Cravate à l’assemblée : un effort, camarade Mélenchon !

Combattre la cravate en pensant qu’on affronte ainsi la bourgeoisie c’est partir à l’assaut de l’ordre établi avec un pistolet à bouchon !

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Cravate à l’assemblée : un effort, camarade Mélenchon !

Publié le 28 juin 2017
- A +

Par Serge Federbusch.

On connaît les noces de coton, célébrées au bout d’un an de mariage, à un moment où l’amour est encore crissant et frais, prêt à s’embraser à la moindre étincelle. On est loin du chêne robuste et du diamant éternel.

Le mélenchonisme est à l’insurrection ce que le coton est au mariage : léger, froissable, facile à imprimer de motifs criards. Sa contestation, les vocalises de son tribun ont quelque chose de peu consistant. Elles se focalisent sur des symboles, le dernier en date étant le refus du port de la cravate à l’Assemblée nationale. Puisque Chavez avait col ouvert, ce serait inconvenant pour eux de le refermer.

Le veston comme idée

Loin de nous l’idée de récuser toute importance du vestimentaire en politique. La barbe et la chemise rouge faisaient le socialiste au dix-neuvième siècle. Le crâne rasé et la chemise brune signaient le fasciste au vingtième. Mais il y avait là acte positif. On arborait le veston comme une idée. Il ne s’agissait pas de retrancher à l’existant.

Combattre la cravate en pensant qu’on affronte ainsi la bourgeoisie c’est partir à l’assaut de l’ordre établi avec un pistolet à bouchon, comme le disait naguère, au sujet de Hollande, un opposant du nom de Mélenchon. On pourrait tout aussi bien parler de pompiers qui voudraient éteindre un incendie en chiquant ou de politiciens qui entendraient lutter contre le terrorisme en allumant des cierges.

Révolution des apparences

Décidément, l’heure est à une révolution des apparences. Après Macron qui, tel le chœur d’opéra, met les Français en marche sans qu’ils avancent d’un pas et prétend tout changer pour que rien ne change, son opposition néo-communiste invente la rébellion au ras du cou. La résistance pendouille.

Mais pourquoi en veulent-ils donc à cet appendice costumier ? La cravate introduit en réalité une forme d’égalité vestimentaire. Tous ceux qui la portent sont tenus de respecter un code fondé sur l’usage de la chemise boutonnée. À une époque où triomphe, pour ne pas dire plastronne, le LGBTQIA, la cravate écarte tout risque que le poil du torse, cette excroissance typiquement masculine et donc réactionnaire, ne s’affiche indécemment à la vue de tous.

Symbole de l’ouverture à l’autre

La cravate, nom hérité d’un accessoire utilisé par des soldats Croates en visite en France sous Louis XIV, est également symbolique de cette ouverture à l’autre, à cet étranger, à ce migrant, si chers au cœur de la gauche authentique.

Et puis sa fabrication fait quand même vivre un bon nombre d’employés du textile, ces sans dents mais pas sans élégance que les Frontogauchistes sont censés défendre.

Allons camarades, encore un effort pour rester dignes ! Ne faites pas la tête à cause d’un nœud ! Et qu’à jamais le nom glorieux de notre leader Brummellenchon, qui en fixa les règles de pose aux temps jadis, serve de phare à l’émancipation du député prolétaire. En un mot, soyez Ruffin, ne soyez pas ruffians !

Sur le web

Voir les commentaires (9)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (9)
  • Je vois ça comme une réplique, mais en moins stupide, que celle de Macron quant au costume ! A énarque, énarque et demi .

  • Cela en dit long sur Mélenchon, plus que tous ses discours débiles.

  • Ils ne peuvent tout de même pas se déguiser en ouvriers pour faire encore plus « Gauche », ils seraient ridicules.
    http://www.leparisien.fr/oise-60/une-entree-fracassante-en-bleu-de-travail-au-palais-bourbon-26-06-2012-2065650.php

  • Moi je ne porte que ce que je peux laver et repasser moi-même sans trop de difficulté.

  • Allons camarades, encore un effort pour rester dignes ! Ne faites pas la tête à cause d’un nœud !

    Nœud de tête, tête de nœud ❗

    Il pourrait essayer jupe + cravate au nom de l’égalité homme-femme, plus barbe longue. Les écossais avec leur kilt, les grecs…

    Cela aurait plus de chien 🙂

  • Retour de la perruque poudrée à l’assemblée ! L’intelligence d’un député est-elle logée dans la cravate ? Celle des footballeur est, on le sait en dessous de la ceinture.
    Sans arriver à la salopette « Coluche » n’importe qu’elle tenue propre pourrait être acceptée et ne réserver les déguisements quand il y a des représentations officielles (présence de dirigeant étranger, par exemple).
    Ayant pratiqué et subi la « réunionite », je n’ai jamais remarqué que la présence ou l’absence de cravate nuisait au dialogue donc…

  • Les jeunes (et moi avec) détestent le costard cravate obligatoire, chonchon fait juste plaisir à ses électeur pour pas cher.

  • Steve Jobs ne portait pas lui non plus de cravate…..

  • Alain Madelin fut le premier député à venir dans l’hémicycle sans cravate, ce n’est donc pas vraiment une marque de mélenchonisme.

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

L’article 49, alinéa 3, de la Constitution française (dit 49-3) prévoit que lors du vote d’un projet ou d’une proposition de loi, le Premier ministre peut décider d’engager la responsabilité du gouvernement.

Dans ce cas, le projet de loi est alors adopté sauf si une motion de censure est déposée par au moins un dixième des députés. En cas de rejet de la motion, le projet est considéré comme adopté ; dans l’hypothèse inverse, le texte est rejeté et le gouvernement renversé.

 

La fin du régime des partis et la parlementar... Poursuivre la lecture

La rentrée 2022 est véritablement cauchemardesque.

On rentre à peine de vacances, on ouvre les yeux en tremblant, et bim, l’inflation que le ministre de l’Économie Bruno Le Maire ou la présidente de la BCE Christine Lagarde nous décrivaient au début du printemps comme un petit désagrément technique temporaire uniquement attribuable à la reprise post-covid puis à la guerre russe en Ukraine n’a pas eu le bon goût de s’assécher au soleil de l’été.

Tout au contraire, elle est toujours là, plus vigoureuse que jamais – 8,9 % en zone e... Poursuivre la lecture

Par Elina Lemaire.

Remous provoqués par la scission de la Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes) en quatre groupes politiques, interrogations autour de l’attribution aux groupes d’opposition de certains postes-clés à l’Assemblée nationale (vice-présidences, questures, présidence de la – très stratégique – commission des finances), réception des présidents des groupes par le président de la République au lendemain des élections, puis par la Première ministre à quelques jours de son discours de politique générale… La situ... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles