Lutte contre le terrorisme climatique et chasse aux papillons

Tout est lié, nous expliquait Emmanuel Macron, à propos du terrorisme et du réchauffement climatique ! Mais au fait, où sont les terroristes sur la banquise qui fond comme neige au soleil ?

Par Laurent Dupont.

« Un bon petit diable à la fleur de l’âge,
La jambe légère et l’œil polisson,
Et la bouche pleine de joyeux ramages,
Allait à la chasse aux papillons. »

C’est l’œil noir et le ton martial, presqu’un an après l’attentat de Nice, que le chef de l’Etat a affiché en fin de G20 toute sa détermination à  mener une guerre sans merci contre le terrorisme. Les mots ont claqué à la face du Monde

Aujourd’hui, le terrorisme, les grands déséquilibres de notre monde, ce que nous sommes en train de vivre, est lié aux déséquilibres climatiques que notre mode productif international a généré […]On ne peut pas lutter efficacement contre le terrorisme, si on n’a pas une action résolue contre le changement climatique.

Quelque chose pourrait se passer sur l’accord de Paris

On imagine que ses congénères de ce club très select auront tendu une oreille attentive, car ces grands thuriféraires de notre mode productif international sont confrontés pour beaucoup à des actes de terrorisme, et qu’ils ont enfin pu mettre des mots sur leurs maux.

Ainsi, convaincu par cette information vitale pour la sécurité de son pays, qui avait visiblement échappée à ses services de renseignements pléthoriques, et peut-être également effrayé par la crainte de subir une nouvelle séance de broyage de phalanges en cas de persistance dans l’erreur,  le président Donald Trump a annoncé, que « quelque chose pourrait se passer » sur l’accord de Paris… notons au passage la précision de la formule, qui prouve que les deux présidents commencent effectivement à harmoniser leurs discours.

Tout est lié, et inversement

Quand le « quelque chose » rencontre le « en même temps », on sent tout de suite que ça va secouer sévère dans le landerneau international…

Et il a bien raison, car affirmons le tout net pour stopper les éternels gloseurs et autres pisse-froid,  impossible de contredire le détenteur de la « pensée complexe » Élyséen. C’est imparable, la science lui donne raison, car voilà, « tout est lié », comme il nous le rappelle malicieusement !

Il connaît ses classiques et nous ressort la célèbre théorie du chaos, vulgarisée en son temps par le météorologue Edward Lorentz sous la forme de l’effet papillon. Car si le battement d’aile d’un papillon au Brésil peut provoquer une tornade au Texas, c’est dans l’ordre des choses que le réchauffement climatique puisse être à l’origine du terrorisme…

Un sacré papillon

Et le réchauffement climatique est un sacré papillon, du genre coriace ! Pas le bête lépidoptère s’ébrouant tristement à Sao Paulo pour terroriser le pauvre paysan texan…. Sa responsabilité était déjà  scientifiquement établie pour expliquer  la baisse de la libido humaine, l’augmentation des naissances de filles, le changement de sexe des lézards mâles, le retard des avions, la destruction des momies chiliennes et moultes autres exactions.

Il n’est donc pas plus surprenant que ça de le retrouver dans le coup pour les attentats.  Le président Hollande, qui avec sa lucidité coutumière avait perçu très tôt le danger, lui avait même  en son temps attribué les tremblements de terre.

Il reste pourtant quelques controverses secondaires à élucider. Gageons que les bataillons de scientifiques Américains en cours de recrutement par le chef de l’État, réfugiés climatiques d’un nouveau genre, contribueront  à les résoudre.

Pas de terrorisme inuit

Pourquoi, alors que l’arctique est le continent le plus touché par la montée des températures, les Inuits n’ont-ils n’ont-ils toujours pas sortis les pains de TNT et les kalachnikovs ? Qu’attendent-ils pour lancer un djihad Esquimau et faire sauter les bateaux de politiques occidentaux venus croiser au large pour constater de visu la montée des eaux ?

Il se susurre même dans les couloirs feutrés du Quai d’Orsay que c’est pour éviter de telles perspectives dramatiques que notre président aurait choisi Ségolène Royal,  la pacificatrice du Poitou, comme ambassadrice des pôles arctique et antarctique.

Et tant d’autres questions restent en suspens…  Malgré les dénégations des météorologues Belges, y a-t-il vraiment un microclimat à Molenbeek, comme semblent le penser les sociologues ? Est-ce que les frères Kouachi auraient grandi dans des logements mal isolés, victimes de précarité énergétique ? Maxime Hauchard aurait-il été exposé de trop près dans sa campagne normande aux pets de vache, dont on connait les fortes teneurs en gaz à effet de serre ?

Hulot n’a pas tremblé

Quoiqu’il en soit, il était urgent d’agir et de frapper fort. Notre ministre en charge de la lutte contre le terrorisme climatique, Nicolas Hulot, n’a pas tremblé pour lancer son plan ambitieux de réduction des gaz à effet de serre.

Certes, la France ne représente que 1% des émissions de ces gaz au niveau mondial, mais quand c’est pour la sécurité, on ne compte pas… ce sera donc, entre autres, la fin des véhicules thermiques dès 2040, avec pour objectif un bilan neutre en carbone pour 2050 !

D’ici là, espérons que les quelques millièmes de degrés ainsi gagnés suffiront à rafraîchir les esprits les plus échauffés…  Et qu’à défaut les camions fonçant dans la foule rouleront à l’électrique et arboreront la vignette Crit’air ! En matière de terrorisme, il n’y a pas de petite victoire.

«  Mais tant qu’ils s’aim’ront, tant que les nuages,
Porteurs de chagrins, les épargneront,
Il f’ra bon voler dans les frais bocages,
Ils f’ront pas la chasse aux papillons. »