cas de profit supérieur à l’inflation.,les multinationales n’ont que ce moyen d’exister et c’est tant mieux…moyen …..supprimer au maximum le parasitisme financier ,les états,les mafias et tous les obstacles à l’entrepreneuriat causes pas des gens plus abrutis qu’économiste.

  • Que voulez-vous, la société est vitrifiée. Le moindre progrès technique est assimilé à la bête immonde, le changement de paradigme dans les modèles économiques à la bête du Gevaudan, la moindre inégalité devenant par ailleurs synonyme de la lutte des classes et de la condition humaine.
    En France, tout le monde doit travailler (à perte) dans le public, toucher un salaire de misère (sauf si on connaît personnellement le responsable n+2), et faire travailler les enfants dans le même cocon népotique (d’abord en stage, puis en CDD et puis un oral biaisé), sauf pour les élus (les pauvres, ces moitiés de fonctionnaires n’ont vraiment pas les mêmes avantages que ceux de la boîte).

  • Soit on taxe tout le monde à 0%, chacun garde 100% de son revenu, et en fait ce qu’il veut ; soit on taxe tout le monde à 100% et l’Etat fait ce qu’il veut avec.
    Ceux qui aiment les taxes n’aiment pas les pourcentages, ni même la proportionnalité. Leur expliquer que taxer à 10% ou 20%, il reste toujours 90% ou 80%, ils diront que les riches auront toujours plus. Le seul chiffre qui soit de leur point de vue, égal/égalitaire/équitable entre riches et pauvres, après taxation, est le zéro.
    Ce journaliste doit être vert de jalousie de ne point avoir droit à la « malhonnête » optimisation ficsale, et en comparant certainement son salaire, ses ponctions fiscales avec le chiffre d’affaires « selon Marianne » et l’impôt payé il a dû se sentir mal, du coup, il voudrait qu’AirB’n’B paie le même pourcentage. Il souligne bien le taux qui fait de l’Irlande un « pays [qui] attire de nombreuses sociétés car il les impose avec un taux extrêmement faible par rapport à ses voisins européens : 12,5%. ». C’est fou qu’il ne voie pas le problème de la France et sa solution dans la même phrase, que pourtant, il écrit !?

  • Ce qui me dégoute le plus, c’est que les syndicats patronaux soient dans une attitude de collaboration au lieu d’y aller frontalement.

    Crickhowell, un village du pays de Galles s’est organisé avec les astuces offshore qui ne sont accessibles qu’aux grandes compagnies.

    Pour mener leur projet à bien, les commerçants du village ont été aidés par des experts.
    « Jusqu’à maintenant, ces astuces n’étaient accessibles qu’aux compagnies capables de payer les frais d’avocat », rappelle Jo Carthew.
    « Nous voulons que cela sonne comme une menace pour le gouvernement, pour le pousser à combler les lacunes de la législation fiscale », ajoute-t-elle, pointant que leur montage est « légal ».

    Retrouvez l’article sur le sujet en tapant sur votre furreteur favori « Au pays de Galles, des commerçants copient l’évasion fiscale des multinationales ».

  • Ce petit journaliste utilise sans doute les plateformes collaboratives , c’est moderne et économique . Pauvre presse qui survit avec la pub des grands et les subventions pour la vassaliser . Le tarif des piges est si bas , que le carburant est trop cher ,
    Tout çà sur un petit fond d’envieux

  • Toujours aussi pertinent et sur un ton sarcastique que j’adore! Le petit plus : la moue de martin shkreli au milieu de l’article! hilarant!

  • Les commentaires sont fermés.

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